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24/12/2012

Colonel Blimp / The life and Death of Colonel Blimp - 1943

"Colonel Blimp" est sorti en Bluray dernièrement. Ce film a été tourné par Michael Powell et Emeric Pressburger en 1943. Tout d'abord il faut noter que le film a bénéficié d'une formidable restauration des négatifs originaux. Une présentation de cette admirable restauration est d'ailleurs faite dans un bonus, par Martin Scorsese lui même. Et le résultat à l'écran est digne des plus hauts éloges. L'image technicolor est parfaite, exempte de quasiment du moindre défaut. C'est prodigieux, surtout quand comme moi on se rappelle la médiocre qualité d'images de certains masters de ce film il y a encore quelques années. La restauration de 2011 a donc permis de redonner à ce film au delà d'une nouvelle jeunesse, une deuxième vie, donnant l'impression qu'il a été tourné hier.

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 "Colonel Blimp" est un film anglais réalisé par la compagnie cinématographique Archers et distribué par the Rank Organization. Le film est lointainement inspiré du personnage de BD du même nom créé par David Low en 1930. Je dirais tout d'abord quelques mots sur le titre français "Colonel Blimp" qui ne laisse rien voir de l'intrigue et sur le titre anglais qui en dit beaucoup plus : "The life and death of Colonel Blimp". En effet, c'est bien ici une vie qui est racontée avec ses grandeurs et ses misères. Et si il est question de mort du colonel, il n'est évoqué ici qu'une mort morale et non physique. Blimp est au début du film un jeune officier prêt à tout pour venger l'honneur de son pays bafoué par la presse allemande. Ses grands idéaux d'honneur seront mis à mal par l'Histoire. Et finalement il se rendra compte que le monde qu'il a connu n'existe plus que dans son esprit. L'inadaptabilité de l'Homme aux changements majeurs de la société a été de nombreuses fois évoqués dans ls cinéma, que ce soit évidemment dans "Autant en emporte le vent" ou dans "les vedettes du pavé" et dans beaucoup d'autres oeuvres. Mais ici ce thème est évoqué par le prisme de la vieillesse. C'est ce qui fait toute la différence. Pour parler de ce film, je commencerais par parler de l'interprétation magistrale de Roger Livesey qui joue le colonel jeune, adulte mûr, puis vieillard. On a d'ailleurs peine à croire que c'est lui qui fait les 3 rôles. Et bien évidemment l'interprétation de Deborah Kerr de trois rôles est exceptionnelle.

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Ci-dessus Deborah Kerr :

Le film tourné en 1943 en Angleterre est très marqué par les 2 conflits mondiaux. Mais le film sait faire pour 1914 la différence entre Allemands fanatiques et l'humanité qu'il peut y avoir en eux comme en tout être humain. Mais pour les Nazis, il n'y a aucune circonstance atténuante. Sinon dans cette oeuvre, il y a de l'amitié, de l'amour, de l'Histoire et surtout un regard sur la vieillesse qui finalement se trouve incapable d'appréhender un monde qu'elle ne comprend plus. Ce film est une magnifique double tragédie pour Blimp et pour l'Europe de 1943. La scène qui m'a le plus marquée est celle où Blimp vient rechercher dans un camp de prisionniers son ancien ami allemand et là explose littéralement les notes de la symphonie inachevée de Schubert. On sait à ce moment là que l'on est devant une oeuvre majeure que la réalisation de Powell va magnifier. Pour finir là où j'ai commencé, je vous dirais que l'amitié entre Blimp et l'officier allemand fait échos à l'amitié entre Powell et le Hongrois Emeric Pressburger, co-réalisateur sur ce film. Donc "Colonel Blimp" est un grand film, qui parle de l'histoire de l'Europe au 20ème siècle, il n'y a pas si longtemps. Si comme moi, vous croyez que nous ne sommes pas les occupants d'un territoire mais bien des citoyens responsables, qui faisons parti d'une collectivité, vous devez voir ce film, car au delà de la vie et de la mort du colonel Blimp c'est bien une passage de l'histoire de l'Europe qui est intelligement évoqué.

