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12/11/2013

La flamme pourpre / The Purple Plain - 1954

"La flamme pourpre" est un film de guerre, de Robert Parrish. C'est un film, assez particulier, car il n'y a pas de grandes batailles. Ainsi, le film commence par une scène d'anthologie où le personnage de Gregory Peck fait un cauchemar et où il croit être réveillé par une attaque aérienne. Le ton du film est donné. On va donc suivre le parcours de cet officier, aux nerfs perturbés par la guerre. Parrish a particulièrement bien étudié le désordre mental que crée le stress du combat. En effet, on voit très souvent Peck allongé, suant plus que ses camarades. Tout est très bien reconstitué de ce côté là. On s'attache donc tout de suite au personnage de Peck et on se demande bien, comment il va s'en sortir, handicapé qu'il est par son stress post-traumatique. Au côté de Peck, on remarque Bernard Lee, (le fameux M de la série des 007 avec Sean Connery), mais aussi Brenda De Banzie, Maurice Denham, ou la jeune Win Min Than. Au sujet de cette dernière, on raconte que son riche mari était tellement jaloux, qu'il lui demandait de manger des oignons, avant une scène avec Gregory Peck pour que celui-ci ne l'embrasse pas. La légende rejoint parfois la réalité. Plus sérieusement, on pourra noter la très bonne interprétation de tous les acteurs du film, et en particulier de Gregory Peck, qui est ici exceptionnel.

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Le film est assez particulier également, car le personnage de Peck ne tient pas particulièrement à la vie. Il a perdu la femme qu'il aime lors d'un bombardement, et c'est finalement ce premier choc de la guerre, qui le ronge et qui l'a pour ainsi dire brisé. Mais sa rencontre avec une jeune asiatique va changer sa conception de la vie, et faire de cet être assez morbide, un être qui voudra vivre à toute force. On a aussi l'impression que les circonstances exceptionnelles vont lui redonner une envie de vivre qu'il avait depuis longtemps perdu. "la flamme pourpre" exclu tout idée de nationalisme, et est parfois très dur à supporter, car il montre le ravage de la guerre sur l'individu, et explore les angoisses de l'âme. On retient le message profondément humain, d'un ennemi invisible, mais d'angoisses et de symptômes d'une effrayante réalité. Enfin la qualité première du film de Parrish est de donner une vie au personnage de Peck et de nous faire ressentir le moindre de ces sentiments ou de sa déchéance physique, ainsi que sa résurrection. Je finira en disant quelques mots, sur la belle musique de John Veale, qui ajoute encore à la puissance de l'oeuvre, mais qui sait aussi être intimiste, avec des petits accents légers de flûte. On est donc, assez surpris de voir qu'un tel film ait pu être tourné en 1954, époque où très souvent, le cinéma ne s'embarrassait pas avec la réalité, mais peut être la société de production anglaise de l'oeuvre, peut expliquer le ton si particulier du film.

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Ci-dessus : Gregory Peck

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Ci-dessus : Gregory Peck et Win Min Than (dont ce sera le seul film).

 

Disponible en DVD et Bluray chez Sidonis & Calysta en VF et VO sous-titrée

 

Note : 8,5 / 10

02/11/2013

Prisonniers de Satan / The Purple Heart - 1944

"Prisonniers de Satan" est un film de propagande de Lewis Milestone. "The purple Heart" est une des plus hautes médailles militaires de l'armée américaine. On sait donc que l'on va avoir à faire ici, à des héros. Ce film nous rappelle le combat héroïque des Américains contre l'empire du Japon. Ici on ne retrouve pas d'actes particulièrement valeureux. En effet, tout le film se concentre sur un groupe de pilotes américains prisonniers de guerre, mais dont la Japon refuse de reconnaître comme tel. Les Japonais veulent donc les faire juger devant un tribunal civil pour des crimes de guerre, alors que leur mission était ici purement militaire. En effet, les pilotes faisaient partis de l'escadrille Doolittle, qui avait bombardé le Japon le 18 avril 1942 pour venger Pearl-Harbor. Le bombardier survolait la Chine sans essence, le capitaine du bombardier décidait de sauter avec son équipage avant que l'avion s'écrase. Ainsi, dénoncé par un traître Chinois, puis arrêté par les Japonais, ils se retrouvent devant ce tribunal civil. L'histoire commence donc ainsi, et est une histoire vraie. Les pilotes ont réellement existé. On peut dire que cela ajoute à la force du film et à son réalisme, qui en a bien besoin, car les scènes de procès se succèdent et sont parfois quelque peu théâtrales. Le film comporte une intéressante distribution avec Dana Andrews, Richard Conte et Farley Granger. Dana Andrews, on se souvient de lui évidemment pour son rôle d'inspecteur dans "Laura" (1942), Richard Conte, pour son rôle de tueur dans "New-York Confidential" (1955) , et Farley Granger pour ses interprétations dans deux films d'Hitchcock, "l'inconnu du Nord-Express" (1951) et "la corde" (1948)

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Lewis Milestone c'est évidemment le réalisateur de "A l'ouest rien de nouveau" (1930), mais aussi de nombreux autres films de guerre. On peut citer, entre autres : "l'ange des ténèbres" (1943) avec Errol Flynn, ou "a walk in the sun" (1945) également avec Dana Andrews et Richard Conte, ou encore "Okinawa" (1950) avec Richard Widmardk. Darry F Zanuck s'est investi énormément sur ce film, "prisonniers de Satan" que ce soit sur la production ou sur le scénario qu'il signe sous son pseudonyme habituel (Melville Crossman). Ainsi, il faut se rappeler que le sujet devait lui tenir particulièrement à coeur, car il était Colonel dans l'armée américaine. Si Milestone nous donne un film de propagande, avec des Japonais très stéréotypés, il n'en reste pas moins qu'il sait mettre en avant et avec force la détermination de l'équipage qui malgré les privations et les tortures ne cède pas à la volonté des Japonais. La scène finale est d'ailleurs particulièrement impressionnante montrant la volonté inébranlable de ces 8 hommes, prêts à mourir pour leur pays, car ils savent que leur cause est juste et qu'ils sont soutenus par des millions d'Américains. Le génie de Zanuck c'est de nous montrer, que n'importe qui peut être un héros. On regrette aujourd'hui cette Amérique symbole d'un monde libre, qui soutenait militairement ses alliés sans les espionner et qui savait quel combat était juste.

