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13/03/2015

Au fil de l'eau / House by the River - 1950

Il me semble assez difficile de parler de "House by the river", film en noir & blanc de Fritz Lang, sans parler des théories freudienne ou jungienne qui accompagne immanquablement le récit. Mais auparavant parlons, un peu du film dans la carrière de Lang. Il s'inscrit évidemment dans sa période américaine d'après guerre. On sait que Lang avait quitté l'Allemagne nazie après son entrevue avec Goebbels et s'était décidé à rejoindre la France, où il avait tourné "Liliom" (1934), avec Charles Boyer. Ensuite, comme les producteurs français rechignait à faire travailler un réalisateur allemand, il se décida à partir en Amérique. Sa carrière américaine est diversifiée et il a déjà tourné quelques films noirs, dès 1944, période de naissance ou renaissance du film noir, le film noir n'étant pour une bonne partie, que la continuité du film de gangsters des années 30. On peut donc citer dans la filmographie de Lang, "la femme au portrait" (1944), "la rue rouge" (1945) et "le secret derrière la porte" (1948). "House by the river" est quant à lui, un film étrange à plus d'un titre. Il est d'abord étrange par son intellectualité et ses références aux théories psychologiques évoquées plus haut. Ainsi, le film commence par un moment de distraction de l'anti-héros de l'histoire (joué par Louis Hayward), qui voit un petit scarabée sur une feuille de papier sur lequel il écrit son roman. Ce moment particulièrement anodin pour qui ne connaît pas la théorie de Jung sur la synchronicité, prend ici tout son sens. Ainsi, on se rappelle de cette phrase nominale de Jung : "Le voilà, votre scarabée", lorsqu'il dit à sa patiente en lui tendant un insecte apparu alors qu'elle racontait son rêve d'un scarabée d'or. Mais chez Lang, le scarabée n'est pas d'or, mais noir, comme un mauvais présage ou un signe macabre du destin. Lang va alors pousser l'anti-héros dans le cauchemar, en lui faisant tuer sa bonne par accident, par une espèce de pulsion sexuelle. Lang se joue aussi du fleuve, qui charie les déchets de la société humaine, cadavres d'animaux etc. Le fleuve représente donc autant le temps qui passe, que les fautes cachées au fond de l'âme. N'est il donc pas ici l'inconscient que tout être humain ne peut voir, ou sa propre conscience que tout assassin rejette. Tout ce scénario sexuellement morbide, est évidemment magnifié par la réalisation de Lang, et la qualité de la photographie exceptionnelle d'Edward Cronjager. "House by the river" est donc un excellent film noir, qui aurait malgré tout pu avoir un meilleur casting, en particulier dans le rôle joué par Jane Wyatt, qui ne m'a pas semblé ici totalement convaincante.

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Ci-dessus : Louis Hayward & Jane Wyatt

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Ci-dessus : Jane Wyatt & Lee Bowman

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Disponible en DVD zone 2 (en VO sous-titrée)

Note : 8 / 10

08/02/2015

American Bluff / American Hustle - 2013

J'ai vu un film relativement récent hier après-midi. Et oui, cela m'arrive de temps en temps. Et j'ai vraiment aimé. Pour ceux, qui doutent de la vivacité artistique du cinéma américain d'aujourd'hui, je leur conseille tout particulièrement, cet "American bluff" qui réunit autour de Christian Bale, Amy Adams, Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Jeremy Renner, et Robert De Niro en guest-star. Le film ressemble beaucoup dans sa construction au film de Martin Scorsese "les affranchis" (1990). Alors bien sûr, tout est moins fort et le film de Scorsese reste une référence ultime dans la catégorie, film de gangsters. Pourtant "American Bluff" tire son épingle du jeu, apportant un ton propre, se concentrant particulièrement sur l'humour et éliminant quasiment toute forme de violence, sinon verbale, et faisant de l'oeuvre, une incroyable comédie policière. Le film comprend ainsi plusieurs scènes anthologiques. Et on prend beaucoup de plaisir à suivre l'arnaque du siècle se mettre en place, avec toutes les répercussions humaines sur les personnages. Car contrairement à la masse des films hollywoodiens, qui sortent, "American Bluff" a un très bon scénario et des dialogues réellement percutants et travaillés. On sait que Eric Warren Singer et David O Russell le réalisateur ont travaillé dessus. Et cela se voit. C'est vraiment du bon boulot. On peut ajouter, que la jolie Amy Adams, se balade sans soutien-gorge, les trois-quarts du film. On a peine à croire que les femmes s'habillaient ainsi dans les années 70. Ce devait être une époque de folie quand on y repense.

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Mais la réussite d'American Bluff, c'est aussi son casting, avec en tête un Christian Bale qui a pris 18 kilos pour la circonstance, mais aussi la formidable prestation de Jennifer Lawrence, et de tous les autres. A tout cela, il faut ajouter la formidable BO d'époque, qui reprend des grands titres internationaux. C'est un peu la même idée, que dans "les affranchis" qui revisitait la musique des années 50, 60 et 70. "American Bluff" est vraiment une réussite. Et c'est toujours un plaisir de revoir Robert De Niro, reprendre son rôle de vieux mafieux psychopathe, et l'entendre dire quelque chose comme :"J'espère qu'il y a vraiment quelqu'un de votre côté, parce que nous on est là"."American Bluff" est donc bien la preuve qu'aujourd'hui, l'on peut encore faire du cinéma sans effets spéciaux et images numériques dégoulinantes, et ce pour seulement 40 millions de dollars et en rafler 240 millions. Il va falloir que l'on s'intéresse de plus près, à la filmographie de David O Russell. Il se pourrait bien qu'Hollywood possède un génie et qu'on nous ait rien dit.

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Ci-dessus : Christian Bale

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Ci-dessus : Bradley Cooper et Christian Bale

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Ci-dessus : Bradley Cooper, Amy Adams, & Christian Bale

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Ci-dessus : Jennifer Lawrence

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Ci-dessus : Bradley Cooper

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Ci-desuss : Jeremy Renner

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Ci-dessus : Amy Adams, Bradley Cooper, Jeremy Renner, Christian Bale, Jennifer Lawrence

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Ci-dessus : le réalisateur David O Russell sur le plateau d'American Bluff.

