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02/05/2014

Invisible Stripes - 1939

Dans l'histoire du cinéma américain, le film noir genre très apprécié qui commença avec "le faucon maltais" en 1941, a été précédé d'un autre genre, "le film de gangsters". Ce genre était apparu dans les années 30 et il devait disparaître momentanément, au début des années 40. Ainsi, on peut considérer que "High Sierra" en français "la grande évasion" (1941) avec Humphrey Bogart, comme l'un des derniers films de ce genre, qui laisse donc progressivement la place au film noir. "Johnny, roi des gangsters" (1942) avec Robert Taylor n'a déjà plus rien à voir avec les films de gangsters des années 30. L'organisation a été brisée, et si le gangster veut revenir sur le devant de la scène, il doit cacher son activité et surtout sa chute ne sera que plus grande. Mais revenons en 1939. En 1939, Hollywood a produit des films incroyablement populaires et les studios produisent des films à grand spectacle. Ainsi, 1939, c'est l'année "d'autant en emporte le vent", mais aussi de la renaissance du western, avec "la chevauchée fantastique", ou "Jesses James" avec Tyrone Power. Les mélodrames ne sont pas en reste avec par exemple, le fabuleux "victoire sur la nuit" avec Bette Davis. 1939 est une très grande année pour le cinéma américain, et le film de gangsters existe toujours. Ainsi, un des réalisateurs des "aventures de Robin des Bois" (1938) William Keighley, réalise le superbe "à chaque aube je meurs" avec James Cagney et George Raft.  Raoul Walsh réalise toujours en 1939, "les fantastiques années 20" avec James Cagney et Humphrey Bogart, et donc Lloyd Bacon, "invisible stripes". 

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Le titre américain "invisible stripes" est à lui seul très parlant. En effet, il signifie en français, "invisible rayures". Il fait donc référence ici, à l'uniforme à rayures, des prisonniers. On comprend donc que le sujet du film, va être la sortie de prison et le retour à la vie civile d'un condamné. Ici c'est George Raft qui joue le libéré sur parole. Le scénario est assez intelligent pour sortir d'un caractère quelque peu binaire, et donc pour mettre en parallèle la libération de deux condamnés, George Raft donc, mais aussi Humphrey Bogart. Le personnage joué par Raft veut se racheter et trouver sa place dans la société, par contre le personnage joué par Bogart ne veut pas s'intégrer et veut profiter du système et revenir à ses anciennes combines et activités crapuleuses. C'est tout l'intérêt du film, qui va nous montrer le "background" (l'arrière plan personnel et familial) de la vie de George Raft et la difficulté pour un ancien détenu de se réinsérer. Cet arrière plan va permettre de développer des personnages que l'on ne voit pas forcément dans les films de gangsters. Ainsi, un second rôle est donné à Flora Robson qui interprète ici la mère de George Raft et dont le plus grand rôle reste peut être celui de la reine Elizabeth dans "l'aigle des mers" (1940). On découvre aussi dans "invisible stripes", un jeune acteur, au jeu peut être encore un peu plat : William Holden. Pour finir sur le casting, on retrouve également la jeune Jane Bryan que l'on a vu dans d'autres films de gangsters, comme "Kid Galahad" (1937) ou dans "A chaque aube je meurs" cité plus haut.

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Ci-dessus : William Holden, George Raft, et Humphrey Bogart

Le spectateur désire et attend une bonne partie du film, la réunion du duo Bogart et Raft et chaque scène entre les deux acteurs brûlent l'écran. On sent l'entente cinématographique parfaite entre les deux hommes. Et le scénario est assez fort, et remplis de conflits et d'oppositions pour retenir l'attention jusqu'au bout. On peut néanmoins regretter une réalisation un peu conventionnel de Llyod Bacon, la forme n'étant pas toujours au niveau du fond. Mais la photographie, parfois un peu standard, est relevée par une belle musique de Heinz Eric Roemheld. Ce dernier est malheureusement, totalement oublié aujourd'hui, or il a tout de même composé plus de 400 musiques de films dont celle de "la dame de Shangaï" (1947) ! On y reviendra plus tard sur ce blog. Pour en revenir à "Invisible Stripes" c'est donc un bon spectacle qui n'arrive pas à atteindre les sommets du genre, mais qui reste néanmoins un très bon divertissement dans un genre qui va quelques années plus tard entamer sa mutation et donner naissance à un nouveau genre : le film noir.

 

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Ci-dessus : Flora Robson et George Raft

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Ci-dessus : George Raft et William Holden

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Ci-dessus : George Raft & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Jane Bryan

Extrait :

 

Film disponible dans la collection "Warner Gangsters collection Vol 4" en import Zone 1 mais compatible zone 2, uniquement en VO sous-titrée.

Note : 7,5 / 10

28/03/2014

Boomerang - 1947

"Boomerang" est un film en noir & blanc, d'Elia Kazan. Ce dernier avait tourné également en 1947, "le roi de la prairie" avec Spencer Tracy, Katharine Hepburn, Robert Walker et Melvyn Douglas, qui était un étrange western dramatique et psychologique tout à la fois. Avec "Boomerang" on change de registre et Kazan s'attaque cette fois-ci au genre film noir avec un succès certain. Ainsi, il part d'un fait divers atroce : l'assassinat en pleine rue d'un prêtre apprécié de sa communauté. Le film pose question sur la violence de la société américaine des années 50, mais aussi sur l'idée de justice et les rapports que cette dernière entretien avec les politiciens. Le film est d'autant plus fort qu'il est clairement inspiré de faits réels.

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Le casting est plutôt fameux avec un Dana Andrews au meilleur de sa forme et il est entouré par une pléiade de seconds rôles comme Lee J Cobb en policier, qui était l'affreux gangster de "Traquenard" (1958) avec Robert Taylor. Mais il y a aussi Carl Malden que l'on verra très souvent en particulier dans "un tramway nommé Désir" (1951) avec Vivien Leigh. Enfin Arthur Kennedy a peut être dans "Boomerang" son meilleur rôle. On se souvient de lui pour ses rôles dans les films d'Errol Flynn, comme 'la charge fantastique" (1942) ou "Sabotage à Berlin" (1942). Mais que peut on reprocher à Boomerang ? Pas grand chose. Peut être Kazan et son directeur de la photographie Norbert Brodine auraient pu travailler un peu plus la photographie de l'ensemble, qui n'est pas au niveau d'autres films de la même époque. Néanmoins certaines scènes sont encore très belles. Le film vaut donc par son scénario assez original et par l'inversion des rôles qu'il met en place. De plus, il est formidablement joué. Ce film reste donc très fort, par sa dénonciation de la peine de mort, du système judiciaire américain, et de son rattachement nocif à la politique. L'académie des Oscars ne devait pas s'y tromper et décerner l'Oscar du meilleur scénario à Richard Murphy, scénariste de "Boomerang".