Annex - Andrews, Dana (Purple Heart, The)_01.jpg

Disponible en DVD et Bluray (version restaurée) en VO sous-titrée.

A noter une très belle qualité d'image.

Remerciements à Mr Patrick Brion pour sa présentation très intéressante.

 

Extrait (Fin du film - Attention cette scène donne la fin du film)

 

 

Note : 7 / 10

11/10/2013

Le train / The train -1964

Souvent les Américains ont su parler des Français, mieux ou aussi bien, que les Français eux mêmes. C'était le cas dans "saboteur sans gloire" (1944) qui racontait la vie d'un village de France, qui cherchait à échapper à l'exécution sommaire d'otages par les Allemands. Le film n'était pas sans rappeler "le corbeau" (1943) de Henri George Clouzot. Ici, les Américains réalisent encore un très grand film sur la résistance. On abandonne le ton quasiment documentaire de "la bataille du rail" pour aller vers du cinéma expressif à la gloire des cheminots résistants. Aujourd'hui, où il est de bon ton d'accuser la SNCF de la déportation de milliers de juifs innocents, il faudrait rappeler encore et encore que es cheminots ont versé un lourd tribut à la libération de la France, avec, au total, 819 fusillés et plus de 1 200 morts en déportation. Le film s'inscrit dans la lignée des grandes films de guerre des années 60, du "jour le plus le plus long" (1962) en passant par "Paris brûle t'il ?" (1966) ou encore 'la bataille des Ardennes" (1965).

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De par son sujet, "le train" est différent des autres films sur la résistance. En effet, il évoque l'histoire de ce train de peintures françaises que les nazis voulaient faire partir pour l'Allemagne. Doit on mourir pour des oeuvres d'art ou pour préserver sa culture ? C'est cela, le sujet du film. Inutile de vous dire qu'il prend aux tripes du début à la fin. Mais "le train" c'est d'abord des personnages, oserais je dire, des gueule. Ainsi, Michel Simon est extraordinaire en vieux cheminot, Burt Lancaster est parfait en chef de réseau, et que dire de Jeanne Moreau en veuve révoltée, Suzanne Flon en conservatrice de musée, ou encore Paul Scofield en officier nazi avide de ramener son train d'oeuvres d'art volées à une France encore occupée. La distribution est au niveau et pour tout vous dire, magistrale. Et les seconds rôles ne sont pas en reste avec un Jacques Marin en chef de gare plus vrai que nature. On peut dire, sans se tromper que l'ensemble de la distribution a été sublime sur ce film.

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Ci-dessus : Michel Simon et Burt Lancaster

La réalisaiton de John Frankenheimer est également au niveau, sachant placer parfaitement ses plans dans des espaces restreints et donnant un relief à l'image ou jouant avec les ombres dont le noir et blanc est si friand. Néanmoins la perfection recherchée et apparente de Frankenheimer n'est pas exempte de défauts. Ainsi on est surpris par certains plans étranges, où les horizons ressemblent à des immeubles des années 60 et où le train semble rouler à côté du rail. Mais ce ne sont que des détails très mineurs, par rapport à un sujet attachant et à un film extraordinairement fort. Un film que tout Français et amoureux de l'Art se devrait de posséder dans sa vidéothèque. On peut d'ailleurs se demander pourquoi il n'a jamais été restauré et pourquoi aucun éditeur ne veut le ressortir en Bluray ? ! L'édition actuelle en DVD est d'ailleurs globalement médiocre, ne permettant pas par exemple d'avoir des inserts lors des dialogues des officiers allemands. On est donc obligé de passer constamment en VF ou VO et de mettre ou de supprimer les sous-titres, alors qu'il aurait été plus simple d'avoir une VF, sous titrée sur la partie des acteurs allemands.

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Ci-dessus : Burt Lancaster et Jeanne Moreau

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Extrait de la musique de Maurice Jarre :

Disponible en DVD zone 2 (VO sous titrée et VF)

Note : 8,5 / 10

09/10/2013

Tant qu'il y aura des hommes / Here from Eternity - 1953

Il y a quelques films marquant dans l'histoire du cinéma et à n'en pas douter, "tant qu'il y aura des hommes" en fait parti. En effet, construit sur un scénario de Daniel Taradash (tiré du roman éponyme de James Jones paru en 1952, le film aborde de très nombreux thèmes, comme le délabrement de l'institution militaire américaine à la veille de Pearl Harbor. Et par moment, il fait d'ailleurs penser au film de Michael Bay, "Pearl Harbor". Mais là où Michael Bay nous offrait par moment un film très doux. Ici chaque personnage ressort marqué par son expérience. Le sergent chef joué par Burt Lancaster tombe amoureux de la femme de son capitaine, dans une aventure que l'on sait sans lendemain, qui permet de filmer une des plus belles scènes romantiques du cinéma. Mais le film aborde aussi des thèmes du film noir, avec le soldat joué par Frank Sinatra poussé à bout par un sergent sadique (Ernest Borgnine). Montgomery Clift joue ici le rôle d'un caporal qui refuse de participer au championnat de boxe et qui subira ainsi toutes les brimades de ses supérieurs. Si le rôle est à contre emploi pour Montgomery Clift, il lui permet de montrer l'étendu de son talent. En particulier, dans la scène d'adieu à son camarade, où il sonne au clairon, la sonnerie au mort. 