La bande-annonce :

Disponible en DVD & Bluray Zone 2 et B en VF & VO sous-titrée français

Note : 8 / 10

07/02/2015

Impact - 1949

"Impact" est un film noir, tourné en 1949, par Arthur Lubin pour les studios United Artist. Arthur Lubin est né Arthur William Lubovsky à Los Angeles, en Californie, en 1898. Il a grandi à Jerome, en Arizona. Comme enfant, il travaille comme "water boy" pour des compagnies de théâtre en tournée et fait du bénévolat pour les cirques. Après l'obtention de son diplôme universitaire en 1922, il se décide enfin à devenir un acteur. Lubin commence à jouer dans des pièces de théâtre et des films, et dirige également des spectacles pour le "Hollywood Writers Club". En tant qu'acteur il se spécialise dans le mélodrame, en contraste avec son travail plus tard comme un réalisateur. En 1925, lui et quelques amis ont été accusés d'obscénité par la police de Los Angeles pour la mise en scène de "Desire Under the Elms". Suite à cet incident, il travaille ensuite à Broadway. En Juin 1932, il retourne à Hollywood pour travailler pour William Le Baron. Il travaille pour des studios à faible budget telles que Monogram, République et Universal.  On retient que Lubin dirige le premier fillm du duo Abbott et Costello étoiles, "Deux nigauds soldats" (1941). Le film a été un grand succès, gagnant 4 millions de dollars. Il a continue alors à diriger les quatre prochaines films du duo, "In the Navy" (1941), "Fantômes en vadrouille" (1941), "Deux nigauds aviateurs" (1942) et "Deux nigauds cow-boys "(1942). Malgré ses succès dans la comédie, Lubin se lasse et demande à travailler sur d'autres genres de films. Un des films les plus réussis de Lubin au box-office était "Fantôme de l'Opéra" (1943). Mais Lubin retourne à la comédie, avec la série de films "Francis la mule qui parle". Après un passage à la télévision comme réalisateur, et producteur, la carrière de Lubin se termine à la fin des années 1970, et décède à la maison de retraite Automne Hills à Glendale, en Californie d'une cause non précisée le 12 mai 1995, à 96 ans. Vous l'aurez compris, "Impact" n'est donc pas un film qui s'inscrit naturellement dans la carrière de Lubin qui s'est plutôt spécialisé dans la comédie. "Impact" ne bénéficie donc pas d'un réalisateur habitué à l'ambiance du film policier américain des années 40. Pourtant, rétrospectivement, cela donne une certaine fraîcheur à l'ensemble et si la photographie d'Ernest Laszlo est intéressante, elle n'est pas inoubliable. Réalisation et photographie, seulement correctes, il faut trouver d'autres qualités à "Impact".

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Un des points forts du film est évidemment, le scénario de Jay Dratler et Dorothy Davenport. En effet, on s'intéresse à cette histoire de grand patron, joué par Brian Donlevy, à qui tout réussit, mais dont la faiblesse est sa femme infidèle (Helen Walker), prête à tout, pour se débarrasser de lui, pour toucher l'héritage. A Brian Donlevy et Helen Walker il faut signaler au casting Ella Raines et Charles Coburn en vieux policier, qui joue avec un humour froid. Brian Donlevy on l'avait vu dans de très nombreux films, très souvent dans des rôles de méchants, comme dans "Pacific express" (1939), "l'incendie de Chicago" (1936), ou "le brigand bien-aimé" (1939). Helen Walker on se rappelle surtout d'elle aujourd'hui, pour son rôle de psychiatre dans "le charlatant" (1947) avec Tyrone Power.  Pour Helen Walker, on se rappelle, qu'elle devait être gravement blessée, et avoir sa carrière brisée en 1946. En effet, le 1er janvier 1946, elle devait avoir un accident de voiture avec 3 GI pris en auto-stop, et être accusée d'être ivre au volant par un des passagers. Etrangement, le film a pour évènement majeur un accident de voiture. Quant à Ella Rains, elle avait déjà un petit rôle dans "Brute Force" (les démons de la liberté), voiture. Enfin Charles Coburn, est l'éternel vieux monsieur qui poursuit Marilyn de ses avances, dans "les hommes préfèrent les blondes" (1953). "Impact" a donc un excellent casting, et donne à Brian Donlevy, un rôle sympathique, qui casse son personnage d'éternel méchant. Le scénario est très intelligent, et donc on passe un agréable moment, car on ne sait pas ce qui va se passer la scène suivante. Malheureusement, le master présenté par Wildside n'est pas vraiment au niveau. "Impact" reste donc un bon film noir, à découvrir, qui aurait pu être un vrai classique, si il avait été tourné par un vrai spécialiste du film noir.

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Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée chez WildSide dans une qualité d'image malheureusement pas au niveau de la qualité artistique du film.

