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21/04/2013

La liste de Schindler / The Schindler's list - 1993

Dans le cadre de sa sortie Bluray, je vous présente donc "la liste de Schindler", film tourné en 1993 par Steven Spielberg. Ce dernier avait déjà tourné plusieurs fois sur la seconde guerre mondiale que ce soit avec "l'empire du soleil" , "1941" ou encore "il faut sauver le soldat Ryan". Mais jamais Spielberg ne s'était décidé à évoquer l'holocauste juif aussi ouvertement. Le film évoque la naissance, la vie et la fin du ghetto de Cracovie à travers les familles d'ouvriers juifs de l'usine d"Oskar Schindler. Je vais vous épargner un long making off, mais à mon sens si le sujet est très difficile, le film est parfaitement construit que ce soit au niveau de son scénario, ou de la réalisation. Ainsi, Spielberg a toujour montré les bons et les mauvais côtés de chacun des protagonistes. Même le tortionnaire Amon Göth responsable du camp de travail, est montré avec une personnalité complexe digne d'un serial killeur psychopathe. Le rôle de Göth est interprêté par Ralph Fiennes qui trouve là peut être son meilleur rôle. Son rapport avec Schindler (joué par Liam Neeson) est particulièrement intéressant. En effet, chacun essaye de manipuler l'autre et ne sait qui y gagne le plus.

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De plus le film est merveilleusement filmé avec un très beau noir et blanc. Les yeux des acteurs sont souvent mis en valeur et Spielberg fait montre de tout son talent pour rendre un bel hommage aux 6 millions de juifs victimes de la barbarie nazie, sans rien cacher de l'horreur d'un régime qui n'hésitaiit pas à faire la guerre aux enfants. Et j'avoue qu'il est très difficile de ne pas retenir ses larmes devant des scènes parfois si cruelles. Par exemple la scène où on voit, la petite fille au manteau rouge perdue, qui ère seule dans la ville ensanglantée par les SS est terrible.

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Ci-dessus : Ben Kingsley, Liam Neeson, et Ralph Fiennes

Ce film est là pour nous rappeler que le bien et le mal sont en chacun de nous. A nous de savoir prendre les bonnes décisions pour nous, mais aussi pour les autres, et que même au milieu de l'Enfer il est possible de donner de l'amour aux autres et de sauver des vies. Je pense que "La liste de Schindler" n'est peut être pas le plus beau film de l'histoire du cinéma, mais il est clairement indispensable cinématographiquement mais aussi totalement essentiel à la construction de notre propre Humanité. Et c'est bien celà qu'il faut retenir et c'est cela que je retiens en lui attribuant la note maximale. Ainsi, chaque spectateur peut s'honorer de voir un tel film. La critique ne devait pas s'y tromper et une pluie d'Oscars (7) devait consacrer ce chef-d'oeuvre. Un film, indispensable et incontournable.

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Ci-dessus : Embeth Davidtz et Liam Neeson

La bande-annonce :

 

Extrait de la poignante musique de John Williams :

 

Disponible en DVD Zone 2 et Bluray. Le bluray a une image superbe.

Note : 10 /10

19/04/2013

Royal Affair - 2012

Faisons aujourd'hui un petit tour par le cinéma contemporain et par "Royal Affair". "Royal Affair" est un film danois tourné en 2012. Le film évoque la vie de Caroline Mathilde reine du Danemark (jouée par Alicia Vikander à la filmographie apparemment aussi vierge que la princesse qu'elle incarne) et épouse du Roi Christian VII  à la fin du 18ème siècle. J'aime beaucoup les histoires de roi et de reine, mais il faut se méfier de la biographie de grand personnage au cinéma. En effet, le film peut être ennuyeux et rapidement manquer de rythme. Ici c'est malheureusement le cas dans sa première partie. Ainsi, on retrouve tous les pathos de la pauvre petite princesse, abandonnée dans les mains du méchant roi qui ne s'intéresse pas du tout à elle et qui va jusqu'à appeler sa femme "maman" tellement il la trouve ennuyeuse. Ainsi, malgré les turpitudes du roi (joué par Mikkel Boe Folsgaard) qui rappellent celles "d'Amadeus", après 50 minutes on se surprend à bailler devant un film au point de vue quelque peu féminin, qui nous fait penser le plus souvent au "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola, la musique rock en moins évidemment. Personnellement je n'ai jamais compris pourquoi Sofia Coppola avait mis du rock sur un film en costume censé se dérouler au 18ème siècle ... Pour en revenir à "Royal Affair", je vous rassure le film va enfin prendre son rythme et développer son discours dans sa seconde partie, grâce à l'arrivée d'un personnage à la cour : le nouveau médecin du roi (joué par Mads Mikkelsen). En effet, le roi était quelque peu "perturbé" psychologiquement. Ce médecin va rapidement devenir le conseiller privilégié du roi et soigner sa politique autant que son humeur. Ainsi, la belle organisation de la cour va subir les attaques d'une nouvelle pensée opposée à celle des ministres.

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La seconde partie du film et son épilogue sont donc par assez magistrales, mais n'atteignent jamais la perfection de "Barry Lyndon" ou l'ampleur cinématographique "d'Amadeus". Ainsi, on se surprend à comparer les scènes qui ressemblent à "Barry Lyndon" et les scènes qui pourraient ressembler à celles "d'Amadeus". Mais malheureusement elles tombent le plus souvent à plats. Ainsi, la scène terriblement troublante dans "Barry Lyndon" où on voyait Marisa Berenson dans son bain, dans une posture assez lassive, n'est ici qu'une pâle copie. Enfin, Barry Lyndon comme "Amadeus" avaient pris le parti pris d'avoir une musique exclusivement d'époque. Il y avait d'ailleurs un jeu musical constant entre l'image et la musique.  Ici il n'en est rien. Si on évite la faute de goût de Sofia Coppola, il n'en reste pas moins que le film semble moins fort dès qu'apparaît la musique de film contemporaine qui le rapproche un peu du film télé. Quant aux fabuleux plans dans les théâtres que l'on pouvait voir dans "Amadeus", ici on a droit le plus souvent à des plans très serrés qui enlèvent toute espèce de profondeur à la scène. Ceci étant dit, je ne veux pas être trop sévère avec ce film qui est rempli de bonnes intentions, mais qui n'atteint jamais le niveau de ses illustres prédécesseurs élevés au rang de chef-d'oeuvres. C'est bien cela le plus rageant. Mais c'est un film qui est intellectuellement tout de même à 10 000 m au dessus du film de super-héros produit à la chaîne comme on en voit aujourd'hui trop souvent sur les écrans. En ce sens l'Oscar du meilleur film étranger est parfaitement mérité. Mais cinématographiquement parlant j'ai préféré "the duchess" (2008) avec Keira Knightley ou donc d'autres films en costumes plus anciens.

