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16/07/2013

la scène du crime / Scene of the Crime -1949

La scène du crime est un film noir de Roy Rowland sorti en 1949. J'avoue n'avoir pas du tout aimé ce film. En effet, le scénario est inutilement compliqué et finalement assez peu crédible. Plus grave, on ne croit pas un seul instant à ce personnage de flic dur, joué par Van Johnson., rôle évidemment taillé pour Humphrey Bogart ou George Raft. Enfin dire que la réalisation de Roy Rowland est peu inspiré, c'est être très clément. En effet, une scène sur deux se déroule dans une voiture, ce qui rend le film aujourd'hui presque inregardable. Enfin, on retrouve dans le rôle de la vamp, Gloria DeHaven, qui est là une espèce de Lana Turner du pauvre, qui n'atteindra d'ailleurs jamais le statut de star. On a donc très peu de bons plans, un scénario compliqué et molasson, inutilement coupé par une romance qui n'apporte rien ni à l'action, ni au film. Il n'y a vraiment pas grand chose à en tirer, qui n'ait été déjà filmé ailleurs et mieux. Et ce n'est pas la femme de notre inspecteur de police, ici interprêtée par Arlene Dahl, qui va nous sortir de notre torpeur. La magie n'opère pratiquement jamais. On peut éventuellement sortir du nauffrage la musique d'André Prévin. Mais en résumé, on est à des années lumières du formidable "A 23 pas du mystère" (1956) avec le même Van Johnson, mais là dans un personnage beaucoup plus à fleur de peau et qui lui correspond mieux. C'est donc pour moi, une grosse déception, pour un film dont j'attendais beaucoup. On peut donc comprendre pourquoi, le film n'est pas disponible en France dans la collection "film criminel" de la Warner.

 

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Ci-dessus : Gloria deHaven et Van Johnson

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Ci-dessus : Arlene Dahl et Van Johnson

 

La musique d'André Prévin (titre) :

 

Bande-annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=fqIfRhEHhQE

Note : 4,5 / 10

14/07/2013

Lightning strikes twice - 1951

"Lightning strikes twice" est un film de King Vidor sorti en 1951 avec Richard Todd et Ruth Roman. Il faut toute de suite signaler que le film ne bénéficia ni de bonnes critiques à sa sortie au USA, ni d'un succès public. En France il ne devait jamais sortir. Pourtant le film a beaucoup de qualités, ainsi si on veut rester sérieux on a quand même derrière la caméra un des maîtres du cinéma de cette époque : King Vidor. King Vidor c'est quand même le réalisateur de "la foule" (1927), "le champion" (1931), "le grand passage" (1940) avec Spencer Tracy, "duel au soleil" (1946) avec Gregory Peck ou "le rebelle" (1949) avec Gary Cooper. On ne peut pas dire qu'il a beaucoup tourné comparativement à d'autres réalisateurs, aujourd'hui totalement oubliés. Mais ces films sont restés dans la mémoire du public. Ainsi, si "Lightning strikes twice" a des défauts, c'est un film qui possède beaucoup de qualités, de par déjà la mise en scène recherchée de King Vidor. Au niveau des qualités on retiendra aussi la présence et le sex-appeal de la belle Ruth Roman. Enfin, la musique de Max Steiner fait en sorte d'élever l'ensemble.

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Néanmoins, le film a des défauts. En premier lieu, il faut tout de même dire que Vidor n'était pas un spécialiste du film noir, et les grands espaces américains donnent un caractère particulier à ce film noir. Et l'idée d'une nature dangereuse et inhospitalière est malgré tout bien exploitée. Mais le scénario oublie les fondamentaux du film noir en libérant d'une exécution prochaine le héros joué par Richard Todd. Le héros n'étant plus dans la crainte d'un châtiment prochain, la tension retombe. Et pire, le beau Richard Todd est assez peu crédible en tueur de femmes. Ainsi on remarquera que Bogart, était lui par contre très crédible, dans ce rôle, dans "La Seconde Madame Carrol" (1947). Et on peut parfois se demander si Richard Todd, héros de guerre, se croit au fond de lui capable d'interprêter cet individu qui doit par son attitude rendre fou de peur sa femme. Si on ajoute que la romance et le glamour prennent le pas sur l'intrigue, on comprendra que le film n'ait pas à l'époque rencontré son public. Néanmoins, on passe un bon moment en tant que spectateur d'aujourd'hui sans préjugé, à tenter de comprendre qui est le meurtrier. Enfin, la qualité de la production, de la réalisation, et la beauté et le jeu de Ruth Roman, font oublier quelques inconséquences du scénario ou une interprétation très moyenne de Richard Todd. Je conclus donc sur un avis globalement positif, avec les réserves mentionnées plus haut. Ainsi, j'ai vu bien pire en terme de film noir récemment. J'en reparlerai une prochaine fois. Et je reviendrais dès demain sur la carrière de la belle Ruth Roman.

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Ci-dessus : Ruth Roman

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Ci-dessus : Ruth Roman et Richard Todd

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Ci-dessus : Ruth Roman et Richard Todd

 

Extrait :

Film disponible en DVD Zone 2 sur le site de la Warner (France) ou boutiques spécialisées.

Note : 7 / 10

07/07/2013

Le Maître du jeu / Runaway Jury - 2003

"Le maître du jeu" est un film de Gary Fleder. Le scénario est lointainement inspiré du livre de John Grisham dans lequel la veuve d'un homme décédé d'un cancer de la gorge attaque en justice un grand producteur de tabac américain. Le film dispose d'un casting impressionnant avec dans les rôles principaux : Gene Hackman, Dustin Hoffman, John Cusack, et Rachel Weisz. "Le maître du jeu" est assez embrouillé et il semble bien que les scénaristes et le réalisateur ont tout fait pour désorienter le spectateur. On est donc devant un synopsis (pitch pour les anglophones), assez complexe et au final assez peu crédible. Et on est bien obligé de se demander devant tant d'artifices : Tout ça pourquoi ?