Note : 7,5 / 10

24/01/2015

Le passé se venge / The crooked way - 1949

"Le passé se venge", est un film noir avec John Payne, Sonny Tufts, Ellen Drew, Rhys Williams, et Percy Helton tourné par Robert Florey. Florey a eu une importante carrière. Je me permets de citer un article de Wikipédia très complet à son sujet : Orphelin très jeune, Robert Florey est élevé en Suisse. À son retour à Paris, en 1920, il collabore notamment à plusieurs magazines de cinéma, dont Cinémagazine et La Cinématographie française. Alors qu’il est à Nice pour interviewer Louis Feuillade, celui-ci l’engage comme assistant et comme acteur sur "L'Orpheline". Avec sa longue silhouette dégingandée et son éternel sourire, il apparaît dans vingt-cinq courts métrages de Feuillade. Parti en 1921 à Hollywood comme envoyé spécial de Cinémagazine, il s’y installe et devient tour à tour gagman pour la Fox, directeur de la publicité pour le couple Douglas Fairbanks-Mary Pickford, ami intime et chargé de relations publiques de Rudolph Valentino et interviewer de toutes les grandes stars hollywoodiennes. Ses rencontres lui fourniront la matière de nombreux articles qui deviendront ensuite des livres tels que "Deux ans dans les studios américains" (1924).En 1927, après avoir été l’assistant de King Vidor et de Josef von Sternberg à la MGM, Florey réalise ses premiers courts métrages dont le côté poétique et même surréaliste surprend comme dans "Vie et mort de 9413 figurant d’Hollywood" (1928) sur un figurant rêvant d’être une vedette mais qui ne sera qu’un matricule à Hollywood et au ciel. Engagé ensuite par Paramount Pictures, il est envoyé aux Studios de Long Island pour réaliser les premiers essais parlants et chantants des stars de la compagnie. Dans la foulée, il met en scène "Night Club", premier long métrage parlant de la Paramount, puis reçoit la « mission impossible » de diriger les Marx Brothers dans leur premier film "Noix de coco" (1929). Ces fantaisistes iconoclastes apprécieront ce jeune réalisateur français de tout juste vingt-neuf ans, curieux, inventif, et à l’humour malicieux. Fin 1929, Robert retrouve la France pour tourner notamment "L’amour chante" avec Florelle et Fernand Gravey. Puis c’est "Le Blanc et le Noir" avec Raimu, adaptée d’une pièce de Sacha Guitry qui n’aurait pas été montrable aux États-Unis aux lois encore ségrégationnistes. Revenu à Hollywood et désireux de mettre en scène un film d’horreur, Robert Florey travaille à l’adaptation de "Frankenstein" de Mary Shelley qu’il devait réaliser mais la réalisation est finalement confiée à James Whale. À titre de consolation, Universal Pictures demande à Florey d’adapter à l’écran une nouvelle d'Edgar Allan Poe, "Double assassinat dans la rue Morgue", avec Béla Lugosi. Avec l’aide du chef opérateur Karl Freund il a élaboré des décors représentant le Paris du XIXe siècle s’inspirant des films expressionnistes allemands. Pour beaucoup d’historiens du cinéma, comme William K. Everson, les meilleures réussites de Florey sont les films à petit budget qu’il a tournés pour Paramount Pictures à la fin des années 1930, comme "Hollywood Boulevard" (1936), "L'Homme qui terrorisait New York" (1937), et "Dangerous to Know" (1938). Ces films sont remarquables par leur rythme rapide, leur ton cynique et l’usage d’éclairage et d’angles de caméra semi-expressionnistes. À noter aussi trois films arec Anna May Wong, dont le thriller "La Fille de Shangaï" (Daughter of Shanghai). Jusqu’en 1950, Robert Florey inscrit à sa filmographie particulièrement variée près de soixante titres, parmi lesquels on peut encore citer la comédie douce-amère "Ex-Lady" (1932) avec Bette Davis, deux classiques de l’horreur avec Peter Lorre : "The Face Behind the Mask" (1941) et "La Bête aux cinq doigts" (1946), . et même un Tarzan, Tarzan et les sirènes (1948). Il fait des comédies musicales, des films « exotiques » comme "Le Chant du désert" (1943) avec Victor Francen et Marcel Dalio, ou "La Légion étrangère" (1948) avec Vincent Price servant en Indochine. En 1946, Florey participe de façon très active à l’écriture, à la préparation et au tournage de "Monsieur Verdoux", de Charlie Chaplin. À partir des années 1950, Robert Florey se tourne vers la télévision. On lui attribue trois cents mises en scène. Il filme notamment le Loretta Young Show, L’Histoire de Doreen Maney (1960) du feuilleton Les Incorruptibles avec Robert Stack. Il fait un dernier épisode de "Au-delà du réel" en 1963. Puis il se consacre à l’écriture de ses souvenirs : "La Lanterne magique" (1966) et "Hollywood année zéro" (1972). Injustement oublié dans son pays natal, le trop modeste Robert Florey, véritable aventurier français du cinéma, décède des suites d’un cancer dans sa soixante-dix neuvième année, le 16 mai 1979, à Santa Monica, tout près de son cher Hollywood.

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Pour revenir à notre film, "le passé se venge", John Payne partage donc l'affiche avec Ellen Drew et Sonny Tufts. John Payne on l'a vu dans quelques westerns, comme dans ceux tournés sous la direction, d'Allan Dwan, "quatre étranges cavaliers" (1954), ou "le bagarreur du Tennessee" (1955). Mais John Payne on l'a également vu dans de nombreux films noirs souvent notables, comme "Kansas City Confidential" (1952) ou "le quatrième homme" (1954). Dans "le passé se venge",  Le scénario est particulièrement intéressant, car il nous met dans la peau d'un ancien GI démobilisé et devenu amnésique. Le spectateur ne sait donc pas ce qu'il va se passer la scène suivante et les rebondissements sont multiples et surtout inattendus. Ce type de scénario marche toujours au cinéma, et on se rappelle du succès récent de la franchise "Jason Bourne". Malgré tout, après un début intéressant, on remarque une certaine complexité scénaristique, la multiplication des personnages, et une construction pas toujours en rapport avec la qualité formelle de l'ensemble. Ainsi, on peut noter au crédit du film, la photographie exceptionnelle de John Alton, qui joue du clair-obscur avec maestria. Et c'est vrai, que quand le noir & blanc est si beau, on a tendance à tout pardonner. Je finirai par remercier Sidonis & Calysta d'avoir sortis de l'oubli un film d'une telle qualité. Bravo à eux ! On ne peut que souhaiter qu'ils continuent sur cette voie.

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Ci-dessus : John Payne

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Ci-dessus : John Payne et Ellen Drew

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Ci-dessus : Ellen Drew

Extraits :

 Disponible chez Sidonis & Calysta en DVD zone 2 en VO sous-titrée français

Note : 7,5 / 10

23/01/2015

Jour de terreur / Cause for Alarm ! - 1951

"Jour de terreur" est un film de Tay Garnett, resté célèbre pour avoir tourné "le facteur sonne toujours deux fois" avec Lana Turner, et John Garfield. Mais certains cinéphiles se souviennent peut être de "la maison des 7 pêchés" (1940) ou encore du très beau mélodrame, "voyage sans retour" (1932) avec William Powell et Kay Francis. "Jour de terreur" a été tourné en seulement en 11 jours et dans des décors quotidiens. Le travail sur la photographie est donc assez faible, voir presque inexistant. Ceci dit, on sent que les acteurs, jouent avec naturel. Et le scénario est assez intéressant pour ne pas ennuyer le spectateur. En effet, le film raconte comment un ancien soldat devenu cardiaque et paranoïaque va soupçonner sa propre femme de vouloir le tuer, pour partir avec son médecin et amant. Sur cette mise en place originale, les scénaristes développent un scénario cauchemardesque pour la pauvre Loretta Young, et qui va passer une sacré mauvaise journée. Alors c'est vrai qu'à notre époque, où le cinéma se permet tous les excès, le film semble un peu convenu. Malgré tout, il ménage son suspens jusqu'au bout, porté par une Loretta Young très inspirée et sexy pour la circonstance. On appréciera également le jeu de Barry Sullivan. Maintenant, la faible photographie, et le scénario peut être un peu trop linéaire, ne rendent pas l'ensemble inoubliable. Un bon film noir, sans plus.

