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03/08/2014

Heureux mortels / This happy Breed - 1944

"Heureux mortels" nous raconte la vie d'une famille anglaise entre 1919 et 1939. Le film est digne d'intérêt de par son aspect social mais aussi parce qu'il est réellement attaché à la réalité d'une époque. C'est le film des premières fois pour Lean : première œuvre en tant que réalisateur crédité seul au générique, premier d’une série de trois adaptations de pièces de Noël Coward, première production de sa société Cineguild, premiière réussite indiscutable de sa carrière (c’est le film anglais qui rapporta le plus d’argent en 1944) et c'est son premier film en Technicolor. Dans "Heureux Mortels" l'actualité est support de l'histoire, et constitutive de la vie de la famille, qui se rend au défilé de la victoire en 1919, ou qui est marquée par les grandes grèves et les idées communistes qui traversent l'Angleterre des années 20. Mais, on revient toujours à un univers familial, centré sur la maison et sur une famille classique qui semble être le meilleur rempart à la folie des hommes."Heureux mortels" est un film qui consacre à l'infini, la famille, ses valeurs, sa joie et ses drames. C'est en cela qu'il est encore touchant aujourd'hui, au delà de son étude sociale de 20 ans de vie anglaise.

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On se surprend donc à suivre avec intérêt cette tranche de vie, et la moralité de cette histoire est bien que tout passe et tout s'en va. Et la famille ne protège pas des drames de la vie, mais reste l'ultime refuge des Hommes. On sait que c'est David Lean, qui choisit l'acteur comique Robert Newton, pour le rôle du père de famille. Newton s'en sort bien et campe parfaitement le rôle. Celia Johnson détestait son rôle, elle est pourtant parfaite en mère courage, qui se sacrifie au bien être familial et recevra un prix pour son interprétation. On peut retenir aussi l'interprétation de Amy Veness, en belle mère acariâtre ou John Mills en marin de sa majesté. Certains me diront que cela reste du mélodrame de cuisine, ou de canapé. Je crois que ce serait n'avoir rien compris de ce film, profondément humain, et qui est bien plus qu'un simple film destiné à glorifier la nation anglaise dans ce qu'elle a de plus intime. "Heureux mortels" est comme son titre l'indique, un film humain, destiné à une Humanité, qui rit, espère, souffre, pleure, et tout ceci, malgré les drames de la vie et du monde. En cela, ce film mérite d'être vu et revu, car il est une partie de nous, et à quelques chose près : la meilleure.

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Ci-dessus : Robert Newton, Celia Johnson,

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Disponible en DVD zone 2 sous-titrée en français dans le coffret David Lean édité par Carlotta

Note : 8 / 10

18/07/2014

Le joueur - 1958

Pour changer un peu, je vous propose, un peu de cinéma de ce cinéma français disparu et "Le joueur". C'est le 3ème film de Claude Autant-Lara avec Gérard Philipe. En effet, l'acteur a déjà tourné 2 fois pour Claude Autant-Lara, tout d'abord en 1947 pour "le diable au corps" avec Michel Simon, puis dans le très beau "Rouge et le noir" (1954) avec Danielle Darieux, film inspiré du roman de Stendhal. Dans "le joueur" Autant-Lara retranscrit à l'écran le célèbre roman de c. Mais comme, Autant-Lara l'avouera plus tard, il a voulu faire du Stendhal en adaptant du Dostoievski. Les premières vingt minutes sont un peu traumatisantes. En effet, on y voit le banc et l'arrière banc du cinéma français de l'époque essayaient de singer les Russes. Ainsi, Bernard Blier et Françoise Rosay sont des russes. Il ne faut pas trop chercher de côté là. Mais surtout ce qui choque ce sont les décors, qui font très cartons-pâtes. Puis avec l'arrivée de la grande tante (Françoise Rosay) le film s'améliore. Quoiqu'il faut noter dans cette première partie, une relation sado-masochiste assez audacieuse, et troublante même pour l'époque entre Gérard Philipe et Liselotte Pulver.

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La deuxième partie du film est la meilleure, car elle détruit totalement la première partie poussive par les résultats du jeu. Et les différents protagonistes vont à la rencontre de leur destin dans un épilogue, ou une 3ème partie assez différente du roman original de Dostoievski. Le jeu devient en effet ici une dénonciation des moeurs de la grande bourgeoisie, mais aussi le révélateur et surtout l'ascenseur social pour le domestique qui ne pouvait espérer tant. On ressort donc enfiévré de ce "joueur" et il donne énormément envie de redécouvrir "le rouge et le noir" du même Autant-Lara, avec le même Gérard Philipe. Et après l'avoir vu, on ne comprend pas bien pourquoi la jeune critique de l'époque, Truffaut en tête décidèrent de tirer à boulets rouges sur l'acteur, en le qualifiant "d'acteur indirigeable, terreur des metteurs en scène et dont le timbre de voix est une infirmité". On ne saurait être plus en désaccord avec Truffaut sur ce point, même si parfois Gérard Philipe en fait un peu trop. Mais ce n'est pas le cas ici.

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Ci-dessus : Gérard Philipe

Film disponible en Bluray zone B, au prix de 9,90 €

 

Note : 7 / 10

31/05/2014

Trapèze - 1956

Sur un scénario de James R. Webb, Liam O'Brien, Ben Hecht et Wolf Mankowitz (d'après le roman de Max Catto, The Killing Frost, Carol Reed nous offre un film réellement sur l'univers du site. Ici le cirque n'est pas prétexte à un pamphlet politique comme dans "cirque en révolte" (1953) avec Fredric March, ou à un mélodrame comme dans "le plus grand cirque du monde" (1964). Dans "Trapèze", le cirque est bien le centre de l'intrigue principale, sur fond d'intrigues amoureuses. On peut tout d'abord regretter la faible qualité d'image de l'édition Wild Side, globalement poussiéreuse et aux couleurs finalement assez ternes.

