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26/06/2013

Mayerling - 1936

"Mayerling" est un film d'Anatole Litvak et avec pour vedettes Charles Boyer et Danielle Darrieux. Litvak est un espèce de globe-trotters du cinéma, originaire de Kiev, il commence par assister différents réalisateurs sur des tournages en Russie. L’apprenti réalisateur rejoint Berlin où il tourne quelques films, avant d’être contraint de partir pour Paris. Alors qu’il exerce comme réalisateur à Paris dans les années 1930, le succès de son film Mayerling (1936) lui vaut d’être invité à Hollywood. Il s’expatrie et réalise alors "The Woman I Love" (1937), une version américaine avec Paul Muni d’un de ses films français, "L’Équipag"e (1934). Litvak réalise ensuite "The Sisters" en 1938, une superproduction de la Warner avec Bette Davis et Errol Flynn qui séduit les critiques et le public. En 1940, "All This, and Heaven Too", toujours avec Bette Davis, est nommé aux Oscars. Le reste de sa carrière est plutôt positive, avec quelques succès publics et critiques "Anastasia" (1956).

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Le fim repose quasi essentiellement sur le couple Boyer/Darrieux. Darrieux sera ici le soleil resplendissant, la vie et Boyer la mort et la nuit. De cette frappante opposition les scénaristes (Marcel Achard, Joseph Kessel et Irma von Cube d'après le roman de Claude Anet) créent une chronique amoureuse à la conclusion dramatique, mais toujours marquante. Ainsi, si le film n'atteint pas les sommets d'un autre film de Charles Boyer "Marie Walewska" (1937), et reste comme une ultime répétition de ce dernier, il arrive largement à laisser de belles émotions aux spectateurs. Mais ici c'est bien les ténèbres qui entourent le film tant au niveau de l'esthétique : noirceur de la fête forraine de nuit, noirceur des salles de bal. Dans "Marie Waleswka", Clarence Brown fera le contraire et placera son film sous le signe de la lumière avec des salles de bal tout en blanc.

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Daniele Darrieux est alors âgée de seulement 19 ans. Elle fera sensation. Le film permettra donc à Charles Boyer et Danielle Darrieux, de partir à la conquête d'Hollywood, et à Anatole de Litvak de commencer lui aussi, une carrière à Hollywood. On notera que le personnage de l'Archiduc Rodolphe se suicide dans cette version du film, comme Charles Boyer lui même en 1978, deux jours après la mort de sa femme et 13 ans après le suicide de son fils. Etrange destin filmé, qui donne au film une étrange résonnance. A noter enfin que le drame de Mayerling devait inspirer le cinéma avec en tout 8 versions :

  • Mayerling (1919) ;
  • Mayerling (1936) d'Anatole Litvak, avec Danielle Darrieux et Charles Boyer ;
  • De Mayerling à Sarajevo (1940) de Max Ophüls
  • Le Secret de Mayerling (1948) de Jean Delannoy, avec Jean Marais ;
  • Kronprinz Rudolfs letzte Liebe (Autriche, 1955) de Rudolf Jugert, avec Rudolf Prack, Christiane Hörbiger, Winnie Markus, Lil Dagover, Erik Frey ;
  • Mayerling (1968) de Terence Young, avec Catherine Deneuve et Omar Sharif ;
  • Vices privés, vertus publiques (1975) de Miklós Jancsó, avec Lajos Balázsovits, Pamela Villoresi, Teresa Ann Savoy ;
  • Prince Rodolphe : l'héritier de Sissi (2006) de Robert Dornhelm avec Max von Thun (Rodolphe)et Vittoria Puccini (Mary Vetsera).

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Disponible chez Studio Canal Zone 2 (qualité d'image très moyenne)

Note : 7 / 10

07/05/2013

Le secret de Mayerling - 1949

Pour changer un peu, voilà un article sur un film français, sorti dernièrement en DVD chez René Chateau. René Chateau c'est l'éditeur du cinéma classique français, mais c'est aussi l'éditeur qui ne restaure quasiment pas ses films, qui ne propose aucun Bluray, et mieux qui est incapable de mettre des chapitres sur un DVD, alors que le dernier informaticien de la classe saurait le faire via n'importe quel logiciel de création vidéo. Le film a une définition correcte, mais est parcouru par des griffures, et de multiples tâches jusq'à l'ultime brûlure sur les images finales. René Chateau ne s'est donc jamais beaucoup préoccupé de mettre en valeur ses films au delà d'une publicité télévisuelle de trente secondes. Ainsi, pour "le secret de Mayerling", film commercialisé en 1994 en VHS par le même éditeur, la fin avait été coupée et il manquait sept minutes par rapport à l'original. En effet, le public était plus intéressé par le suicide du jeune couple (voir la version avec Charles Boyer) que par la thèse du complot développée dans cette version.