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Ci-dessus : Barry Sullivan

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Ci-dessus : Loretta Young

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Ci-dessus : Loretta Young & Barry Sullivan

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Ci-dessus : Barry Sullivan, Loretta Young & Bruce Cowling

Disponible en DVD Zone 2, chez Wild Side VO sous-titrée

Note : 6 / 10

04/01/2015

La péniche de l'amour / Moontide - 1942

Le DVD de "la péniche de l'amour" me faisait un peu peur. Déjà, sans vouloir être vulgaire, le titre me faisait penser à un porno bon marché, ou à un film trop mélodramatique pour être honnête. Et puis je doutais de la performance d'un Jean Gabin dans un film américain. Et bien, tous mes doutes ont été enlevés à la fin de la séance. Gabin est comme à son habitude, excellent. Il est aidé par un superbe casting qui réunit Ida Lupino, Thomas Mitchell, et Claude Rains. Evidemment, vous connaissez tous ces acteurs. Ida Lupino c'est l'héroïne de "la grande évasion" (1941) avec Humphrey Bogart ou de "The man I love" (1947) de Raoul Walsh. Thomas Mitchell c'est le père de Scarlett dans "autant en emporte le vent". Et quant à Claude Rains, c'est évidemment l'acteur qui joue le terrible roi jean dans "les aventures de Robin des Bois" (1938) ou le Dr Jaquith dans "une femme à la recherche de son destin", "now voyager" dans son titre anglais. Vous l'aurez compris, il y a donc du beau monde. On peut dire tout de suite que malgré tout, Thomas Mitchell semble en faire un peu trop. Les autres sont parfaits. Le film n'avait pas pour lui un réalisateur de très grande renommée en la personne d'Archie Mayo. Mais le film avait été débuté par Fritz Lang et abandonné après 4 jours, à cause d'une mauvaise entente avec Gabin. On peut donc se demander, alors que souvent à cette époque les films sont tournés rapidement en 2 à 4 semaines, quelles sont les scènes tournées par Lang. La scène finale semble d'ailleurs particulièrement être l'oeuvre de Lang. Ainsi, la prise de vue dans le brouillard ressemble particulièrement à celle du "secret derrière la porte", qui sera tournée par Lang en 1947.

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L'esthétique du film est quoiqu'il en soit parfaite, et semble dépassée largement les capacités du seul Archie Mayo. Ainsi, la séquence d'alcoolisme du début est superbement réalisée et semble presque irréelle. On peut aussi, supposer qu'Archie Mayo, a été très aidé par la belle photographie de Charles G Clarke et Lucien Ballard (ce dernier est non crédité). Cette photographie de Charles G Clarke sera d'ailleur nominé aux Oscars. Le scénario a des accents fordiens, et c'est logique, car on y retrouve le scénariste de nombreux films de John Ford en la personne de Nunnally Johnson, qui adapte une nouvelle de Willard Robertson mais ce sera John O'Hara qui sera crédité de l'écriture du scénario. L'adaptation d'une oeuvre littéraire est un classique dans le Hollywood de cette époque. Gabin fait par moment penser à son personnage de "la bête humaine" (1938) de Jean Renoir. Le film se laisse donc regarder avec un réel plaisir, et l'exotisme d'un Gabin qui parle anglais, ajoute encore au plaisir. Et finalement, on se laisse emporter à suivre cette histoire d'amour entre deux paumés (Gabin et Lupino) qui sont réunis pour le meilleur et pour le pire. "La péniche de l'amour" est donc une très belle surprise et une réussite à tous les niveaux et restera comme le dernier film hollywoodien de Gabin, avant son départ pour rejoindre la 2ème DB et les forces françaises libres du Général De Gaulle, un choix courageux à une époque ou beaucoup d'acteurs et d'actrices s'accommodèrent de l'occupation allemande.

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Ci-dessus : Ida Lupino

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Ci-dessus : Jean Gabin & Robin Raymond

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Ci-dessus : Ida Lupino & Claude Rains

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Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

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Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

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Ci-dessus : Jean Gabin & Ida Lupino

Extrait :

 Disponible en DVD Zone 2  chez ESC en VO sous titrée français uniquement

Note : 7 / 10

31/12/2014

Le crime était presque parfait / Dial M for Murder - 1954

"Le crime était presque parfait" est le premier film des trois films, de Grace Kelly pour Alfred Hitchcock. Le film est réalisé avec un sens du détail assumé, et en seulement 34 jours. Il est une adaptation fidèle d'un pièce de théâtre éponyme. Il était dans son propos, un peu révolutionnaire pour 1954. En effet, la femme infidèle (Grace Kelly) était sympathique, et le mari (Ray Milland) totalement antipathique. D'ailleurs, le personnage de l'amant joué par Robert Cummings laissait tout autant paraître un caractère positif. On voit sur chaque plan, le travail minutieux d'Hitchcock sur les moindres détails de la photographie et de la mise en scène, en particulier sur la fameuse scène des ciseaux. Il n'en reste pas moins que le film est confiné à un appartement pendant presque toute sa durée. Et on a donc très souvent l'impression d'assister à du théâtre filmé. C'est peut être pour cela, que "le crime était presque parfait", avait été tourné en 3D, afin de ne pas laisser cette impression de film statique au spectateur. On notera aussi que la musique de Dimitri Tiomkin, semble bien, à l'étroit dans cet appartement, et convient mieux aux grands espaces westerniens ou aux films d'action. Quoiqu'il en soit, "le crime était presque parfait", sera éclipsé la même année, par le fulgurant succès de "fenêtre sur cour" (autre réalisation d'Hitchcock). On pourra noter également la présence d'un intéressant remake avec Michael Douglas et Gwyneth Paltrow, "meutre parfait" (1998).