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Bande-annonce :

Note : 7 / 10

27/02/2013

Five Star Final - 1931

"Five Star Final" est un film coup de poing sur le pouvoir des tabloïds et d'une certaine presse à sensation, qui n'a ni sens moral, ni scrupule et qui fait tout pour augmenter le tirage à tout prix. La distribution comprend Edward G Robinson qui tournera 4 films pour cette seule année 1931 : "Little Caesar", "The Stolen Jool", "Smart Money" et donc "Five Star Final". Aujourd'hui si on se rappelle surtout de ses films de gangsters de cette année 1931 comme "Smart Money" avec James Cagney et aussi Boris Karloff, mais surtout du "Petit César". il faut aussi remettre au devant de la scène ce "Five Star Final". En plus de Robinson, Ona Munson. Boris Karloff, Marian Marsh, H B Warner, et Frances Starr complète la distribution. H B Warner les cinéphiles se rappellent surtout de lui aujourd'hui pour son interprétation du Christ dans la version du  "Roi des Rois" de 1927 de Cecil B DeMille. Et Ona Munson c'est bien évidemment l'inoubliable Belle Walting "d'Autant en Emporte le Vent".

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Le film est donc à lui seul un cri. L'histoire nous montre, le directeur de la publication (Edward G. Robinson) sous la pression des actionnaires, qui se voit dans l'obligation de ressortir une affaire de meurtre vieille de 20 ans pour augmenter le tirage. Les conséquences seront alors désastreuse pour la personne jetée en pâture, et la tension augmentera constamment jusqu'à l'explosion finale et sa libération rédemptrice. Le film est un parfait exemple de drame hollywoodien des années 30, doublé d'une profonde critique sociale sur le rôle de la presse à scandale. Chaque acteur joue parfaitement son rôle. Mais la jeune Marian Marsh vole à la toute fin du film la vedette à Edward G Robinson pour un incroyable et improbable final effectivement 5 étoiles.

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 Ci-dessus : Edward G Robinson et Ona Munson sur le tournage de "Five Star Final"

Alors c'est vrai que le film a vieilli, c'est vrai que l'intrigue a du mal à se mettre en place. Mais après 45 minutes assez moyennes voir laborieuses, les 40 dernières minutes sont prodigieuses. L'accusation contre une certaine presse est terrible. Et même si une réalisation parfois un peu théatrale limite les émotions, le propos est là, l'accusation irréfutable. Et la prestation de Marian Marsh met le spectateur littéralement K.O.

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On ne s'étonnera donc pas de voir "Five Star Final" nominé à l'époque aux Oscars. Ce n'est que justice. Finalement c'est cette deuxième partie, que l'on retient d'un film, qui exploite dramatiquement le thème de la presse à scandale, sujet que "la joyeuse suicidée" ("Nothing Sacred") avec Fredric March et Carole Lombard reprendra en 1937 mais cette fois-ci dans un style de comédie pure beaucoup plus léger.

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Edward G. Robinson et Mervyn Leroy sur le plateau de "Five Star Final"

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Film disponible dans la collection des Trésors Warner, sur le site de l'éditeur.


La bande-annonce :


Note : 7 / 10

19/02/2013

Brumes / Ceiling Zero - 1936

"Brunes" ou "Ceiling zero" (plafond zéro) est un film de Howard Hawks de 1936. Le film décrit les débuts de l'aéropostal. James Cagney y joue le rôle d'un pilote un peu irresponsable du nom de Dizzy Davis, trop sûr de son talent de pilote. Pat O'Brien joue le chef du groupe de pilotes. Le film est tiré d'une pièce de Frank 'Spig' Wead un aviateur, jouée quelques mois auparavant à Broadway. Frank 'Spig' Wead a également travaillé à la demande des producteurs Jack Warner et Hal Wallis sur le script du film. Même si le film a reçu de très bonnes critiques à l'époque. Je trouve pour ma part qu'il a beaucoup vieilli. En effet, les séquences d'aviation sont assez peu réalistes et finalement on sent que le film a été tiré d'une pièce car la majeure partie de l'action se passe dans la tour de contrôle et que donc la totalité du film a été tournée en studio. Pourtant les années 30 ont eu de nombreux films comportant des scènes crédibles filmées en plein vol. Ainsi on peut évidemment citer le fameux, "Hell's angels" (1930) d'Howard Hughes, ou le "Dawn Patrol" (1938) avec Errol Flynn et Basil Rathbone. Mais ici ce n'est pas le cas.

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Heureusement James Cagney apporte un peu de mouvement dans le film et de l'intrigue. Mais il en reste pas moins que tout cela semble aujourd'hui assez plat et seul le dernier tiers du film apporte son lot de suspens. Malgré tout, les thèmes du sacrifice et de la responsabilité dans un métier à haut risque sont intéressants. Il n'en reste pas moins que l'ensemble est loin d'être trépidant et ce n'est pas la diction au rythme de mitrailleuse de Pat O'Brien qui y change quelque chose. C'est assez exceptionnel dans un film de Cagney, mais je me suis assez ennuyé, devant ce film qui a bien mal vieilli. Le dernier tiers du film sauve finalement l'ensemble d'un crash en plein vol et d'une mauvaise note. Mais il faut croire que ce film a encore aujourd'hui de nombreux partisans car un ensemble de 120 photos appartenant à Howard Hawks et portant sur le film a été vendu en 2011, 5 500 dollars !

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A noter que James Cagney et Pat'OBrien devait se retrouver la même année dans un autre film ayant pour thème l'aviation : "Devil Dogs of the Air".

 

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Ci-dessus : James Cagney et June Travis

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Ci-dessus : Pat O'Brien, James Cagney et June Travis

Note : 5 / 10

23/01/2013

La fille de l'enfer / Safe in Hell - 1931

"La fille de l'enfer" ou en anglais "Safe in Hell" est un fim de William Wellman avec Dorothy Mackaill et Donald Cook. L'histoire tourne autour d'une prostituée, qui fait ce qu'elle fait par manque d'argent et non par goût ou par vice. Mais une rencontre avec un ancien client tourne mal et elle le tue. La seule solution partir en secret sur le paquebot de son amant pour une destination inconnue : une île qui refuse l'extradiction. Ce refuge deviendra rapidement un terrible Enfer ... Avec ces quelques mots, on pourrait dire que nous avons résumé une grande partie de l'intrigue. Mais il n'en est rien et le film réserve néanmoins quelques rebondissements jusqu'à la fin.