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Le choc !

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Ci-dessus  :Cara Williams  & Dana Andrews

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Ci-dessus : Lee J Cobb & Karl Malden

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Ci-dessus : Arthur Kennedy (assis) et Dana Andrews

 

La bande-annonce :

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée chez Twentieth Century Fox.

Note : 7,5  / 10

25/03/2014

La piste fatale / Inferno - 1953

"La piste fatale" est un thriller de Roy Ward Baker. Le premier travail de Roy Ward Baker dans les films était comme garçon de plateau, à la Gainsborough Studios à Londres, en Angleterre, mais dans les trois ans, il a travaillé comme assistant réalisateur. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a travaillé dans l'Unité Kinematograph armée sous Eric Ambler, un écrivain et producteur de films, qui, après la guerre, a donné à Baker sa première occasion de réaliser un film, "l'homme d'octobre" (1947). Baker  s'est ensuite rendu à Hollywood en 1952 et est resté pendant sept ans, de retour en Grande-Bretagne en 1958, il a dirigé un de ses meilleurs films, "Atlantique, latitude 41 °" (1958) qui raconte le drame du Titanic. Pendant les années 1960 et 1970, Baker a dirigé un certain nombre de films d'horreur Hammer et Amicus. Il a également dirigé à la télévision britannique, notamment au cours de la dernière partie de sa carrière. Le casting est composé de la belle Rhonda Fleming (ici la femme d'un richissime homme d'affaires), de Robert Ryan qui joue donc l'homme d'affaires, abandonné par sa femme, William Lundigan joue l'amant de Rhonda Fleming. Dans les seconds rôles, on peut citer Henry Hull que l'on a vu dans "le brigand bien-aimé" (1939) et dans "le retour de Frank James" (1940). Rhonda Fleming on l'a vu dans de très nombreux films des années 50 parmi lesquels on peut citer : "Règlement de compte à ok Corral" (1957), ou encore "la cinquième victime" (1956) de Fritz Lang

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Le film est plutôt bon, même si Baker n'est pas Hitchcock ou Hathaway. De plus, le scénario de Francis M. Cockrell semble un peu bancal. On ne sait pas bien comment Robert Ryan s'est retrouvé seul en pleine montagne. On ne sait rien de la rencontre entre Rhonda Flemming et son amant, rien des circonstances exactes ou de ce qui a précédé la décision. Finalement toute l'extrème et fine intellectualité d'un scénario écrit par Hitchock et sa femme n'apparaît pas ici. Tout est donc concentré sur l'action, ce qui donne au film un caractère très moderne nous faisant penser à des films beaucoup plus récents comme "127 heures" avec James Franco de Danny Boyle. On passe donc un bon moment devant un film classique au scénario très moderne, qui s'attarde malheureusement quand même assez peu sur la psychologie des personnages, au profit de l'action et surtout de la survie en plein désert. A noter enfin une qualité d'image pas extraordinaire, mais tout à fait correct pour un film de cette époque sur l'édition "Hollywood Legends".

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Ci-dessus : Robert Ryan

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Ci-dessus : Robert Ryan

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Ci-dessus : Rhonda Fleming

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Ci-dessus : Rhonda Fleming et William Lundigan

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La bande-annonce :

 Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée uniquement dans une promotion à 20 € les 3 films à la Fnac pour les adhérents !

 

Note : 7 / 10

20/03/2014

Le roman de Mildred Pierce / Mildred Pierce - 1945

Aujourd'hui je vous propose un sacré beau film que j'ai revu hier soir : "le roman de Mildred Pierce", tiré du livre de James M. Cain. Le film est admirable à tous les points de vue. La distribution est excellente. Ainsi, on retrouve une Joan Crawford très crédible en femme au foyer, une Ann Blyth délicieusement manipulatrice et perverse. Dans les seconds rôles on retrouve Jack Carson,  Zachary Scott, et Eve Arden. Zachary Scott on l'a vu joué dans d'autres mélodrames, comme "la femme aux maléfices" (1950). Quant à Jack Carson, éternel gaffeur et joli coeur, il a ici peut être son rôle le plus sérieux et joue à la perfection un personnage assez superficiel. Le film vaut autant par le jeu des acteurs, que par la superbe réalisation d'un Michael Curtiz, génialement inspiré, qui multiplie, comme souvent dans son oeuvre, les plans d'exceptions. Et il fait sienne la fameuse phrase de Jacques Tourneur, qui disait : "La couleur des décors n'a pas d'importance, ce qui est capital c'est la lumière". Rien est plus vrai pour le noir et blanc, et on devine sur les photographies de cet article, le travail d'artiste que Curtiz a fourni sur la lumière.  Pour arriver à cet incroyable résultat, il a du sans aucun doute bénéficier du directeur de la photographie, Ernest Haller. Ernest Haller n'était pas n'importe qui car il a participé à la photographie de nombreux films de Curtiz, mais a également obtenu un Oscar pour "Autant en emporte le vent" (1939).

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Michael Curtiz multiplie donc surtout au début les scènes géniales, comprenant des jeux de lumière, des jeux d'ombre, et tout cela est d'une beauté extraordinaire. Rien que le titre, donne des frissons, lorsqu'on entend la superbe musique de Max Steiner, et que les lettres du titre sont effacées successivement par un éternel ressac. Le ton est donné pour un très grand film et "Mildred Pierce" est effectivement un très grand film, et peut être un des plus beaux mélodrames du cinéma américain. Les critiques ne devaient pas s'y tromper, et le film devait être nominé de nombreuses fois aux Oscar et Joan Crawford devait recevoir l'Oscar de la meilleure actrice pour sa formidable interprétation. Aujourd'hui, on a un peu oublié le genre mélodrame. En effet, les temps ont changé. Les femmes refusent d'être des victimes ou se voir victimiser à l'écran.  Pourtant, "Mildred Pierce" est un film profondément féministe, car comment ne pas avoir de la compassion, pour le combat acharné d'une femme pour sauver sa famille ? Jamais peut être dans son oeuvre, Curtiz n'a décrit aussi bien la condition féminine d'une mère au foyer, digne et responsable et l'amour d'une mère pour sa fille. En cela, il nous offre une oeuvre d'une inaltérable résonance.