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Ci-dessus Roger Livesey :

 

La citation du film : (Parlant des Allemands)  "Pendant des années ils écrivent de la magnifique musique et de la superbe poésie. Et un jour ils se décident à déclarer la guerre, à couler des navires sans défense, tuer des enfants innoncents, bombarder chaque rue de Londres. Et dans le même uniforme de boucher ils écoutent Schubert et mendelssohn. Il y a quelque chose d'horrible dans tout ça."

 

Extrait :


 

NOTE : 8,5 / 10

07/12/2012

Les 39 marches / The 39 Steps - 1935

"Les 39 marches" est un film d'Alfred Hitchcock qui peut être considéré un peu comme le mètre étalon de très nombreux autres films d'Hitchcock comme "Jeune et innocent", "Correspondant 17", "La cinquième Colonne" et à "La Mort aux trousses". Comme dans tous ces films on trouve un homme accusé à tort de meurtre qui bénéficie de l'aide volontaire ou non d'une jeune femme. Les interprètes principaux sont Robert Donat et Madeleine Carroll. Le film est tiré d'un roman de John Buchan et a été adapté par un scénario de Charles Bennett. Ce dernier signera une collaboration avec Hitchcock de 4 films : "L'Homme qui en savait trop", Les 39 Marches, "Agent secret", "Jeune et innocent" et "Correspondant 17".

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"Les 39 Marches" reste passionnant car c'est le genre de film dans lequel on ne sait pas ce qui va se passer à la scène suivante. Chaque scène amène le spectateur dans un univers différent. On passe de la salle de spectacle, à une chambre, une cuisine, un train, la lande écossaise etc. Bref les lieux sont nombreux. On sent bien qu'Hitchcock n'est pas encore au sommet de son art, mais que ce film porte en lui les premières fleurs qui donneront les merveilleux fruits de sa future carrière américaine. Ainsi la scène du train où Robert Donat s'accroche à une portière reste mythique. Enfin, l'idée géniale reste déjà en premier lieu dans le titre énigmatique. Que signifie t'il ? Et si la question est posée au début du film,

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il n'y aura de réponse qu'à la fin. Ce qui oblige le spectateur à vouloir connaître la fin. Car il y a bien autre chose derrière cette fausse accusation de meurtre comme vous pouvez vous en douter. Bref, on ne s'ennuie jamais. Les moments plus calmes sans action, sont comblés par les scènes de comédie entre le couple Donat/Carroll. On retrouve quelques scènes charmantes dans la chambre d'hotel, où Madeleine Carroll enlève ses bas trempés avec la main menotée de Robert Donat qui est obligée de suivre ses gestes. Le couple menoté est il le symbole du mariage pour Hitchcock ? Deux êtres qui vivent ensembles sans s'aimer, mais les menottes enlevées la femme reste quand même car l'un et l'autre ont un intérêt commun : l'amour ? ou plus sûrement connaître la vérité. Je ne sais pas ce que l'on doit en penser. Mais le discours politique de Donat rempi de tolérance et d'humanisme reste clairement un appel à l'arrêt de tous les extrèmistes des années 30. On a également la présence d'un train qui est l'élément symbolique peut être le plus utilisé par Hitchcock dans tous ses films. Le train symbolisme de la vie ou plus exactement du destin auquel on ne peut pas échapper et qui nous emmène d'un point à un autre. On a donc là un film, qui va plus loin qu'il veut bien le laisser croire et qui est bien le grand film d'un réalisateur mythique.

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Ci-dessus Madeleine Carroll, Robert Donat

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Ci-dessus Madeleine Carroll, Robert Donat et Alfred Hitchcock sur le plateau des 39 marches.

 

Je finirais en laissant la parole à d'autres critiques :