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Il y a donc du film noir dans "tant qu'il y aura des hommes" et une sensualité à fleur de peau. Ainsi, le génie de Fred Zinnemann est d'avoir donné un rôle là aussi à contre emploi, de femme sexuellement aventureuse à Deborah Kerr, qui lui permet de sortir des rôles sages, qu'elle occupe le plus souvent. Si on en croit le réalisateur, Fred Zinnemann, c'est lui qui s'est battu pour ses acteurs et ses rôles, contre l'avis des patrons de la Columbia. Quoiqu'il en soit,  le film a remporté huit Oscars en 1954 dont ceux du meilleur film, meilleur réalisateur et des meilleurs seconds rôles à Frank Sinatra et Donna Reed.On passe donc un très bon moment devant ce classique de la vie militaire, qui est à n'en pas douter un autre sommet du cinéma hollywoodien de la grande époque.

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Ci-dessus : Burt Lancaster et Deborah Kerr

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Ci-dessus : Montgomery Clift et Donna Reed

Disponible en DVD ou Bluray Freezone VO sous titré et VF

Extrait :

Note : 9 / 10

24/09/2013

Sabotage à Berlin / Desperate Journey - 1942

"Sabotage à Berlin" est le deuxième film d'Errol Flynn avec son nouveau réalisateur, Raoul Walsh. En effet, Flynn avait demandé à la Warner de ne plus le faire tourner avec Michael Curtiz, car il ne supportait pas ce dernier, et sa manière autoritaire de diriger les acteurs. La Warner accepta les conditions de Flynn et le fit alors tourner, avec Raoul Walsh, une série de 7 films. "Sabotage à Berlin" fait parti des films de guerre que Flynn tourna, pendant le deuxième conflit mondial, dans un but de propagande. Le film est très clairement en faveur des Américains, mais contrairement aux autres productions de ce genre de Flynn, il adopte un ton léger, dans un monde dramatique. Ainsi, en avance sur ce temps, Raoul Walsh laisse un peu transparaître, ce que Tarantino exploitera à fond, dans "Inglourious Basterds" (2009). On a donc droit à des scènes d'humour en plein quartier général allemand, ou à des scènes un peu bravaches.

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Les correspondances entre les producteurs de la Warner, laissent à penser que le studio voulait donner un caractère aventureux aux exploits des pilotes américains. Ainsi, même dans ce petit film, ils pensent aux exploits des "3 mousquetaires" de Dumas. Walsh arrive tout de même à exploiter les thèmes qui lui sont chers. Flynn est il un bon leader ou un stupide aventurier qui risque la vie de ses hommes ? Ainsi, le doute est savamment entretenu par Walsh dans l'esprit du spectateur. Et le spectateur, est comme questionné par les différents dilemmes que va rencontrer la petite troupe perdue en territoire ennemie. Ce dilemme est évidemment la grande force de tous les films de Walsh. Il n'en sera pas autrement ici. En plus, de Flynn, le casting bénéficie également de Ronald Reagan, Nancy Coleman, Raymond Massey, Alan Hale, Arthur Kennedy. Mais Nancy Coleman n'a qu'un tout petit rôle. "Sabotage à Berlin" est un film de guerre purement masculin ou le personnage féminin, à la fonction essentielle dans l'histoire, n'est que finalement très peu présent. On se rappelle d'elle pour son rôle remarquable dans "Edge of Darkness" (1943), qu'elle tournera l'année suivante, avec le même Errol Flynn, où elle interprète la maîtresse d'un commandant nazi. Mais elle jouait aussi dans la saga "Crimes sans châtiment", tournée également en 1942.

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Ci-dessus : au premier plan, Errol Flynn et Nancy Coleman, et au second plan, Arthur Kennedy et Ronald Reagan

Pour finir, disons que "Sabotage à Berlin" est un peu l'ancêtre de tous les films de commando qui suivront. Son ton décalé, et l'humour souvent présent en font une curiosité pour l'époque. Il devait montrer au monde que les Américains n'avaient pas peur des Nazis et iraient les vaincre avec le sourire. Mission accomplie !

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Film disponible en DVD Zone 1 avec VF et VO sous-titré, dans la collection des films de guerre d'Errol Flynn

 

Note : 6,5 / 10

05/07/2013

Gettysburg (édition 150ème anniversaire) - 1993

Pour les nuls en histoire, hier c'était le 150ème anniversaire de la bataille de Gettysburg, bataille qui dura du 1er au 3 Juillet 1863. Chaque année, comme pour nous à Waterloo, des milliers de figurants reprennent possession du célèbre champ de bataille et rejouent pour de faux l'évènement. Gettysburg est la plus célèbre bataille de la guerre de sécession qui a vu s'affronter le Nord industriel et le sud esclavagiste de 1861 à 1865. Donc bien avant le "Lincoln" de Spielberg, un film a été produit en 1993 grâce à l'aide des capitaux du magnat de la télévision Ted Turner (passionné de la guerre de sécession). Le film d'une durée inhabituelle de 254 minutes raconte l'histoire de la bataille. Ici il n'y a pas de personnage féminin. Le film se concentre uniquement sur le déroulement de l'affrontement pendant ces 3 jours. Mais le film évoque aussi le point de vue sudiste et le point de vue nordiste. Le film a obtenu la caution d'un des plus grands historiens spécialistes de la guerre de sécession, à savoir James McPherson, mondialement connu pour sa thèse sur le sujet, traduite en français. Il participe d'ailleurs aux commentaires sur le film. On peut donc ainsi transformer le film en cours d'histoire, via la touche "changement de version sonore".

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Le film a un très beau casting avec entre autre, Martin Sheen en Général Lee, Tom Beranger en Général Longstreet (bras droit de Lee), mais aussi Jeff Daniels (en colonel Chamberlain), Kevin Conway, Sam Elliott, et Stephen Lang (le colonel dans "Avatar" (2009). Gettysburg rencontra un succès d'estime qui permit le tournage de "Gods and Generals" (2003) par le même réalisateur, Ronald F Maxwell, "Gods and Generals" se concentrant lui sur le début de la guerre. Ainsi, on peut très bien voir "Gods and generals" et ensuite Gettysburg. Ce dernier, est supérieur en tout à "Gods and Generals". Gettysburg est quant à lui parcouru par de très grandes scènes de batailles assez réalistes, et par un énorme lyrisme dont la très belle musique de randy edelman ajoute encore à l'ensemble, et qui font de ce film une espèce de grand spectacle historico-guerrier sans équivalent.