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Ci-dessus : Joan Crawford et Ann Blyth

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Ci-dessus : Joan Crawford

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Ci-dessus : Joan Crawford (admiré sur ces images, la fabuleuse photographie d'Ernest Haller )

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Ci-dessus : Les jeux d'ombres, traditionnels des films de Curitz

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Ci-dessus : Ann Blyth, Zachary Scott, et Joan Crawford

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Ci-dessus : Zachary Scott et Ann Blyth

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Ci-dessus : Joan Crawford et Michael Curtiz

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Ci-dessus : Michael Curtiz apportant son Oscar à Joan Crawford. En effet, cette dernière avait été malade le soir de la remise des Oscars.

 

Présentation de Mr Bertrand Tavernier :

 

La bande-annonce :

 

Film disponible en DVD zone 2 chez Twentieth Century Fox, en VO sous-titrée français, sur Amazon.fr à 4,90 €. A ce prix là, c'est un cadeau, au vu de la qualité du film.

Note : 8,5 / 10

15/03/2014

Le facteur sonne toujour deux fois / The postman always rings twice - 1981

Il est difficile de parler du film, "le facteur sonne toujours deux fois", dans sa version de 1981, sans évoquer, la version de Tay Garnett de 1946, avec John Garfield et Lana Turner. Ainsi, si Bob Rafelson, revisite le roman de James Cain, avec la bonne idée de le replacer dans la période exacte du livre (les années 30), il semble avoir été largement à côté de son sujet. Ainsi, il a remplacé toute la suggestion et l'émotion de la première version, par une sexualité débordante et presque parfois à la limite du viol. On peut s'étonner d'ailleurs que les relations sexuelles interviennent avant toute relation sentimentale entre les deux personnages. Mais après ce n'est qu'un détail, devant l'écriture assez inégale de l'ensemble. Ainsi, tous les grandes étapes du premier film son brûlés. La rencontre de Cora à la sortie de sa cuisine est quelconque, et rien est expliqué.

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La narration est donc réduite à sa plus simple expression, comme si le spectateur devait connaître le premier film. Mais alors pourquoi en avoir tourné un second, si rien est amené et expliqué correctement ? Ainsi, on ne sait pas trop pourquoi certains personnages s'absentent. On devine que Cora part à un moment donné, retrouver sa mère malade. Mais que peut comprendre un spectateur qui n'a jamais vu le premier film ?  Encore plus grave Bob Rafelson semble avoir oublié tous les codes du film noir. La femme fatale n'en est plus une, violentée par son amant, qui est encore plus machiavélique qu'elle. L'égalité des sexes est sans doute passée par là. Dans le premier film, John Garfield était plus la victime que le complice de sa maîtresse. Enfin, malgré son talent Jessica Lange semble assez peu à l'aise dans sa manière de jouer une femme des années trente. Ainsi, une scène semble assez surréaliste, quand on la voit lever sa robe jusqu'au genoux devant un employé d'une compagnie de bus. Cette scène est totalement impossible à imaginer en public, dans le contexte de cette époque. Et même la fin du film est escamotée. Le film devient donc plutôt le reflet de son époque de tournage (le début des années 80) et donne surtout envie de revoir la première version avec Lana Turner et John Garfield. C'est déjà pas si mal. On retiendra malgré tout, quelques plans intéressants, comme des vestiges d'une oeuvre bâclée.

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Ci-dessus : Jack Nicholson et Jessica Lange

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Ci-dessus : Jack Nicholson et Jessica Lange

Disponible en DVD et Bluray VF et VO sous-titrée

Note : 5,5 / 10

12/03/2014

Prisoners - 2013

"Prisoners" est sorti en 2013, sur un scénario simple d'enlèvement d'enfants, le réalisateur Denis Villeneuve arrive à faire preuve d'un certain talent, mettant à rude épreuve les nerfs du spectateur tout le long du film. Ainsi, il développe l'angoisse et l'enfermement à travers le climat constamment hostile et qui passe de la pluie à la neige en quelques heures, mais aussi à travers l'insociabilité de certains territoires des USA, ou encore par la tension latente de chaque personnage confronté au mal absolu et sur lequel chacun veut absolument mettre un nom et désigner un coupable. Le film vaut par son formidable scénario, tortueux au possible, et qui pourra nécessiter un deuxième visionnage pour en comprendre toutes les subtilités. On peut tirer son chapeau à Aaron Guzikowski, le scénariste. Le film reprend donc quelques uns des grands symboles classiques du film noir, et ajoute une bonne dose de drame. On a donc un film particulièrement intéressant, vraiment très bien réalisé et avec une superbe photographie de Roger Deakins.

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"Prisoners" sort donc clairement du lot de films médiocres tournés par Hollywood aujourd'hui. On peut reprocher quelques scènes un peu trop excessives. Mais "Prisoners" n'en reste pas moins un très bon spectacle qui interroge autant le spectateur sur ce que lui ferait dans ce cas là, autant que sur notre propre humanité. Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal sont donc dans une belle opposition victime / police, dont la force est assez peu courante au cinéma. Quant à Hugh Jackman, il démontre, encore une fois, après "les misérables" (2012), qu'il est capable de jouer bien autre chose que l'homme-loup, version mutante. On est rassuré.