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Le film aborde beaucoup de thèmes : rivalité amoureuse, mais aussi passage d'expérience entre le jeune et le vieux trapéziste. On sait que Burt Lancaster était très heureux de travailler sur ce tournage car il avait été lui même trapéziste dans sa jeunesse. Le film dégage une certaine dose d'émtion, mais force est de constater qu'il aurait pu en dégager beaucoup, si Carol Reed avait peut être marqué un peu plus son territoire et avait dirigé un peu plus ses acteurs. "Trapèze" reste quand même encore un très bon divertissement qui mériterait une restauration en Bluray.

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Disponible en DVD zone 2 chez Wild Side

Note : 7 / 10

23/05/2014

Cirque en révolte / Man on a Tightrope - 1953

"Cirque en révolte" est un film qui porte plus sur la dictature communiste que sur l'univers du cirque. Le film bénéficie d'une belle distribution avec en tête Fredric March, Terry Moore, la belle Gloria Grahame, Paul Hartman, Richard Boone, Cameron Mitchell et Adolphe Menjou. Le titre américain, "Man on a Tightrope" (un  homme sur une corde raide), est tiré du roman éponyme de Neil Paterson. Fredric March joue comme d'habitude admirablement bien. Néanmoins même si le casting est excellent, on se dit que cette histoire de cirque tchécoslovaque qui lutte pour sa liberté de conscience aurait pu être meilleure jouée par des acteurs tchèques. Elia Kazan est plutôt inspiré et sait donner un ton particulier à son film, un ton entre rire et larmes, où le drame concurrence très souvent la comédie. Le film reste donc quand même une oeuvre mineure dans l'oeuvre d'Elia Kazan, mais la réalisation et les acteurs élèvent clairement l'ensemble, porté encore une fois par un excellent Fredric March qui mériterait que l'on se souvienne un peu plus de lui aujourd'hui.

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Ci-dessus : Gloria Grahame

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Ci-dessous : Gloria Grahame et Fredric March

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Ci-dessus : Adolphe Menjou et Fredric March

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Ci-dessus : Terry Moore

Disponible en DVD zone 2 en VO sous-titrée chez Twentieth Century Fox dans la collection "Hollywood Legends".

Note : 7 / 10

07/05/2014

La maison des étrangers / House of Strangers - 1949

"La maison des étrangers" est peut être un des plus beaux rôles d'Edward G Robinson. En effet, il nous donne une composition de père de famille italien, plus que réaliste. Le scénario est parfaitement construit et raconte donc la vie professionnel et familial d'un immigré italien (Edward G Robinson), ayant fait fortune en Amérique et possédant une banque qu'il dirige avec l'aide des ses fils joués par Richard Conte, Luther Adler, Paul Valentine et Efrem Zimbalist Jr. Cette situation de départ va nous montrer, comment une lutte d'influences va se créer au sein de la famille, attisée par un père bourré de bons principes, mais qui ne sait comment les inculquer à ses fils devenus des adultes cupides. Seul Richard Conte arrive à se mettre au niveau de son père et lui restera finalement fidèle.
Edward G. Robinson domine de la tête et des épaules tous ses partenaires. Mais le casting féminin est aussi très attrayant avec une belle composition de Susan Hayward, en femme esseulée à la recherche de l'homme idéal, et une Debra Paget dans un tout petit rôle, mais néanmoins essentiel au cheminement de l'intrigue.

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Joseph L. Mankiewicz qui a participé à la rédaction du scénario avec  Philip Yordan, nous offre ici une oeuvre majeure qui mérite toute notre attention. Elle nous dit que l'éducation d'un être humain n'est pas chose facile et que l'amour d'une personne pour une autre, ne peut se créer qu'avec l'amour et non le mépris ou la violence. "La maison des étrangers" est donc un film particulièrement intelligent qui revisite les rapports Père / fils comme rarement vu dans le cinéma. La critique du festival de Cannes, ne devait pas s'y tromper et décerner le prix d'interprétation à Edward G Robinson en 1949. On peut remercier chaleureusement la Twentieth Century Fox pour cette sortie d'un film admirable, que tout père de famille devrait posséder. Incontournable.

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Ci-dessus : Edward G Robinson

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Ci-dessus : Au second plan Richard Conte et Debra Paget

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Ci-dessus : Richard Conte et Debra Paget

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Ci-dessus : Richard Conte et Susan Hayward

 

La bande-annonce :


 

Film disponible de la collection "Hollywood Legends" en DVD Zone 2 VO sous-titrée

Note : 8 / 10

25/04/2014

Les chevaliers du ciel / Captains of the clouds - 1942

"Les chevaliers du ciel" est un film produit par la Warner en 1942 et tourné par Michael Curtiz, avec dans le rôle principal James Cagney. L'héroïne féminine est ici Brenda Marshall. Brenda Marshall c'est évidemment la partenaire d'Errol Flynn dans "l'aigle des mers" (1940), tourné par le même Michael Curtiz 2 ans plus tôt. Le film a des qualités. Tout d'abord c'est le premier film en Technicolor de James Cagney. Ensuite il a été nominé 2 fois aux Oscars. Enfin, il a une distribution intéressante, car en plus de James Cagney et Brenda Marshall on retrouve Alan Hale (traditionnel faire-valoir des productions de la Warner de cette époque), mais aussi Dennis Morgan et Reginald Gardiner.