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Ceci dit, "Safe in Hell" est un film sale et poisseux. Sale car il n'a pas une bonne qualité d'image, mais sale aussi et surtout par son scénario. Le métier de l'héroïne se passe de commentaires. Mais aussi, les situations sur l'île ou comme seule femme blanche elle sera la proie de mâles en chaleur.

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Ci-dessus : Dorothy Mackaill

Mais la plupart des personnages masculins sont aussi détestables. Tous avec un seul but en tête, être l'amant de la jeune femme. Wellman joue à plein dans ce registre et réserve quelques plans et situations qui font du film quelque chose d'étrange et de finalement. En tant que spectateur on sent donc rapidement piégé comme cette jeune femme. Et je mentirais si je vous disais que l'on prend du plaisir à voir ce film. Une scène est particulièrement marquante. A l'arrivée dans le seul hotel miteux de l'île, les locataires masculins s'installent devant le grand escalier du salon, et les chaises allignées ils regardent monter et descendre Dorothy Mackaill. Finalement, un des comparses s'en va avec une poule à la main. Un autre lui demande : "Qu'as tu l'intention de faire avec cette poule ?" Et finalement c'était pour l'offrir à la jeune femme. Ouf !

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Bref ! Ce n'est pas un film que l'on revoit avec plaisir. A voir car c'est un vrai pré-code et pour le beau jeu de Dorothy Mackaill. Mais franchement ce n'est pas ma tasse de thé. "Safe in Hell" est donc comme son héroïne, un film assez dur à sortir des flammes de l'enfer et de l'oubli, même si il possède quelques qualités.


Disponible en Zone 2 sur le site de la Warner ou chez Gibert Joseph


NOTE : 5,5 / 10

12/01/2013

Grand Hotel - 1932

Dans le cadre de sa sortie en Bluray (Freezone), je vous parlerai aujourd'hui de "Grand Hotel". "Grand Hotel" (1932) est un film de la MGM tourné par Edmund Goulding. C'est le célèbre producteur Irving Thalberg qui devait rendre possible l'adaptation cinématographique de la nouvelle de Vicki Baum (Menschen im Hotel) en rachetant les droits en la faisant adapter pour le théâtre par William A. Drake. Après un vrai succès de 459 représentations, Thalberg décida de porter la pièce à l'écran, en demandant à Drake et à Béla Balázs de l'adapter pour en faire un film.

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Le film devait bénéficier également des talents de décorateur de Cedric Gibbons, qui allait faire construire de somptueux décors pour le film, et en particulier pour les scènes dans le grand hall à l'entrée de l'hotel. "Grand Hotel peut être considéré comme le premier film "choral" car il rassemblait toute une pléäide d'acteurs, avec des intrigues différentes mais qui parfois se croisaient. Et la force de "Grand Hotel" est bien là, et c'est bien pour ça que ce film, comme aucun autre, a traversé des générations de cinéphiles pour arriver jusqu'à nous, dans une étonnante modernité. Ainsi on retrouve à la distribution, l'immense et énigmatique Greta Garbo, John Barrymore, Lionel Barrymore (frère du précédent), Joan Crawford, Lewis Stone, et Wallace Beery.

 

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Ci-dessus : Greta Garbo et John Barrymore

Le scénario n'a pas de lignes directrices ou plutôt il en a plusieurs. Ainsi on retrouve un grand industriel, Preysing (Wallace Beery) venu négocier une fusion indispensable à la survie de sa société, sa secrétaire aux moeurs libérés (Joan Crawford), un baron mais l'est il vraiment ? (John Barrymore), un employé de la société de Preysing qui se croit en mauvaise santé et prêt de la mort (Lionel Barrymore), un docteur (Lewis Stone) et bien sûr Greta Garbo qui joue à merveille la danseuse russe de ballet déprimée par sa solitaire fin de carrière en chute libre. Dans cette micro-société du Grand Hotel, les destins vont se croiser et s'entre-croiser jusqu'au drame final. Mais est ce vraiment un drame ? Ne voulant pas révéler l'intrigue pour ceux qui n'ont pas vu le film, je vous dirai juste qu'un personnage disparaît. Et la mort est particulièrement bien traité. On y voit que la vie continue comme si de rien était. On y voit aussi la lâcheté de ceux qui savent et qui ne disent rien par peur de la réaction de l'autre.

 

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Ci-dessus : Joan Crawford et John Barrymore

Enfin, le film finit sur une conclusion en forme d'hymne à la vie et sur peut être la plus belle déclaration d'amour vue au cinéma. En effet,  Kringelein vieux, malade, reprend goût à la vie en offrant n'ont pas sa beauté, son charme, sa classe ou la santé qu'il n'a pas, mais tout son argent à la femme de ses rêves, juste pour que cette femme soit sa compagne le peu de temps qu'il lui reste à vivre. Le film touche alors les sommets de l'art en devenant une espèce de parabole sur le destin de l'Homme. Sommes-nous ici pour produire jusqu'à notre mort ? Ou avons nous droit chacun à une part de bonheur, peut être aimer, et ceci même pour le plus petit d'entre nous ? Plus important que tout, le film nous dit : ce qui nous constitue en qu'être humain ce n'est pas notre travail, mais bien ceux qui nous aimons et ce que nous faisons. C'est bien ce message humaniste qui a touché des générations, et des générations de spectateurs et qui fait de ce film un éternel chef-d'oeuvre du cinéma hollywoodien.

 

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Ci-dessus : Edmund Goulding, Wallace Beery et Joan Crawford sur le tournage

Le docteur Otternschlag (Lewis Stone) finit par dire pour clôturer le film : "Grand Hotel, jamais rien ne se passe". Et c'est bien entendu, un clin d'oeil ironique au spectateur qui a vu la vie du Grand Hotel défiler sous ses yeux. Mais c'est aussi, une phrase d'une réalité surprenante qui nous fait revenir à l'infini de la vie, à la mort et à la naissance, à ceux qui partent et à ceux qui rejoignent la vie. Eternelle manège de la vie dont la métaphore est le Grand Hotel qui accueille chaque jour de nouveau client. Vous l'aurez compris, c'est un film totalement indispensable.

 

Reportage de la Première du film à Hollywood en 1932 :

 

 

A noter que le film possède une piste française (VF) et des sous-titres. Les sous-titres sont également bien présents sur les bonus.