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Le film est étrangement tourné car il commence par la fin pendant une quinzaine de minutes, et puis par le souvenir d'une des anciennes maîtresses de l'archiduc, on revient au début de l'histoire. De plus, Jean Marais a l'air de ne pas savoir si il doit jouer le dépressif ou l'idéaliste politique assassiné dans un complot qui portait ombrage à la cour et à une puissance étrangère (la France). Il surjoue donc la plupart du temps. Le film vaut donc surtout pour ses vedettes féminines particulièrement crédibles avec en tête la jolie dominique blanchar, dont la première apparition dans le film en petite fille modèle, fait craindre le pire. Mais la suite sera bien meilleure. Enfin, si Silvia Monfort est présente, c'est bien Claude Farell qui tient le film en étant sa conscience comme celle du personnage joué par Marais. Les intérieurs ont été tournés dans les studios d'Epinay et les extérieurs en Alsace (Kastelberg et Schnepfenried).

 

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Ci-dessus : Claude Farrel et Jean Marais

Le film navigue donc entre complot politique et romantisme exacerbé sans trouver réellement son style. On reste donc assez surpris par ce film, dont la forme est plutôt belle, mais qui est destabilisé par un scénario bancal et une étrange prestation de Jean Marais, réhaussée malgré tout, par les prestations de Claude Farrel et de Dominique Blanchar.

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Ci-dessus : Silvia Monfort

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Ci-dessus : Claude Farrel et Jean Marais

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Ci-dessus : Dominique Blanchar et Claude Farrel

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Ci-dessus : Dominique et Jean Marais

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Ci-dessus : Dominique Blanchar

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Ci-dessus : Dominique Blanchar et Jean Delannoy

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Ci-dessus : Dominique Blanchar

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Ci-dessus : Dominique Blanchar et Jean Marais

 

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Ci-dessus : Dominique Blanchar

Note : 5,5 / 10

13/04/2013

Les morfalous - 1984 (un hommage à Jean-Paul Belmondo)

Je vous parlerai aujourd'hui, de cinéma français pour changer. J'avais 11 ans en 1984, quand je suis allé voir "les Morfalous" avec mon père. Je me rappelle encore le cinéma plein comme un oeuf et l'inoubliable titre avec l'arrivée du convoi de la légion sur l'extraordinaire musique de Georges Delerue. Dès le titre, on savait qu'on allait voir un grand film d'aventure français. Le film bénéficiait qui plus est des dialogues toujours percutants et réalistes de Michel Audiard et d'une réalisation parfaite d'Henri Verneuil avec lequel Belmondo tournait son 7ème et dernier film.

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Aujourd'hui ce souvenir me revient car Jean-Paul Belmondo a fêté ses 80 ans, il y a quelques jours. Belmondo est un des derniers monstres du cinéma français, même si aujourd'hui il n'est plus que l'ombre de lui même. J'ai toujours cette nostalgie de ce beau cinéma français qui manque tant aujourd'hui. Et j'ai pour l'homme et l'acteur un immense respect. Symbole aussi du temps qui passe et que rien ne peut arrêter, Belmondo est donc aussi le symbole d'un cinéma français populaire qui savait remplir les salles. J'aime à croire que le public ne l'a pas oublié et n'a pas oublié ses films. Acteur maintenant légendaire des années 70 et 80 auquel mes plus beaux souvenirs restent irrémédiablement attachés, je veux par cet article lui rendre un vivrant hommage ! Merci Monsieur Belmondo d'avoir fait du cinéma français la plus belle des machines à rêves. Bon anniversaire  !