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Ci-dessus : Jeff Daniels et Kevin Conway

On ne comprend pas bien, pourquoi en France le public doit subir des films japonais, souvent d'un niveau cinématographique très faible, et que ce film n'a jamais été distribué en France que ce soit en DVD ou en Bluray. Il faut donc se tourner (comme très souvent) vers les USA pour acquérir la version Zone 1 qui comprend un sous-titrage et une belle version française. Pour le Bluray sorti l'année dernière, on retrouve un sous-titrage français pas toujours parfait, en particulier à la fin du film, dans le dialogue entre le général Longstreet et le Colonel Alexander (commandant de l'artillerie sudiste). Mais le Bluray apporte un gain énorme au niveau de l'image et permet de voir ce spectacle sur très grand écran et d'être aux premières loges. Alors à vous de choisir : DVD zone 1 ou bluray multizones ? Sudistes ou Nordistes ? Gettysburg vous attend, pour un film magnifique qui vaut tous les cours d'Histoire, et qui nous permet de revivre la bataille qui a changé le cours de l'histoire de l'Amérique.

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Ci-dessus : Martin Sheen et Tom Beranger


Bande-annonce :

http://www.youtube.com/embed/arGg3Twqmi8


Extrait 1 :

 

http://www.youtube.com/embed/T4a6q43brlE

 

Extrait 2 :

 

http://www.youtube.com/embed/avWfV24-a-Y

 

Musique du film

http://www.youtube.com/embed/5X1yPoAaKL0?list=PL045ED56DE729A8C5


 Disponible en DVD Zone 1 ou Bluray multizones à commander sur internet (amazon.co.uk)

 

Note : 9 / 10

29/06/2013

Le Combat du capitaine Newman / Captain Newman, M.D. - 1963

'Le combat du capitaine Newman" a été réalisé par David Miller. David Miller est un cinéaste à la carrière de réalisateur très éclectique, spécialiste des films crépusculaires. Ainsi, si on se souvient de lui aujourd'hui pour avoir été le réalisateur du légendaire western avec Kirk Douglas, "seuls sont les indomptés", il était aussi le réalisateur de "Diane de Poitiers" (1956), film d'aventures lui aussi crépusculaires qui annonçait la fin du film d'aventure hollywoodien classique, mais aussi  la conclusion de la carrière de Lana Turner à la MGM, qui ne renouvelait pas alors son contrat. Elle devait d'ailleurs raconter plus tard : "« Lorsque j’ai eu fini Diane, je me revois encore quitter le studio sans un regard en arrière. Il était étrange de voir ces rues désormais vides. Elles avaient été ma seconde demeure, peut-être ma maison la plus stable durant dix-sept ans. Je me souviens combien j’étais excitée lorsque j’ai vu ces visages fameux à l’époque de l’âge d’or de la MGM et le bonheur de faire bientôt partie d’eux. Maintenant la gloire était passée" Mais pour en revenir à David Miller, il n'était pas seulement le réalisateur de films crépusculaires. Il était aussi un réalisateur touche à tout, s'intéressant à tous les genres. Ainsi dans sa filmographie on retroue des comédies comme "la pêche aux trésors" (1949) avec les Marx Brothers et la jeune Marilyn Monroe, mais aussi des films de guerre "les tigres volants" avec John Wayne et même des westerns comme par exemple "Billy the Kid, le réfractaire" (1941) avec Robert Taylor. Miller commença sa carrière par la réalisation de documentaires et de court-métrages, avant de se lancer dans la réalisation de long-métrages, le premier étant "le réfractaire".

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Pour en revenir au film qui nous intéresse "le combat du capitaine Newman", on retrouve ici une structure scénaristique empreint d'un classicisme, mais aussi d'un aspect baroque assez paradoxal, qui annonce de façon ici presque imperceptible, une pensée différente empreinte d'un refus total de la guerre. Le classicisme du film s'exprime par son formalisme classique. Ainsi, on retrouve tout ce qui fait le film de guerre classique (respect de la hiérarchie, base militaire très propre). Mais de l'autre côté on retrouve un sujet très peu traité : la vie d'un service psychiatrique militaire. Et le film navigue ensuite entre différents malades et les traits d'humour de l'infirmier joué par Tony Curtis. La pesanteur du propos est ainsi compensé par l'humour et les aventures de Tony Curtis. Gregory Peck peut ainsi faire montre de tout son talent, s'aventurant à badiner avec l'infirmière principale interprêtée par la très belle Angie Dickinson ou à manier l'humour à froid avec Tony Curtis. Angie Dickinson s'est bien évidemment l'interprête de "Rio Bravo" (1959). Elle devait commencer sa carrière par des rôles à la télévision et on devait la remarquer déjà dans un western, cette fois-ci avec Robert Mitchum, 'l'homme au fusil" (1955).

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Ci+dessus : Angie Dickinson

Outre Gregory Peck, Angie Dickinson, et Tony Curtis, le casting est aussi composé d'Eddy Albert que l'on a déjà vu dans le rôle d'un officier malade et lâche dans "Attack !" (1956) de Robert Aldrich et l'année précédente toujours en militaire dans "le jour le plus long" (1962). Si à cela on ajoute la présence de Robert Duvall alors tout jeune, et de Bobby Darin (le chanteur à succès) vous l'aurez compris que "le combat du capitaine Newman" est un film de qualité. Robert Duvall interprête ici son deuxième film pour le cinéma et c'est également son deuxième film avec Gregory Peck, après "du silence et des ombres" (1962). Voilà vous savez tout sur le service du capitaine Newman qui aurait très bien pu être le pilote d'une série TV. Il n'en reste pas moins que le film a d'énormes qualités et fait déjà s'interroger sur l'acte schizoprhrène de la société qui soigne des militaires pour les renvoyer en Enfer. Un très beau film avec des acteurs au meilleur de leur forme.