 

NOTE : 9 / 10

23/12/2012

Baby Face - 1933

"Baby Face" est un film "Pré-Code" de 1933 avec Barbara Stanwyck, et George Brent dans les rôles principaux. On retrouve également dans les seconds rôles le très jeune John Wayne. Il existe 2 versions de ce film : la version censurée diffusée dans les cinémas à l'époque et la version non censurée "director's cut" si on peut dire. C'est bien entendu, cette dernière version qui donne tout son sens au film. La version censurée enlève tout le caractère sulfureux de l'oeuvre voir même une compréhension de certaines scènes. Le film est une oeuvre d'importance dans l'immense filmographie d'Alfred E. Green.

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Aujourd'hui le film a perdu un peu de son caractère choquant, mais reste néanmoins profondément sulfureux sur de nombreux points. En effet, le film raconte l'histoire d'une jeune fille exploitée par son père dans un espèce de tripot clandestin. Le père fabrique de plus dans l'alcool à priori également de manière inégale. Il faut se rappeler que la prohibition disparaitra en avril 1933. Mais ce n'est pas tant cela qui est mis en avant. C'est surtout la volonté de s'en sortir par tous les moyens pour une jeune fille pauvre. Ce film serait une espèce d'éducation à la vie dans un monde sans pitié. Ainsi, les conseils d'un vieil homme vont faire réagir la jeune fille qui va se décider à ne plus se laisser exploiter mais à exploiter les hommes, grâce à sa beauté.

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Bien entendu, cette volonté de s'en sortir pour une jeune femme qui veut être indépendante était inacceptable pour la censure de l'époque. Et ce sont ces scènes que l'on interdira et pourtant bien avant la mise en place du code Hays. Par contre, la caméra s'attarde longuement sur les formes de Barbara Stanwyck, n'hésite pas à montrer une jarretière, des contacts physiques non désirés (voir l'image ci-dessus) etc

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Ainsi ce type de plan sur les jambes de Barbara Stanwyck est très rare dans le cinéma d'après 1934, on ne le retrouvera que très rarement dans le cinéma américain d'avant 1968. Peut être dans le "facteur sonne toujours deux fois" et encore car dans "le facteur sonne toujours 2 fois", le but du plan était d'anonncer l'entrée d'une femme dans la pièce. Ici le spectateur sait que l'actrice est présente, et le plan ne sert qu'à mettre en avant sa féminité. Je ne vais pas vous raconter toute l'histoire du film, pour ceux qui ne l'ont pas vu. Mais disons que notre héroïne arrivera à s'en sortir matériellement et peut être finalement aussi moralement. Le film était clairement scandaleux pour l'époque car il énonçait des vérités sur une société américaine sans pitié et sans morale et montrait les personnages masculins comme esclaves de leur passion, même au plus haut niveau de la hiérarchie sociale. J'aurais tendance à penser que presque 80 ans après, peu de choses ont changé. C'est bien ce qui fait de ce film un classique du cinéma US. On peut également se demander rétrospectivement ce que le cinéma américain aurait été, si il n'y avait pas eu de Code Hays. La censure a t'elle empêchée le tournage de films réalistes comme celui-ci ou a t'elle permis de développer l'aspect glamour et l'intellectualisme qui manque tant à Hollywood aujourd'hui ? On ne le saura jamais.

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck et John Wayne

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Bande-annonce :

La Réplique du film :

-Yes I am a tramp, but whose to blame ? My father !

Traduction : Oui je suis une trainée, mais qui est à blamer ? Mon père !


NOTE : 7 / 10

22/12/2012

La Vallée du jugement / Valley of decision - 1945

"La vallée du jugement" est film avec Gregory Peck tourné en 1945 par la MGM. Le réalisateur Tay Garnett est derrière la caméra.  Le sujet décrit la vie d'une famille d'industriels de l'acier vers 1880 aux USA, avec leurs espoirs, leurs difficultés et les relations qu'ils entretiennent avec leurs ouvriers. Bien évidemment, on ne peut regarder ce film sans penser à "Quelle était verte ma vallée" tourné par John Ford 4 ans plus tôt pour la Twentieth Century Fox.  En plus de Gregory Peck on retrouve dans les rôles principaux Greer Garson et Donald Crisp. Et comme d'habitude Donald Crisp a le rôle du père de famille, mais contrairement à "Quelle était verte ma vallée", il a ici le rôle du patron détesté par une bonne partie des ouvriers. La distribution est aussi complétée par Marsha Hunt (Constance), Lionel Barrymore (l'ouvrier blessé en chaise roulante) et Preston Foster (délégué syndical). Preston Foster on l'a vu joué dans le film précédemment commenté, "Love before Breakfast".

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Le point fort du film, vous l'aurez compris, c'est donc bien sa distribution. On a des acteurs et actrices de grands talents que ce soit pour les premiers comme pour les seconds rôles. Peck est convaincant en jeune héritier de l'industrie de l'acier, comme Greer Garson en amoureuse transie. Mais ce sont bien les seconds rôles qui retiennent l'attention. Crisp je l'ai déjà dit maîtrise parfaitement son rôle. Mais surtout Lionel Barrymore est excellent et crève l'écran en ouvrier handicapé aigri et détestant à mort le patron. Enfin, Preston Foster fait penser par moment à George Marchais dans son rôle de délégué syndical. Quand on sait qu'il interprêtait un dirigeant d'une grande entreprise dans "Love before Breakfast", on mesure l'étendue du talent de tous ces acteurs.  On retiendra également dans cette distribution, le premier rôle de Dean Stockwell, ici enfant, que les amateurs de séries auront plus tard l'habitude de voir jouer dans "Code Quantum".

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Ci-dessus : Donald Crisp et Gregory Peck

Non ce qui plombe un peu le film, c'est finalement la comparaison avec son prédecesseur, "Quelle était verte ma vallée". En effet, la force d'un film est d'arriver à nouer une intrigue intéressante pour arriver à maintenir l'attention du spectateur du début à la fin du métrage. Ici, le film y arrive que partiellement ou à de rares moments. On a du mal à se passionner pour cette famille très riche et qui pour la plupart de ses membres ne s'intéresse que peu à son industrie. Le film arrivera à nouer une intrigue avec la romance entre Marie (Greer Garson) fille d'ouvrier et Gregory Peck (le fils du patron). Puis il y aura la grève, qui donnera son lot d'actions et de rebondissements. Mais finalement les passages les plus intéressants sont traités trop rapidement, et autant la vie simple des ouvriers attirait l'attention dans "Quelle était verte ma vallée", autant ici la vie très lisse d'une riche famille sans énormément d'ambitions ne passionne guère. Enfin la réalisation très académique de Tay Garnett n'attire pas l'oeil comme celle de John Ford c'est si bien le faire. Ainsi les luttes sociales finies, la conclusion du film se bornera à trouver une solution à la conservation à tout prix du patrimoine industriel, ou pour faire simple du capital. Pour y arriver il faudra aussi la part de Marie (la fille d'ouvrier) et la bonne volonté de Constance (la jeune mariée pas trop avide). Voilà toute la morale du film. On pourra donc trouver la leçon comme de peu d'importance et attendre une sortie Bluray du chef-d'oeuvre de John Ford : "Quelle était verte ma vallée" pour espérer un meilleur spectacle.