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Mais pour les qualités, c'est à peu près tout. En effet, le scénario est assez quelconque et raconte l'histoire de pilotes civils canadiens. Et après une première partie assez convaincante où l'on voit Brenda Marshall briser à peu près tous les tabous cinématographiques de l'époque, en sortant avec 3 garçons à la fois, passant du bon temps avec l'un et puis avec l'autre, quand l'un est parti.  La suite du film, est plus quelconque et n'apparaît pas très palpitante, tant l'aspect documentaire est appuyé. Enfin certaines scènes d'aviation semblent totalement faites avec des maquettes. La crédibilité du film en souffre donc quelque peu. En conséquence le verre est donc à moitié vide ou à moitié plein. Mais on ne peut pas dire que le spectateur palpite beaucoup dans ce film finalement assez convenu. Il reste malgré tout la réalisation de Curtiz et le Technicolor, et une belle musique de Max Steiner, mais on est encore loin du très bon film.

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Ci-dessus : James Cagney et Brenda Marshall

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Ci-dessus : James Cagney

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Ci-dessus : Dennis Morgan

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Ci-dessus : Alan Hale, Dennis Morgan, Brenda Marshall, et James Cagney

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Ci-dessus : Brenda Marshall et James Cagney pendant une pause

1Captain of the clouds (Les chevaliers du ciel), groupe sur le plateau. North Bay, Ontario.8.png

Ci-dessus : au premier plan, Brenda Marshall se prépare à tourner

1Captain of the clouds (Les chevaliers du ciel), une dame assise sur le plateau. North Bay, Ontario..png

Ci-dessus : Brenda Marshall pendant une pause

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Ci-dessus : Michael Curtiz à droite, Brenda Marshall et l'assistant du réalisateur ?

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Disponible en DVD zone 2 VO sous-titrée uniquement

Note : 5 / 10

21/04/2014

Lettre d'une inconnue / Letter from an Unknown Woman - 1948

"Lettre d'une inconnue" est le deuxième film américain de Max Ophüls. Le film est tiré du célèbre roman de Stefan Zweig. Le film a beaucoup de qualités. Il est admirablement filmé par Ophüls, qui arrive à donner de la vie à une histoire finalement binaire entre 2 personnages principaux : Lisa Berndle (Joan Fontaine) et Stefan Brand (Louis Jourdan). En même temps, les scénaristes et Ophüls insistent sur le côté littéraire de l'oeuvre, donnant de temps en temps de longues citations du roman de Zweig. Mais comment pourrait il en être autrement, le but étant de nous faire rentrer dans un roman dont le sujet explore les coeurs et les âmes des personnages. Cette bonne volonté de coller au roman, alourdi malgré tout le récit. Mais lorsque ce parti pris est accepté, on profite alors pleinement du film.

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Ce qui marque le plus dans la réalisation d'Ophüls, c'est sa volonté de représenter Joan Fontaine du début à la fin de son histoire. Lorsque l'histoire commence il aurait pu prendre une jeune fille de 12 ou 15 ans, mais il préfère prendre Joan Fontaine habillée en vêtements d'enfant. Ce qui peut choquer ou surprendre au premier abord, n'est en fait que la représentation du personnage au moment où il raconte cette histoire. Mais ce qui fait la grande force du film, c'est l'incroyable beauté intemporelle de l'histoire, qui nous raconte l'étrange incommunicabilité qu'il peut exister entre certains êtres exceptionnels, et que l'amour n'est pas forcément rayonnant en plein soleil pour eux, mais parfois sombre et caché dans les replis du coeur. En cela, "lettre d'une inconnue" est exceptionnelle. Ophüls donne autant une leçon de cinéma, qu'une leçon de vie tout court et force le spectateur à s'interroger sur lui même, sur son propre rapport avec les autres, sa sexualité, mais aussi sur sa fin. En cela, ce film mérite toutes les éloges. Et vous qui êtes en train de lire ces lignes, lorsque vous aurez vu "lettre d'une inconnue" peut être vous vous demanderez, si quelque part en secret, il y a une personne qui en ce moment vous aime, et dont vous ignorez l'existence ? Drame ou misère humaine, le sujet était évidemment un formidable scénario pour un drame dont le cinéma aurait eu tort de ne pas s'emparer.

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Ci-dessus : Louis Jourdan et son domestique

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Ci-dessus : Joan Fontaine (à droite)

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Ci-dessus : Joan Fontaine

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Ci-dessus : Louis Jourdan et Joan Fontaine

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Ci-dessus : Louis Jourdan et Joan Fontaine

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Ci-dessus : Joan Fontaine

Extrait :

 

Disponibile en Bluray Zone 2 en VO sous-titrée en français dans un très beau master, chez Carlotta.

Note : 7,5 / 10

13/04/2014

Othello / A double life - 1947

"Othello" ou dans son titre américain "a double life" est particulitèrement troublant. En effet, cette oeuvre de Georges Cukor est assez déroutante et nous entraine finalement dans les troubles psychiatriques que peut entrainer le métier d'acteur. Cukor avait déjà visité la folie ou tout au moins un mauvais discernement du réel, dans "hantise" (1944) avec Charles Boyer et Ingrid Bergman. Ici, Cukor va prendre la pièce de Shakespeare, "Othello" pour montrer le dédoublement de la personnalité d'un acteur (joué par Ronald Colman) qui devient petit à petit obsédé par son rôle, et devient fou. Le génie de Cukor est de montrer les deux univers du théâtre et de la vie de l'acteur, se mêlant, petit à petit pour ne faire qu'un. La pièce devient alors le creuset de destruction de l'univers de l'acteur et sa propre destruction.