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Ci-dessus : Jacques Villeret, Michel Creton, Jean-Paul Belmondo et Michel Constantin

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Ci-dessus : Marie Laforêt

 

Musique du titre par Georges Delerue :

 

Bande-annonce :

 

Note : 8 / 10

06/02/2013

Les misérables - 1958

La version des "misérables" tournée par Jean-Paul Le Chanois est une version qui fait date et peut être la plus belle adaptation de l'oeuvre de Victor Hugo. Le film a été tourné entre le 1er avril et fin octobre 1957 pour une sortie français en 1958. Le film colle particulièrement bien au roman car ici on a pas hésité à utiliser le merveilleux texte d'Hugo à de nombreuses reprises. Ainsi, autant que de donner de la cohérence au récit, l'utilisation du texte nous permet de nous faire rentrer dans l'oeuvre comme rarement une version nous l'a permis. Ainsi on retrouve bien cette fois-ci tous les personnages ou en tous les cas, les principaux de l'oeuvre, mais aussi les différentes inter-actions entre chacun. La conséquence de ce respect à l'oeuvre originale est une augmentation de la durée du film à plus de 4 heures et donc à un découpage en deux époques et à finalement à une durée globale de 3 heures.

 

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Mais la durée, ne peut être un reproche car tout y est. On rentre dans l'âme des personnages d'Hugo mais aussi dans la vie de la France en 1815. On ressent la défaite de Napoléon dans son coeur comme si on y était. On a la poussière de Waterloo dans la bouche. Mais aussi on sent la desespérance de la jeunesse de l'époque qui rêvait de gloire et qui se retrouve clouée sur un lit de misère. A ce moment là on ne peut s'empêcher de penser à Musset et à ses "confessions d'un enfant du siècle" que je ne peux m'empêcher de citer : "Un sentiment de malaise inexprimable commença donc à fermenter dans tous les cœurs jeunes. Condamnés au repos par les souverains du monde, livrés aux cuistres de toute espèce, à l’oisiveté et à l’ennui, les jeunes gens voyaient se retirer d’eux les vagues écumantes contre lesquelles ils avaient préparé leur bras. Tous ces gladiateurs frottés d’huile se sentaient au fond de l’âme une misère insupportable. Les plus riches se firent libertins ; ceux d’une fortune médiocre prirent un état et se résignèrent soit à la robe, soit à l’épée ; les plus pauvres se jetèrent dans l’enthousiasme à froid, dans les grands mots, dans l’affreuse mer de l’action sans but."

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Ainsi, dans le film, on sent d'ailleurs poindre déjà un conflit de générations entre les adultes âgés et partisan de la restauration et les jeunes voyant déjà briller la légende d'orée de Napoléon. L'insurrection républicaine de juin 1832 est aussi amenée de la plus belle des manières et nous montre des révolutionnaires, mourant sur les barricades le drapeau tricolore à la main pour la liberté. Et oui c'était ça la France d'avant ! On l'a oublié aujourd'hui. On mourait les armes à la main à cette époque, pour la liberté de penser à des lendemains radieux. Le film montre d'ailleurs l'acharnement du combat de rue qui finit par un dernier massacre des survivants qui finissent fusillés. Comme si la liberté ne méritait pas de concession, de demi-mesure, ou même simplement de réddition.

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Ci-dessus : Serge Reggiani dans le rôle d'Enjolras et Jimmy Urbain en Gavroche.

Mais au delà du très bon scénario de Le Chanois et Barjavel, le casting est aussi très bon, on retrouve donc des monstres sacrés du cinéma français : Jean Gabin, Bourvil, Danièle Delorme, Bernard Blier ou donc Serge Reggiani. Bourvil surprend dans un rôle sérieux et dramatique, loin de ses rôles habituels de comique. Le film devait bénéficier de l'aide de studio Est Allemands de la DEFA ce qui lui donna une ampleur plus importante pour le tournage des scènes sur la bataille de Waterloo ou pour les scènes de l'insurrection républicaine. Je finirais en citant la belle musique de Georges Van Parys mais aussi le travail de décorateur de Serge Piménoff qui devait parfaitement reconstituer le quartier du Marais et du Faubourg Saint-Antoine.

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Ci-dessus : Bourvil et Jean Gabin

Le réalisateur Jean-Paul Le Chanois devait dire plus tard : "Je considère ce film sur la générosité humaine comme un achèvement de ma carrière". On peut sans peine le croire.  D'ailleurs le public de l'époque ne devait pas s'y tromper et faire un triomphe à ses "Misérables" avec plus de 9 millions d'entrées.