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Ci-dessus : Ray Milland & Grace Kelly

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Ci-dessus : Anthony Dawson & Grace Kelly

Disponible en DVD zone 2, VF et VO sous-titrée chez Warner France

Note : 7 / 10

07/12/2014

Intrigues en Orient / Background to Danger - 1943

1942, le Reich cherche des alliés et la Turquie est un morceau de choix, pour s'emparer de régions pétrolifères et contrer les Russes par le sud. Malheureusement, pour l'Allemagne, la Turquie reste neutre. Des réseaux d'espions s'installent donc à Ankara pour influencer la Turquie et tout faire, pour la faire basculer du côté des nazis ou des alliés. Un américain (George Raft) arrive dans cette région, pour faire du tourisme. Mais on devine rapidement que c'est un agent américain, qui est là pour contrer les manoeuvres allemandes, qui veulent diffuser de fausses preuves de la préparation d'une attaque soviétique sur la Turquie. C'est à peu près, le sujet "d'intrigues en Orient", film en noir & blanc, tourné par Raoul Walsh . On retrouve un casting plutôt sympathique avec deux acteurs présents dans "Casablanca" de Michael Curtiz : Peter Lorre et Sidney Greenstreet. On peut également citer Brenda Marshall, qui est pourtant ici totalement transparente, dans un tout petit rôle, qui fait d'elle malheureusement, une potiche. Pour clôturer la partie casting, on peut aussi citer, Osa Massen, actrice danoise qui n'apparaît que dans les 15 premières minutes du film. "Intrigues en Orient", n'est pas un pur film de propagande, car il nous donne à voir un bon petit film d'espionnage, avec des rebondissements et un peu d'action. Mais malgré tout, ce film reste tout à fait mineur dans la filmographie de Walsh. Mais on ne s'ennuie guère, à suivre ce film de 75 minutes, et c'est déjà pas mal. A noter une image globalement correcte de l'édition Warner, mais malheureusement pas exempte de griffures un peu gênantes, surtout lors des scènes d'action (poursuite en voiture).

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Ci-dessus : George Raft & Osa Massen

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Ci-dessus : Peter Lorre & George Raft

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Ci-dessus : Peter Lorre, Brenda Marshall & George Raft

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Ci-dessus : George Raft & Brenda Marshall

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Ci-dessus : George Raft & Sidney Greenstreet

Film disponible dans la collection "trésors Warner" en DVD zone 2, VO sous-titrée français

Note : 6 / 10

05/12/2014

Réglements de comptes / The big heat - 1953

"Réglements de comptes" est un des derniers films de Fritz Lang. Comme vous le savez tous, Fritz Lang s'était enfui d'Allemagne après l'arrivée des nazis au pouvoir. Il avait auparavant discuté avec Goebbels, qui lui avaigt dit qu'il voulait faire de lui, le cinéaste en titre du régime nazi. Suite à cette entrevue, Lang n'avait qu'une idée en tête, fuir l'Allemagne. Il quitta donc l'Allemagne, tout d'abord pour la France où il réalisait, "Liliom" (1934) avec Charles Boyer. Puis, en Amérique, il réalisait son premier film sur la vengeance, "j'ai le droit de vivre" (1936) avec Spencer Tracy. "Réglements de comptes", est aussi un film sur la vengeance d'un homme. Mais à la différence de "j'ai le droit de vivre", nous sommes ici devant un vrai film noir, comme Fritz Lang en a fait beaucoup. On peut ainsi citer, "La Femme au portrait" (1944), "La rue rouge"(1945), "Le Secret derrière la porte" (1948), ou encore "la femme au gardenia" tourné un an, avant "réglements de comptes". Dans "réglements de comptes", Lang est allé puiser à différentes sources d'inspirations. Il a évidemment apporté sa touche personnelle, mais on sent qu'il a subi l'influence d'autres films. On peut citer comme influence, "Gilda" (1946) de Charles Vidor. En effet, Lang reprend l'acteur principal de "Gilda", Glenn Ford, pour son film. Enfin le personnage féminin le plus touchant, jouée par Gloria Grahame, semble l'archétype même du personnage principal féminin de Gilda. C'est une femme totalement libérée, qui demande à un homme qu'elle ne connaît quasiment pas à le suivre, jusqu'à sa chambre d'hôtel. La situation est totalement inimaginable pour un film américain de 1953. Et la première chose qu'elle fait, c'est s'assoir sur le lit, et prendre des positions lascives (voir photos ci-dessous). C'est assez estomaquant pour l'époque. Mais Lang intellectualise la sexualité, restant tout en sous-entendu, beaucoup plus que dans "Gilda".

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Mais la comparaison avec "Gilda" ne s'arrête pas là. Ainsi, on retrouve un second rôle, comme Joseph Calleia qui était déjà présent dans "Gilda". Et le chef des gangsters est joué par Alexander Scourby, qui était présent dans "l'affaire de Trinidad" (1952), déjà avec déjà un certain Glenn Ford, et Rita Hayworth. Le casting de "réglements de comptes" est complété par Jocelyn Brando (soeur aînée de Marlon Brando), Jeanette Nolan et Lee Marvin. Fritz Lang se déchaîne pour nous donner une histoire de vengeance, sur fond de sexe, de violence et de corruption. Cette histoire déchire le voile de la censure des années 50, pour nous montrer une Amérique à la façade belle, mais dans le fond totalement pervertie par le crime et la corruption. Tout cela est accentué par la superbe photographie de Charles Lang. Lorsqu'on sait que le film a été tourné en seulement 15 jours, on se rend alors compte que les génies du cinéma, n'ont jamais été remplacés par des avalanches d'effets spéciaux comme on en voit trop souvent aujourd'hui ... On notera enfin que le couple à l'écran, Glenn Ford / Gloria Grahame, sera reformé un an plus tard, donc en 1954, pour "désirs humains" du même Fritz Lang. Alors que celui-ci avait choisi initialement, Peter Lorre qui aurait été associé à Rita Hayworth. Je finirai cette note, par remercier l'éditeur, Wild Side, qui nous donne là, une superbe édition Bluray & DVD avec un livre de 260 pages, remplis de photos magnifiques. Le master utilisé est qui plus est, quasiment immaculé. L'éditeur Wild Side fait réellement honneur au support Bluray et au cinéma. On attend avec impatience, d'autres éditions de cette qualité. Et j'irai presque jusqu'à dire que c'est un plaisir de dépenser 29,90 € pour une telle édition et un tel film ! Merci Wild Side pour ce cadeau de Noël !