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Ci-dessus : Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal

La bande-annonce :

 

Interview du réalisateur Denis Villeneuve :

 

Disponible en DVD et Bluray Zone 2 (VF et VO sous-titrée)

Note : 8 / 10

02/03/2014

Players - 2013

Aujourd'hui on sent bien que ça n'intéresse plus de trouver des titres français aux films américains. Ainsi, dans le cas de "Players", il n'y a pas de titre français. C'est un détail, car quasiment tout le monde, peut comprendre le sens du titre en anglais, mais bon ce n'est que pour dire. Le film en lui même est réalisé par Brad Furman et il est très loin des chef-d'oeuvres du genre réalisé par Martin Scorsese, comme "les affranchis" (1990), "Casino" (1995) tous les deux avec Robert De Niro. Dans "Players" on retrouve Ben Affleck et Justin Timberlake. Et ni l'un ni l'autre, ne font oublier De Niro et Joe Pesci. Ben Affleck devrait donc se limiter aujourd'hui aux rôles qu'il sait jouer et qu'il a déjà joué. Ainsi, il a été convaincant de très nombreuses fois, mais ici il ne l'est pas beaucoup. On ne peut pas dire beaucoup mieux de Justin Timberlake. Si à cela on ajoute une réalisation assez molle de Brad Furman, qui n'arrive que rarement à faire monter la tension, ça fait beaucoup. Quant au scénario il est très moyen, même si on a vu pire. En résumé, "Players" est donc tout à fait regardable, mais loin d'être inoubliable. Un peu mieux que la moyenne si vous êtes fan comme moi de Ben Aflleck, sinon la moyenne.

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Ci-dessus : Justin Timberlake et Ben Aflleck

 

La bande-annonce :

 

Note : 6 / 10

05/02/2014

L'ombre d'un doute / Shadow of a doubt - 1943

"L'ombre d'un doute" était le film préféré d'Alfred Hitchcock selon sa fille, et quand on le visionne on comprend pourquoi. En effet, derrière la vie d'une famille américaine sans histoire, dans une petite ville de province va se nouer un véritable cauchemar. L'ennui d'une jeune fille un peu innocente (Teresa Wright) est le déclencheur. Pourquoi ne pas faire venir ce bon vieux oncle Charlie (Joseph Cotten) pour enfin avoir de l'amusement. En effet que peut on rêver de mieux qu'un invité pour avoir un peu d'animation à la maison ? Les rapports troubles entre ce très distingué oncle Charlie et la jeune fille laisse à penser qu'il y a entre eux de l'admiration voir de l'amour. Et Hitchcock laisse supposer que le personnage de Teresa Wright n'est pas aussi innocent qu'on peut le penser au premier abord. Mais rien ne la prépare à se heurter à un oncle Charlie qui a bien changé et qui surtout traîne un lourd passé. Mais est ce possible qu'un aussi bel homme, aussi bien distingué, et aussi bien habillé, puisse cacher quelque chose.

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Hitchcock donc comme a son habitude joue sur les apparences, mais aussi sur le rapport trouble entre Teresa Wright et Joseph Cotten. C'est d'ailleurs un pur plaisir de retrouver ici la belle Teresa Wright, qui semble être la conscience mais également le subconscient de l'oncle Charlie, ou si vous voulez l'âme soeur. Ce rapprochement en une espèce de conscience jumelle est bien montré lors de la scène du train, où l'oncle Charlie semble à bout de force, comme écrasé par ses fautes. Mais la conscience aveugle du personnage de Theresa Wright lui donne au premier regard une force nouvelle, une vie nouvelle. Par son regard innocent, il est lavé de ses fautes et donc lui aussi innocent. Mais la destruction de cet état, par l'amour absolu va révéler la vraie nature de l'oncle Charlie et précipiter sa fin. Hitchcock explore donc la psychologie des personnages de la meilleure des manières. On retrouve aussi quelques un de ses thèmes favoris comme les trains qui semblent signifier l'implacable cours du destin, ou encore associe un personnage qui pardonne toutes les fautes : la soeur de l'oncle Charlie qui ne voit rien et ne comprend rien, son frère restant toujours cet être supérieurement merveilleux.

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Ci-dessus : Teresa Wright et Joseph Cotten

Je n'ai pas dit un mot du casting et ce n'est pas bien. Donc une fois n'est pas coutume je finirais là dessus. On retrouve donc avec plaisir Teresa Wright. On se souvient d'elle pour son rôle dans "la vipère" (1941) avec Bette Davis, ou dans "Mrs Miniver" (1942), où elle devait décrocher l'Oscar du meilleur second  rôle, mais surtout pour sa prestation avec Dana Andrews dans "les plus belles années de notre vie" (1946). Quant à Joseph Cotten c'est évidemment l'acteur de très nombreux films où il n'était pas souvent le méchant. C'était évidemment la vedette de "Citizen Kane" (1941) ou du trop méconnu "Lydia" (1941). On retrouve également de très bon seconds rôles comme Hume Cronyn qui était formidable en avocat dans "le facteur sonne toujours deux fois" (1946) avec John Garfield et Lana Turner. On peut également citer, pour les seconds rôles, Patricia Collinge. Cette dernière était également présente dans "la vipère" (1941). Pour finir sur la musique, je dirai que Dimitri Tiomkin nous donne une très belle participation aux tons inspirées de la valse de "la veuve Joyeuse" de  Franz Lehár. Je vous conseille donc très fortement ce film d'Hitchcock où l'innocence rencontre le mal, dans un mélange encore explosif, même pour notre époque et qui nous permet de revisiter la tranquillité et la paix toute relative et apparente d'une ville américaine des années 50. Je regretterai juste la prestation de Macdonald Carey pas très à l'aise et crédible en policier courtois.

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Ci-dessus : Joseph Cotten et la belle Teresa Wright

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Ci-dessous : Macdonald Carey et Teresa Wright

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Ci-dessus : Teresa Wright et Joseph Cotten

 

La bande-annonce :

 

Extrait de la musique :

 

Note : 8  / 10

01/02/2014

Tequila Sunrise - 1988

"Tequila Sunrise" est l'exemple même du film qui aurait pu être très bon, voir être un chef d'oeuvre, mais dont la médiocrité du montage, de la réalisation et du scénario l'a rendu très difficile à suivre. Alors c'est vrai que le film a une qualité certaine son casting. Ce n'est pas tous les jours que l'on retrouve à l'affiche Mel Gibson, Michelle Pfeiffer  et Kurt Russell, et d'excellent second rôle comme J T Walsh. On peut noter que Kurt Russell et J T Walsh se retrouveront dans "Backdraft" (1991). La réalisation de Robert Towne se distingue par quelques bons plans, en particulier celui de la discussion entre Mel Gibson et Kurt Russel, avec le coucher de soleil juste derrière. Mais pour le reste elle est très classique. Mais surtout le film multiplie les incohérences, avec une voiture qui a disparu entre deux prises ou des policiers qui se retrouvent dans un restaurant chic. Et on se demande bien qui va payer la note ? On peut également dire que les dialogues sont rarement percutant et que le scénario ballade le spectateur sans beaucoup de signification, et tourne largement en longueur. Ceci dit "Tequila Sunrise" a des qualités essentiellement portées par le trio d'acteurs. J'ajouterai que j'ai un petit faible pour ce film qui est un des films de mon adolescence. J'avais 15 ans à sa sortie. Je ne mettrais donc pas une si mauvaise note que ça, pour un film, somme toute pas totalement raté, mais sûrement pas réussi.