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On a donc curieusement l'intrigue du procès qui laisse très souvent place à une action qui s'insère parfois assez mal dans un scénario mal maîtrisé. Il n'en reste pas moins que le spectacle se laisse voir sans déplaisir, avec ces quelques réserves et une belle scène d'affrontement verbal entre Hackman et Hoffman. Quoiqu'il en soit "le maître du jeu" ne révolutionne ni le cinéma, ni l'univers du polar. Mais malgré tout, il retient l'attention, jusqu'à la fin, dans un retournement final assez inattendu. Et c'est déjà pas si mal.

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Ci-dessus : John Cusack

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Ci-dessus : Dustin Hoffman

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Ci-dessus : Gene Hackman

Disponible en DVD et Bluray. A noter une belle édition bluray comprenant des bonus et une image de qualité.

Bande-annonce :


 

Note : 7 / 10

04/07/2013

20 000 ans sous les verrous / 20 000 years in Sing Sing - 1932

"20 000 ans sous les verrous" est le type même de film tourné par la Warner, dans le but de dénoncer l'univers carcéral. Ainsi, il fait parti de ces films sociaux qui avaient pour vocation de dénoncer les travers de la société américaine et donc ici l'univers de la prison. Le succès de "20 000 ans sous les verrous" devait permettre la sortie d'autres films de ce type comme "Over the wall" (1938) ou "le châtiment" (1939) et "Insible Stripes" tous les deux avec Bogart. Le casting est intéressant avec Spencer Tracy et Bette Davis. En regardant le film, on se dit que le rôle était construit pour James Cagney, mais celui-ci renégociait à l'époque son contrat avec la Warner, il laissa donc passer le film au profit de Tracy. Ici on découvre une Bette Davis très jeune et très belle. On retrouve dans les seconds rôles en particulier Louis Calhern, que l'on reverra dans "Quand la ville dort" (1950), "les Enchaînés" (1946), ou encore dans sûrement son plus grand rôle, "Jules César" (1953) et enfin dans "Graine de violence" (1955). "20 000 ans sous les verrous" raconte la vie carcéral de Tommy Connors (joué par Spencer Tracy). Le scénariste a l'intelligence de ne pas expliquer pourquoi Connors va en prison. Ainsi, le spectateur se concentre sur les conditions de détention et pas sur le pourquoi du comment le personnage de Spencer Tracy est arrivé ici.

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Michael Curtiz met tout son talent au service du film, avec beaucoup de très beaux plans. Il joue ainsi sur les ombres pour donner une 3ème dimension au personnage et au film. Mais comment sur tous les oeuvres de Curtiz, les relations furent très tendues entre les acteurs et le réalisateur hongrois. Ainsi, Louis Calhern raconte dans ses mémoires que Bette Davis n'hésitait pas à cracher sur Curtiz pendant le tournage, si celui-ci se montrait trop dur avec elle. On ne peut donc que constater que derrière la perfection de ce qui était montré à l'écran, il y avait parfois des tensions très fortes, et un toujours bien souvent chaotique. Quoiqu'il en soit, "20 000 ans sous les verrous" est un beau film, qui dénonce autant les erreurs judiciaires, que la stupidité de l'univers carcéral, capable d'envoyer un innocent à la mort. Mais finalement on peut se demander, si ce n'est pas aussi la dénonciation d'une barbarie à visage humain. En effet, la justice étant oeuvre humaine, ne peut donc se faire sans erreur. La mort ne devrait donc pas être la sanction suprême de possibles erreurs de jugement. Mais si de tout ça, le film ne dit rien. Néanmoins, on peut suppoeer que son but était de faire cheminer une réflexion dans la conscience du spectateur.

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Ci-dessus : Bette Davis et Spencer Tracy

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Disponible en DVD zone 2 sur le site de l'éditeur (Warner) ou magasins spécialisés

 

Note : 7 / 10

16/06/2013

Gangster Squad - 2013

Que pouvait-on attendre de nouveau de ce "Gangster Squad" alors qu'Hollywood et la Warner en particulier, ont depuis les origines visités sans relâche l'univers du film de gangsters ? Ainsi des films avec James Cagney, à ceux avec Humphrey Bogart, d'Edgard G Robinson, en passant avec ceux joués Joe Pecsi et Robert De Niro, le cinéma hollywoodien a créé une légende du crime et du film noir, que "Gangster Squad" se donnait pour objet de revisiter. "Gangster Squad" allait-il être à la hauteur de ses prédécesseurs et des classiques du genre ? La réponse est clairement non. Les premiers films des années 30 étaient proche d'une actualité presque palpable à l'écran. Les années 40 et 50 allaient être le sommet du film noir et "Bonnie and Clyde" (1967) d'Arthur Penn l'annonce d'un nouveau cinéma libéré de la contrainte des censeurs. Enfin, "les incorruptibles" (1987), "les affranchis" (1990) et "Casino" (1995) possédaient tous, une trame narrative intéressante qui était constitutive de l'âme du film, dans "Gangster Squad" il n'en est rien. Clémenceau, disait que la guerre est trop importante pour la laisser menée par des militaires. On pourrait le paraphraser et dire que le cinéma est quelque chose de trop  important pour en laisser la direction à des publicitaires sans expérience, comme le réalisateur de "Gangster Squad", Ruben Fleischer. Ce dernier se montre incapable de donner un semblant d'âme à son film, qui se déroule en mode binaire, méchants très méchants contre gentils jouant aux méchants pour faire triompher le bien. On a vu beaucoup mieux comme scénario. Scénario qui ressemble plus à celui d'un Batman qu'à celui d'un film de gangsters. La musique également binaire et grandiloquante de Steve Jablonsky, habitué à composer pour la série des "Transformers" n'a d'ailleurs pas grand chose pour elle.