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Le scénario est original, mais il manque malheureusement de crédibilité. Et on a peine à croire qu'un grand acteur de théâtre ne soit plus capable de faire la différence entre sa vie théâtrale et sa vie privée. Enfin, le scénario n'évite malheureusement pas les redites, et les lourdeurs. Par contre Cukor arrive de temps en temps à faire preuve de génie dans sa réalisation. Ainsi, lorsque Ronald Colman raconte le montage de la pièce, jusqu'à la première, cette séquence reste très moderne et nous fait passer de différents lieux et espaces temps en quelques secondes, donnant un caractère particulièrement novateur à l'oeuvre. Malheureusement ce type de séquences reste une exception et l'oeuvre souffre de séquences scénaristiques finalement assez répétitives. Par contre, la musique de  Miklos Rozsa reste comme d'habitude excellente et relève le niveau d'ensemble, d'un film qui ne laisse pas indifférent. On retiendra également, la superbe interprétation de Ronald Colman qui lui vaudra un Oscar, et la très bonne composition de Shelley Winters, en serveuse un peu paumée.

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Ci-dessus : Signe Hasso et Ronald Colman

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Ci-dessus : Shelley Winters et Ronald Colman. On peut noter sur cette image, le rapport de domination entre elle et lui, qui va s'inverser à mesure que Colman va identifier sa vie à celle d'Othello.

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Ci-dessus : Le rapport commence à s'inverser. Si Colman est assis. Il semble satisfait de ce qu'il regarde et Shelley Winters semble vouloir le séduire.

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Ci-dessus : Les deux protagonistes sont assis. Le regard est irrémédiablement attiré par les mains de Colman qui vont être le dénouement final de la relation entre les deux personnages.

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Ci-dessus : Rolnad Colman et Signe Hasso

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Extrait de la musique de Miklós Rózsa :

Film disponible en DVD Zone 2 chez Wild Side en VO sous-titrée (à noter une belle qualité d'image du Master).

Note : 7 / 10

06/04/2014

Jane Eyre - 1943

"Jane Eyre" de Robert Stevenson est peut être un des films les plus baroques et gothiques de la Twentieth Century Fox des années 40. Le film est évidemment tiré du roman de Charlotte Brontë, largement autobiographique. David O’Selznick avait idée de produire ce roman, mais comme il a déjà produit "Rebecca" (1940), il renonce à se lancer dans cette adaptation qu'il cède à la Fox. Le réalisateur anglais Robert Stevenson, est arrivé à Hollywood en 1939. L'année précédente il a tourné un petit film de propagande, "Jeanne de Paris" (1942) avec Paul Henreid et Michèle Morgan, assez insignifiant, il faut bien le dire. Plus tard dans sa carrière, il devait tourner, 19 films pour les studios Disney, dont "Marry Poppins" (1964). Et à la vue de sa filmographie, on peut considérer que ce "Jane Eyre" est bien le meilleur film de Robert Stevenson. En effet, il peut s'appuyer sur un fabuleux qui regroupe, Orson Welles, Joan Fontaine, mais aussi Elizabeth Taylor enfant alors âgée de 12 ans, mais aussi pour les connaisseurs des seconds rôles hollywoodiens : Henry Daniell et Agnes Moorehead.

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De ce très bon casting, Stevenson va entirer le maximum, en s'appuyant sur l'exubérante photographie noir & blanc, d'un grand maître du noir & blanc George Barnes, qui a fait dans cette oeuvre, un incroyable travail sur la lumière et sur les ombres. Ainsi, le directeur de la photographie, George Barnes arrive à faire ressortir les expressions du visage de chaque personnage et à donner un aspect étrangement gothique à tout le film. La réalisation est donc propre à remuer le spectateur. Mais à ceci il faut ajouter également la magnifique de Bernard Herrmann dont le style convient tout à fait au genre du film. "Jane Eyre" est donc une oeuvre portée par une grâce dont la forme et le scénario sont l'aboutissement. Il n'y a donc rien à reprocher à ce film, au ton assez peu courant pour son époque. Il faut donc remercier chaudement l'éditeur RIMINI EDITIONS, pour cette sortie de première importance et souhaiter que cet éditeur sorte très rapidement d'autres chefs-d'oeuvre du cinéma injustement oubliés."Jane Eyre" laisse donc une marque dans le coeur de chaque spectateur, et nous parle à tous, de tout ce que nous voulons cacher de nos vies à ceux que nous aimons.

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Ci-dessus : Elizabeth Taylor enfant

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Ci-dessus : Joan Fontaine

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Ci-dessus : Orson Welles et Joan Fontaine

 

Extrait de la musique de Bernard Herrmann :

 

La bande-annonce :

Film disponible en DVD zone 2 (version française et Vo sous-titrée) chez Rimini Editions (qualité d'image correcte, mais on aurait aimé un meilleur master).