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Ci-dessus : Mel Gibson

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Ci-dessus : Michelle Pfeiffer

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Ci-dessus : Mel Gibson, Michelle Pfeiffer  et Kurt Russell

 

Bande-annonce :

Disponible en DVD et Bluray (Freezone) VO sous-titrée et VF

Note : 6 / 10

22/01/2014

L'invraisemblable Vérité / Beyond a reasonable doubt - 1956

"L'invraisemblable Vérité" est le dernier film américain de Fritz Lang. Le film ne se distingue pas par une mise en scène particulièrement fouillée comme dans d'autres films de Lang. André Bazin, parle d'ailleurs de "vide barométrique de la mise en scène". Je n'irai pas jusque là, mais on sent que Lang est allé un peu au bout de son destin hollywoodien ou de son inspiration en Amérique. C'est le producteur, Bert E. Friedlob, qui lui avait proposé ce scénario tout de suite après le tournage de "la cinquième victime". Le film est aujourd'hui surtout, fascinant pour le modernisme de son propos, qui nous raconte l'histoire d'un journaliste qui se fait passer pour le coupable du meurtre d'une jeune femme, afin de prouver la dérisoire incertitude de la justice et donc l'injustice de la peine de mort. Lang qui n'a pas eu la main mise sur le scénario semble être allé au bout de son inspiration. Ainsi sa réalisation semble dénuée de tout l'expressionnisme sublime qui l'ont rendu célèbre dans nombreux de ses films, et même dans des films noirs américains, comme "la femme au portrait" (1944) ou "la rue rouge" (1945).

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La fin du film, d'une profonde noirceur semble être le parallèle de l'esprit d'un réalisateur, lassé par la société américaine qu'il avait dénoncé quelques mois auparavant dans "la cinquième victime". Il finira d'ailleurs par la traiter de "panier de crabes". On ne s'en doutait peut être pas à l'époque, mais le départ de Fritz Lang était peut être aussi imperceptiblement, le début de la fin artistique du grand Hollywood. Quoiqu'il en soit, le scénario de "l'invraisemblable vérité" devait être de nouveau tournée en 2006 et sortir sous le même titre américain que le film de Lang : "Beyond a reasonable doubt". Le titre français est "présumé coupable" et le procureur prend une place qu'il n'a pas dans le film de Lang. En effet, c'est Michael Douglas qui reprend le rôle. Quant au journaliste joué par Dana Andrews, Jesse Metcalfe n'apporte pas beaucoup d'étoffe à son personnage. Et je ne parlerai pas de l'actrice féminine qui reste à des années lumières de Joan Fontaine. Cette nouvelle version, reste néanmoins un bon divertissement, qui n'arrive pas évidemment à concurrencer l'original qui reste lui comme un classique du film noir, même si on a connu Lang beaucoup plus inspiré.

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Ci-dessus : Sidney Blackmer et Dana Andrews

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Ci-dessus : Barbara Nichols et Dana Andrews

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Ci-dessus : Dana Andrews et Joan Fontaine

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ci-dessus : Joan Fontaine et Fritz Lang

Note : 7,5 / 10

18/01/2014

Les fantastiques années 20 / The Roaring Twenties - 1939

"Les fantastiques années 20", est un film marquant du cinéma hollywoodien. Tout d'abord, car c'est le premier film de Raoul Walsh à la Warner. Celui-ci après 25 ans de carrière trouve enfin le studio qui va le révéler. De plus, si le film nous parle des années 20, il clôture aussi tous les films de gangsters des années 30, laissant le public orphelin quelques années d'un genre qui renaîtra comme le Phénix, mais cette fois-ci comme transformé dans le film noir. Mais lorsqu'on le regarde avec nos yeux d'aujourd'hui, le film semble aussi être un passage de témoin entre James Cagney et Humphrey Bogart, ce dernier devenant une des vedettes du film noir des années 40 et 50. Comme à son habitude Walsh nous donne un portrait tout en nuances du héros. Le film raconte l'histoire des soldats américains qui reviennent de la guerre de 14, et qui retrouvent une Amérique changée. Ainsi, le travail ne les a pas attendus. Le chômage augmente, la prohibition sur la vente d'alcool, apparaît et les trafics mafieux également. Comme aujourd'hui la mitrailleuse, devient alors l'arme la plus utilisée par les gangsters, pour préserver leur marché très concurrentiel. On est d'ailleurs frappé par l'absolu modernité des thèmes abordés : chômage, exclusion, violence, mafia, crack boursier. Et l'apparition d'une écoute de la radio avec un casque audio, nous rend l'époque presque familière. L'histoire des personnages est donc inscrite dans l'actualité des années 20, et Walsh a un talent terrible pour revenir dans le temps et faire des montages très modernes, d'actualités qui auraient pus sembler très plates dans une présentation trop classique. On notera aussi que la film a beaucoup de chansons interprétées par Priscilla Lane. Cela donne un côté sympathique au film, et lui donne une respiration. De plus, les numéros musicaux sont aussi l'occasion de voir des "girls" peu habillées, donnant au film un côté "pré-code", mais 5 ans après son instauration !

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Pour le reste, Walsh s'évertue à nous montrer 3 personnages dont chacun représente un caractère : le bon, la brute, et le truand avant l'heure en quelque sorte. Mais Walsh n'est absolument pas manichéen dans sa présentation.  Ainsi, si Bogart est ici toujours dans les sales coups, Gagney ne fait que protéger son affaire et ses proches. Cagney n'a pas le sadisme ou le vice de Bogart. Et c'est parce qu'il y a du bon en lui, qu'il va en quelque sorte se sacrifier, alors qu'il avait refusé l'idée même de se suicider au début du film. L'ambivalence du personnage principal voilà ce qui intéresse Walsh, comme dans tous ses films.  Ainsi, le troisième camarade joué par Jeffrey Lynn, représente l'avocat honnête qui rentre malgré lui dans les trafics. Et il n'intéresse ni Walsh ni les scénaristes, qui lui donnent presque un rôle de faire-valoir. Le film n'est pas exempt de belles émotions en particulier entre Cagney et Priscilla Lane, ou encore entre Cagney et sa maîtresse jouée par Gladys George, qui donne une formidable interprétation, semblant à 35 ans, en faire 45 dans le film ! Cagney trouvera t'il sa voie en dehors que dans le crime ? Le film répond à la question, mais je vous laisserai le découvrir, car cela en vaut la peine. Je vous conseille donc très fortement les "fantastiques années 20", qui montrent que le monde tourne sans jamais s'arrêter, mais que parfois les époques se ressemblent au moins sur certains points.