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Alors bien sûr, il reste les scènes d'actions qui sont malheureusement souvent peu lisibles et surtout l'auto-censure a fonctionné à plein sur le film. Ainsi, une scène de fusillade a été supprimée après le drame d'Aurora. Mais quand on sait qu'Hitchcock se permettait de tourner une scène équivalente dans son film "la 5ème colonne" (1942), on se dit que le cinéma actuel est tout de même dans une espèce de régression qui ne dit pas son nom, incapable moralement de mettre sur écran ce qu'on se permettait de montrer en 1942. A cela il faut ajouter l'interprétation outrancière de Sean Penn qui a le visage totalement trafiqué et truqué, et bien évidemment cela ne donne guère au film une authenticité quelconque. On navigue donc entre scènes un peu gores et trucages numériques. Et au final, "Gangster Squad" a bien du mal à réveiller un genre endormi, sans apporter à celui-ci une quelconque nouveauté, mais en lui enlevant son âme synonyme pour le spectateur de sensibilité. Le film se regarde donc sans trop de déplaisir, mais aussi sans émotion et ce n'est pas la révélation que l'on attendait. Et quand tout cela est fini on se dit que les Bogart, Robinson, Cagney, De Niro, peuvent vraiment dormir tranquilles.

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Ci-dessus : Ryan Gosling et Emma Stone

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La bande-annonce :

Note : 7 / 10

11/06/2013

Adieu ma jolie / Murder, My Sweet - 1944

"Adieu ma jolie" ou connu aussi sous le titre français "Adieu ma belle" ou en Amérique sous le titre de "Murder, My Sweet" fait parti des films noirs de Dick Powell. Ainsi, après une longue carrière dans la comédie musicale avec des succès comme "42ème rue" (1933), "Foot light parade" (1935), la série des "chercheuses d'or" et bien d'autres, il commença une seconde carrière comme acteur de films noirs. Et "Adieu ma jolie" est le premier film du genre pour Dick Powell, que l'on retrouvera ensuite dans d'autres films de ce type. Ainsi on peut citer, "cornered" (1945), "Johnny O'Clock" (1947) ou encore "the tall target' (1951). Le film est réalisé par Edward Dmytryk, touche à tout d'Hollywood, qui réalisa des films noirs, comme "Mirage" (1965), mais aussi des westerns ou des films de guerre.

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"Adieu ma jolie" est la première adaptation au cinéma du roman "Farewell, My Lovely" (1940), inspiré des nouvelles "The Man Who Liked Dogs" (1936), "Try The Girl" (1937) et "Mandarin's Jade" (1937). Mais c'est aussi la première adaptation à l'écran d'un roman de Raymond Chandler. Le roman a été publié en français sous le titre "Adieu ma jolie" (Farewell, My Lovely) dans une traduction de Geneviève de Genevraye. Son auteur Raymond Chandler, est un écrivain américain de romans policiers. Son influence sur la littérature policière moderne a été forte, en particulier par son style, qui a été largement imité. Le détective privé de Los Angeles Philip Marlowe est un personnage récurrent de son oeuvre et a été ainsi nommé en l'honneur du dramaturge élisabéthain Christopher Marlowe. Le film en lui même est un vrai film noir, complexe à suivre, et à l'intrigue sinueuse. Mais finalement à la fin du film, le spectateur découvre une vérité assez innatendue. Le film regroupe tous les aspects du film noir : gangsters, femmes fatales, et toute une galérie d'êtres pervers et déviants. Malgré tout, l'intrigue du film reste lisible et n'est pas aussi énigmatique que celle du "grand sommeil" (1946), et le film réserve quelques scènes surprenantes comme celles où le héros hallucine sous l'effet de drogues. Mais surtout c'est bien l'ambiance et les rues sombres que Dymtryk sait mettre en valeur comme peut être personne, et c'est bien là tout l'incroyable charme encore actuel de "Murder my sweet".

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Ci-dessus : Miles Mander, Anne Shirley et Dick Powell

Le roman "Farewell, My Lovely" aura de nouveau les faveurs du cinéma en 1975, avec Robert Mitchum dans le rôle du détective. Vous pouvez d'ailleurs retrouver une critique de ce film sur le site de mon ami Raphael : Adieu ma jolie -1975. Enfin, on notera qu'Edward Dymtryk retrouvera l'année suivante Dick Powell dans "Cornered".

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Ci-dessus : Dick Powell et Anne Shirley

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Ci-dessus : Mike Mazurki et Dick Powell

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Ci-dessus : Dick Powell et Anne Shirley

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Ci-dessus : Claire Trevor et Dick Powell

 

Petit bonus en anglais :

 

Note : 7,5 / 10

28/05/2013

Mirage - 1965

"Mirage" est un bon thriller à la distribution très intéresante. En effet, on y retrouve en plus de Gregory Peck, Diane Baker et Walter Matthau. La réalisation d'Edward Dmytryk est correcte, sans être nullement exceptionnelle. Malheureusement le scénario de Peter Stone, inspiré du livre de Howard Fast, ne résoud pas tous les questions qu'avancent l'intrigue. On reste donc quelque peu sur sa faim. Et on a finalement parfois l'impression d'avoir assisté nous aussi, à une sorte de mirage cinématographique. Enfin la musique de Quincy Jones, souvent douce et proche d'une musique d'ambiance ne permet pas réallement de plonger dans ce film noir. On pouvait donc logiquement espérer beaucoup plus de ce "Mirage" qui n'arrive pas à concrétiser à l'écran les bonnes intentions que l'on entrevoit de temps en temps, mais donc un peu gâché par un scénario trop confus et pas assez approfondi, surtout que les acteurs sont excellents , en particulier Gregory Peck et Walter Matthau.

