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14/01/2014

Django Unchained - 2013

Hier j'ai malheureusement vu le dernier Tarantino, "Django Unchained". J'avoue avoir été très mal à l'aise pendant tout le film. En effet, les blancs sont systématiquement représentés comme soit des sadiques, soit des demeurés, mais de toute façon racistes. Les noirs sont tous exploités par les blancs. Et pour se faire justice, le gentil héros noir persécuté, doit tuer tous les blancs, à la limite il est devenu raciste à cause des blancs ... Vous l'aurez compris Tarantino, ne fait donc pas trop dans la nuance ou l'intelligence ici. Même Spyke Lee devait d'ailleurs refuser d'aller voir le film, jugeant que le drame de l'esclavage méritait autre chose qu'une représentation dans un western spaghetti. Pour mettre tout ça à l'écran, Tarantino nous ajoute des litres et des litres d'hémoglobines. Donc après deux heures, on arrive au massacre final, qui fait d'ailleurs penser plus à une scène de la série des "Freddy" qu'à un western.

django-unchained-fan-poster-foxx-waltz.jpg

Alors oui c'est vrai que les acteurs sont plutôt bons. Mais l'infamie du scénario, et l'horreur des dialogues où le mot "nègre" est prononcé toutes les 3 minutes, sont particulièrement sordides. Je pense que le plus extrême militant des Black Panthers n'aurait pas pensé à un tel mélange de sadisme, de violence, d'ignominie, et d'irresponsabilité. Car finalement ce film n'est qu'un ignoble brûlot dont l'écriture semble avoir été laissée à une personne souffrant de graves problèmes psychologiques. On peut aimer le style de Sade, sans aimer ce qu'il décrit. C'est un peu pareil ici. "Django Unchained" est un bien méchant film, dont la moralité pourrait être : tue tous ceux qui le mérite surtout si ils sont blancs. Jeffrey T. Kuhner devait d'ailleurs titrer dans The Washington Post  “Jamie Foxx et la montée du sectarisme noir” et définir l’acteur comme un “nationaliste noir”. Il y écrit que “l’intolérance envers les Blancs fait partie de notre culture postmoderne, le film résumant un thème central : l’homme blanc est le diable – un fléau moral qui doit être éradiqué comme un virus mortel.” Il ajoute : “La discrimination positive, les races mises de côté, les quotas universitaires, l’implacable promotion de la “diversité”, le continuel mouvement vers l’élimination de nos racines européennes et judéo-chrétiennes de la place publique équivalent à une campagne libérale de racisme envers les Blancs.” Tout est dit.

django-unchained.jpg

Ci-dessus : Jamie Foxx et Leonardo Di Caprio

Note : 3 / 10

Commentaires

Bonjour Stéphane,

En lisant le titre j'étais curieux de connaître ton avis sur ce film et j'ai directement regardé la note ! j'ai moi même pas du tout aimé le film. Mais que font ces excellents acteurs dans cette farce ? Pour adhérer au style de Tarantino, j'ai besoin d'en rire, et cette fois le film n'est pas du tout drôle. La violence est grossière, les rapports humains simplistes et j'ai aussi compté les minutes pour chaque bidon de sang utilisé ! J'ai très vite décroché quand j'ai constaté que le rôle de Django, esclave affranchi était en décalage complet avec la réalité de l'époque. C'était comme un nouveau Retour vers le futur et un Django du XXIe siècle venait venger à priori les esclaves du XIXe. Bizarre et confus.
Voilà pour mon avis sur le film. Après avoir lu la presse enthousiaste pour le film, c'est à n'y rien comprendre. Le style ne suffit pas à faire un film.
La seconde partie de ton billet dépasse la critique du film. J'ai cherché sur Google pourquoi ta citation visait l'acteur Jamie Foxx (et non le film ou son rôle) et c'est en raison d'une interview qu'il a tenu. Parce que le film ne raconte pas ce qui est développé dans ta citation, d'un ordre plus idéologique. Le film, lui, est au ras des pâquerettes.

Bien à toi,
Olivier

Écrit par : Olivier | 14/01/2014

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Le film m'est apparu plus nuancé. Le véritable personnage principal n'est pas, dans les deux premiers tiers du film, Django, mais le docteur Schultz, incarné par l'excellent Christopher Waltz. C'est lui qui bénéficie des morceaux de bravoure en terme de dialogue (à écouter en version originale sous-titrée). C'est lui qui joue un rôle déterminant dans l'action et qui devient le mentor de Django. (De mauvais esprits pourraient même reprocher au scénario de faire du héros le "bon élève" du Blanc cultivé.)

Au niveau des personnages secondaires, on peut signaler la composition de Samuel L Jackson, qui est le méchant le plus retors... et qui est noir.

Comme on est chez Tarantino, cela reste une farce. Quant à la dénonciation du racisme des Blancs américains et de la politique esclavagiste, elle ne me dérange nullement. Je ne me sens pas visé et j'ai pleinement profité du spectacle. Mais je comprends que le déversement d'hectolitres de sauce tomate ait pu choquer ou lasser.

Écrit par : Henri Golant | 15/01/2014

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Bonjour Olivier et Henri,

J'ai ajouté cette citation car j'ai trouvé qu'elle collait au film, même si le film ne dit pas ça effectivement. On est tous assez grand pour interpréter. Donc oui, je n'ai pas rit du tout cette fois-ci. Contrairement au précédent Tarantino qui était quand même un peu plus fun. Là j'avoue que la violence m'était proprement insupportable. Et je n'ai pas aimé le message en filigrane, néanmoins très clair.

Ceci dit, le message d'Henri est aussi un autre point de vu et une autre interprétation acceptable du même même film.

Amicalement.
Stéphane (HC)

Écrit par : Stéphane | 15/01/2014

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Hello Stéphane,

j'étais moi aussi curieux de lire ton avis sur Django. J'ai personnellement bien aimé le film (au point de le mettre dans mon top 2013, mais faut dire que j'ai pas vu grand chose cette année). Le film m'a bien fait rire, dans ses dialogues (excellent Christopher Waltz !) comme dans ses différents excès ; la charge du Ku Klux Klan est quand même très drôle. Je comprend que le contexte et la façon de le traiter te fasse tiquer. J'ai moi-même trouvé la toute dernière partie (vengeance de Django après la mort de SPOILER Christopher Waltz FIN SPOILER) totalement inutile, et fachevant de faire de Django un vrai con. Pour moi, le perso principal est clairement Christopher Waltz, d'où l'inutilité de continuer le film après son trépas.

A bientôt,

Raphaël

Écrit par : Raphaël | 20/01/2014

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Oui Raphael, pour "apprécier" ce film, il faut être dans un trip 2ème ou 3ème degré que je n'ai pas pu avoir comme sur le précédent Tarantino. J'avoue que ce film m'a choqué au niveau de son rapport à la violence et sur son "message".

Amicalement.
Stéphane (HC).

Écrit par : Stéphane | 21/01/2014

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