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Ci-dessus : Gladys George et James Cagney

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Ci-dessus : Frank McHugh et James Cagney

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Ci-dessus : Priscilla Lane

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Ci-dessus : Priscilla Lane et James Cagney

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Disponible en DVD Zone 1 (compatible zone 2) (VO sous-titrée)

 

Note : 7,5 / 10

07/01/2014

A chaque aube je meurs / Each dawn I die - 1939

Si on en croit Richard Schickel et son livre "James Cagney : a celebration", "à chaque aube je meurs" était le film américain préféré de Staline. Je ne sais pas si c'est vrai. En tous les cas, "à chaque aube je meurs" est peut être le plus grand film de James Cagney, qui a cette fois-ci comme partenaire George Raft. L'un et l'autre étaient déjà apparus dans "Taxi" en 1932, même si George Raft n'était alors, même pas au générique. "A chaque aube je meurs", tourné par William Keighley fait parti de cette série de films tournés par Hollywood sur l'univers carcéral pendant les années 30. Ainsi on retrouve comme film de cette période portant sur les prisons américaines, "Ladies they talk about" (1933) avec Barbara Stanwyck du même Keighley, mais on peut citer aussi "Vingt Mille ans sous les verrous" (1932) de Michael Curtiz avec Spencer Tracy, ou encore "San Quentin" (1937) de Llyod Bacon avec Humphrey Bogart, et beaucoup d'autres. Jane Bryan est quasiment la seule actrice d'un film d'hommes. Elle est ici la petite amie de Cagney. Elle fait tout pour le faire sortir de prison. Le film est d'autant plus touchant ici, que Cagney est un homme innocent, piégé par un politicien véreux. Dans la vraie vie Jane Bryan abandonnera le cinéma au début des années 40, pour se marier avec un magnat de l'industrie pharmaceutique.

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Keighley est particulièrement à l'aise dans la description de cet univers sordide, nous montrant la violence des gardiens, la haine qui s'insinue dans le coeur des prisionniers, et les luttes de bande au sein même de la prison. "Prison Break" n'a pas fait mieux presque 70 ans plus tard. Le duo James Cagney / George Raft, est formidable. George Raft a un jeu ici un peu dans le style d'un Bogart. Et Cagney a l'intelligence de ne pas en rajouter et de rester dans son rôle. Le film est très émouvant à bien des égards et très réaliste, nous montrant des meurtres en prison, et une terrible lutte finale, qui semble avoir été tournée à balles réelles ! Impressionnant surtout pour l'époque. Il est donc difficile de ne pas sortir remué par un tel film, qui ne renonce à rien pour faire de cette oeuvre, peut être le plus beau film sur l'univers carcéral tourné par Hollywood dans les années 30. A redécouvrir.

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Ci-dessus : George Raft et James Cagney

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Ci-dessus : George Raft et James Cagney

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Ci-dessus : George Raft et James Cagney

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Ci-dessus : George Raft et Jane Bryan

 

Note : 8 / 10

03/01/2014

La grande horloge / The big clock - 1948

"La grande horloge" est un film noir de 1948, avec Ray Milland, Charles Laughton et Maureen O'Sullivan, dans les rôles principaux. Ray Milland est un peu oublié aujourd'hui. Pourtant il a été une grande vedette de films d'aventures comme "Beau Geste" (1939) avec Gary Cooper, ou "dans les naufrageurs des mers du Sud" (1942). Cet acteur britannique a excellé dans presque tous les genres et après la guerre, il commence à s'intéresser aux films noirs. On peut citer donc "la grande horloge" (1948), mais aussi "un pacte avec le diable" (1949), ce dernier étant dans un registre plus fantastique, mais également du même réalisateur, du film qui nous intéresse aujourd'hui : John Farrow. Milland tournera 4 fois avec John Farrow. Avant de commencer sa carrière à Hollywood, John Farrow était un ancien militaire, enrôlé dans la Navy, il décidait de l'abandonner pour voyager sur des navires de commerce. Comme d'autres, il commença sa carrière par l'écriture scénaristique et ce n'est que plus tard il se tourna vers la réalisation, jusqu'à devenir un des réalisateurs vedettes de la Paramount. On notera qu'il était fervent catholique et qu'il fit donc à sa femme Maureen O'Sullivan, 7 enfants. Et c'est elle qui joue dans le film. On se rappelle aujourd'hui d'elle en France, surtout car elle a été la compagne de Johnny Weissmuller dans les films de Tarzan, et dont un des 7 enfants du couple, est l'actrice Mia Farrow. 