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Ci-dessus : Danièle Delorme

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Ci-dessus  : Béatrice Alta Riba (Cosette) et Gianni Esposito (Marius)

 

Note : 9 / 10

26/12/2012

Antoine et Antoinette - 1947

Quelques mots sur "Antoine et Antoinette" de Jacques Becker. Ce film n'est pas le plus célèbre de la filmographie de Becker. Mais il a beaucoup de qualités. Les premières quarantaine de minutes du film ne raconte pas grand chose sinon la vie simple d'un couple ouvrier en 1947. Le couple a peu d'argent, mais beaucoup de rêves. Leur vie est simple, sans télévision, et on bricole une vieille radio pour avoir un peu de musique. L'irruption d'un billet de loterie gagnant va donner du mouvement et de l'action au film qui en manquait jusque là. Le génie de Becker est de lier les 2 parties si différentes du film sans que le spectateur y remarque quelque chose.

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Ce film est intéressant car il permet de regarder dans le rétroviseur et voir ce que nous sommes devenus. Il n'est pas sûr que nous soyons plus heureux aujourd'hui avec tout le confort moderne, internet, la télévision, le homecinéma, etc. Le film de Becker peut se résumer en cette phrase : l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. C'est sur cette simple idée que Becker a construit son film. On trouvera peut être une couleur communiste, avec le bourgeois (le patron d'un petit magasin joué par Noël Roquevert) qui semble exploiter sexuellement une employée, et qui veut séduire à tout prix la femme de l'ouvrier ou les employées de grands magasins sous la botte du patron. Mais on ne s'y attarde pas. On regarde une France de 1947, qui semble insouciante et confiante dans le lendemain avec pourtant pas grand chose en poche et beaucoup d'heures de travail. On voit des emplois industriels en France, et des gens qui se parlent dans une société qui semble plus humaine. Quant au film il reste beaucoup moins noir et dramatique que les derniers films de l'oeuvre de Jacques Becker. On a là un Becker optimiste et finalement quand on y réfléchit, ce n'est pas rien.

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Ci-dessus : Roger Pigaut et Claire Mafféi (à noter que cette scène d'un couple dormant dans un même lit était inimaginable à Hollywood en 1947).

 

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Ci-dessus, affiche de cinéma à la sortie du film :


NOTE : 6,5 / 10

09/11/2012

Casque d'or - 1952

Je suis fier de vous présenter aujourd'hui "casque d'or" dans le cadre de sa récente sortie Bluray. Ce film a été tourné il y a 60 ans et reste encore aujourd'hui une pure merveille ! L'histoire qui raconte la vie d'un couple malheureux à la belle époque est particulièrement touchante. Mais cela n'est rien car il faut ajouter l'extraordinaire génie du réalisateur Jacques Becker. Dire qu'il a été bon sur "Casque d'or" serait lui faire insulte. Il n'a pas seulement été bon, il a été extraordinaire. Chaque plan nous fait entrer en plein dans la belle époque sans aucune espèce de doute. Donc grâce au génie de Becker on se ballade littéralement sur la Seine, on va aux guinguettes, on danse avec les acteurs. Mais pas seulement, car on a également tout l'argot de l'époque avec les "Ta gueule !", "Je l'emmerde" etc. Mais le génie de Becker c'est qu'en plus d'être foncièrement réaliste, il magnifie le noir et blanc et ainsi le film doit aussi beaucoup à la photographie de Robert Lefebvre.


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Il y a quelques semaines j'avais fait une note sur "Montparnasse 19" où je parlais déjà du génie de Becker. Mais là, on a avec "Casque d'or" non seulement un très grand film français, mais également un chef d'oeuvre cinématographique absolu. Les Avengers, les Batman et Spiderman peuvent bien déferler par vague sur les écrans français d'aujourd'hui, jamais ils ne pourront retirer une miette au génie féérique de Becker dans "Casque d'or". Car ce dernier a également magnifié chaque acteur et a fait de chacun un personnage à part entière. Ainsi, Simone Signoret et Serge Reggiani en têtes, savent faire passer leurs émotions comme personne. Et le moindre second rôle est aussi au niveau.

