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28/07/2015

Week-End / Bank Holiday - 1938

"Week-End" est un film anglais en noir & blanc, de la firme "Gainsborough Pictures", qui a une comtesse qui salue comme logo. Aujourd'hui cela donne un côté classe, mais aussi désué à ce logo. A la fin des années 20, la société de production et de diffusion, "Gaumont British" prenait le contrôle de cette firme. Puis "Gaumont British devait se concentrer sur la production, pendant que "Gainsborough Pictures" devenait une partie de la "Rank Organisation". Le studio devait durer jusqu'en 1949, ou "Rank Organisation décidait de fermer ce studio. Dans les années 90, les studios de Lime Grove étaient encore utilisés par la télévision, mais finalement ils étaient détruits en 2002 et remplacés en 2004 par des appartements du nom de "Gainsborough studios", clin d'oeil à l'histoire du lieu. "Week-end" est un merveilleux film où se mêle toutes les classes sociales, comme dans de nombreux films des années 30. On pense tout de suite à "Grand Hotel" (1932) de Edmund Goulding tourné par la MGM, production d'Irving Thalberg. Dans "Week-end", on se concentre, sur les classes moyennes, ou les classes populaires. Carol Reed, nous montre deux copines, partant pour un concours de beauté, que l'une veut absolument gagner, un homme (Hugh Williams) et une femme (Margaret Lockwood) que l'on devine sa future maîtresse, mais qui ne sait pas bien pourquoi elle est venue se mêler à cette foule, alors que comme infirmière, elle se sent responsable d'un homme qui vient de perdre sa femme. Une autre, mariée avec un homme brutal rêve de romance et d'un jeune amoureux, typiquement une cougar avant l'heure. Ce qui est formidable dans "week-end" et généralement dans ces films chorals, c'est que chaque personnage a son importance et monopolise à un moment donné l'attention du spectateur.

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A la différence de "Grand Hotel", le scénario ne fait jamais se mêler la classe supérieure avec les petites gens. On sent ici qu'on veut éviter à tout prix la lutte des classes. La société anglaise de 1938, semble donc un espèce de paradis sur terre, où tout le monde part en vacances en même temps, aux mêmes endroits, et fait la même chose, dans une bonne humeur communicatrice. "Week-end" est donc autant une comédie, qu'un film sociétal. Mais on a quand même du mal à croire au scénario, qui va faire se jeter une infirmière vers un parfait inconnu et abandonner son amant. Ici dans ce film de Carol Reed, la femme est une espèce de Saintmaritain, qui va vers l'homme le plus malheureux, abandonnant sa vie passée pour lui. Simple, direct, efficace, mais finalement assez peu crédible, même pour l'époque. Ceci dit, on ne s'ennuie jamais devant "week-end" film d'une époque, avec la grande actrice, Margaret Lockwood, star du cinéma britannique des années 30 et 40, malheureusement totalement oubliée aujourd'hui en France. On notera enfin que la photographie d'Arthur Crabtree est loin d'être anodine ainsi que la musique de Louis Levy. "Week-end" est donc un très bon film, et un très bon choix de l'éditeur "Elephant Films". Pour ma part, je souhaiterais que cet éditeur nous sorte d'autres films de Margaret Lockwood, en particulier, ces merveilleux films avec Stewart Granger, totalement inédits en France, et qui sont d'une très haute valeur cinématographique. 

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Ci-dessus : John Lodge & Margaret Lockwood

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Ci-dessus : Margaret Lockwood

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Ci-dessus : Margaret Lockwood

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Disponible en DVD zone 2 chez Elephant Films en VO sous-titrée français