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Disponible en DVD zone 2 (français /anglais) sur le site d'Universal ou magasins spécialisés

Qualité d'image : très correcte

 

Bande-annonce :

 

Note : 7,5 / 10

15/06/2013

L'aigle et le vautour / The Eagle and the Hawk - 1933

"L'aigle et le vautour" comme son titre ne l'indique pas, est un film d'aviation sur la première mondiale. Dès qu'on commence à le regarder on pense aux classiques avec en tête "Wings"(1927) avec Clara Bow ou "la patrouille de l'aube" (1930) avec Douglas Fairbanks Jr, ou encore "The Dawn Patrol" (1936) avec Errol Flynn et David Niven. Mais à côté de ces classiques, le film de Stuart Walker paraît étrange voir pour le moins assez baroque. Ce n'est pas faute à un bon casting dans lequel on retrouve l'excellent Fredric March, avec pour co-vedette le jeune Cary Grant dans un rôle assez antipathique. Néanmoins, l'affiche mentionne aussi Jack Oakie et Carole Lombard. Or si on voit bien Jack Oakie, Carole n'a qu'un tout petit rôle quasiment sans importance et finalement on est devant un film de guerre sans femme, ni enfant.

L'AIGLE ET LE VAUTOUR (1933).jpg

Mais ce n'est pas le plus grave. Le plus grave, c'est l'affligeant montage qui nous est donné sur ce film. Le réalisateur Stuart Walker est-il responsable de ce montage catastrophique ? Je ne peux l'affirmer. Néanmoins, le résultat est horrible. Ainsi, on se retrouve avec des scènes coupées alors que les acteurs parlent encore, décrédibilisant l'ensemble de la scène. Pire alors que Fredric March, passe un moment agréable avec Carole Lombard, là encore, le baiser qui doit faire vendre caramel et crème glacée est coupée au montage. Le film passe donc à travers ces incompréhensibles coupes, qui ne rendent pas honneur à l'ensemble de l'oeuvre. Et si l'histoire de ces deux pilotes (l'un humain et l'autre inhumain), joués par deux grands acteurs auraient pu être attachants, le montage imbécile fait du film, un semi-ratage. On voit donc ce film un peu agacé devant tant de gâchis et on se demande ce qu'il aurait pu être avec des scènes montées correctement et jouées jusqu'au bout.

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Ci-dessus : Carole Lombard et Fredric March

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Ci-dessus : Cary Grant et Fredric March

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Disponible en DVD dans la collection "étoiles Universal" sur le site de l'éditeur ou magasins spécialisés.

Note : 5,5 / 10

07/06/2013

Attack ! - 1956

Etrange mais je n'ai jamais écrit de critiques sur des films de guerre jusqu'ici. Alors il me faut me rattraper. En plus, cela tombe bien, car hier soir, j'ai vu "Attack" de Robert Aldrich. Aldrich était un parent de Rockfeller qui avait des parts dans la RKO. C'est ainsi qu'il a pu entrer dans le milieu du cinéma et ce malgré un bon bagage universitaire. Il reste donc pendant très longtemps, assistant de réalisateur comme Chaplin. Pour "Attack" il est seul aux commandes, mais on ne lui confie pas un gros budget. Ainsi il n'a disposé que 750 000 dollars pour boucler son film. Il n'a donc pas été possible recruter des grandes vedettes de cette époque et on donne alors sa chance à Lee Marvin et Jack Palance, peu connus à l'époque ou sinon pour des seconds rôles.  La seule vedette est bien peut être Eddie Albert qui fait le rôle d'un officier lâche et malade mentalement. Mais que reste t'il aujourd'hui de ce film, encensé par la nouvelle vague et par le festival de Venise ?

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Les petits moyens du film sont visibles partout, du début à la fin et Aldrich doit ruser et utiliser tout son talent pour tenir le spectateur. Ainsi les deux panzers allemands, font un bruit de fusil quand leurs canons tirent et semblent littéralement en carton-pâte. Enfin les Allemands semblent sortir de l'opéra alors qu'ils sont sur le front depuis des mois. Enfin l'offensive des Ardennes avaient eu lieu en plein hiver et là c'est l'été. Bref, beaucoup de choses ne sont pas très crédibles. Enfin, le jeu des acteurs semblent pour le moins un peu théatral. La deuxième guerre mondiale est il le bon endroit pour rejouer une tragédie grecque ? Il me semble que non. Ainsi, le film est sauvé malgré tout par les comédiens quand ils n'en font pas trop et par le talent de réalisateur d'Aldrich qui a du se débrouiller avec ce qu'il avait pour terminer le film. Néanmoins tout cela a bien vieilli. Et c'est avec un oeil parfois amusé devant certaines outrances ou techniques cinématographiques que j'ai fini par regarder ce film qui est loin d'être le chef d'oeuvre impérissable que la critique a voulu nous vendre. On peut néanmoins concéder à Aldrich un sens de l'action et de la réalisation que les faibles moyens ont empêchés de concrétiser dans une oeuvre d'une autre ampleur.

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Disponible en DVD et Bluray. A noter l'image très belle de l'édition Bluray.