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Ci-dessus : Gloria Grahame & Glenn Ford

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Ci-dessus : Gloria Grahame & Glenn Ford

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Film disponible chez Wild Side en DVD zone 2, VF et VO sous-titrée

Note : 9,5 / 10

22/11/2014

Le Charlatan / Nightmare Alley - 1947

"Le charlatan", c'est peut être un des films les moins désirés de Darryl F Zanuck. En effet, ce dernier n'avait pas particulièrement apprécié le roman de William Lindsay Gresham. Il considérait d'une part que la plupart des thèmes ne passeraient pas la censure et que le rôle titre allait détruire l'image de star de Tyrone Power, auprès du public. Pourtant, Tyrone Power voulait vraiment jouer ce rôle, qu'il considérait comme une parabole sur la star hollywoodienne. Et c'est Lana Turner avec laquelle il entretenait une liaison qui devait écrire à Darry F Zanuck pour le convaincre de laisser jouer Tyrone Power. Zanuck mis alors au travail, deux scénaristes, dont Jules Furthman, pour tenter d'adapter le roman. Dans le but d'atténuer le côté glauque de l'oeuvre, il mit sur le projet, peut être le réalisateur, le plus spécialisé dans le mélodrame romantique : Edmund Goulding. Ce dernier était connu pour ses réalisations de grands mélodrames. On peut citer le magnifique "victoire sur la nuit" (1939) avec Bette Davis, l'inoubliable "Grand Hotel" (1932) avec John Barrymore, "voyage sans retour" avec Kay Francis et William Powell,  On peut également noter qu'il avait déjà tourné avec Tyrone Power, "le fil du rasoir" (1946). Le début du film, commence assez étrangement en situant le début de l'histoire dans une fête foraine. On pense alors encore à William Powell, et à sa prestation dans "le grand Ziegfeld". Mais ce serait un contre-sens. Car finalement le film se rapproche plutôt de "Freaks" (1932) de Tod Browning.

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L'histoire est composée de 3 parties et d'une conclusion. La première partie est en quelque sorte, la mise en place, la seconde l'avancée sociale du personnage joué par Tyrone Power. La troisième partie, est sa décente vers les bas fonds. La conclusion pour moi n'est pas très claire. Le personnage est il sauver en quelque sorte par l'amour de sa femme ? On peut le supposer. Les plus pessimistes y verront la dernière humiliation du personnage, qui ne trouve que pitié dans les yeux de sa propre femme. Le casting est très bon, Tyrone Power, est entouré par une Joan Blondell vieillissante, mais terriblement convaincante, par Coleen Gray qui arrive à donner du corps à un personnage de peu d'envergure. Mais c'est surtout le personnage d'Helen Walker qui interroge. En effet, son rôle de psychiatre perverse et manipulatrice, lui va comme un gant, elle la belle intellectuelle du Hollywood de cette époque. Enfin, il faut citer au crédit du film, la magnifique photographie de Lee Garmes, sur laquelle le réalisateur, Edmund Goulding, confia s'être reposée, tout le long du film. Helen Walker, qui a un second rôle très important dans le film (le rôle de la psychiatre), devait être gravement blessée, et avoir sa carrière brisée en 1946. En effet, le 1er janvier 1946, elle devait avoir un accident de voiture avec 3 GI pris en auto-stop, et être accusée d'être ivre au volant par un des passagers. Sa carrière ne devait jamais se remettre de ce scandale. Pour revenir au "Charlatan", le film évoque presque ouvertement, les relations sexuelles, sans mariage, l'ambition, l'hypocrisie du faux dévot. Interprété par certaines critiques, comme une féroce attaque de la religion, il pourrait en être également une défense, par la mise en avant de la seule valeur qui vaille quelque chose en ce monde : l'amour sincère d'un homme et d'une femme. Au final, "le Charlatan" est un film à tiroirs, qui n'a pas fini de faire parler de lui, et qui mérite d'être vu et revu. Archétype même du film noir dramatique, il est obsédant, comme le destin de l'Homme. C'est tout dire.

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Ci-dessus : Joan Blondell

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Ci-dessus : Tyrone Power & Joan Blondell

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Ci-dessus : Coleen Gray, Joan Blondell, Tyrone Power, & Mike Mazurki

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Ci-dessus : Coleen Gray, Tyrone Power, et Helen Walker (de profil avec un porte-cigarette)

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Ci-dessus : Coleen Gray & Tyrone Power

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Ci-dessus : Coleen Gray

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Ci-dessus : Coleen Gray & Tyrone Power

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Ci-dessus : Helen Walker & Tyrone Power

 

La bande-annonce :