Note : 9 / 10

02/04/2014

Le secret derrière la porte / The secret beyond the door - 1948

"Quand on est dur comme le Technicolor, on ne peut rien dire", c'est par ces mots que Fritz Lang expliquait à Jean-Luc Godard, sa vision du cinéma en 1967. Et c'est par ces mots de Fritz Lang que j'aimerai commencer cet article. En effet, dans cette simple phrase, Lang dit tout de son amour du cinéma noir & blanc, des jeux de lumières, des jeux d'ombres, et si pour Freud, le rêve était la voie royale de l'inconscient, on peut dire sans se tromper, que le noir & blanc était le pinceau de Fritz Lang, non pas seulement réalisateur de cinéma, mais aussi artiste génial, qui faisait du noir & blanc, sa propre usine à rêves. "Le secret derrière la porte" fait parti du tryptique réalisé par Lang avec pour héroïne Joan Bennett. Je ne vais pas revenir ici, sur la carrière de Joan Bennett et sa difficile montée vers l'immortalité cinématographique que lui donnera Lang. Mais il est suffisant de dire que "le secret derrière la porte" est le quatrième et dernier film de cette collaboration, commencée par "chasse à l'homme" (1941), puis continué par "la femme au portrait" (1944) et "la rue rouge" (1945). Lang donnera naissance à des films exceptionnels.

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 Lang a été le révélateur, de Joan Bennett et il a su comme aucun autre réalisateur, révéler le talent de cette formidable actrice, pour la graver à jamais au Panthéon de la cinématographie mondiale. Alors, avec un tel duo artistique et une telle ambition à quoi peut on s'attendre pour ce film ? Evidemment, c'est un chef-d'oeuvre. Tout d'abord et si il est encore besoin de le dire, la forme est totalement, et définitivement parfaite. Lang s'attache à donner une âme à son image, à faire de l'image elle-même, le reflet de l'inconscient ou de la conscience de chaque personnage. Le spectateur est donc abasourdi devant un film, qui si il ne dit pas tout, suggère avec un goût et une intelligence rare. Certaines critiques ont reproché à Lang de marcher sur les traces d'Hitchcock. Cela n'a pas de sens, car Lang avait son propre style. Le casting comprenant donc Joan Bennett et Michael Redgrave fonctionne à merveilles. Alors que peut on réellement reprocher à ce film ? Peut être, il faut bien le dire, que la fin n'est pas la hauteur du reste de l'oeuvre. La fin semble terminée peut être trop rapidement ou remplie de raccourcis, et méritait sans doute une recherche scénaristique plus poussée.

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Ci-dessus : Joan Bennett

Néanmoins, dans la longue histoire de l'art, combien pourrait-on citer d'oeuvres à la conception imparfaite, mais indéniablement restée comme des monuments artistiques. C'est bien encore le cas ici. Et ce serait n'avoir rien compris au cinéma de Lang, et à l'art en général, que de ne pas acclamer et proclamer que "le secret derrière la porte" est définitivement une perle de l'art occidental, et du cinéma mondial en particulier. Il se passera peut être encore des dizaines d'années avant que le monde rende encore sa vraie place à Fritz Lang. Mais un jour, on rendra justice à son oeuvre et notre vieux monde injuste, se rendra compte que Fritz Lang est au cinéma, ce que Ludwig Van Beethoven est à la musique, et que l'un et l'autre, ont non seulement changés notre conception de l'art, mais aussi notre conception de la réalité et de l'Humanité, devenant des sortes de Prométhée, possédant le feu divin de la création.

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Ci-dessus : Michael Redgrave et Joan Bennett

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Disponible en Bluray Zone 2 en VO sous-titrée chez Carlotta (à noter dans les bonus, un superbe reportage sur Joan Bennett de 10 mn, tiré d'un article de positif de Christian Viviani).

 

Pour aller plus loin :

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=435013

Note : 8,5 / 10

15/03/2014

Le facteur sonne toujour deux fois / The postman always rings twice - 1981

Il est difficile de parler du film, "le facteur sonne toujours deux fois", dans sa version de 1981, sans évoquer, la version de Tay Garnett de 1946, avec John Garfield et Lana Turner. Ainsi, si Bob Rafelson, revisite le roman de James Cain, avec la bonne idée de le replacer dans la période exacte du livre (les années 30), il semble avoir été largement à côté de son sujet. Ainsi, il a remplacé toute la suggestion et l'émotion de la première version, par une sexualité débordante et presque parfois à la limite du viol. On peut s'étonner d'ailleurs que les relations sexuelles interviennent avant toute relation sentimentale entre les deux personnages. Mais après ce n'est qu'un détail, devant l'écriture assez inégale de l'ensemble. Ainsi, tous les grandes étapes du premier film son brûlés. La rencontre de Cora à la sortie de sa cuisine est quelconque, et rien est expliqué.

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La narration est donc réduite à sa plus simple expression, comme si le spectateur devait connaître le premier film. Mais alors pourquoi en avoir tourné un second, si rien est amené et expliqué correctement ? Ainsi, on ne sait pas trop pourquoi certains personnages s'absentent. On devine que Cora part à un moment donné, retrouver sa mère malade. Mais que peut comprendre un spectateur qui n'a jamais vu le premier film ?  Encore plus grave Bob Rafelson semble avoir oublié tous les codes du film noir. La femme fatale n'en est plus une, violentée par son amant, qui est encore plus machiavélique qu'elle. L'égalité des sexes est sans doute passée par là. Dans le premier film, John Garfield était plus la victime que le complice de sa maîtresse. Enfin, malgré son talent Jessica Lange semble assez peu à l'aise dans sa manière de jouer une femme des années trente. Ainsi, une scène semble assez surréaliste, quand on la voit lever sa robe jusqu'au genoux devant un employé d'une compagnie de bus. Cette scène est totalement impossible à imaginer en public, dans le contexte de cette époque. Et même la fin du film est escamotée. Le film devient donc plutôt le reflet de son époque de tournage (le début des années 80) et donne surtout envie de revoir la première version avec Lana Turner et John Garfield. C'est déjà pas si mal. On retiendra malgré tout, quelques plans intéressants, comme des vestiges d'une oeuvre bâclée.