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Ci-dessus : Gregory Peck et Diane Baker

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Ci-dessus : avec le réalisateur Edward Dmytryk

 

Extrait de la musique :

  Disponible chez Universal sur le site de l''éditeur ou dans certains magasins spécialisés

Note : 7 / 10

22/05/2013

Blondie Johnson - 1933

"Blondie Johnson" est un film de Ray Enright sorti en 1933. Aujourd'hui qui se souvient de Ray Enright ? Pourtant il a tourné 73 films entre 1927 et 1953. Il a dirigé plusieurs fois Joan Blondell, dans "Havana Widows" (1933), "I've Got Your Number" (1934),  "Dames" (1934), "Traveling Saleslady" (1935),  "We're in the Money" (1935), "Miss Pacific"(1936), ou encore "En liberté provisoire" (1937). La postérité peut reprocher à Enright de ne pas avoir été un auteur, mais si il n'avait pas une mise en scène d'auteur, il a tout de même travaillé avec de grands acteurs et avec Busby Berkeley sur "Dames". On peut donc considérer que Ray Enright a été un grand contributeur à la vie d'Hollywood pendant de longues années, un peu comme Roy Del Ruth. Ainsi, sans être un chef-d'oeuvre absolu du cinéma, "Blondie Johnson" est un film pré-code très intéressant. Le casting comprend outre Joan Blondell, Allen Jenkins, que l'on a vu la même année dans "le bataillon des sans-amour", mais surtout Chester Morris, qui tournera beaucoup mais dont les films sont malheureusement assez introuvables en France avec un sous-titrage.

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Contrairement à d'autres films de cette époque, il y a assez peu de scènes dénudés. On voit un petit peu le décolleté de Joan Blondell. Dans une autre scène, elle porte une tenue un peu transparente, et enfin il y a une scène de baisers sur un fauteuil, et c'est tout. Ceci étant dit, cette scène sur le fauteuil est quasiment intournable un an plus tard quand le code Hays sera en vigueur. En effet, le code refusait les étreintes trop longues et surtout avec deux personnes couchées !

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Ci-dessus : Joan Blondell et Chester Morris

Mais si il y a finalement assez peu d'érotisme, les pires défauts de la société américaine de l'époque sont passés au crible. Cela commence par une première scène d'une rare intensité où on voit notre héroïne, se rendre à l'assistance sociale. Elle voit que personne ne l'écoute parce qu'elle a encore un toit et de la nourriture. Cette seule scène montre la dureté de la crise économique qui frappe encore l'Amérique en 1933. Suite à la mort de sa mère notre héroïne se décide alors à prendre la route du crime pour ne plus jamais avoir faim. Et là, on passe de bars clandestins (speakeasies en anglais), aux sociétés d'assurance bidons noyautées par le milieu du crime, en passant par les rackets, les faux témoignages en procès et finalement au crime. Je ne vous raconterai pas tout le film. Mais je vous dirai seulement, qu'on prend un malin plaisir à voir notre héroïne nager comme un poisson dans l'eau dans un monde d'hommes et d'escrocs sans pitié. "Blondie Johnson" est il un film féministe ? Dans un sens, oui. Car il montre une femme indépendante, qui se décide à vivre que de ses propres ruses. Le film possède quelques scènes très bien filmées comme celle où on voit Joan Blondell, courir et traverser la foule quand elle croit que l'homme qu'elle aime secrètement a été tué. Il y a aussi une autre scène ou des gangsters sont fusillés et là Ray Enright a l'intelligence de montrer seulement une main ensanglantée pour nous faire comprendre ce qu'il s'est passé.

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Ci-dessus : Joan Blondell

A la fin, la morale et l'amour seront saufs. Mais finalement on aura rit, pleuré, et tremblé avec Blondie Johnson, cette incroyable chercheuse d'or d'un genre si particulier. Que demandez de plus au cinéma quand il arrive à nous donner autant d'émotions en moins de 70 minutes ? Merci à la Warner de nous avoir sorti des archives un tel film. Espérons qu'il ne faudra pas attendre 80 ans pour voir d'autres films de cette qualité sortir en France ou avec un sous-titrage français.


La bande-annonce :

Disponible en DVD Zone 2 dans la collection Hollywood pré-code de la Warner, dans les magasins spécialisés ou sur le site de l'éditeur.

 

Note : 7 / 10

21/05/2013

Jack Reacher - 2012

"Jack Reacher" est basé sur la série de romans de l'écrivain britannique Lee Child. Le film est l'adaptation de "folie furieuse" (one shot), neuvième tome de la série. Le réalisateur est Christopher McQuarrie et j'avoue que j'ai été agréablement surpris par sa très belle réalisation. La séquence du titre donne déjà une bonne idée, de ce qui nous attend en terme de réalisation avec des gros plans assez impressionnants et qui s'intègrent parfaitement dans l'histoire. Alors, je sais bien qu'il est ordinairement bon de critiquer les films de Tom Cruise, mais il faut reconnaître que cet acteur a fait une belle carrière et a une filmographie intéressante. Alors bien sûr il y a eu des films un peu "too much", comme certains épisodes de "Mission impossible". Mais quand on parcourt sa filmographie on se rend compte, car il a tourné dans beaucoup de très bons films. En passant si l'éditeur possédant les droits de "Horizons lointains" (1992), pouvait le ressortir en version restaurée en Bluray, cela ferait plaisir à de nombreux fans de Tom Cruise et de Nicole Kidman. Mais pour revenir à Tom Cruise il faut bien dire qu'il est increvable et qu'à 50 ans il tient toujours la grande forme. Et puis c'est un acteur, un peu de ma génération, en tous les cas j'allais voir ses films quand j'étais enfant. Et oui, j'avais 13 ans quand "Top Gun" est sorti !