Film disponible en DVD Zone 2 chez Sidonis & Calysta en VO sous-titrée

Note : 7,5 / 10

11/10/2014

Les tueurs / The killers - 1946

"Les tueurs" s'inscrit dans l'ensemble de films noirs qui a pris la suite du film de gangsters, dont le cycle se termina avec l'entrée en guerre des USA. Le renouveau du film policier américain et l'apparition du genre film noir, est donc liée à l'apparition d'un nouveau genre, le film noir. Les premiers films de ce nouveau genre, sont "high Sierra" (1941) avec Humphrey Bogart, mais aussi "le faucon maltais", la même année. Mais c'est évidemment "Assurance sur la mort" (1946) de Billy Wilder, après l'immédiate après guerre qui consacrera le genre définitivement. D'autres films auront moins de retentissement mais reste également, comme de bons films noirs. On peut citer pêle-mêle, "pris au piège" (1945), dont le scénario qui suivait l'enquête de cet ancien GI bouleversé par la perte de sa femme, dénoncé par un traître pendant la seconde guerre mondiale, avait tout d'une enquête policière. "La mort n'était pas au rendez-vous" (1946) avec Humphrey Bogart, est aussi un film noir de valeur. Donc le genre est en 1946, à son apogée. Pour "les tueurs", Robert Siodmak utilise tous les codes du genre, et se sert du contraste noir & blanc avec un grand succès, sans les systématiser à chaque scène. Il faut dire à ce propos qu'il a bénéficié de l'excellentissime photographie d'Elwood Bredell. Le scénario est quant à lui, adapté d'une nouvelle d'Ernest Hemingway, et est composé de 11 flashbacks qui font penser à la structure de "Citizen Kane" d'Orson Welles, qui était lui composé de 5 flashbacks. On sait aujourd'hui que John Huston en a écrit les trois quarts et que comme John Huston avait un contrat avec la Warner, on nota au générique uniquement le nom de Anthony Veiller. Seule la première dizaine de minutes est proche de la nouvelle d'Hemingway, le reste est largement réécrit par les scénaristes et donc par Huston.

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Le film a une très bonne distribution avec en tête d'affiche, Burt Lancaster et Ava Gardner, mais il faut citer aussi Edmond O'Brien, pas si mal en inspecteur d'une compagnie d'assurance. Il faut noter que c'est le premier film de Burt Lancaster. Et pour son premier film, il est excellent. Le film reprend tous les codes du film noir, avec bien évidemment la femme fatale en la personne d'Ava Gardner. Le héros se détourne d'ailleurs de la femme qui aurait été pour lui, la meilleure épouse, jouée ici par Virginia Christine aveuglée par une autre femme qui ne peut lui apporter que la mort et la solitude. "Les tueurs" restent la description de vies gâchées par le crime, mais dont le moteur reste le plus souvent l'amour, désespéré, et au final tragique. Cela reste donc comme une oeuvre majeure de Robert Siodmak, du film noir, et tout simplement un très grand film, à la violence assez inhabituelle pour 1946.

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Ci-dessus : Burt Lancaster & Ava Gardner

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Ci-dessus : Virginia Christine, Burt Lancaster & Ava Gardner

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Ci-dessus à droite : Burt Lancaster & Vince Barnett

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Ci-dessus : Ava Gardner

Disponible en DVD et en Bluray zone B en VF et VO sous-titrée chez Carlotta

Note : 8 / 10

27/09/2014

L'affaire de Trinidad / Trinidad - 1952

"L'affaire de Trinidad" reprend tous les ingrédients de "Gilda" (1946), pas toujours avec la même réussite, mais pour en faire un "Gilda like". Tout d'abord il reprend le même duo, Glenn Ford & Rita Hayworth, et un scénario assez proche, où le mari de Rita Hayworth est assassiné, avec pour toile de fond, une histoire assez nébuleuse d'espions communistes. Le film ne se démarque pas réellement de son prédécesseur, "Gilda", mais reprend aussi toutes les identifications du film noir. Le travail de Joseph Walker est assez prodigieux pour être noté. Ainsi, sous la direction de Vincent Sherman, Walker joue très souvent avec la lumière et avec les ombres, l'ombre d'un store vénitien prend toute son importance. Cela rappelle ses mêmes ombres, vues dans tant de films noirs, comme dans "assurance sur la mort" (1944), ou ses ombres rayées, représentées les vies rayées des protagonistes. Le duo Glenn Ford & Rita Hayworth, est associé à des seconds rôles, malheureusement assez insignifiants. Seul le méchant Alexander Scourby, qui joue ici Max Fabian, est intéressant, avec un jeu tout en finesse et en courtoisie, qui rappelle celui de James Mason dans "la mort aux trousses" (1959). Malheureusement, si la forme est parfaite et si l'esthétique reprend celle du film noir classique, le scénario est loin d'être satisfaisant. En effet, il navigue entre le mélodrame sentimental et le film à suspens, sans jamais vouloir trouver sa voie.

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En résumé, je retiens de très bonnes choses de "l'affaire de Trinidad" : une réalisation excellente qui respecte les canons du film noir, une photographie formidable de Joseph Walker, un duo Glenn Ford & Rita Hayworth inspiré, une Rita Hayworth avec toujours autant de sex-appeal, un Alexander Scourby qui semble avoir inspiré Hitchcock pour le personnage de James Mason dans "la mort aux trousses" (1959). Mais "l'affaire de Trinidad" c'est aussi une tension sexuelle plus faible que dans "Gilda" et un scénario pas totalement abouti. Si on prend tout en compte, cela reste malgré tout un divertissement avec de nombreuses qualités et qui mérite réellement d'être redécouvert. Je finirai par rappeler que l'on peut noter, dans les seconds rôles, la présence de Valerie Bettis, qui était une danseuse de métier et qui prit en charge, la chorégraphie des danses de Rita Hayworth sur ce film, et sur bien d'autres, comme par exemple dans "Salomé" (1953), où elle chorégraphia la danse des 7 voiles.

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Ci-dessus : Valerie Bettis, Rita Hayworth, Alexander Scourby & Glenn Ford

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Ci-dessus : Rita Hayworth & Glenn Ford

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ci-dessus : Alexander Scourby & Rita Hayworth

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Ci-dessus : Rita Hayworth

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Ci-dessus : Vincent Sherman & Rita Hayworth

Extrait :

Disponible en DVD zone 2, en VF et en VO sous-titrée

Note : 7 / 10

26/09/2014

Gilda - 1946

"Gilda" film épique de Charles Vidor, a plusieurs points communs avec le "Casablanca" (1942) de Michael Curtiz. Tout d'abord, il est resté dans l'esprit de tous les cinéphiles juqu'à aujourd'hui. Il est porté par une vedette féminine magnifique, ici Rita Hayworth, et il a été tourné lui aussi au jour le jour, sans une construction préalablement définie. "Gilda" marque le retour de Rita Hayworth au cinéma, qui avait passé 2 ans à s'occuper de sa fille Rebeca, et qui voulait sortir d'un mariage désastreux avec un Orson Welles, à l'intellectualité exacerbée, qui ne convenait absolument pas, à la nature exubérante et libre de Rita Hayworth. Mais à la différence de "Casablanca", ici Rita Hayworth est bien le personnage central et principal de l'oeuvre des scénaristes Marion Parsonnet et Ben Hecht, qui s'étaient eux mêmes inspirés d'une histoire de E.A. Ellington. La photographie de Rudolph Maté, les décors, les costumes participent au succès du film, et en font un des meilleurs films noirs.  Le réalisateur Charles Vidor était un des réalisateurs de Rita Hayworth, pour lequel elle avait déjà tourné "lady in question" (1940) et "la reine de Broadway" (1944).

