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07/03/2015

Films d'aujourd'hui ou cinéma d'hier

J'ai souvent été marqué par la faiblesse artistique du cinéma actuel. Il n'y a que très rarement ce travail sur l'image, qui était la marque des grands réalisateurs classiques. Ainsi, le réalisateur s'efforce le plus souvent de coller à une réalité qui ne laisse que peu de place à l'émotion. Ce réalisme est pour Dudley Nichols (scénariste de films de John Ford), "une des raisons de la mort du cinéma à Hollywood, cette obsession du réalisme, cette obstination à montrer les choses telles que les perçoivent l'homme de la rue ou même un mouton". Le Technicolor était déjà à lui seul, une superbe machine à rêves, permettant à l'esprit du spectateur de se transporter ailleurs. Le film noir, était aussi une transposition dans un monde, qui n'avait rien de réel, mais où le noir & blanc était souvent magnifique. Aujourd'hui, cette obsession du réalisme, va très souvent de pair avec des scénarios plats, des personnages peu travaillés, ou les effets spéciaux servent souvent à cacher, l'insondable nullité de l'ensemble scénaristique ou des personnages. Ainsi, devant "Fury" on se surprend à se rappeler un épisode d'un jeu vidéo du style de "Call of Duty", plutôt qu'un grand film de guerre. En 2015, on fait donc bien peu de cinéma, mais beaucoup de films. Les très grands de la profession, comme Bertrand Tavernier, ne s'y trompe pas, et sente bien qu'il y a quelque chose de pourrie au royaume de l'image de synthèse. Ainsi, ce dernier racontait en 2014, à propos des Césars : "Il y a en Europe des gens qui mériteraient d'avoir des César d'honneur. Il y a des gens qui ont du talent, il y avait des metteurs en scène italiens qui mériteraient plus que Scarlett Johansson... Un César d'honneur à 29 ans ! Je veux bien qu'on le donne à des gens comme Charles Vanel, mais là...  A ce moment-là, on peut en donner un à une actrice de 21 ans l’année prochaine !" Et sa critique ne s'arrête pas là : "En ce qui concerne les musiciens, les décorateurs, je pense que les gens votent n'importent comment. Il y a eu des prix déments. Et ça a été dit par des personnes qui les ont reçu ! Je me souviens de la personne qui a reçu le César des meilleurs décors pour Au revoir les enfants, et qui avait dit : Je n'ai rien fait pour le décor !” La mort du cinéma est un thème récurrent, quasiment inhérente à l'existence du cinéma. Déjà à la fin des années 20, l'arrivée du parlant, était pour certains, la mort assurée du cinéma, puis la couleur devait également le tuer. Jusque là, il a toujours perduré. Mais force de constater que depuis 45 ans, la production cinématographique s'est affaiblie artistiquement et continue de décennie en décennie, de s'affaiblir, tout en rapportant toujours plus d'argent. Alors bien sûr, il y a encore des chef-d'oeuvres, mais ils sont moins nombreux que par le passé, et très souvent, cache avec peine, la médiocrité de la plus grande partie de la production actuelle. Quelques uns s'efforcent encore de faire de temps en temps du cinéma et pas seulement des films. Ainsi, "The Artist" (2011), c'était vraiment du cinéma. Les critiques en furent tellement surprises, que le film arriva à rafler la plus grande partie des prix cinématographiques de l'année. En attendant, en 2015, on va encore trop souvent au cinéma, voir des films qui n'ont pas grand chose à voir avec le cinéma. Alors, le cinéphile, se retourne encore et toujours vers les grands oeuvres du passé, où l'émotion, la conviction, et le travail de l'artiste réalisateur n'était pas caché par le sexe, la violence ou des techniques cinématographiques qui n'apportent rien à l'histoire. Films d'aujourd'hui ou cinéma d'hier ... Faites votre choix.

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Commentaires

Pour moi n'y a aucun doute, mon choix c'est le CINEMA d'hier pour toutes les raisons que tu as citées !
J'ajouterai aussi quil n'existe plus de bons scénaristes, on fait des remakes...
Personnellement j'ai même été choquée que Sean Penn reçoive un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière même si j'apprécie son talent. Il n'est pas en "fin de carrière" à ce que je sache!!!

Écrit par : ideyvonne | 11/03/2015

Très bonne réflexion Yvonne. Je te rejoins sur ton analyse. Et quand tu parles de scénaristes, on peut ajouter que les Ford, Capra, Curtiz, n'ont jamais été remplacés, les directeurs de la photographie non plus, et c'est pareil pour les dialoguistes et combien d'autres techniciens du cinéma. Dans les années 80, Bette Davis se faisait déjà cette réflexion en particulier sur les directeurs de la photographie. En effet, pour elle, ces gens étaient des maîtres et elle pouvait se laisser aller à jouer en toute confiance avec eux. Et pour elle, jamais on a pu les remplacer. Je me souviens encore que Gene Kelly, au moment de recevoir son prix pour l'ensemble de sa carrière, de la part de l'AFI (American Film Institute), racontait au public, que le cinéma de son époque, c'était un travail de collaboration avec les plus grands techniciens, scénaristes, compositeurs, paroliers etc. Ces gens sont irrémédiablement disparus et la 3D, et le rayon laser sont censés porter l'art cinématographique. On peut effectivement à minima s'interroger sur la qualité artistique de l'ensemble.

Amicalement.
Stéphane (Hollywood Classic).

Écrit par : Stéphane | 12/03/2015

Quel talent et quel personnage cette Bette Davis, elle qui a dû "ruer dans les brancards" pour faire avancer le cinéma et faire reconnaître les acteurs.
Pour les directeurs de la photographie, c'est clair que sans eux les films ne seraient pas ce qu'il sont. D'ailleurs ce soir sur TCM il y a un hommage vers 19h à Jack Cardiff qui nous a offert de très grands classiques puis 2 de ses films.
Dans mon blog, j'ai justement préféré montrer la qualité artistique en ne publiant que les photos de films. Je trouve que c'est par le visuel que l'on se rend compte de la beauté du cinéma et quand on se penche sur les carrières de grands réalisateurs, beaucoup avaient débuté au cinéma muet !!!

Écrit par : ideyvonne | 13/03/2015

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