« Maître des sensations fortes et du suspense, de l'humour incongru et de l'horreur à froid, Hitchcock se sert de sa caméra, comme un peintre de son pinceau, stylisant son histoire et lui apportant des nuances que le scénariste aurait difficilement pu soupçonner… », New York Times, 1935.
« À son aise, sûr de séduire, Hitchcock multiplie les beautés. Il est détendu. À la plénitude de la matière correspondent tout naturellement la plénitude du scénario et la plénitude de la mise en scène… », Claude Chabrol et Éric Rohmer, Éditions universitaires, 1957.
« Le héros est un homme, pas un "Christ", et cet homme ne connaît que la femme qui le sauvera. Chez Hitchcock, ce sont toujours les femmes qui sauvent… », Noël Simsolo, Hitchcock, cinéma d'aujourd'hui, 1969.
« Les 39 Marches marque son époque d'une manière indélébile. En simplicité, économie et technique cinématographique pure, il dépasse même Le Faucon maltais de John Huston. Ce film comporte déjà, et c'est assez surprenant, tous les thèmes que le réalisateur développera et perfectionnera par la suite… », Donald Spoto, L'Art d'Alfred Hitchcock, Edilig, 1976.
« Tout est réussi dans le film. Le couple Donat/ Carroll est l'un des plus efficaces de la saga hitchcockienne, la poursuite échevelée à souhait, et le rocambolesque tient ici sa vraie place dans la stylistique de l'œuvre: une des premières… », Marc Cerisuelo, Dictionnaire des films, Larousse, 1990.

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Film disponible depuis le 04 décembre en Bluray : Très bonne qualité d'image pour un film de 1935. (VF pas d'époque semble t'il mais très acceptable).

 

NOTE : 7 / 10

27/11/2012

Les grandes espérances / Great expectations - 1946

Dans le cadre de sa sortie récente en bluray, je vais vous parlais aujourd'hui du film "Grande espérances", sortie en 1946. Le film a été tourné par David Lean (le célèbre réalisateur de Lawrence d'Arabie), Il s'agit d'un film britannique qui fut distribué aux USA par Universal, et comportant donc un casting également britannique. Le film est tiré du plus célèbre (peut être) roman de Dickens. Dès le début du film on est tout de suite frappé par le talent de David Lean en tant que réalisateur. Le mystère est parfaitement rendu, on retrouve des dizaines de plans magnifiques et je n'aurais pas assez de place pour louer la réalisation et la photographie de l'ensemble de l'oeuvre.

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Bien entendu le but de cette critique ne sera pas de faire une étude complète du roman de Dickens. Mais qu'est ce que c'est bien écrit quand même ! Quelle intelligence scénaristique et à la réalisation. Ce qui est formidable dans "Grandes Espérances" c'est que le film contient différentes histoires qui finalement seront reliées les unes aux autres pour faire un tout. Un prisonnier échappé est nourri par un enfant qui le menace; une femme richissime mais recluse adopte une fille et fait venir chez elle, le jeune garçon qui a aidé le prisonnier. Quoi de commun à tout cela ? Rien à première vue. Mais les liens invisibles entre ces différents protagonistes vont se faire et se relever rapidement inaltérables sinon par la mort de l'un deux. A celà il faut ajouter les vies brisées, les destins maudits, l'appat du gain, la mort qui rode et on a un fabuleux instantané social de l'Angleterre au début du 19ème siècle. A cela il faut ajouter la formidable prestation de la jeune Jean Simmons et du jeune Anthony Wager. Tous les seconds rôles sont d'ailleurs excellents, comme par exemple Francis L Sullivan en avocat ou Finlay Currie en évadé. Finlay Currie est resté célèbre pour son rôle du père dans "Ivanhoé", ou de Balthasar dans "Ben-Hur". Mon principal reproche sera sur le choix de John Mills qui est censé jouer un personnage qui a entre 18 et 25 et qui en aura plus de 30 quand il tourne le film ! Cela décridibilise malheureusement quelque peu l'ensemble, même si on ne peut retirer un grand talent d'acteur à Mills.

Quoiqu'il en soit le film reste un spectacle de haute volée littéraire. A voir et à revoir.

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Ci-dessus, Finlay Currie et Anthony Wager

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Ci-dessus : Jean Simmons, Martita Hunt et Anthony Wager

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Ci-dessus : Alec Guinness et John Mills

 

En cadeau un extrait :

 

Disponible en Bluray zone B (sous titré français uniquement)


A noter enfin, que l'adaptation moderne du célèbre roman de Charles Dickens transposée à notre époque dans une version de 1998 avec Robert De Niro et Gwyneth Paltrow est tout à fait digne également d'intérêt. J'en parlerais peut être plus tard ...


NOTE : 8,5 / 10