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Mais il faut bien noter aussi, les raccourcis ou incohérences scénaristiques, qui n'en facilitent pas toujours la vision. Néanmoins, "Gilda" ressort de la masse de films de cette époque, par l'évocation peut être pour la première fois d'une sexualité féminine, ou tout au moins d'un désir féminin à satisfaire. C'est proprement révolutionnaire pour le cinéma américain de 1946, qui jusque là s'était contenté la plupart du temps, de montrer la femme très souvent comme la friandise du héros, ou sa perte. Enfin, il faut ajouter que la tension sexuelle entre Glenn Ford et Rita Hayworth est aussi à son maximum. Mais elle ne serait peut être pas aussi forte, sans la présence énigmatique de George Macready. Le film a quelques scènes mémorables, comme la chanson en forme de début de strip-tease, "put the blame on Mame" reprise un peu plus tôt à la guitare solo. Bien sûr, "Gilda" n'est pas exempt de défauts, mais sa qualité formelle et son rapport quasiment sadomasochiste, entre Glenn Ford, et Rita Hayworth, en fait un film assez exceptionnel qui a marqué des générations de cinéphiles, jusqu'à aujourd'hui. On pourra enfin noter, que le succès du film, devait décider Hollywood, à réunir de nouveau le duo. Glenn Ford et Rita Hayworth tourneront 5 films en tout, "Lady in question" (1940), "Gilda" (1946), "les amours de Carmen" (1948),  "l'affaire de Trinidad" (1952). et "Piège au grisbi" (1965) 

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Ci-dessus : Glenn Ford & Rita Hayworth

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Ci-dessus : George Macready & Rita Hayworth

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Ci-dessus : A gauche de Rita Hayworth, Joseph Calleia

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Disponible en DVD et Bluray freezone en VF et VO sous-titrée

 

Extrait de la scène la plus célèbre :

Note : 8 / 10

15/07/2014

Effets secondaires / Side Effects - 2013

"Effets secondaires" laisse un peu un goût d'inachevé et la faute en est à la réalisation quelque peu bâclée de Steven Soderbergh. Le film part pourtant d'une bonne histoire et semble faire renaître le film noir. Il s'appuie sur Jude Law qui fait ce qu'il peut pour donner de la vie à l'ensemble. Catherine Zeta-Jones essaye de rentrer dans le costume de la psychiatre manipulatrice. Rooney Mara joue la dépressive, et Channing Tatum le gentil mari. Le réalisateur Steven Soderbergh quant à lui, s'essaye aux nuances de rouge dans toute la première partie du film, ce dernier reprenant après des tons plus naturels. Pour ma part, je n'ai pas été totalement convaincu par la réalisation de Soderbergh. Mais il est vrai que je ne suis pas un grand fan de ce réalisateur. Le film arrive tant bien que mal à dérouler un scénario intelligent, mais qui aurait sans nul doute nécessitait un autre traitement cinématographique. Il n'en reste pas moins un bon spectacle réaffirmant l'existence en 2013, du film noir américain.

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Ci-dessus : Jude Law et Catherine Zeta-Jones

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Ci-dessus : Rooney Mara et Channing Tatum

Note : 7 / 10

29/06/2014

Argo - 2012

C'est assez étrange de voir un film comme "Argo" obtenir l'Oscar du meilleur film en 2013, lors de la 85ème cérémonie des Oscars. En effet, le film ne brille, ni par sa même en scène, ni par son ton, ni par son écriture scénaristique, ni même par le jeu des acteurs.  Ainsi, on peut convenir que le scénario est original. C'est vrai que ce plan de création d'un film bidon, pour sauver des Américains enfuis de l'ambassade américaine à Téhéran, au moment de la révolution islamique, est pour le moins original. Et ce sujet pouvait très bien faire un scénario de film intéressant. Malheureusement le film a beaucoup trop de défauts. Rien est fait pour rendre les otages un tout petit peu sympathiques. Le travail scénaristique, sur les personnages des otages est réduit à sa plus simple expression. Tous ressemblent à des acteurs maquillés, jouant un rôle. Seule peut être Kerry Bishé sort un peu du lot et donne un début d'humanité à son personnage. Les bonnes surprises sont évidemment John Goodman, toujours excellent, et Alan Arkin, qui animent la première partie du film. Pour le reste, sous sa barbe, Ben Affleck semble s'ennuyer ferme et se demander ce qu'il est venu faire dans cette galère. Quant au père de "Malcom", Bryan Cranston, je ne le crois pas une seconde crédible en patron de la CIA ...

 

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On retient donc de tout ça, que l'Islam et politique ne font pas bon ménages, que la radicalité religieuse ce n'est pas bien et que les islamistes n'aiment pas les Occidentaux. Merci, on le savait déjà. On se demande bien à quoi sert donc ce drôle ce film, qui n'est ni particulièrement distrayant, ni très subtile dans son approche et dans sa description des évènements historiques. On regarde donc "Argo", sans déplaisir, mais aussi sans passion, et les bons moments dans le film restent bien rares. Le film devait malgré tout, recevoir une pluie de récompenses et être une belle réussite au box-office mondial. Tout cela est assez incompréhensible à mon sens, surtout pour un film qui sonne le plus souvent creux et surtout faux.

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Ci-dessus : Ben Affleck et Bryan Cranston

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Ci-dessous : John Goodma, Alan Arkin & Ben Affleck

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Disponible en DVD & Bluray VF et VO sous-titrée

Note : 5,5 / 10