Note : 7,5 / 10

26/07/2015

L'héritage de la chair / Pinky - 1949

"L'héritage de la chair" fait parti de ces quelques films sur la ségrégation, qu'il faut avoir vu. En effet, il y a un temps aux USA, où le racisme et la ségrégation étaient une réalité. Ainsi, les USA, dans certains de ses états du Sud en 1949, faisaient d'un noir, un sous-citoyen, qui ne pouvait ni voter, ni fréquenter les mêmes écoles que les blancs, ni n'avoir aucun espoir de justice. Là bas, le racisme était tellement ancré dans les moeurs, que notre héroïne, Pinky, vue comme blanche, mais en réalité métisse, avait changé son nom  en Patricia, pour le blanchir. Il paraît assez incroyable que ce film ait pu se faire en 1949, et qu'on ait laissé tourner un film tellement accusateur, contre le système sudiste de l'époque. Ainsi, le film possède quelques scènes chocs, en particulier celle où Pinky jouée par Jeanne Crain, demande pardon à sa grand-mère de s'être fait passée pour blanche, ou la scène où elle est violentée, où encore celle où elle est incarcérée juste parce qu'elle est identifiée comme noire. Le film d'Elia Kazan est donc une bombe. On sait que John Ford avait commencé à travailler. Mais Ford n'était pas à l'aise sur la façon dont il voulait montrer les noirs à l'écran, et était en désaccord avec l'actrice noire, Ethel Waters. C'est le succès du film de Kazan, "le mur invisible" qui devait inciter Zanuck à s'attaquer au problème du racisme et qui choisit Ford pour le réaliser. Mais Ford est mal à l'aise avec le film. Zanuck dit à ce propos : «Il s'agissait d'une différence d'opinion professionnelle. Les noirs de Ford étaient des caricatures. J'ai pensé que nous allions vers de graves problèmes. Jack a dit : "Je pense qu'il vaut mieux mettre quelqu'un d'autre sur le film." J'ai dit : "Finissons la journée", et j'ai retiré Ford du film. Certains metteurs en scène sont remarquables dans certains domaines et totalement impuissants dans d'autres.» Donc c'est Elia Kazan qui reprit le film, à la demande du producteur Darryl F Zanuck. L'affiche d'origine belge ci-dessous, montre que même en Europe, le racisme n'était pas une mince affaire, et le titre "la négresse blanche", en est la preuve. Film sociétal, "l'héritage de la chair", est autant accusateur envers les états du Sud, que vers son public.

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Mais "l'héritage de la chair" ode contre le racisme, a aussi des défauts. On peut lui reprocher parfois un manque de rythme évident. Pourtant, chaque chose semble à sa place, et donne un ton, au scénario bien en place. Ainsi, le racisme semble aussi le reste de la maladie d'un Sud vaincue par la guerre de sécession. Les blancs sont souvent représentés comme des petits boutiquiers, ou les derniers représentants de grandes familles ruinées, autrefois riches par l'esclavage. Le racisme reste donc pour eux, le dernier des droits, le souvenir d'une supériorité disparue. Les noirs quant à eux, vivent dans la misère, entretenue par un système qui refuse qu'un blanc pauvre, puisse être l'égal en droit d'un noir pauvre. Les limites du film sont aussi celles d'une époque. La fin heureuse, ne porte en elle que l'amélioration de la condition des jeunes filles noires. En rien, elle ne remet en cause la ségrégation. Pourtant c'est dans cette propre limite, et dans ce parcours de femme, que "l'héritage de la chair" révolutionne. Il met en 1949, le problème noir, au coeur de la société, renvoyant l'image d'une certaine Amérique, profondément raciste. En ce sens, il annonce les mouvements des droits civiques du pasteur Martin Luther King, et les grands bouleversements des années 60, qui feront des noirs américains, des citoyens à part entière. Pour en revenir, au film, il faut noter que l'actrice noire, Ethel Waters, deviendra la seconde afro-américaine à être nominée pour les Oscars, après Hattie McDaniel. Vous l'aurez donc compris, "l'héritage de la chair" est un film à voir, ne serait-ce que pour la belle, Jeanne Crain, dont on aimerait bien découvrir quelques autres films en France. Ainsi le film noir "Vicki", introuvable jusqu'à aujourd'hui en version sous-titrée français.

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Ci-dessus : Jeanne Crain & Ethel Waters

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Ci-dessus : Jeanne Crain & Ethel Waters

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Ci-dessus : Jeanne Crain avec Ethel Barrymore

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Ci-dessus : William Lundigan & Jeanne Crain