 

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Extrait :

 

Disponible en Zone 2 dans les Trésors Warner sur le site de l'éditeur.

 

NOTE : 6 / 10

12/12/2012

Lame de fond / Undercurrent - 1946

"Lame de fond" est un film de 1946 de Vicente Minnelli. Il propose de nouer un scénario autour de la relation conflictuelle entre 2 frères (Taylor et Mitchum).  Robert Taylor se marie et explique à sa femme (Katharine Hepburn) qu'il ne s'entend avec son frère et que ce dernier est un monstre. Tout le film va à partir de là s'évertuer à analyser les actes des 2 frères dont le 2ème (Mitchum) est la plupart du temps absent et à tenter de découvrir le douloureux secret que son mari semble lui cacher depuis toujours. Le film est tiré d'une pièce de théâtre et d'un roman, le résultat est donc un scénario solide.

lame_de_fond_46,0.jpgCe film est assez formidable car il met le spectateur en face de sa relation conflictuelle avec son frère ou ses proches. Les thèmes abordés sont alors nombreux. Et si le film ne tombe pas dans ce que les Allemands appellent le "Sturm und Drung" (orage et passion en français), on en est pas loin. Ainsi, l'Idylle entre Taylor et Hepburn n'aura rien d'un long fleuve tranquille, pour le plus grand plaisir du spectateur bien sûr. De plus, au delà de l'analyse psychanalytique, on peut se poser la question de notre rapport aux autres et si ce que nous faisons aux autres est réellement toujours pour leur bien ou pour notre seul profit ? Sommes nous tous des êtres manipulateurs ? Ce film m'a fait beaucoup réfléchir sur moi même et continue de me hanter. Enfin concernant la musique, la symphonie numéro 3 de Brahms est jouée plusieurs fois dans le film, ce qui donne au film un côté romantique et mystérieux. Un beau grand film qui ne laisse pas indemne, ni indifférent.

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Ci-dessus Katharine Hepburn et Robert Taylor

 

Extraits musicaux où la 3ème symphonie de Brahms est présente :

 

Disponible en DVD 2one 2 chez Wild Side.


NOTE : 8 / 10

08/12/2012

Moulin Rouge - 1952

Dans le cadre de sa récente sortie Bluray, je vous parlerai aujourd'hui du film "Moulin Rouge"."Moulin Rouge" est bien le chef d'oeuvre de John Huston. Je pense qu'il n'est pas besoin de présenter John Huston en tant que réalisateur, l'homme qui réalisa tant et tant de chefs-d'oeuvre. On peut en citer quelques uns : Le Faucon maltais (1941), Key Largo, le trésor de la Sierra Madre (1948),  l'Odyssée de l'African Queen (1951), le vent de la plaine (1960), les racines du ciel (1958) ... "Moulin Rouge" est donc réalisé par un homme habitué à la réussite cinématographique. Le film évoque à travers la vie du célèbre peintre Toulouse Lautrec, les spectacles et les nuits du cabaret "le Moulin Rouge".

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Et contrairement à d'autres films ennuyeux évoquant la fin du 19ème siècle et le début du 20ème, ici tout est excessif (dans le bon sens du terme) : excès de couleurs, excès de boisson, excès de femmes, excès de danses. Cela produit de fortes émotions sur le spectateur. Et finalement on a réellement l'impression de passer la soirée en compagnie de Toulouse Lautrec de par la magie du cinéma. La prestation de José Ferrer est admirable et c'est peut être là son plus grand film, il joue d'ailleurs 2 rôles en interprètant le rôle du père de Lautrec et également celui de son fils. Il est présent dans quasiment toutes les scènes. Le film est saisissant et Huston s'amuse à faire coller son film à la peinture de Lautrec et à ses dessins. Mais "Moulin Rouge" n'est pas seulement une fresque baroque sur le Paris d'avant 1900, c'est aussi une formidable peinture des moeurs des Français à cette époque. On y voit la grande noblesse ignorant les autres, se mariant entre eux, la misère générale, et les quelques privilégiés qui s'amusent au moulin rouge. C'est donc aussi une peinture sociale réaliste de la France de cette époque. Le film étant britannique avec un réalisateur américian c'est assez effarant de voir un tel réalisme et une telle compréhension de l'esprit français. On a d'ailleurs parfois l'impression de voir du Becker et on a peine à croire que le film a été réalisé par l'homme qui avait tourné le trésor de la Sierra Madre, tellement ce film est différent. Les mouvements de caméra sont d'ailleurs ahurissant. Ainsi la scène d'ouverture, avec la caméra qui se ballade autour de la piste de danse, devrait être étudiée dans toutes les écoles de cinéma, tellement elle apparaît comme majestueuse et parfaite. De plus, le film montre bien que le monde de la fête est aussi entouré de malheureux handicapés comme Lautrec qui trompent leur ennui dans l'alcool et les femmes.

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Ci-dessus José Ferrer dans "Moulin Rouge" :

Enfin on ne visite pas seulement le Moulin Rouge ou la peinture de Lautrec, mais aussi la vie tulmultueuse et difficile du peintre. Ainsi, le film aborde des thèmes sur le devenir de l'artiste. A t'on besoin d'être malheureux pour créer ? Que comprend la société de l'oeuvre de l'artiste ? L'Homme peut il vivre sans amour ? Tous ces thèmes et la réalisation d'Huston font de ce film une formidable création artistique digne du plus bel hommage à Toulouse Lautrec. On voit ce film, on reste les yeux grands ouverts, on rit, on pleure, et on pense à la vie, à la solitude, à l'amour, mais aussi au film de Minnelli "la vie passionnée de Vincent Van Gogh" avec Kirk Douglas. En deux mots : du très très grand cinéma, comme malheureusement on en fait plus aujourd'hui.

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Ci-dessus Suzanne Flon et José Ferrer :

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Ci-dessus Colette Marchand :

 

La bande-annonce :

 

Musique tirée du film :


Disponible en Bluray Zone B : Qualité d'image net et belles couleurs, malheureusement ternie par des points blancs et griffures tout le long du film.