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Mais "Jack Reacher" ne vaut pas seulement pour Tom Cruise, mais aussi parce qu'on a aussi dans ce film, un acteur comme Robert Duvall, qui retrouve Tom Cruise pour l'occasion, après leur première collaboration dans "Jours de Tonnerre" (1990). Et puis "Jack Reacher" c'est aussi l'occasion de retrouver la très sexy Rosamund Pike qui a aussi une filmographie très intéressante mais aussi très diversifiée. Et puis c'est vrai que  Tom Cruise se bonifie en vieillisant et son visage se transforme de plus en plus à une copie de celui de Randolph Scott. Je me disais que le budget de "Jack Reacher" est vraiment énorme (presque 80 millions de dollars). Je suis sûr qu'on pourrait faire un film de la même qualité pour 50 millions de dollars voir moins et si il devait rapporter à chaque fois 216 millions de dollars, cela en ferait une licence extrèmement bénéfique pour la Paramount, même si ce premier numéro l'est déjà. Ceci étant dit, le film n'a pas que des qualités. Je n'ai pas aimé, qu'on en sache pas plus sur le héros du film, Jack Reacher. Quelle était sa famille ? Quelle est son histoire ? Pourquoi est il si froid ? Je ne sais pas si le roman dit beaucoup plus que le film, mais ce serait bien de donner une consistance au personnage avec peut être des flashbacks avec sa famille, une aventure avec une femme, enfin quelque chose qui puisse humaniser un peu Jack Reacher. Pour le reste, il n'y a pas grand chose à redire, les poursuites en voitures sont fabuleuses, les scènes d'action crédibles, le scénario plutôt bon, et comme je l'ai déjà dit, la réalisation excellente.

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Ci-dessus : Rosamund Pike et Tom Cruise

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Ci-dessus : Tom Cruise et Robert Duvall

Note : 7,5 / 10

19/05/2013

Le bataillon des sans-amour / Mayor of Hell - 1933

"Le bataillon des sans-amour" ou dans son titre américain "Mayor of Hell" introduit James Cagney dans l'univers de la petite délinquance. Mais là où par exemple un Bogart était l'initiateur du crime auprès des jeunes, comme dans le film "les anges aux figures sales", là Cagney va en directeur d'une maison de correction, prendre toutes les mesures pour rendre la vie des jeunes plus supportables. Ainsi, le film est très progressiste et considère que ces établissements ne devraient pas être des prisons, mais des endroits où les jeunes pourraient s'auto-gérer en étant responsabilisés, sous un encadrement d'adultes. Le film nous montre donc des enfants devenus des délinquants pour cause de parents jamais présents, ou trop laxistes, ou trop faibles pour s'en occuper. Ainsi, le film nous montre la bande de délinquants à l'oeuvre, puis l'arrestation et la vie dans le régime semi-carcéral de la maison de correction, puis le changement et la vie nouvelle avec le nouveau directeur (Cagney). Enfin la dernière partie du film, nous montre un Cagney aux abois, rattrapé par les affaires et son business pas très honnête. Arrivera t'il à se sauver et à sauver les enfants d'eux mêmes et du retour de l'ancien directeur plus intolérant que jamais ?

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Archie Mayo n'est pas le plus grand réalisateur d'Hollywood, c'est une certitude. En effet, il est essentiellement connu pour avoir réalisé "la forêt pétrifiée" (1936). Mais il n'en reste pas moins que le film reste agréable à regarder. De plus, Cagney est en forme et à la hauteur de sa réputation. Enfin, sa partenaire Madge Evans (la jeune infirmière) est très sensuelle. Et c'est dommage qu'on a pas la possibilité de voir plus souvent cette très jolie actrice. Pour ma part, je me souviens l'avoir vu dans la version de 1935 de "David Copperfield".

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Ci-dessus : James Cagney, Frankie Darro (le garçon) et Madge Evans

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Ci-dessus : La très belle Madge Evans

 

 La bande-annonce :

 

Citations :

Lawyer: Tell us what you know, I said! Never mind what you think!
Mr. Hemingway: Excuse me, boss. I ain't no lawyer. I can't talk without thinkin'.

Note : 6,5  / 10

17/05/2013

Le coup de l'escalier / Odds against tomorrow - 1959

"le coup de l'escalier" ou dans son titre américian "Odds against tomorrow" est un film de Robert Wise de 1959. Robert Wise est un réalisateur qui s'est essayé dans presque tous les genres (films catastrophe, histoires d'amour, drames, westerns, films policiers, comédies musicales, films fantastiques et films de science-fiction). Et "le coup de l'escalier" est autant un film au goût crépusculaire, que le dernier film noir de Robert Wise. Le film est une production indépendante de Robert Wise et Harry Belafonte.

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Robert Wise bénéficie d'un scénario en or, qui va réunir dans une espèce de rencontres assez improbables : Robert Ryan, Henry Belafonte et Ed Begley. Ed Begley joue un ancien policier Dave Burke viré de la police de façon injuste. Il décide de réaliser un hold-up qu'il considère comme très facile. Mais pour cela il a besoin de Earle Slater (joué par Robert Ryan), un ancien vétéran de la seconde guerre mondiale, brute épaisse, raciste et amère. Mais il veut aussi acquérir les services d'un jeune père de famille noir obsédé par le jeu, Johnny Ingram (joué par Harry Belafonte). Le film noir est assez classique, même si on comprend que plus tard que c'est bien Johnny Ingram qui est l'homme plongée dans les problèmes et que c'est lui qui devra trouver une solution. Le scénario est intéressant et moderne car il y a finalement 3 histoires en une seule. Et on suit la vie de ces 3 hommes, avant le hold-up et on essaye de comprendre ce qui va les amener à faire le coup. Les seconds rôle féminins sont intéressants, ainsi on retrouve Shelley Winters et la troublante Gloria Grahame.