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Ci-dessus : Jeanne Crain

Disponible en DVD Zone 2, VO sous-titrée français, chez Hollywood Legends

Note : 7,5 / 10

22/07/2015

Les passagers de la nuit / Dark Passage - 1947

1947, Humphrey Bogart était devenu une immense vedette. C'était bien fini le temps d'un Bogart, jouant le rôle de faire-valoir du héros, ou qui se complaisait dans le rôle de méchant de service, comme dans "la caravane héroïque" (1940) ou dans de très nombreux films de gangsters des années 30. Comme beaucoup de mes lecteurs le savent c'est surtout "Casablanca" (1942) qui a changé la donne de la carrière de Bogart, et le monde découvre alors un talent qu'il avait aperçu jusqu'alors de loin, dans quelques grands films, comme "une femme dangereuse" (1940), ou encore "la grande évasion", "le faucon maltais" (1941). Dans ces deux derniers films, Bogart assumait pleinement son statut de vedette mais pas encore d'immense star, qu'il allait devenir un an plus tard. Et donc depuis "Casablanca" (1942), Bogart enchaine les très grands films. Les plus célèbres de cette période sont évidemment, "le port de l'angoisse" (1944), "le grand sommeil" (1946) et plus tard "Key Largo" (1948), tous les trois tournés avec sa compagne à la ville, Lauren Bacall. Bogart / Bacall, est bien le couple mythique du Hollywood de cette époque. Et c'est un des rares qui a survécu à la folie du système hollywoodien. Pour en revenir, à notre film, "les passagers de la nuit", est le troisième film de Bogart avec Bacall. Il tourné en noir & blanc, par Delmer Daves pour le compte de la Warner Bros, le film est à classer dans la catégorie film noir et dans les excellents films de Delmer Daves. Delmer Daves on se souvient de lui pour ses films noirs, mais aussi pour ses westerns originaux. Ainsi, dans "la flèche brisée" (1950), il se mettait du côté des indiens, et montrait l'iniquité de la justice des blancs envers, les natifs américains. Dans "3H10 pour Yuma", il mettait en scène un scénario de film noir, dans l'univers du western. Comme souvent dans sa carrière, Delmer Daves est réalisateur des "passagers de la nuit", mais également scénariste.

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Le film est une réussite par son casting, son scénario, mais aussi de par sa réalisation incroyablement novatrice pour l'époque. Ainsi, dans ses 10 premières minutes, Daves filme en perspective en se plaçant dans la peau du personnage joué par Bogart. Le spectateur est donc scotché à son fauteuil, se demandant qu'elle va être la suite de l'histoire et que va faire le héros. Dès le départ, Daves arrive ainsi à mobiliser l'attention du spectateur. Il va avoir de nouveau recours à ce procédé dans le premier tiers du film. Ainsi, pendant 40 minutes, on ne voit jamais le visage de Bogart. Cela donne au film, un ton tout à fait particulier pour l'époque et assez unique. Et l'épisode du cauchemar de Bogart est tout aussi marquant. Mais "les passagers de la nuit", c'est aussi le tournage dans un San Francisco brumeux de 1947, qui donne au film un caractère poétique. Cette ville filmée, le plus souvent la nuit ou au petit matin, fait beaucoup pour mettre le film, bien au-dessus du lot. Daves, dans son plaisir à filmer le visage des acteurs, fait contraste à sa volonté de ne pas filmer le visage de Bogart dans le premier tiers du film. A tout cela, il faut ajouter la belle musique de Franz Waxman, aidé de Max Steiner, qui l'un et l'autre font également, beaucoup pour rendre le film marquant. "Les passagers de la nuit" est donc une très belle réussite, filmé avec beaucoup de poésie. Ce film possède encore aujourd'hui un charme fou. Il mériterait sans aucun doute, une restauration et une sortie Bluray, ne serait ce que pour son côté documentaire, et sa plongée dans le San Francisco de 1947. Parfois il m'arrive de me demander, si la Warner sait mettre en valeur les pépites qu'elle possède dans son catalogue.

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Ci-dessus : Lauren Bacall (avec Bogart que l'on doit imaginer en face d'elle)

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Ci-dessus : Bogart (au fond) et au premier plan Tom D'Andrea

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Ci-dessus : Lauren Bacall & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Lauren Bacall & Humphrey Bogart

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Ci-dessus : Excellent plan de Daves, qui montre la menace dans le dos de Bogart

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Ci-dessus : Agnes Moorehead (dont la personnalité perverse de son personnage est mis en valeur magnifiquement dans ce plan rapproché)

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Ci-dessus : Humphrey Bogart & Agnes Moorehead

 

La bande-annonce :

Disponible en DVD Zone 2 ou DVD zone 1 chez Warner en VO sous-titrée (je ne sais pas si il y a une VF sur le zone 2, possédant l'édition zone 1 sous-titrée français).