Récompenses :

  • Oscar 1953 :Golden Globes 1953 : Révélation féminine (Colette Marchand)
    • Meilleure direction artistique et meilleurs décors (Marcel Vertès, Paul Sheriff)
    • Meilleurs costumes (Marcel Vertès)
  • British Society of Cinematographers 1953 : Meilleure photo (Oswald Morris)
  • Mostra de Venise 1953 : Lion d'argent pour John Huston

 

NOTE : 9 / 10

17/11/2012

Le facteur sonne toujours deux fois / The postman always rings twice - 1946

Dans le cadre de sa sortie Bluray, je suis fier de vous présenter "le facteur sonne toujours deux fois". C'est vraiment un plaisir de parler d'un tel film. En effet, on y retrouve la merveilleuse Lana Turner, mais aussi le "Bad Boy" de cette époque, à 'Hollywood : John Garfield. Le film est tiré d'un roman de James M.Cain, et raconte l'histoire d'un amour interdit entre la femme du patron d'un restaurant (jouée par Lana Turner) et son employé. Le film est réalisé par un homme aux multiples talents, Tay Garnett. En effet, il sera scénariste, producteur, acteur et même compositeur. On peut d'ailleurs considérer "le facteur sonne toujours deux fois" comme le sommet de sa carrière de réalisateur. Ses films suivant n'arriveront jamais à la hauteur de ce chef-d'oeuvre. Il faut également savoir que c'est le premier film où Lana Turner a un rôle de femme fatale.  En ce qui concerne le film en lui même, il est totalement en contradication avec le code de censure de l'époque (code Hays) et c'est bien ce qui fait aujourd'hui, son absolue modernité. Il y a de nombreaux thèmes abordés et des doubles sens. Ainsi, Frank Chambers (John Garfield) est pris au début du film en auto-stop par le district Atorney (le procureur) et arrive devant le restaurant où il y a un panneau "Man Wanted". On comprend bien évidemment plus tard que ce panneau a un double sens et qu'on ne recherche pas ici seulement un homme à tout faire.

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Viens ensuite la scène où Cora Smith (Lana Turner) apparaît tout en blanc avec un petit short moulant et sexy. Et là c'est un pur chef-d'oeuvre de réalisation. Le réalisateur filme d'abord un tube de rouge à lèvres qui roule, puis la caméra va dans la direction inverse de la trajectoire du rouge à lèvres et montre les jambes de Lana pour ensuite montrer la réaction du visage de Garfield qui retient son souffle. Et ensuite un plan complet sur Lana Turner. On est bien obligé de se dire tout de suite : ça c'est du cinéma !! Cette scène apparaissant au début, le spectateur sait ainsi tout de suite qu'il aura droit à un film hors norme. le réalisateur se mettra en avant dans beaucoup d'autres scènes, comme dans celle où un panneau lumineux mettra dans la lumière ou dans le noir le visage de Lana Turner, comme pour montrer les 2 faces lumineuses et sombres de son personnage.

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Ci-dessus Lana Turner :

Mais c'est bien l'adjectif "hors norme" qui caractérise le mieux ce film. Ainsi, on sent bien comme je le disais au début de ma critique que le réalisateur et les acteurs jouent avec les interdits du code de censure de l'époque. Le code de censure interdit de montrer la nudité à l'écran, l'héroïne se trouve habillée d'un short plus ou moins transparent. Il est interdit d'expliquer des techniques d'assassinat, donc on explique par 2 fois la mise en place du crime parfait. L'alcoolisme ne doit pas âtre montré à l'écran, il apparaît 2 fois. L'adultère ne doit pas être montré sous un jour attrayant. Donc le film représente l'adultère en la personne de Lana Turner. N'est elle pas assez attrayante ? Et sans parler de perversions sexuelles comme le candaulisme qui est aussi dicrètement évoqué au début du film. Ce film serait déjà un chef-d'oeuvre uniquement pour la manière dont ces thèmes sont abordés et sa volonté de passer outre le code Hays. Mais d'autres thèmes vont également apparaître. Ainsi la totale dénonciation du système juridique américain est mis en avant, coupable de tous les arrangements, de toutes les malversations et finalement n'ayant rien à voir avec l'idée même de Justice.

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Et ce sont bien les scènes de procès qui restent aujourd'hui, les plus troublantes. Surtout si on se rappelle que Lana Turner se retrouvera plus tard mêlée à une affaire de meurtre; sa fille Cheryl Crane ayant assassinée, le petit ami du moment de Lana (Johnny Stompanato) le 4 avril 1958, lors d'une violente dispute entre ce dernier et Lana. A ce moment là, les journaux diront que Lana n'a jamais été aussi convaincante que lors de son vrai procès. C'était bien injuste au regard du talent de cette incroyable femme, qui si elle n'appréciait pas John Garfield à la ville, semblait drôlement bien imiter le plus intense et le plus dévastateur amour à l'écran ! Etrangement Garfield devait se trouver mêler à des auditions publics lui aussi, mais pour sa part dans le cadre de "la chasse aux sorcières" initiée par le sénateur McCarthy lors de sa croisade anti-communiste. Mis sur la fameuse liste noire, et épuisé par ces auditions, Garfield devait mourir d'une crise cardiaque quelques années plus tard. Mais parler uniquement du couple Garfield, Turner serait faire insulte aux formidables seconds rôles comme Cecil Kellaway ou Hume Cronyn, ce dernier trouvant peut être là son meilleur rôle.

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Ci-dessus Lana Turner et John Garfield :

Pour le reste, le Bluray (compatible zone B) bénéficie d'une belle restauration, mais l'image a parfois un grain excessif sur quelques plans. Au niveau du son, la Warner a eu la belle idée de conserver la version française d'époque. Elle est malheureusement d'un faible niveau sonore et parfois peu audible. On préfèrera donc la version originale. Pour le reste, on est vraiment gâté au niveau des bonus (en VO sous-titrés français), on y retrouve une introduction, un documentaire de presque 90 mn sur la vie de Lana Turner, un autre sur John Garfield, des dessins aninmés dont le célèbre "petit chaperon rouge" de Tex Avery, la bande annonce, et même une émission radio sur le film !

Pour résumer, le glamour, la misère humaine, l'absurdité de la justice des Hommes, la passion, et la censure du code Hays, font de ce film le condensé sensationnel et mythique d'une époque et d'un cinéma hollywoodien maheureusement aujourd'hui disparu. Vous l'aurez donc compris, l'achat du Bluray et la vision de ce film est totalement indispensable et je ne peux que le recommander très fortement à tous les amoureux de cinéma. Je m'arrêterais là et pour ne pas gâcher votre plaisir de spectateur je ne vous dirais pas ce que veut dire le fameux titre : "Le facteur sonne toujours deux fois".