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Pour le scénario on retrouve un très grand scénariste, Jonathan Latimer, spécialiste du roman policier. A la photographie il y a également un maître aux commandes en la personne de John F Seitz. John F. Seitz avait dix-huit brevets pour divers procédés photographiques à son nom . Il s'agit notamment des dispositifs d'éclairage, qu'il a perfectionné pendant le tournage de "Trifling Women" (1922) de Rex Ingram (1922). Seitz a commencé sa carrière cinématographique avec la compagnie Essanay à Chicago , puis a rejoint le St Louis Motion Picture Company en tant que technicien de laboratoire en 1909 . Dans quatre ans , il avait atteint le poste de directeur de la photographie . Il signe à la Metro en 1920 , faisant de son mieux travailler en collaboration avec Ingram , notamment sur ​​"les Quatre cavaliers de l' apocalypse" (1921) et Le Roman d'un Roi (1922 ).A cette époque , il était le directeur de la photographie le mieux payé de Hollywood . La marque de Seitz était faite, de faibles éclairages, et il éclairait différemment les différentes zones de l'écran. Sa couleur photographie a été caractérisée par une tendance à privilégier des tons beiges, et vives pour les costumes ou les accessoires . La carrière de Seitz dans les années 1930 , s'est passée à la 20th Century Fox (1931-1936) et à la MGM ( 1937-1940 ), sans être réellement marquante. Cependant , il a connu de nouveaux et grands succès à la Paramount de 1941 à 1952. La Paramount lui permit de travailler sur certains des meilleurs films de Preston Sturges, comme "les voyages de Sullivan" (1941) , "Héros d'occasion" (1944 ) ou "le Miracle au village (1944), mais aussi avec Billy Wilder comme dans  "assurance sur la mort" (1944) , "Le poison" (1945) ou "Boulevard du crépuscule" (1950) . Ajoutez à cela deux autres excellents films noir , "tueur à gages" (1942 ) et la "Jordan le révolté" (1942) - tous deux réalisés par Frank Tuttle et mettant en vedette Alan Ladd . Seitz était un maître dans la création d'atmosphère par des ombres inquiétantes et de l'apparition d'une menace dans les gros plans.

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Ci-dessus : Ray Milland et Maureen O'Sullivan

Vous l'aurez compris avec un tel casting et une tel équipe derrière la caméra, il était impossible de ne faire un très bon film. Et évidemment le résultat est là. Laughton est fabuleux et a des intonations incroyables accentuant avec délices certains mots dans une phrase pour leur donner plus de forces. Il joue à la perfection ce grande patron psychorigide qui veut tout contrôler, dont l'horloge centrale à l'entrée du siège social de son cartel médiatique, est là pour montrer qu'il maîtrise le temps, et donc son argent, ses employés. Ses employés ne sont pour lui que des esclaves à sa merci, ainsi il refuse pendant des années des vacances à son directeur de publication (Ray Milland), et licencie à la moindre erreur, voir au moindre refus. Et Laughton nous donne une interprétation beaucoup plus que dans "les révoltés du Bounty" (1935). En effet, ici on voit le rapport trouble qu'il entretient avec sa maîtresse (Rita Johnson), qui semble être son jouet et qui lui fait remarquer qu'elle n'est avec lui que pour son argent et qu'il la dégoute. On sent que Laughton arrive à nous faire partager le drame de sa vie personnelle, dans ce film, donnant à son personnage tour à tour, force et faiblesse, rejouant à l'écran le drame intime de sa propre existence. On ne peut passer sous silence également l'excellence des seconds rôles avec en tête Elsa Lanchester ou George Mc Ready, et la belle musique de Victor Young qui accompagne parfaitement le film. Le film fait d'ailleurs penser par moment à "mélodie pour un meurtre" '(1989) avec Al Pacino, pour les connaisseurs.

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Ci-dessus : Charles Laughton

Voilà, je ne saurai que vous conseillez très fortement de découvrir ce film de John Farrow, qui revisite l'univers du film noir, en l'associant au monde des affaires pour nous donner un film superbement réalisé. On notera qu'un remake devait être tourné avec Gene Hackman et Kevin Costner, "sens unique" (1987). Evidemment, ce dernier ne devait pas atteindre l'apogée esthétique de "la grande horloge".

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Ci-dessus : Rita Johnson et Ray Milland

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Ci-dessus : Ray Milland et Maureen O'Sullivan

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Ci-dessus  : à gauche Elsa Lanchester & à droite (son mari à la ville), Charles Laughton

 

Extrait :

Film disponible chez Carlotta en DVD zone 2 VO sous-titrée français

 

Note : 7,5 / 10

28/12/2013

La femme sur la plage / The Woman on the Beach - 1947

"Pour la Femme sur la Plage, il y avait un roman, publié et vaguement lu, et c’est ce qui a décidé la RKO à me confier la réalisation d’une pauvre intrigue. J’ai accepté, je ne sais pas pourquoi, sans doute pour payer mes taxes, et ça a ajouté quelques kilomètres de plus à la ponte annuelle de notre bonne ville (…) Je viens de passer quatre mois d’abrutissement absolu à monter et à redémonter mon dernier film." C'est en ces termes peu élogieux pour son propre travail que Renoir parlait de "la femme sur la plage". Aujourd'hui 66 ans après sa création doit on être aussi dur que Renoir sur son film ? Qu'en est il vraiment ? Les critiques ont elles eu raison de renier ce dernier film de Renoir ? Hollywood classic a vu aussi ce film et vous donnera son opinion. Le film tourne autour du trio, Joan Bennett, Robert Ryan et Charles Bickford. Charles Bickford c'est évidemment le propriétaire violent de "duel au soleil" avec Gregory Peck.

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Tout d'abord, je pense qu'il faut prendre le film tel qu'il est sans le comparer à d'autres films de la période américaine de Renoir : "L’étang tragique", "Vivre Libre", "L’homme du sud", "Le journal d’une femme de chambre". Ceci étant dit, ces films n'étaient pas exempts de défauts. Ainsi, "Vivre Libre" censé se passer en France occupée, laissait apparaître des enseignes de magasins en anglais. Ce n'était pour le moins, pas très crédible. Pour "la femme sur la plage" le premier vrai défaut est qu'on ne sait pas bien si c'est un film noir ou un mélodrame. Le film ne semble pas vouloir choisir et jusqu'à la fin, on ne se demande si c'est un mélodrame que l'on regarde ou un film noir. Enfin le scénario n'est pas très clair. En effet, un garde de côté (Robert Ryan) traumatisé par un naufrage, se prend d'affection pour une jeune femme marié (Joan Bennett) à un aveugle violent et possessif (Charles Bickford). Ce que l'on peut reprocher au film, c'est évidemment d'être finalement assez superfitiel dans sa caractérisation des personnages. On sent bien que Renoir n'a pas osé ou a été gêné en voulant mettre à l'écran une forme de relation sadomasochiste, où le mari a perdu un oeil de la faute de sa femme, et où suite à cela, la femme est devenue l'esclave ménagère de l'homme, et on suppose sexuel également.