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Ci-dessus : Jack Nicholson et Jessica Lange

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Ci-dessus : Jack Nicholson et Jessica Lange

Disponible en DVD et Bluray VF et VO sous-titrée

Note : 5,5 / 10

12/02/2014

Huit Heures de sursis / Odd Man Out (1947)

Il y a quelques réalisateurs anglais dont on se souvient. Et si on devait faire une liste, on retiendrait évidemment David Lean, Alfred Hitchcock, mais aussi Carol Reed. "Huit heures de sursis" est l'archétype même du chef-d'oeuvre repoussant, car si il est admirablement filmé et photographié, la descente aux enfers d'un terroriste irlandais a quelque chose de repoussant. En effet James Mason, joue un chef de l'IRA blessé, et abandonné par ses hommes lors d'un hold-up meurtrier. Mais bientôt, ce n'est pas seulement son organisation qui va l'abandonner, mais aussi toute une ville, qui passera de l'indifférence pour certains habitants, à d'autres voulant l'exploiter. Carol Reed nous donne ici une version très noire de l'humanité, où tous ses défauts sont révélés : la lâcheté, la convoitise, la peur. Mais des qualités sont parfois aussi révélés : l'amour, la fidélité, la foi, et la volonté d'aider. James Mason n'a peut être jamais été aussi convaincant que dans ce film, qui multiplie les visions d'un homme en délire.

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Le film avançant, James Mason perd son habit de membre de l'IRA pour devenir un homme habité par la peur et le doute, et dont la blessure révèle un destin et une sur-humanité, dont les souffrances semblent le rapprocher de la Passion du Christ. "Huit heures de sursis" est un voyage initiatique dans la cruauté de la vie, mais aussi et surtout vers la mort. C'est ce qui le rend, terriblement hypnotisant et tout à la fois repoussant. Il ne ressemble à aucun film de son époque. La fabuleuse musique de William Alwyn ajoute encore au drame humain. Et on peut se demander si l'histoire de cet homme qui sort du monde, n'est pas tout simplement l'histoire de chacun d'entre nous, qui un jour devra quitter ce monde, dans l'indifférence de presque tous. "Huit heures de sursis" est donc un chef-d'oeuvre baroque, sombre, pathétique, humain et magnifique, qui vous laissera épuisé, devant une implacable leçon de vie.

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Ci-dessus : James Mason et Kathleen Ryan (on remarque le bras en croix de James Mason semblant signifier son martyr).

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Ci-dessus : James Mason et Kathleen Ryan

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Extrait de la musique :

Disponible en Bluray et DVD chez Elephant Films en VF et VO sous-titrée

Note : 8,5 / 10

17/12/2013

Jeanne d'Arc / Joan d'Arc - 1948

"Jeanne d'Arc" est le type même du film abandonné par la France. Ainsi, il n'a jamais été édité en DVD dans notre pays. Pire les versions qui passent généralement sur les chaînes payantes, nous donnent une oeuvre défigurée, découpée à la tronçonneuse. Ainsi, la mauvaise version que je possède ne fait que 99 minutes contre les 145 minutes de la version sortie initialement en 1948 dans les cinémas américains. C'est d'ailleurs une honte que des responsables de la programmation osent encore diffuser cette version écourtée, qui ne permet de comprendre le film que par bribes. Pourtant le film mériterait un meilleur sort. En effet, il a été tourné par Victor Fleming, le réalisateur "D'autant en emporte le vent" (1939). Le casting est plutôt bon. Ainsi, dans le rôle titre on retrouve une Ingrid Bergman possédée par la grâce du personnage. Elle incarnera en tout, quatre fois le personnage de Jeanne d'Arc. Elle joue donc tout d'abord dans l'adaptation théâtrale de Maxwell Anderson, puis ici dans l'adaptation cinématographique de 1948, qui est une adaptation du même Maxwell Anderson, de sa pièce de Broadway  : "Joan Of Lorraine". Bergman déjà récompensée par un Tony Award pour son interprétation sur scène, sera nommée aux Oscars pour cette version de 1948. Le film sortira dans un contexte privé tumultueux pour l'actrice qui divorçait au même moment, de son premier mari pour se marier avec Roberto Rossellini, qui divorçait également par la même occasion. L'Amérique puritaine ne l'accepta pas et Bergman se décidait à quitter les USA pour l'Europe. 

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En 1953, Roberto Rossellini reprend le flambeau. Le réalisateur italien fasciné par l’oratorio "Jeanne au bûcher" d’Arthur Honegger et Paul Claudel, en donne quelques représentations à Naples et Paris avec son épouse, l’actrice suédoise dans le rôle-titre. Il s’attaque ensuite à son adaptation cinématographique. Ingrid Bergman qui avait 33 ans sur le film de Fleming en a désormais 39. Néanmoins les critiques sont excellentes. Mais Bergman n'a pas été la seule actrice de Jeanne d'Arc. Ainsi, Cecile B DeMille dès 1916, se prend au jeu de tourner un film sur l'histoire de Jeanne d'Arc. Il sera suivi par beaucoup d'autres et on peut citer pêle-mêle : "La passion de Jeanne d'Arc" de Carl Theodor Dreyer (1928) avec Renée Falconneti, "Sainte Jeanne" d’Otto Preminger (1957) avec Jean Seberg, "le procès de Jeanne d'Arc" de Robert Bresson (1962) avec des comédiens non professionnels, puis on arrive sur des oeuvres plus actuelles, comme "Jeanne la pucelle" de Jacques Rivette (1994), "Jeanne d'Arc" de Luc Besson (1999),  et "Jeanne d'Arc" (film TV) de Christian Duguay (1999) et enfin "Jeanne Captive" de Philippe Ramos (2011).