NOTE : 8,5 / 10

15/10/2012

La Septième Croix / The Seventh Cross - 1944

Le film "la septième croix" fait parti de la collection "Trésor Warner" récemment sorti à la FNAC. Tourné en 1944, le sujet de ce long métrage est particulièrement difficile et dur. En effet, il évoque l'évasion de 7 prisonniers d'un camp de concentration nazi en 1936. Chaque prisonnier sera systématiquement rattrapé, et accroché à un arbre, cloué avec une planche afin d'en faire une croix, et systématiquement battu à mort. Seul un prisonnier arrivera à survivre un peu plus longtemps que les autres ... Le sujet est une adaptation d'un roman d'Anna Seghers. Même si rien est montré, les cris des fugitifs rattrapés, glacent d'effroi le spectateur. On sent donc bien que des choses horribles sont faites à chaque évadé. C'était l'époque où Hollywood cachait plus qu'il ne montrait pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Mais force de constater qu'à cette époque les films laissaient au spectateur une marge énorme d'imagination.  On ne laissait pas le cerveau à l'entrée de la salle de cinéma. On peut d'ailleurs se demander si ce film n'est pas plus terrorisant qu'un film qui aurait montré la violence et l'horreur avec plus de réalisme.

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Le gros défaut du film vient quand même du casting de la vedette principale. Spencer Tracy était un grand acteur. Cela on ne peut pas le nier. Néanmoins, on a du mal à croire qu'il est brisé lorsqu'il sort du camp de concentration ou qu'il a perdu son embonpoint naturel. Ainsi, un acteur comme Bogart aurait été beaucoup plus crédible dans le rôle. Il suffit pour s'en convaincre de se souvenir de la performance de Bogart dans "Passage to Marseille" et des scènes du bagne ou plus récémment de Steve Mc Queen dans "Papillon". Le reste du casting est composé de Signe Hasso, Hume Cronyn, Jessica Tandy, et Agnes Moorehead.

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La première surprise passée, on retient un certain réalisme, assez horrible d'ailleurs de la déshumanisation d'un homme dans ces camps. Après ce qui est vraiment dérangeant c'est de se dire que tout le monde savait en Allemagne que les camps existaient. Bien entendu, en 1936 les camps de concentrations n'étaient pas tous des camps d'extermination. Néanmoins, il y a quelque chose de sartrien dans ce film. Car si pour Sartre, l'enfer c'est les autres, il semble bien que le film le laisse également à un moment supposé. En effet, au départ de son évasion, Tracy trouve bien peu d'aide parmi ses semblables. La voix et la conscience d'un des prisonniers torturé à mort l'accompagne tout le long du film, voix invisible qui n'accompagne finalement que le spectateur car le personnage de Tracy ne l'entend pas. Cette idée, augmente le sentiment de malaise du spectateur, mais aussi l'intérêt et l'espoir de celui-ci pour une isssue heureuse. Cette voix troublante est un peu la conscience du film, et malgré des scènes très dures de chasse à l'homme, elle nous dit qu'il faut garder espoir en l'Homme.

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Donc même si le casting de Tracy est perfectible, le film est assez réaliste a bien des égards. Ainsi, il est particulièrement dérangeant de voir une société lutter quasiment toute entière contre quelques hommes dont le seul crime est de défendre uniquement la liberté de penser. Il y a quelque chose dans ce film qui interroge sur ce que l'Homme peut être et ce que nous sommes en tant qu'individu dans la société et vis à vis de nos semblables. L'horreur du nazisme n'a pas fini de poser question sur la nature véritable de l'être humain. Par ce fait, je pense que ce film mérite amplement d'être vu et revu. Le sujet est grave. Si la conscience humaine méritait un film, c'est celui-ci qu'il faudrait voir.

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Au sujet de la qualité d'image, le brouillard du marais fait au début craindre le pire. Mais les choses s'améliorent ensuite et le master se relève globalement correct sur la durée.

 

La phrase du film : "It's a fine thing". "C'est du jolie"


Note : 7 / 10

12/10/2012

La tempête qui tue / The Mortal Storm - 1940

The Mortal Storm fait parti des films anti-nazis tournés par Hollywood avant le début de la guerre. Le conflit ayant débuté depuis 1 an en Europe, et la participation des USA ne faisant plus guère de doute, Hollywood utilise de moins en moins les paraboles pour évoquer le nazisme. Ainsi si en 1936 on évoquait le nazisme dans la charge de la Brigade légère au travers d'un sultan tyrannique, ici ce n'est plus le cas. C'est une force mais aussi un gros défaut du film. En effet à vouloir trop coller à l'actualité de l'époque, le film perd en crédibilité sur certaines scènes et en gagnent sur d'autres. On est donc qu'à moitié satisfait de la description du nazisme qui en est donné. Les scénaristes se sont inspirés d'une nouvelle de Phyllis Bottome (écrivain britannique) publiée en 1938. Frank Borzage est le réalisateur de ce film. On l'a connu mieux inspiré. Pourtant, il dirige le trio de vedettes : James Stewart, Margaret Sullavan, et Robert Young. Frank Morgan joue ici un de ses plus grands rôles. Dans les seconds rôles on retrouve Robert Stack et War Bond plus vrai que nature en officier nazi.

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L'étude du nazisme qui est ici menée ne s'intéresse pas à l'ascension d'Hitler au pouvoir mais bien aux bouleversements que cette arrivée à engendrer au sein de la société allemande. On est d'ailleurs surpris par le début enchanteur du film, où chaque personnage semble heureux et à sa place avec les siens. C'est la nommination d'Hitler qui change tout, et le diner famillial finit par mal tourner, les invités n'étant pas tous heureux de l'arrivée au pouvoir d'Hitler. Et finalement certains doivent partir, rejoindre leur section du parti. C'est le premier choc et incident dans un monde heureux qui ne le sera plus jamais. Et tout le long du film, les personnages devront détruire et faire de la peine à ceux qu'ils aiment pour le seul bien du parti.  Ainsi si le film a beaucoup de défauts, comme la représentation peu convaincante d'un camp de concentration. Il est psychologiquement crédible. Et la fin nous fait comprendre ce que chaque personnage a perdu dans la tempête. Cette tempête est donc représenté comme une maladie de l'esprit humain qui déchaine des éléments encore plus dévastateur que les éléments naturels.  Mon avis est donc assez partagé sur ce film. Il n'en reste pas moins comme une tentative valeureuse et courageuse de représenter ce qu'a pu être le nazisme. Mais aujourd'hui on sait que la vérité était encore bien pire que ce que Hollywood a bien voulu montrer dans ce film.