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Ci-dessus, la fameuse scène du bal :

Mon maître spirituel, Mr Patrick Brion disait avec la plus grande intelligence : "Quand j'entends dire que l'on va voir un « vieux film », cela m'agace ! Dit-on que l'on va voir de « vieux tableaux » quand on visite le Louvre ou Orsay ? Il est regrettable que le cinéma ne soit pas - ou si peu - enseigné à l'école, alors que les jeunes forment un public particulièrement réceptif et curieux. Le cinéma peut toucher tout le monde, si l'on se donne la peine de montrer aux gens les meilleurs films." Et cela est bien vrai Mr Brion, les films comme ce "Casque d'or", ont traversé les générations et les époques et continueront de les traverser, car la beauté pur et absolu d'un tel chef-d'oeuvre peut toucher chacun d'entre nous. Pour ma part, je suis particulièrement heureux de voir ce type de film ressortir en Bluray et qu'une nouvelle génération (la mienne) et les suivantes puissent les découvrir ou les redécouvrir et bénéficier de la meilleure image pour voir un film impérissable comme celui-ci. Car n'en doutez jamais si "Casque d'or" parle des gens qui vivaient en France en 1900, ils parlent aussi de vous, et de ce que nos aînés nous ont laissé en héritage. Ami qui lit cette note, je te l'assure, vois "Casque d'or", ce film est beau et triste comme un premier amour, magnifique et tragique comme la vie. Et c'est bien pour cela qu'il nous ressemble tellement.

 

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Ci-dessus : Serge Reggiani et Simone Signoret

 

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 Ci-dessus, un génie du cinéma, Mr Jacques Becker :

 

La bande-annonce :

 

NOTE : 9 / 10

07/10/2012

Les amants de Montparnasse (Montparnasse 19) - 1957

Aujourd'hui j'ai décidé de faire la promotion d'un film français réellement magnifique. Ainsi, je ne saurais trop vous conseiller la vision des Amants de Montparnasse de Jacques Becker. En effet, le film a pour sujet la dernière année de la vie tourmentée du peintre Modigliani. Gérard Philipe joue le peintre et Anouk Aimée sa femme. Si la ressemblance entre Gérard Philipe et le peintre est peu évidente, elle est frappante entre Anouk Aimée et la femme du peintre. Le film est un pur chef d'oeuvre. Alors bien sûr on peut reprocher une certaine longueur, une certaine langueur. Mais le peintre n'a t'il pas vécu un peu cela ? Le sujet principal est quand même le mal être des artistes de génie, qui sont abandonnés par la société, et dont les oeuvres finissent par garnir tous les musées du monde. En voyant ce film, on peut se poser beaucoup de questions sur la place de l'artiste dans notre monde. On peut se poser des questions et se demander si c'est Modigliani qui est schyzophrène ou la société qui ne lui donnera une place que quand il sera mort. A ce titre le personnage de Lino Ventura est proprement terrifiant. Il joue le rôle d'un patron de galeries qui attend la mort du peintre tel un vautour et qui ne fera rien pour retarder sa fin.

 

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Le film a subi beaucoup de retouches au moment de sa création. En effet, il devait être tourné par Max Ophuls et ce dernier avait écrit le scénario original avec Henri Jeanson. Finalement Max Ophuls étant mort avant le début du tournage, c'est Jacques Becker qui repris l'ouvrage. Mais il était peu enthousiasme pour faire ce film et il préférait des scénarios sur des gens ordinaires et plus ramassés avec une trame se déroulant sur quelques jours. Il se décida donc à modifier le scénario de Jeanson. Et donc il enleva beaucoup de longues tirades et scènes qui auraient alourdi plus que possible le métrage. Le scénario ne respecte pas réellement d'ailleurs la véracité historique. Jeanson devint furieux quand il apprit cela et écrivit une lettre terrible à Gérard Philippe pour le prévenir avant le début du tournage de ce qu'avait fait Becker. Tout cela se termina finalement en procès et Becker fut condamné à payer 1 Franc de dommages et intérêts à Jeanson.

 

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Néanmoins avant le procès le film se tourna et malgré la naissance difficile de cette oeuvre, il faut bien reconnaître qu'on a sur l'écran un pur chef d'oeuvre du cinéma français, autant au niveau de la maîtrise du noir et blanc et de ses lumières, que sur certains plans qui passent d'un paysage à un personnage. La musique obsédante au possible de Paul Miskaris fait aussi beaucoup et nous fait littéralement entré dans le mal être de l'artiste créateur. Du grand cinéma. Définitivement.

 

Ci-dessous Lili Palmer :

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Ci-dessous Anouk Aimée :

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Merci à Gaumont pour la superbe restauration Bluray et pour les nombreux et long bonus de la dernière édition Bluray.


Note : 8,5 / 10