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Ci-dessus : Ingrid Bergman

La version de Fleming se veut hagiographique, mais est aussi touchée par la spiritualité. Ainsi, le film nous décrit une France pillée par les Anglais, morcelée en différents duchés, et un dauphin faible, prisonnier de sa cour, et qui ne sait pas se faire respecter. Ainsi, la prédiction qui veut qu'une jeune pucelle de Lorraine, sauvera le royaume de France et vaincra les ennemis des Français, prend alors tout son sens quand une jeune fille révèle qu'elle est envoyée par Dieu pour sauver la France. L'histoire est belle et les Américains tellement patriotes ne pouvaient pas, ne pas aimer cette histoire d'un pays qui se soulève contre ses occupants par la seule volonté d'une jeune fille qui reçoit ses ordres de Dieu. On peut toujours discuter à l'infini, et se demander si Jeanne était bien une envoyée de Dieu ou une affabulatrice, il n'empêche que le mythe vivace parle encore de lui même à un pays dont l'histoire a souvent été en proie aux divisions, invasions, et à une faiblesse du pouvoir central.

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Ci-dessus : José Ferrer

Pour le film, il n'y a rien à en dire. Fleming sait rendre le siège d'Orléans vivant. Bergman transfigure son personnage de façon admirable. José Ferrer, fait aussi un admirable dauphin aux abois et sans confiance en lui. On sent que les conseillers techniques ont été bons, car on retrouve bien tous les costumes de l'époque, ainsi que l'art de la guerre de la guerre de cent ans. Le film a encore un grand intérêt aujourd'hui, car il montre qu'un pays ne peut rien avec à sa tête un roi faible et indécis. La légende de Jeanne d'Arc est là pour nous rappeler que l'unité française a été durement gagnée, contre les divisions, entretenues des siècles durant par nos ennemis. Le message de Jeanne résonne donc d'une étrange actualité, nous rappelant que les problèmes de la France n'ont pour cause que notre propre abandon, nos reniements ou notre défaitisme dans nos capacités à nous relever, à nous unir et à vaincre. Quoiqu'il en soit, avec sa rapidité habituelle, l'église décidait de faire de Jeanne d'Arc une Sainte en 1905 ... et le président Sarkozy célébrait le 6 janvier 2012, le 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne, et à travers elle, l'unité de la France. Vous avez dit, résonance ? Concernant, le film on peut donc regretter que seuls les USA aient pu bénéficier d'une version restaurée et complète. En France on se contentera donc des versions tronquées qui passent à la télévision ici et là, au milieu du gâchis télévisuel habituel, et qui laissent un drôle de goût dans la bouche, confirmant la fameuse phrase de Mr Brion : "le cinéma est un art outragé". La version tronquée du "Jeanne d'Arc" de Victor Fleming, en est la preuve éclatante. Le mythe quant à lui est intact.

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 Note : 6,5 (8 / 10 si un jour, il sort une version complète et restaurée)

08/12/2013

Jusqu'à ce que mort s'ensuive / Blanche Fury - 1948

Retour au cinéma anglais aujourd'hui, car j'ai vu récemment "Jusqu'à ce que mort s'ensuive", tiré de la nouvelle de Joseph Shearing, avec Stewart Granger et Valérie Hobson. Stewart Granger c'est évidemment l'acteur de "Scaramouche" (1952) avec Eleanor Parker, ou du "prisonnier de Zenda' (1952) avec James Mason, ou encore "des contrebandiers de Moonfleet" (1955). Il est ici dans sa période anglaise, qui n'est pas exempte de très bons films. Ainsi, je me rappelle avoir vu, il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, un très beau "love story" avec Margaret Lockwood, ou "the magic bow" où Stewart Granger interprête, le célèbre compositeur, Nicolo Paganini. Les éditeurs français feraient donc bien de nous refaire découvrir la période anglaise de Stewart Granger. On peut donc remercier Elephant Films pour ces belles sorties de films plus ou moins inconnus du public français. Pour revenir au casting, on compte aussi Valérie Hobson. On a vu jouer cette dernière, dans "les Grandes espérances" de David Lean, avec Alec Guinness et Jean Simmons enfant. Valérie Hobson, était une très grande actrice capable de tout jouer. Ainsi, dans "les grandes espérances" elle jouait une vieille femme folle et ici une jeune femme tout à fait désirable.

cinéma, cinema, dvd, bluray, film, films, acteur, actrice, hollywood,  Stewart Granger, Valerie Hobson, Clifton Parker, marc allegretJ'ai parlé de David Lean et c'est avec raison, car ici le film empreinte beaucoup au style un peu gothique de Lean, dans sa période anglaise. Ainsi, le début est assez magistral et nous montre un titre avec un château noir, comme si c'était le château du mal. Ainsi, les premières images sont saisissantes avec deux cavaliers qui chevauchent au galop dans la nuit. On sent qu'un malheur s'est passé dans le château. Mais on ne sait pas quoi. La tension est donc à son comble. Et par la magie du cinéma et du flashback on va voir l'histoire se dérouler, là où elle doit commencer, c'est à dire au début.