 

Ci-dessous James Stewart, Margaret Sullavan, et Robert Young

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Ci-dessous Margaret Sullavan :

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Frank Morgan au centre de la photo ci-dessous :

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Film disponible exclusivement à la Fnac dans la collection trésors Warner.

 

Note : 6 / 10

18/09/2012

Ambre / Forever Amber - 1947

Ambre est sorti dernièrement en Blu-Ray. Le film est tiré d'un gros roman de Kathleen Winsor, assez scandaleux pour l'époque. En effet il raconte l'ascension sociale en Angleterre d'une courtisane à l'époque de Charles II (17ème siècle). L'héroïne du film va donc jouer de ses charmes pour s'en sortir.

 

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Tout d'abord, j'ai vu ce week-end l'édition Blu-Ray, et donc je peux lever tout suspens sur la qualité des images. Oui le film a été restauré, oui c'est la meilleure qualité disponible à ce jour de l'oeuvre de Preminger. Mais non ce n'est pas un très bon Blu-Ray au niveau qualité d'image. On est très loin des imports Blu-Ray de "Chantons sous la pluie / singing in the rain" ou "des aventures de Robin des Bois" avec Errol Flynn en terme de qualité pure de l'image.

 

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Concernant la production du film en lui même, je vais faire court. En effet, déjà beaucoup d'informations sont disponibles  sur internet. De plus Patrick Brion en donne une très bonne chronique dans les bonus de cette dernière édition. Le patron de la Fox voulait en 1947 faire d'Ambre le nouvel "Autant en emporte le Vent". Pour cela il commença à produire le film avec John M. Stahl à la réalisation (un spécialiste de melo dans les années 30) et avec comme actrice principale Peggy Cummins. Après des semaines de tournage, Zanuck se montra totalement insatisfait des scènes tournées par Stahl, mais en réalité surtout par le manque de charisme et d'expérience de Peggy Cummins. Pour parler clairement, il fallait une mangeuse d'hommes. Elle ne faisait pas le poids. Zanuck se dit alors que la meilleure actrice pour ce rôle était bien entendu Lana Turner, la fabuleuse et éternelle Lady de Winter dans les 3 mousquetaires dans la version de 1948. J'invite d'ailleurs le lecteur à s'arrêter sur ces dates : Ambre 1947 et les 3 mousquetaires 1948. On ne peut donc enlever au patron des studios d'avoir de la suite dans les idées, même si la version des 3 mousquetaires avec Gene Kelly sera cette fois-ci tournée par la MGM. Mais revenons à notre sujet principal : le choix d'un réalisateur et d'une actrice. Zanuck décide donc de mettre à la réalisation Otto Preminger et pense à Lana Turner pour le rôle titre. Mais Lana Turner est une grande vedette MGM et ne voulant pas faire de publicité pour une vedette de la MGM il décide finalement de nommer Linda Darnell, presque débutante. Le film aura ensuite fort à faire avec le bureau de censure qui trouvait le roman trop scandaleux. Une fois n'est pas coutume, je n' ai pas été bouleversé par la musique de David Raksin. Mais peut être fallait il une musique accusatrice pour éloigner le spectateur d'une admiration déraisonnable de l'héroïne et satisfaire le bureau de censure ?

 

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Pour le film c'est un pur joyau baroque, avec un Londres presque plus vrai que nature, crasseux, sale, et glauque. A ce sujet si on peut se féliciter du travail sur la couleur, le premier tiers du film nous passe de chambres éclairées à la chandelle aux ruelles sombres et dangereuses ! Il y a mieux pour développer un technicolor. Bien entendu on peut regretter la longueur excessive du film (2H20), le caractère bien peu scandaleux pour notre époque. Les conditions de vie particulièrement tragiques de l'héroïne sont d'ailleurs son excuse pour tout le mal qu'elle fera. Ceci étant dit, un an plus tard, la MGM comprendra bien dans une version pourtant légère des 3 mousquetaires que l'on ne peut reprocher à une femme d'être une femme et que seul le crime de sang froid peut lui être reproché. En ce sens, Lana Turner transformera l'essai que Linda Darnell aura porté jusqu'à elle un an plus tôt, finalement par studio interposé.

 

Pour tout cela, sa réalisation mouvementée, et sa place dans l'histoire du cinéma, ce film mérite d'être vu et revu. Il mérite bien mieux que les mauvaises critiques qu'on lui fait aujourd'hui, mais peut être pas les éloges qu'on lui a fait à l'époque de sa sortie.

 

Note : 7,5 / 10

11/09/2012

Crimes sans châtiment / Kings Row - 1942

Crimes sans châtiments, explore la vie d'une petite ville de Province et commence en 1880. Il est tiré d'une nouvelle controversée de Bellamann. Il explore la vie de Parris Mitchell (Rober Cummings), jeune enfant au début du récit amoureux depuis toujours de Cassandra (Betty Field), qui est la fille du Docteur Towers. Mais le docteur Towers (Claude Rains) et Cassandra cachent un lourd secret ...Et l'âge adulte va dénouer ce secret.

 

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Ann Sheridan et Ronald Reagan dans son meilleur rôle sont également de la partie et jouent le deuxième couple de l'intrigue Dans les seconds rôles on notera la présence de Nancy Coleman et Judith Anderson. La distribution est donc prestigieuse et à cela il faut bien entendu najouter la musique éclatante  et comme d'habitude symphonique de Korngold qui marque le film et le laisse tout de suite reconnaissable rien qu'à l'ouverture.

 

Robert Cummings, Ann Sheridan & Ronald Reagan ci-dessous :

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Ce film m'a beaucoup marqué car il explore des thèmes difficiles comme la folie, la schyzophrénie, le suicide, la psychiatrie, la psychologie, les autres qui mettent à l'écart la personne différente et la toute puissance de certains médecins. Sans vouloir dévoiler toute l'histoire, la leçon du film est qu'il vaut mieux dire la vérité plutôt que laisser vivre les gens dans le mensonge. La vérité peut être difficile à accepter, mais elle est plus constructive pour l'individu que le mensonge si l'individu arrive à la surmonter.

 

Ces thèmes ont fait que le film eu du mal à sortir des mailles de la censure du bureau Hays (bureau de censure cinématographique de l'époque).

A noter que ce film fut 3 fois nominés aux Oscars. Donc oui un film qui vaut beaucoup mieux que le sourire un peu coincé de nos 3 stars sur la photo ci-dessus. A découvrir en DVD zone 1 !


Extrait de la musique du film :


 

Le générique du film :

http://www.youtube.com/watch?v=CgZAZJGziFk&feature=re...



Note : 8 / 10