Note : 8 / 10

13/07/2015

Les voyages de Sullivan / Sullivan's Travels - 1941

On ne peut parler des "voyages de Sullivan" sans parler de l'époque où il a été tourné. En effet, en 1941, l'Allemagne nazie est vainqueur sur tous les fronts. Et le cinéma hollywoodien produit un cinéma souvent marqué par la propagande, voir par des idées socialistes ou communistes. On reste ainsi, assez marqué par le début du film, qui nous montre un réalisateur (Joel McCrea), expliquant que son film dans le film, est une lutte entre la misère et le Capital. Ensuite, ce même réalisateur, souhaite alors prendre l'apparence d'un pauvre et vivre parmi les pauvres, pour mieux en décrire au public la misère dans ses futures créations. On ne sait pas bien où le scénario va nous mener. Et pendant la première heure, le film navigue entre le rire et les larmes, dans une errance et des gags quelque peu factices. On ne sait pas bien où tout cela va nous mener, sinon comme l'autocar des suiveurs, dans un fossé. On retient tout de même, cet hommage muet pendant de longues minutes, qui est à n'en pas douter un hommage à Chaplin. Et puis après la première heure, le film prend un ton sérieux, et dramatique et semble réellement prendre son envol. Et les conséquences de cette négation de ce qu'il est, amène le personnage de Joel McCrea, dans un bouleversement de tout son personnage, qui ne peut revenir à son état initial, que par une révélation au monde, de ce qu'il a fait. Le retournement final est donc assez bien trouvé. Le film, s'appuie sur une réalisation sérieuse, une photographie soignée, et le bon duo personnifié par Veronika Lake et Joel McCrea. Il n'en reste, pas moins, que John Sturges, ne semble jamais trouver le ton juste, en particulier dans cette première heure, assez déroutante. Tout cela donne l'effet d'un film assez déséquilibré au niveau de sa narration, mais dont on doit retenir les vraies qualités cinématographiques. L'aveu final, sonne comme une déclaration de John Sturges lui même, qui semble dire : "Jamais on ne m'y reprendra, à réaliser des scènes dramatiques". On veut bien le croire.

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Ci-dessus : Joel McCrea & Veronika Lake

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Ci-dessus : Veronika Lake

 

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Ci-dessus : Veronika Lake & Joel McCrea

Disponible en DVD sous-titrée en français.

Note : 6,5 / 10

10/07/2015

Madeleine - 1950

"Madeleine" est un autre film de la période classique et de jeuness de David Lean. Le scénario est tiré d'une histoire vraie, qui se déroule à Glasgow en 1857. Et il faut bien dire qu'elle est assez incroyable pour l'époque victorienne dans laquelle elle se déroule. En effet, elle raconte l'histoire de Madeleine Smith, et de son amant français Emile L'Anglier. Madeleine et sa famille très stricte viennent habiter une nouvelle maison à Glasgow, et la chambre de Madeleine est située au sous-sol du bâtiment près de celle de la gouvernante. Et c'est dans la chambre de la gouvernante que la jeune fille va recevoir son amant. Rien d'étonnant pour notre époque, il est vrai. Mais il n'en était pas de même ni en 1857, ni en 1950 au moment du tournage du film. Ainsi, si Lean ne montre aucun corps, aucune scène de sexualité. Il n'en reste pas moins que les deux tiers du film, sont intellectuellement sexualisés à outrance. Ainsi, dès le départ, le regard mystérieux de la jeune fille qui découvre ce sous-sol, laisse supposer bien des pensées inavouables. Enfin, la rencontre des deux amants, ne laisse aucun doute sur leur relation charnelle. Le génie de Lean est qu'il arrive à faire passer tous ces messages, sans jamais dévoiler le corps de sa femme dans la vie, l'actrice Ann Todd. Ainsi, il magnifie l'ensemble en s'appuyant sur la photographie prodigieuse de Guy Green, mais aussi sur les dialogues, le scénario et les situations parfois très érotiques de cette relation amoureuse cachée.

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Je n'en dirai pas plus, pour ne pas gâcher votre plaisir de découvrir ce petit bijou pour adulte ou adolescent. Mais je n'ai pas souvenir d'avoir vu un film de cette période, si baignée d'érotisme, et pourtant dans lequel où on ne distingue ni une jambe, ni un sein ! Et pourtant, on en est pas déçu. On accroche vraiment à cette histoire et à cette belle photographie. Ann Todd est prodigieuse dans ce film, ainsi que celui qui joue le rôle de son amant, l'acteur Ivan Desny. On peut citer également Leslie Banks, qui joue le rôle de ce père, avec lequel la jeune fille ne peut communiquer. A tout cela, il faut dire quelques mots, sur la belle musique romantique du grand William Alwyn qui nous donne ici une partie de l'étendu de son talent en composant une musique symphonique et romantique au possible. Malgré tout, Lean n'a pas été totalement satisfait de son film. Et on peut le rejoindre, sur un point : le dernier tiers du film et sa fin n'apportent rien. Ceci dit, on gardera les bons points du film : histoire, acteurs, photographie, musique. Pour tout cela, ce film, "Madeleine" est une curiosité qui mérite réellement d'être sorti de l'oubli et de figurer dans les grands films du cinéma britannique.