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Ci-dessus : Robert Ryan et Ed Begley

Robert Wise est donc à la réalisation et nous sert un film manifiquement filmé avec un montage très différent de ce que l'on voit habituellement dans un film des années 50. On peut appeler ça "la transition, coup de poing". En effet, il n'y a pas le traditionnel fondu enchaîné que l'on voit dans la plupart des films des années 50. Le film passe ainsi d'une scène à une autre, ce qui amène une grande modernité à l'ensemble tout en donnant au film une certaine vigueur, encore visible aujourd'hui. Enfin, Wise a l'intelligence de filmer toute la partie de l'attente, le jour de l'hold-up. Cette partie est en général coupée dans la plupart des films policiers actuels. Mais là, Wise prend le temps de la filmer, nous montrant le jour qui se couche, symbole d'un dernier jour peut être et du passage vers une nouvelle vie pour nos protagonistes. Rétrospectivement on peut se demander si Wise avait à cette époque le sentiment que ce film allait être, son dernier film noir et que comme les flaques d'eau qu'ils filment au début et à la fin, tout cela allait finalement disparaître, symbole d'un temps qui passe. J'ai pensé aussi à "un tramway nommé désir" en voyant ces bords de trottoir et ces flaques d'eau. Quoiqu'il en soit, "le coup de l'escalier", dont le dénouement rappelle celui d'un célèbre film de James Cagney, est un très beau film noir, que l'on aurait tort d'ignorer. Ce film était d'ailleur le préféré de Jean-Pierre qui l'avait vu 120 fois. A noter que Wise devait tourner un autre film deux ans plus tard, où la lutte entre les communautés était encore plus évidente : West Side Story.

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Ci-dessus : Robert Ryan et Shelley Winters

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Ci-dessus : Robert Ryan et Gloria Grahame

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Ci-dessus : Gloria Grahame

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Ci-dessus : Harry Belafonte

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Disponible en DVD Zone 2

Note : 8 / 10

15/05/2013

L'étrangleur de Boston / The Boston Strangler - 1968

"L'étrangleur de Boston" est un film de 1968, de Richard Fleischer. Les producteurs sont James Cresson et Robert Fryer. Ces derniers étaient d'accord pour que William Friedkin réalise le film, mais ce dernier était considéré à l'époque comme un jeune réalisateur, et Zanuck voulait quelqu'un avec plus d'expérience pour tourner ce film. Si William Friedkin devait plus tard réaliser "l'exorciste" (1973), il devait tout sa vie regretter de ne pas avoir pu réalisé "l'étrangleur de Boston". Mais qu'est ce que "l'étrangleur de Boston ?". C'est l'histoire d'une série de crimes sexuels qui ont eu lieu à Boston entre 1962 et 1964, commis par Albert Henry DeSalvo. C'est donc une histoire tirée de faits réels. Autant vous le dire, sans plus attendre, la réalisation de Fleischer est formidable. Le réalisateur utilise tout son talent et les dernières techniques de l'époque pour rendre le film réellement prenant. Ainsi, Fleischer se plaît pendant la première partie du film, à mettre en avant les images dans l'image. Cette technique utilisée très souvent aujourd'hui par des réalisateurs contemporains, comme Michel Hazanavicius au début de "OSS 117 : Rio ne répond plus", était très nouvelle en 1968 et avait été présentée pour la première fois en 1967 à l'exposition universelle de Montréal.

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Mais le génie de Fleischer n'est pas seulement de bénéficier d'un scénario en or massif, ou de découper l'écran en multiples images, c'est aussi de jouer constamment avec l'image et les nerfs du spectateur. Ainsi, la scène où on découvre le tueur devant sa télé, seul, puis la caméra avançant on découvre qu'il a une femme et deux enfants. On est surpris et quand sa fille vient se blottir contre lui, notre sang se glace d'effroi. Ensuite Fleischer, suggère souvent plus qu'il ne montre, préservant un peu le public. Néanmoins, si l'image ne montre bien souvent rien, elle laisse supposer l'horreur de la scène, par une position de la caméra intelligement placée, laissant voir par exemple un balais entre les jambes d'une victime, mais cachant finalement l'essentiel de l'horreur du crime. De plus les descriptions de la police, ne cache rien de l'horreur des forfaits du tueur en série. Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié cette méthode intelligente de rapporter des crimes. On évite ainsi les litres de sang que l'on voit dans de nombreux films actuels, pourtant souvent de qualité comme "From Hell" (2001) avec Johnny Depp. Puis enfin, dans la dernière partie, Fleischer joue avec le cerveau du tueur et celui du spectateur, en multipliant les flashes et images instantanées. En ce sens, Fleischer nous montre qu'il a totalement compris le fonctionnement du cerveau humain, immense boîte de fiches, qui apparaissent par des flashes successifs, mais de manière totalement désordonnée dans le cas d'un psychopathe

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Fleischer n'hésite pas à nous montrer aussi, la faune underground des années 60 et le rapport de la société de la fin des années 60 avec l'homosexualité est assez troublant et pose question sur le chemin que prend notre société actuelle. En effet, le film montre les homosexuels comme des désaxés. Mais sur ce dernier point, chacun se fera sa propre opinion. Enfin, Fleischer montre les techniques les plus improbables de drague, et des perversions interdites au cinéma 10 ans plus tôt , mais qui apparaissent ici au grand jour. Le casting est excellent est comprend Tony Curtis, Henry Fonda, et George Kennedy. Dans les personnages ayant une courte scène ou faisant une apparition, on retrouve Hurd Hatfield que l'on a vu dans "le portrait de Dorian Gray" (1945), et Sally Kellerman.

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Ci-dessus : George Kennedy

Ce film qui nous amène aux limites de l'esprit humain, aux confins de la schizophrénie profonde, et finalement aux limites de notre Humanité, et qui aurait été impossible à tourner dix ans plus tôt, est une pièce incontournable qui annonce une autre époque du cinéma américain. Un film que l'on doit avoir vu, mais qui n'est pas à mettre entre toutes les mains et que l'on doit réserver à un public adulte ou adolescent averti, si je puis dire.