Note : 5,5 / 10

21/04/2013

La liste de Schindler / The Schindler's list - 1993

Dans le cadre de sa sortie Bluray, je vous présente donc "la liste de Schindler", film tourné en 1993 par Steven Spielberg. Ce dernier avait déjà tourné plusieurs fois sur la seconde guerre mondiale que ce soit avec "l'empire du soleil" , "1941" ou encore "il faut sauver le soldat Ryan". Mais jamais Spielberg ne s'était décidé à évoquer l'holocauste juif aussi ouvertement. Le film évoque la naissance, la vie et la fin du ghetto de Cracovie à travers les familles d'ouvriers juifs de l'usine d"Oskar Schindler. Je vais vous épargner un long making off, mais à mon sens si le sujet est très difficile, le film est parfaitement construit que ce soit au niveau de son scénario, ou de la réalisation. Ainsi, Spielberg a toujour montré les bons et les mauvais côtés de chacun des protagonistes. Même le tortionnaire Amon Göth responsable du camp de travail, est montré avec une personnalité complexe digne d'un serial killeur psychopathe. Le rôle de Göth est interprêté par Ralph Fiennes qui trouve là peut être son meilleur rôle. Son rapport avec Schindler (joué par Liam Neeson) est particulièrement intéressant. En effet, chacun essaye de manipuler l'autre et ne sait qui y gagne le plus.

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De plus le film est merveilleusement filmé avec un très beau noir et blanc. Les yeux des acteurs sont souvent mis en valeur et Spielberg fait montre de tout son talent pour rendre un bel hommage aux 6 millions de juifs victimes de la barbarie nazie, sans rien cacher de l'horreur d'un régime qui n'hésitaiit pas à faire la guerre aux enfants. Et j'avoue qu'il est très difficile de ne pas retenir ses larmes devant des scènes parfois si cruelles. Par exemple la scène où on voit, la petite fille au manteau rouge perdue, qui ère seule dans la ville ensanglantée par les SS est terrible.

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Ci-dessus : Ben Kingsley, Liam Neeson, et Ralph Fiennes

Ce film est là pour nous rappeler que le bien et le mal sont en chacun de nous. A nous de savoir prendre les bonnes décisions pour nous, mais aussi pour les autres, et que même au milieu de l'Enfer il est possible de donner de l'amour aux autres et de sauver des vies. Je pense que "La liste de Schindler" n'est peut être pas le plus beau film de l'histoire du cinéma, mais il est clairement indispensable cinématographiquement mais aussi totalement essentiel à la construction de notre propre Humanité. Et c'est bien celà qu'il faut retenir et c'est cela que je retiens en lui attribuant la note maximale. Ainsi, chaque spectateur peut s'honorer de voir un tel film. La critique ne devait pas s'y tromper et une pluie d'Oscars (7) devait consacrer ce chef-d'oeuvre. Un film, indispensable et incontournable.

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Ci-dessus : Embeth Davidtz et Liam Neeson

La bande-annonce :

 

Extrait de la poignante musique de John Williams :

 

Disponible en DVD Zone 2 et Bluray. Le bluray a une image superbe.

Note : 10 /10

10/03/2013

L'ultime attaque / Zulu Dawn - 1979

"L'ultime attaque" est un western africain comme le note très justement, l'excellent et indispensable magazine, "les années laser" dans son dernier numéro de mars 2013.  Le film a été tourné par Douglas Hickox en 1979 et regroupait un casting prestigieux et international avec en têtes d'affiche : Peter O'Toole et Burt Lancaster. Mais le film pouvait se vanter tout un plateau de stars internationales, et ainsi de mettre à l'affiche par exemple, Bob Hoskins, Simon Ward ou encore Denholm Elliott et Ronald Lacey. Denholm Elliot c'est bien évidemment le docteur Marcus Brody des "aventuriers de l'arche perdue" (1981) et Ronald Lacey c'est l'inoubiable espion nazi présent également sur ce dernier film."L'ultime attaque" retraçait la bataille d'Isandlwana, du 22 janvier 1879, qui fut peut être la plus grande défaite de l'armée britannique lors des guerres coloniales. En effet, en 1879 les Britanniques se décidaient à se libérer de la menace que le royaume Zoulou faisait peser selon eux, sur leur colonie du sud de l'Afrique et entraient en guerre contre les Zoulous. Cette campagne attendue comme facile devait commencer par un désastre monstrueux et l'extermination de 1300 soldats britanniques. C'est ce que ce film nous raconte.

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Le film s'attache à nous expliquer dans sa première partie les causes du déclenchement du conflit et à montrer que les Britanniques se sentaient supérieurs et n'avaient que peu de considération pour leurs ennemis. L'oppostion O'Toole/Lancaster va naître de cette prétention. O'Toole général nommé par la reine n'écoutera pas les conseils de son subordonné joué par Burt Lancaster, homme de terrain qui connaît l'Afrique et les Zoulous mieux que personne. La déclaration de guerre et l'avancée marquent la deuxième partie du film. Enfin la troisième partie est consacrée au massacre final. Malgré sa musique réalisée par un compositeur émérite en la personne d'Elmer Bernstein, le film ne prend pas position et nous montre les deux bélligérants résolus à en découdre. C'est peut être cela qui fera qu'il n'aura qu'assez peu de succès lors de sa sortie.

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Ci-dessus : Bob Hoskins au premier plan en sergent chef

Il reste donc comme l'a très bien noté "les années Laser" comme assez insaisissable. C'est le mot. Le spectacle reste quant à lui néanmoins saisissant et les vagues de l'armée Zoulou qui avance devant une armée britannique moderne mais totalement dépassée et incapable de les arrêter, laisse une très forte impression le film terminé. Le réalisateur multiplie d'ailleurs les plans larges qui ajoutent encore au spectacle.

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Par contre, la récente édition Bluray est très loin en terme d'image, de la qualité que l'on peut attendre pour un film grand spectacle sur un support tel que le Bluray. On a un léger upgrade de la version DVD déjà sortie, sans aucun bonus et c'est tout. C'est bien dommage. Préquel du film "Zoulou" de 1964 avec Michael Caine, "l'ultime attaque" a quand même comme qualité de raconter un épisode de l'histoire de l'Afrique du Sud, totalement oublié aujourd'hui.