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Ci-dessus : Valérie Hobson et Stewart Granger

L'histoire est particulièrement intéresante, car elle met Stewart Granger dans le rôle d'un jeune homme, fils illégitime de l'ancien propriétaire du château, courant après l'acte de mariage de son père, qui pourrait le rétablir dans ses droits. En attendant, il est l'intendant du domaine, subissement les railleries et les décisions des nouveaux maîtres qui ont acheté le domaine et qui lui ont pris jusqu'à son nom. Sa seule obsession sera de reprendre donc son domaine à ses maîtres qui ne sont pour lui que des intrus. Le scénario est donc plutôt original et plutôt bon.

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Ci-dessus : Valérie Hobson et Stewart Granger

La naissance d'une idylle entre Valérie Hobson et Granger est elle aussi plutôt bienvenue. Mais comme toute l'histoire, elle sera teintée du sceau de la mort. Et le titre français résume assez bien l'histoire. La musique de Clifton Parker, n'est pas mauvaise, sans être extraordinaire, et soutient assez bien l'action. On peut s'étonner, que Marc Allegret à la carrière de réalisateur de plus de 60 ans, ait eu le droit de réaliser ce film en Angleterre et que ce ne soit pas un réalisateur britannique qui hérite de la réalisation. Qui a dit que les Anglais n'aimaient pas les Frenchies ? En résumé, on passe un très bon moment, devant ce film très noir et gothique, mais en Technicolor. Je ne peux donc qu'encourager très fortement Elephant Films à continuer, d'exploiter ce créneau du cinéma anglais, qui est aujourd'hui totalement sans concurrence et absent du marché français, surtout si c'est pour nous sortir des films de cette qualité.

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Ci-dessus : le domaine tant convoité

Extrait :

 

Disponible en DVD Zone 2, chez Elephant Films

 

Note : 7,5 / 10

01/12/2013

Les vestiges du jour / The remains of the day - 1993

 "Les vestiges du jour" est une réalisation de James Ivoiry. C'est le deuxième tourné par Anthony Hopkins sous la direction de Jamas Ivoiry, après le très acclamé "Retour à Howard Ends" (1992). Emma Thompson, retrouve également Anthony Hopkins, l'un et l'autre était déjà présent sur "Retour à Howard Ends", l'année précédente. James Ivoiry a le don de nous faire rentrer dans la vie d'une époque, et très souvent dans les chaussons de la vieille noblesse ou bourgeoisie anglaise. Ici dans "les vestiges du jour", Ivoiry met en image, l'imperceptible décadence de la noblesse anglaise pendant les années 30. Le film très anglais, nous met donc en scène, la vie domestique de Lord Darlington (joué par James Fox). Mais celui-ci, reste finalement comme très secondaire, et le film s'attache rapidement à conter l'histoire du Majordome (Anthony Hopkins) et de sa gouvernante (Emma Thompson). On retrouve également Christopher Reeve (le Superman première génération), mais dans un rôle finalement assez secondaire.

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Le film s'intéresse à 3 thèmes principaux : la fidélité et l'obéissance du valet à son maître, l'incapacité pour un bon domestique à évoquer ses sentiments personnels, et la difficulté pour Lord Darlington de voir où sont ses ennemis. Mais ses thèmes ne sont pas divisés, mais au contraire liés les uns aux autres. Ainsi, Lord Darlington organise une conférence internationale dans son château, Et c'est parce que cette conférence a lieu, que le majordome (Anthony Hopkins) ne peut pas être présent au chevet de son père mourant. Et c'est à cette occasion que des liens de respect, vont se créer entre le majordome et la gouvernante.

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Ci-dessus : James Fox

Le film évoque donc cette histoire d'amour impossible, devant l'incapacité du majordome (Anthony Hopkins) à exprimer d'autres sentiments que ceux liés à sa fonction de majordome. Il passe donc à côté d'une femme susceptible de l'aimer ou qui voudrait l'aimer. Il n'accepte pas d'interférence dans sa vie privée, aussi minime soit elle. La fidélité à son maître est son seul plaisir. Et le scénario, montre que cette fidélité est aussi une soumission à l'intelligence ou la culture de son maître qu'il juge supérieure à la sienne. Malheureusement, Lord Darlington, trop bien éduqué, trop honnête, se voit dans l'incapacité de contenir la menace nazie et rejoint finalemement, la mouvance pacifiste de Lord Chamberlain (premier minsitre anglais avant la guerre). Lord Darlington finit seul sa vie dans la suspicion et le déshonneur. Le film est finalement un concentré de vies ratées ou gâchées. La gouvernante épouse un autre homme, qu'elle n'aime pas. Darlington finit abandonné de tous. Et le majordome, sait qu'il a perdu la seule femme capable de l'aimer pour une fidélité absolue, à un maître que l'on considère aujourd'hui comme un traître. Ivoiry se plait à décrire ce portrait social dans les moindres détails. L'habile et intelligent scénario de Ruth Prawer Jhabvala, d'après le roman de Kazuo Ishiguro, fait beaucoup. Néanmoins, on peut parfois reprocher à ce film, déjà devenu classique, un côté un peu rigide, voir guindé, que la belle musique de Richard Robbins, permet d'oublier.

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Ci-dessus: Emma Thompson

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Ci-dessus : Anthony Hopkins

La bande-annonce :

 

 

La musique :

 

Disponible en DVD et Bluray (Freezone), VF et VO sous-titrée.

 

Note : 8 / 10