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Ci-dessus : Tony Curtis et Henry Fonda

Disponible en DVD et Bluray Zone 2 ou B

Note : 8,5 / 10

04/05/2013

Les démons de la liberté / Brute Force - 1947

"Les démons de la liberté" est un film de Jules Dassin tourné en 1947, avec comme star principale, Burt Lancaster. Hume Cronyn trouve là quant à lui peut être un des ses meilleurs rôles. Habitué aux seconds rôles, Hum Cronyn a joué dans "le facteur sonne toujours 2 fois" (1946) où il a interprêté un avocat toujours à la limite de la légalité. On retrouve également Hum Cronyn, dans "la septième croix" (1944) avec Spencer Tracy, il faisait le citoyen allemand qui était molesté par le régime nazi. Le film nous raconte l'histoire de la naissance d'une évasion d'un pénitencier d'état qui va mal tourner et finir en explosion généralisée. Cette idée d'évasion va naître de l'enfermement, la promiscuité, mais aussi de l'opposition entre le surveillant en chef joué par Cronyn et les détenus. Le personnage joué par Burt Lancaster ou même par Hume Cronyn n'apparaissent pas au début du film comme des personnages principaux. Et Dassin nous montre ici avec un talent inimaginable que l'antipathie des deux personnages va évoluer pour déboucher finalement en une lutte à mort.

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Dassin et le scénariste Richard Brooks ont ici en plus l'intelligence prodigieuse d'insérer des flashbacks successifs. Ainsi, ces flashbacks au lieu de compliquer l'histoire ou de la ralentir vont expliquer très souvent quelle est l'histoire des prisonniers. De plus ils sont introduits de la plus intelligente des manières, par la discussion le soir entre prisonniers. Et de quoi peuvent bien parler les prisonniers le soir ? Ils parlent des femmes qu'ils ont connu. Ainsi, Dassin introduit des personnages féminins dans un film de prison, genre (comme dans le film de guerreà où il y en a généralement assez peu. Cela nous permet donc d'apprécier Ann Blyth, Ella Raines, mais aussi Yvonne de Carlo et Anita Colby. Le film n'est donc jamais linéaire ou ennuyeux. Ces flashbacks donnent également une respiration et une structure à l'oeuvre et caractérisent les prisonniers et n'en font plus des inconnus pour le spectateur. Ses flashbacks donnent enfin, une humanité à chaque détenu, les montrant n'ont comme des prisonniers, mais comme des êtres humains capables d'aimer ou de bonté si on leur donne leur chance. On pourrait aussi parler longuement de l'extrème sophistication de ces flashbacks à l'extrème inverse des scènes dans l'égout.

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Le personnage du gardien chef joué par Cronyn est le plus intéressant. En effet, symbole de la violence et de la perversité, il devient à la fin du film, symbole de la barbarie nazie. Et là on peut dire que Brooks et Dassin clouent le spectateur en disant que le nazisme il n'était pas seulement en Allemagne, mais aussi dans les prisons américaines. Le nazisme devient donc sociétale et non pas la seule tarre du peuple allemand. On pourrait dire qu'il devient une espèce de perversité de l'Homme. Ainsi, plusieurs indices sont donnés aux spectateurs pour que celui-ci arrive à cette conclusion. On voit Cronyn écouter du Wagner avant de se mettre à frapper un prisonnier. Son discours glorifie les plus forts contre les plus faibles. Enfin, un ancien soldat explique les tactiques utilisées contre les nazis pendant la guerre. A ce moment du film, on comprend que le film fait l'effet d'une bombe. Et si l'impitoyable cruauté sociale des détenus est mise en avant. Elle n'atteint jamais là, la perversité carcérale mise en place par les gardiens.

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Dassin arrive avec ses flashbacks et avec sa dénonciation de la cruauté universelle et institutionalisée de la détention à faire du spectateur une conscience des détenus et à finalement nous faire prendre fait et cause pour eux. L'intelligence scénaristique est prodigieuse et on voit quand même la différence avec des séries récentes comme par exemple "Prison Break" à la qualité inégale. Là l'oeuvre de Dassin est parfaite, sans apérités ou défauts quelconques et magnifiée par la musique ample et généreuse de Miklos Rozsa. "Les démons de la liberté" est donc une oeuvre majeure de Dassin du même niveau que "les forbans de la nuit" qu'il tournera 3 ans plus tard. Enfin, ce film a son utilité car il réveille notre conscience, en nous faisant réfléchir sur le régime pénitencier américain où on peut emprisonner sans juger ou maintenir à l'isolement pendant 41 ans un être humain sans preuves suffisantes. Un film indispensable.

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Ci-dessus : Whit Bissell et Ella Raines

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Ci-dessus : Hume Cronyn dans ses oeuvres ...

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Ci-dessus : Burt Lancaster et les flashbacks féminins des "démons de la liberté".


Bande-annonce :

 

Extraits de la musique :


Film disponible chez Universal en DVD Zone 2

Note : 9,5 / 10

26/04/2013

Les amants du crime / Tomorrow is another day - 1951

"Les amants du crime" est de la même année que le précédent film commenté "Storm warning" et c'est aussi un film produit par la Warner. On y retrouve aussi Steve Cochran, et cette fois-ci Ruth Roman. On se souvient de Ruth Roman aujourd'hui, surtout pour son rôle dans "l'inconnue du Nord-Express" d'Hitchcock, tourné également en 1951. "Les amants du crime" raconte l'histoire, d'un homme entré en prison pour meurtre, à l'âge de 13 ans et qui en ressort après 18 ans de détention. A sa sortie, cet homme n'est en fait qu'un homme-enfant, qui a tout à apprendre du monde extérieur. Ainsi, à sa libération, il se fait tromper par un journaliste sans le savoir et décide de se perdre dans la foule en rejoignant New-York. Là il se met à la recherche de ce qu'il lui manquait le plus en prison : une femme. Il fait donc la connaissance de Ruth Roman dans un dancing. A partir de là, les deux personnages ne vont plus jamais se quitter. Ici, il n'est pas question d'une folle épopée sauvage, comme dans "Bonnie and Clyde" (1967) mais d'une fuite des personnages qui veulent échapper inconsciemment à leurs propres démons. Mais sait on toujours ce que l'on fuit ou même si l'on doit fuir ?