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Ci-dessus : Ann Todd & Ivan Desny

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Ci-dessus : Ann Todd & Ivan Desny

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Ci-dessus : Ann Tood & Ivan Desny

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Ci-dessus : Ann Tood & Eugene Deckers

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Ci-dessus : Ann Tood

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Ci-dessus : Ann Todd

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Ci-dessus : Ann Todd

 

Extrait de la musique :

Film disponible en VO sous-titrée français, dans le fameux coffret "David Lean, les premiers chefs d'oeuvre".

 

Note : 7,5 / 10

04/07/2015

Brève Rencontre / Brief Encounter - 1945

Il faut absolument redécouvrir l'oeuvre de jeunesse de David Lean. En effet, cette période comporte quelques perles. Ainsi, après un film de guerre "Ceux qui servent en mer" (1942) et deux comédies "heureux mortels" (1944) et "L'Esprit s'amuse" (1945), Lean se tourne vers le mélodrame avec tout d'abord "Brève Rencontre" tourné également en 1945, puis deux films aux scénarios tirés de la littérature classique anglaise "Les Grandes Espérances" (1946), "Oliver Twist" (1948). Puis un mélodrame et un drame "les amants passionnés" (1949) et "Madeleine" (1950). "Brève rencontre" qui est un mélodrame, s'inscrit donc logiquement dans l'oeuvre de l'auteur. "Brève rencontre" est une adaptation d'une pièce de Noël Coward "Still Life" (1936), qui appartient à un groupe de dix courtes pièces connues sous le titre d’ensemble "Tonight at 8:30", et qui étaient destinées à être jouées par Noël Coward lui-même. Le film se passe essentiellement dans une gare, et raconte la brève rencontre d'un homme et d'une femme, tous les deux mariés. Cette histoire d'amour, convient tout à fait au style intimiste de Lean, dont le récit n'est perturbé que par la vie d'un buffet présent dans la gare. Le génie de Lean est de nous proposer des plans photographiés magnifiquement, qui illustrent tout aussi bien l'intimité des personnages, que la relation un peu cachée qu'ils mènent. Mais Lean, nous propose un couple normal qui n'a rien d'un couple de stars hollywoodiennes. Ainsi, Trevor Howard et Celia Johnson représentent un peu Monsieur et Madame Tout-le-monde". Cela ajoute à la crédibilité du récit. La gare est le lieu symbolique par excellence de la rencontre que ce soit entre les 2 protagonistes ou entre les différents personnages secondaires qui fréquentent le buffet. En effet, la gare amène de nombreuses personnes, qui ne s'y attardent pas, mais s'y croisent. Et la gare représente aussi, le destin des voyageurs. Combien de fois, le cinéma nous a montré des couples qui se séparent ou se retrouvent sur un quai de gare ! On ne peut évoquer ce film, sans parler de sa musique et du deuxième concerto de Rachmaninov qui illustre quelques uns des moments clés du film. Mais "Brève rencontre" est aussi, évidemment marqué par la pudeur d'une époque, qui refusait de regarder l'adultère en face. Ainsi, cela peut faire aujourd'hui sourire, mais il faut quand même dire, que le film a été interdit, lors de sa sortie, par la censure en Irlande. Il en a été de même aux Pays-Bas notamment, où il fut interdit aux moins de 18 ans, alors qu'il n'a absolument rien de pornographique. La critique quant à elle n'avait que faire de la censure, et le film partagea le grand prix du festival de Cannes et plusieurs nominations. Tout cela, était totalement mérité, et couronnait un magnifique mélodrame anglais, et un film d'une très grande qualité esthétique, tourné sans nulle doute, par un génie du cinéma.

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Ci-dessus : Trevor Howard & Celia Johnson

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Ci-dessus (de gauche à droite) : Everley Gregg, Trevor Howard & Celia Johnson

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Ci-dessus : Trevor Howard & Celia Johnson

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Ci-dessus : Trevor Howard & Celia Johnson

 

Extrait du concerto N°2 de Rachmaninov :

 Film disponible en DVD zone 2, en VO sous-titrée français, au sein du coffret "David Lean - Les premiers chefs-d'oeuvre"

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Note : 8 / 10