 

La bande-annonce :

 

 

Extrait de la musique somptueuse d'Elmer Bernstein :

 

 

Note : 7 / 10

14/01/2013

Les sentiers de la Gloire / Paths of Glory - 1957

Aujourd'hui je vais vous parler d'un film dont on ne ressort pas indemne : "les sentiers de la gloire". "Les sentiers de la gloire" est un film de Stanley Kubrick de 1957, avec pour acteur principaux Kirk Douglas et Adolphe Menjou. Le sujet du film porte sur la guerre de 14-18 et plus particulièrement sur le thème très longtemps tabou en France, des fusillés pour l'exemple. En effet, dans le film, une troupe de soldats français refusent de se lancer dans une attaque suicide et suite à cela, l'état-major décide de faire des exemples, en passant des hommes présents en cour martiale, avec dans l'idée dès le départ de les faire condamner à mort. Ce film est tiré de faits réels, même si le lieu, et les personnages ont été changés. Ainsi pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur l'histoire des fusillés pour l'exemple de la guerre de 14, je vous invite à lire l'admirable thèse du général André Bach (Ancien chef du Service historique de l’armée de terre) qui tente de faire le point sur ce douloureux dossier dans son livre : "les fusillés pour l'exemple", Tallandier (2003) et qui réhabilite la mémoire de ces hommes qui pour la plupart n'étaient pas des mutins, ou des déserteurs, mais bien les victimes d'un système en place pendant la grande guerre. En effet, l'état-major français considérait la discipline inférieure à celle de l'armée allemande.

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Pour vous parler maintenant du film en lui même, il faut savoir qu'il est tiré du livre éponyme de
Humphrey Cobb, et que le tournage a été par moment très difficile voir orageux. En effet, Adolphe Menjou était à la 17ème prise d'une même scène et dit à Kubrick que pour lui c'était bien la dernière meilleure prise et donc il se prépara pour aller déjeuner. Et Kubrick lui dit qu'il voulait encore une prise. Menjou se mit alors en colère et insulta Kubrick en lui disant qu'il était incapable de diriger des acteurs. Mais Kubrick ne voulut pas en tenir compte et dit simplement : "All right, let's try the scene once more" (Très bien. Essayons la scène une fois de plus). Pour la petite histoire on notera que la femme qui chante à la fin du film, Christiane Harlan est une actrice allemande qui devint plus tard la femme de Stanley Kubrick et le restera jusqu'à sa mort.

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Le génie de Kubrick est de montrer la guerre de 14 telle qu'elle est avec de longs plans dans les tranchées, qui font sortir le spectateur de son rôle de spectateur pour le faire devenir acteur du film. Ainsi, Kubrick nous fait ressentir la peur, la boue, la crasse et tout simplement l'horreur de la guerre presque comme un poilu. Beaucoup voit ce film comme anti-militariste, pour ma part je ne le vois pas ainsi. Je pense qu'il est plutôt un moment de l'histoire de France et une dénonciation d'un système mis en place à l'époque par l'armée. Mais est-ce être contre la religion que de parler de la Saint-Barthelemy ? Chaque acteur présent dans le film est très bon et on ne peut que constater une très bonne direction d'acteurs. Le plus étonnant d'ailleurs, c'est l'importance donnée par Kubrick à des petits rôles ou même à des figurants qui jouent particulièrement bien et qui sont très touchants en particulier dans la scène finale, qui est un immense espoir pour un monde plus fraternel, mais qui est rattrapé par la dure réalité de la guerre.

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Ci-dessus : Adolphe Menjou et Kirk Douglas


Je ne saurais donc trop vous conseiller de voir ce film, qui évoque un épisode controversé de l'histoire de France au sujet difficile mais primordial. Vivement une sortie Bluray !


Le film :


Pour aller plus loin :

Conférence du Général André Bach sur le thème des fusillés pour l'exemple :


Film disponible en DVD Zone 2.


NOTE : 9,5 / 10

28/12/2012

Le dernier train du Katenga / Dark of the sun ou the mercenaries -1968

"Le dernier train du Katenga" est un film tourné par Jack Cardiff. On se rappelle que Jack Cardiff a été le directeur de la photographie de "l'odyssée de l'Africa Queen" de John Huston et a collaboré avec de très nombreux réalisateurs (Michael Powell, Alfred Hitchcock, Albert Lewin, Joseph Mankiewicz, King Vidor). Il avait déjà tourné avec Rod Taylor en 1964 le fabuleux, "Young Cassidy" avec l'aide de John Ford. Et oui, "le dernier train du Katenga" est encore un film avec Rod Taylor et Yvette Mimieux. Le film raconte l'aventure de mercenaires dans un Congo Belge soulevé par la révolte Simba, après la période de décolonisation. Le gouvernement en place décide d'envoyer un commando de mercenaires pour aller chercher 50 millions de diamants et tous les civils qu'ils trouveront, dans une localité isolée et menacée par des forces tribales en révolte.

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Le film est un peu l'ancêtre tous les futurs films de commandos en Afrique : "des oies sauvages" en passant par "les larmes du soleil" ou "Blood Diamond" pour la violence. En plus de Rod Taylor, et Yvette Mimieux, le casting comprend Jim Brown. Le fim comprend beaucoup d'actions est un étonnant duel à la tronçoneuse. La violence est exacerbée et presque continuellement présente. On sait que ce film était très apprécié par Tarantino et ce n'est pas étonnant. Par contre, il circule des rumeurs comme quoi le film aurait été coupé et expurgé de scènes trop violentes. Pour ma part, je n'en sais rien. On assiste quand même à des viols de religieuses et à une sodomie de quelques secondes d'un jeune lieutenant. Alors si il est vrai on a parfois l'impression en voyant ce film de lire un vieux numéro en BD d'Attack, on est néanmoins devant un honnête spectacle qui ne tombe jamais dans une caricature à la Chuck Norris.

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Enfin Cardiff ne tombe jamais dans le piège du racisme car le héros du film finit lui aussi par tomber dans une violence extrème et sauvage. La morale du film est peut être là. La violence sauvage est peut être une caractéristique de chaque être humain (blanc ou noir) soumis à la violence extrème. Il est très difficile alors de la surmonter. Je finirais en disant quelques mots de la très particulière musique de Jacques Loussier dont vous pourrez retrouver quelques extraits en bas de cette note.