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Au début du film, il est très touchant de voir cet ancien détenu, affronter un monde qu'il ne reconnaît plus, et le voir partir à la recherche d'une compagnie féminine. En plus, ce qui surprend le plus, c'est de voir Ruth Roman en blonde, tellement elle est restée en brune dans notre mémoire. Mais elle reviendra à sa couleur de cheveux habituelle plus tard dans le film. La réalisation de Felix E Feist est assez classique, mais on retrouve certains plans qui rappelle "le facteur sonne toujours deux fois" (1946). Ainsi, on découvre Ruth Roman, par un plan de ses jambes, avec la caméra qui recule et remonte vers son visage. Enfin la scène sur la route rappelle également celle du "facteur sonne toujours 2 fois".  Le film aborde plusieurs thèmes intéressants comme le droit à la rédemption, au pardon et à la liberté par le travail. Mais cette liberté par le travail deviendra rapidement, insuffisante pour notre héros. En effet, la menace d'une société liguée contre lui se rapprochera dangereusement. Ainsi, on pourrait résumer tout le film, dans cette fameuse phrase de Victor Hugo : "La liberté commence où l’ignorance finit". Et c'est sur une note d'espoir que se termine ce film qui reste un spectacle très agréable et souvent touchant.

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Ci-dessus : Steve Cochran et Ruth Roman

 

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 Ci-desus : Ruth Roman (en blonde)

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Ci-dessus : Steve Cochran et Ruth Roman

Extrait :

Disponible en DVD zone 2, dans la série Warner "films criminels" à retrouver sur le site de l'éditeur.

Note : 7,5 / 10

25/04/2013

Ku-Klux-Klan / Storm Warning - 1951

Hollywood a souvent eu des rapports ambigües avec le Ku-Klux-Klan. Ainsi dans "naissance d'une nation" (1915) de D W Griffith, le Klan était le sauveur d'une population blanche, plus ou moins livrée après la guerre de sécession, à la vindicte des noirs. De son côté, la Warner pris presque tout de suite position contre le nazisme, et de nombreux films furent tournés, sur des sujets dénonçant les totalitarismes ou les massacres de masse. Ains si certains ont vu dans "la charge de la brigade légère" (1936), un film colonial, il fallait bien entendu y voir une dénonciation du despotime du sultan personnifiant un Hilter des Indes. Ainsi la Warner ne fut jamais pris en défaut, et la mode des films de propagande anti-nazi devait culminer avec "Mission to Moscow" (1943) qui valut à Jack Warner après la guerre une convocation devant la commission des activités anti-américaine. Il n'en reste pas moins que le Klan fut aussi une des cibles de la Warner. Il suffit de se rappeler "la légion noire" (1937) tourné par Archie Mayo, avec Humphrey Bogart, où la leçon finale était terrible pour tous les membres du Klan, mais aussi donc ce "Storm Warning". Pourtant dans ce dernier film, on pouvait douter du casting qui comprenait Doris Day et Ginger Rogers, et Ronald Reagan, mais aussi Steve Cochran. Donc le spectateur non initié pouvait s'attendre, avec Ginger Roger, Doris Day et Ronald Reagan à un film léger. Il n'en est rien ici. On y assiste successivement à l'attaque d'une prison, à un lynchage, et à une scène de quasi viol, et une autre de flagellation. Ce film est un des films les plus durs du cinéma américian des années 50. On comprend alors facilement pourquoi l'affiche ci-dessous mentionne "enfants non admis". Si on ajoute à ça quelques scènes plus ou moins dénudées, on se retrouve devant un film quasiment pré-code et qui est encore aujourd'hui d'une incroyable brutalité voir cruauté. Le film s'inspire d'un roman de Dorothy Baker et s'appuie sur un scénario de Richard Brooks et Daniel Fuchs.

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"Storm Warning" est donc un film noir, très noir. Le sujet commence par l'arrivée de Marsha Mitchell (Ginger Rogers) dans une petite ville du Sud des Etats-Unis. Elle s'est arrêtée ici pour aller voir sa soeur (Doris Day) qu'elle n'a pas vu depuis longtemps. Puis rapidement, cette ville qui semble normale va devenir un Enfer avec l'apparition du Klan. Le film, montre alors une société américaine totalement vérolée par les idées extrémistes du Klan. La démonstration est parfaite. Ainsi, chaque individu qui ose s'élever contre le pouvoir de cette société secrète, est pourchassé, moqué, poussé à se taire, voir tué. Quand le film est sorti, il a du terriblement choquer le spectateur américain et lui donner une terrible image de lui même et de la vie dans les bourgades du Sud. J'ajouterai pour finir que les effets de lumière de Stuart Heisler sont ici particulièrement beaux, surtout au début, où les images sombres sont toujours parfaitement visibles.

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Le fim, permet à Ginger Rogers de mettre en avant son talent d'actrice, à Doris Day de jouer un rôle dramatique, à l'opposé total de ses rôles de chanteuse qu'on lui connaît dans les nombreuses comédies musicales, qu'elle devait tourner. Enfin, si Ronald Reagan n'est pas totalement crédible en inspecteur, Steve Cochran est parfait en membre du Klan, prêt à tout pour sauver sa peau. Stuart Heisler réalise donc là un film très intéresant et terriblement dur qui n'ennuie jamais et qui laisse à la fin de la séance, le spectateur littéralement à bout de nerfs. Un film à redécouvrir.

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Ci-dessus : Steve Cochran et Ginger Rogers.

 

Bande-annonce : 

 

Extrait :

 

 

Disponible en DVD zone 1 sous-titré français sur le coffret Ronald Reagan

Note : 8 / 10