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Ci-dessus : Joan Bennett, Charles Bickford et Robert Ryan

Voilà ce qu'en disait François Truffaut : Ce que j'aime dans "la femme sur la plage", c'est qu'on y regarde deux films en même temps. Dans le dialogue, on ne parle jamais d'amour, les personnages échangent des propos courtois, polis. L'essentiel n'est donc pas dans le dialogue qu'ils prononcent mais dans les regards qu'ils échangent, et qui expriment des choses troubles, secrètes et pourtant très précises. Le cinéma n'est jamais autant lui-même que lorsqu'il parvient, en utilisant le dialogue comme une musique de contrepoint, à nous faire entrer dans les pensées des personnages. C'est sous cet angle que je vous invite à regarder les trois prodigieux acteurs de "la femme sur la plage", Joan Bennett, Robert Ryan, Charles Bickford, regardez-les comme des animaux, comme des bêtes farouches qui déambulent dans la jungle crépusculaire de la sexualité refoulée." Ainsi, même si Truffaut se plaignait de la non caractérisation des dialogues. Certains dialogues ne prêtent pas à confusion et laisse comprendre une servilité totale de la femme pour son mari aveugle. Hanns Eisler, compositeur aujourd'hui oublié, nous gratifie ici d'une intéressante musique, qui mérite notre attention.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Robert Ryan

"La femme sur la plage" n'est donc pas du tout un mauvais film. C'est même un film plutôt surprenant, qui évoque à mots couverts, des thèmes que l'on osait pas évoquer en 1947. L'adultère n'est plus ici, un crime, mais une libération. L'héroïne semble aimer et détester tout à la fois son mari, dans un jeu pervers assez malsain, dont la valeur de ses peintures reste un des noeuds de l'attachement qu'elle a encore pour son mari. Il y a une grande modernité dans tout ça, qui semble avoir désarçonné son auteur lui même, ainsi que le public de l'époque. "La femme sur la plage" n'en reste pas moins un très bon film, qui mérite d'être tiré de l'oubli. On regrettera seulement un scénario, qui finalement ne va pas au fond des choses, et qui reste assez superficiel.

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Ci-dessus : Joan Bennett

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Ci-dessus : Nan Leslie

Disponible aux éditions Montparnasse (DVD zone 2 VO sous-titrée)

Note : 6,5 / 10

27/12/2013

Chasse à l'homme / Manhunt - 1941

Après l'échec de "casier judiciaire" (1938), Lang semblait perdu pour le cinéma américain. Il partit donc vers l'Ouest filmer les indiens. De fil en aiguille, ses petits films furent progeter à Darryl F Zanuck qui décida de l'engager pour deux westerns : "le retour de Franck James" et "les pionniers de la Western Union". On peut toujours critiquer ces deux films, en doutant de l'apport d'un Allemand comme Lang à un thème typiquement américain. Néanmoins, ces films eurent pour conséquences de sortir Lang de son statut de paria du cinéma américain. Et donc en 1941, il tournait "chasse à l'homme", film cette fois-ci beaucoup plus personnel, car évoquant le nazisme. On sait que Lang était profondément anti-nazi et avait même fondé une association anti-nazie à son arrivée aux USA. Le film est également intéressant, car il nous permet de voir la première collaboration de Lang avec Joan Bennett. Cette dernière deviendra une des égéries de Lang et jouera ainsi dans 3 autres films noirs de Fritz Lang : "la femme au portrait" (1944), "la rue rouge" (1945) et "le secret derrière la porte" (1948). Mais on la verra aussi dans d'autres films, comme par exemple, le formidable film avec Paul Henreid, "le balafré" (1948). George Sanders est également présent dans "chasse à l'homme". Et on notera qu'il avait déjà été le partenaire de Joan Bennett l'année précédente dans "le fils de Monte-Cristo". Malheureusement, ce film est indisponible en France, mais disponible sur Youtube sans sous-titres. On se demande bien pourquoi les éditeurs ne sortent pas ce film. Si quelqu'un de Sidonis ou Wild Side passe par là et peut faire quelque chose. Il est le bienvenu.

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Pour revenir à "Chasse à l'homme", je ne vais pas vous raconter l'histoire, mais essayer de vous donner envie de le voir. Le film est tiré du roman "Manhunt", dont Dudley Nichols fera un scénario, qui sera remis à Lang. Le film évoque l'Allemagne nazi, mais aussi la possibilité d'un assassinat d'Hitler. Le but du film est de décider l'Amérique à rentrer dans le conflit. Lang évoque différents thèmes : espionnage, amour, mais aussi conscience et inconscient. Le chef du contre espionnage joué par George Sanders, va jouer malgré lui, le rôle du psychiatre. et Walter Pidgeon, le héros, va jouer le rôle du patient. Sanders arrivera à la fin du film à donner conscience à l'inconscient des actes de Pidgeon. Enfin, il faut ajouter que le personnage de  Joan Bennett est très sympathique. En effet, elle joue une fille facile du peuple, qui rencontre en Pidgeon l'homme parfait. Elle est très touchante, quand elle pleure, lui voulant dormir seulement sur le canapé de lui même. On a l'impression qu'elle est déçue que ce dernier ne se jette pas sur elle. Mais on se dit aussi, qu'elle pleure, parce que c'est aussi le premier homme qui dort chez elle, sans rien tenter. Et comme nous, elle est touchée par ce geste désintéressé. On reste surpris par le petit budget du film, et par seulement les 28 jours de tournage pour un tel résultat à l'écran.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Walter Pidgeon

"Chasse à l'homme" est donc au bout du compte, un beau film noir et romantique. On en oublie que son sujet est celle d'un film de propagande. Le suspens fait parfois penser à Hitchcock. Et on se rappelle ainsi, d'autres films anti-nazis cette fois-ci d'Hitchcock, comme "Saboteur" (1942) ou "Correspondant 17" (1940), même si Lang en fera d'autres, comme "Les Bourreaux meurent aussi" (1943), "Espions sur la Tamise" (1944) et "Cape et Poignard" (1946).. Et en plus, on a la chance de retrouver Joan Bennett en anglaise des rues avec un accent très british mais aussi très populaire. Je ne peux donc que vous conseiller sur la magnifique édition sortie dernièrement par Sidonis, qui a une magnifique qualité d'image et de très nombreux bonus; dont un long entretien avec un spécialitste de Lang, Bernard Eisenschitz et Mr Patrick Brion.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Walter Pidgeon

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Ci-dessus ; Walter Pidgeon et Roddy McDowall

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Disponible en Bluray et DVD zone 2 et B sous-titré en français dans un coffret magnifique, comprenant un livret explicatif.

Note : 8 / 10