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"Le dernier train du Katenga" est donc très intéressant car il diffuse une sacrée dose d'adrénaline mais aussi par l'intérêt que lui ont porté de nombreux réalisateurs, il mérite tout notre attention.

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Extraits de la musique :


 

Disponible sur le site de Warner France à 12,90 €

 

NOTE : 7 / 10

26/11/2012

Le grand secret / Above and Beyond - 1952

"Le grand secret" est un film de guerre avec Robert Taylor. Mais ce n'est pas un film de guerre au sens strict. En effet, il n'y a ici ni combat ni gloire. Il s'agit en effet, de raconter le lancement de la première bombe atomique sur Hiroshima le matin du 6 août 1945. Le film est très difficile à supporter car la tension ne cesse jamais. En effet, les contraintes de longs mois de préparatifs, les tâches exténuantes, sont accentuées par le fait qu'il est impossible de parler de tout cela et tout spécialement de la mission pour le colonel Tibbets (Robert Taylor). Le film n'est pas cinématographiquement un mauvais film. Mais il n'apporte rien au spectateur sinon de donner le point de vue du gouvernement américain de 1952 sur le lancement de la bombe. On ne voit jamais un Japonais. Le film n'est donc qu'une longue justification du massacre instantané de 70 000 personnes (hommes, femmes et enfants) et de la lente agonie de 50 000 autres par quelques pilotes, politiciens et scientifiques ...

 

Tout cela est très difficile à supporter, et le glamour d'Eleanor Parker semble jouer constamment faux dans cette justification macabre éhontée. Et si le film pose des questions, il ne conteste jamais la décision finale de lancer la bombe. Ce film est donc aujourd'hui quasiment insupportable à voir, même pour un spectateur français. Pourtant, tout le talent d'Hollywood est là. Mais pour moi, rien y fait. Robert Taylor n'est ici qu'un boucher, au mieux un bourreau. Et finalement à vouloir se prendre pour Dieu, l'Humanité est devenue inhumaine ce 6 août 1945. Le pire est peut être la scène finale où la femme du colonel Tibbets (Eleanor Parker) se décide à se jeter dans les bras de son mari, fière de l'execution de 70 000 innocents par ce dernier. Consternant ...

 

En respect des 140 000 civils japonais executés, aucune photo du film ou affiche ne sera publié. Vous remerciant de votre compréhension.

 

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Ci-dessus : Enfant japonais priant en 2012 lors de la commémoration de la date anniversaire du lancement de la 1ere bombe atomique.


NOTE : 3,5 / 10

12/11/2012

Ouragan sur le Caine / The Caine Mutiny - 1954

"Ouragan sur le Caine" est un film d'Edward Dmytryk sorti en 1954. Le scénario du film tourne autour de la vie de marins sur le vaisseau "Caine" pendant la seconde guerre mondiale et montre les problèmes issus du changement du Capitaine. Ecrire sur la vie en mer, même en temps de guerre n'est pas spécialement facile. La vie en mer, doit faire normalement renoncer au glamour hollywoodien et comporte de longs voyages souvent monotones. Ceci étant dit, le scénariste a pu passer assez facilement ces écueils en prenant la vieille méthode de construction hollywoodienne d'un scénario : c'est à dire adapter un roman. On a donc avec ce film l'adaptation d'un roman de Herman Wouk, Prix Pulitzer de la fiction en 1952. Le scénario est donc construit de façon intelligente et les différentes personnalités des marins et officiers vont se révéler bien différentes de ce que l'on croit qu'elles sont au début, et la vie à terre permettra d'insérer la romance et le glamour si chères pour le Hollywood des années 50 et qui manquent tant à notre époque. Mais il ne faut pas s'y tromper. "Ouragan sur le Caine" est un film d'hommes, sur la marine en temps de guerre. La romance n'apporte rien au scénario sinon un divertissement au spectateur. On notera que le titre français laisse planer un doute que le titre américain de l'oeuvre littéraire ne laisse pas planer.

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Le film bénéficie d'un casting 4 étoiles avec en tête Humphrey Bogart, dans un rôle à sa mesure. Les monologues de Bogart sont d'ailleurs réellement sidérants jusqu'à l'ultime surprise finale et transforment les émotions du spectateur entre le malaise et le plaisir de voir un tel acteur, occuper à lui seul l'écran et arriver à hypnotiser la caméra par son seul jeu. José Ferrer, et Fred MacMurray quant à eux, sont également parfaits dans leurs rôles de subordonnés, plongés dans le doute et l'incertitude des ordres d'un nouveau commandant. On notera aussi la présence de Lee Marvin dans un petit rôle. Comme souvent à Hollywood, chaque personnage révèlera à la fin du film ce qu'il est réellement.

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Ci-dessus Humphrey Bogart :

Ce film est également très intéressant car il laisse planer le doute, non pas sur la personnalité du Commandant joué par Bogart mais sur la valeur de ses actes en temps de guerre. Et le spectateur peut ainsi se faire lui même son propre avis et avoir une autre interprétation du scénario.

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Ci-dessus Van Johnson et Fred MacMurray :

Pour finir je dirais quelques mots, comme d'habitude sur la très belle musique de Max Steiner qui composa une marche militaire uniquement pour ce film, marche qui est présente à l'ouverture du titre. La marche est martiale tout en étant parfois un peu humoristique dans ses accents afin de décrire au mieux un navire à la dérive. Comme vous pouvez vous en doutez, le film ne plaisait pas beaucoup à la Navy qui exigea d'ailleurs quelques modifications afin de donner sa coopération aux équipes techniques: coopération qui était indispensable pour le tournage.

 

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Extrait de la musique de Max Steiner (marche du titre) :

 

 

 

NOTE : 8 / 10