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31/12/2013

Les Années sauvages / The Rawhide Years - 1956

Aujourd'hui pour le dernier jour de l'année, je vous présente un westerm champagne en Technicolor, et avec Tony Curtis, Colleen Miller, et Arthur Kennedy, dans les rôles principaux : "les années sauvages" connu aussi sous son titre belge, "les pirates du fleuve". Il a été réalisé par Rudolph Maté. Il faut savoir qu'avant d'avoir une belle carrière hollywoodienne, Rudoph Maté a été révélé, en 1928 par son travail sur "la Passion de Jeanne d'Arc" sous la direction de Carl Theodor Dreyer. Pour ma part, j'ai eu une très bonne impression du "gentilhomme de la Louisiane" du même Rudolph Maté, réalisé en 1953. Par contre j'avais été très déçu par son "chevalier du roi" avec le même Tony Curtis réalisé en 1954. Je trouvais les décors en carton-pâtes. Et que le film ne tenait pas la comparaison avec "les aventures de Robin des bois" (1938), "Ivanhoé" (1952), ou "les chevaliers de la table ronde" (1953). Ici pas d'inquiétude, on est devant un très beau western de Maté, qui sur un scénario rythmé, nous laisse à voir des bagarres, des rebondissements, des attaques en rivière, des règlements de compte, des lynchages, des chansons, mais aussi et surtout beaucoup de jolies filles légèrement vêtues. Donc il y a de quoi être heureux, devant ce petit western sans prétention, mais mené avec humour, action, et donc un zest d'érotisme, qui en fait un compagnon idéal pour bien finir ou commencer l'année.

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A cela, il faut ajouter, une bonne figuration, des beaux décors. Il est donc difficile de demander beaucoup plus, sinon peut être un casting encore plus prestigieux. Car malgré ses limites, le duo Tony Curtis / Colleen Miller, remplace avec brio le duo Tyrone Power / Piper Laurie. Et il n'en reste pas moins que l'un et l'autre vont bien ensemble et sont convaincants. Peter Van Eyck dans le rôle du méchant et traître de service est également savoureux. Voilà, je vous laisse avec la présentation de Mr Patrick Brion et vous donne un dernier conseil pour cette année : il faut redécouvrir "les années sauvages" de Rudolph Maté. Il en vaut la peine et qui plus est, la qualité d'image est correcte même si le Technicolor est ici un peu terne.

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Ci-dessus : Arthur Kennedy, Tony Curtis, Colleen Miller

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Ci-dessus : Arthur Kennedy et Colleen Miller

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Disponible chez Sidonis en DVD zone 2 (bonne qualité) VF et VO sous-titrée

 

Note : 6,5 / 10

30/12/2013

Souvenez vous de ... Rhonda Fleming !

Magnifique beauté des années 40 et 50, Rhonda Fleming a illuminé le cinéma américain de sa présence. Et la sortie récente de "la cinquième victime" (1956),  nous rappelle à son souvenir. Moi je l'avais remarqué très jeune, dans "Réglement de compte à Ok Corral" (1957) avec Kirk Douglas et Burt Lancaster. Mais Rhonda n'était pas seulement une héroïne de western. Elle était capable de tout jouer et particulièrement dans des films noirs. Et entre sa carrière cinématographique, télévisuelle, et ses 5 maris, on peut dire, sans se tromper que la vie de Rhonda Fleming a été bien remplis. Hollywood Classic aime Rhonda Fleming et pense très fort à elle. Un mot pour dire, que l'on devrait redécouvrir en HD en 2014, "Réglement de compte à OK Corral". J'en parle car c'est mon western préféré. A Dream of you, so an article for you, Miss Fleming. Souvenez vous de ... Rhonda Fleming !

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Filmographie

  • 1943 : La Ruée sanglante (In Old Oklahoma) d'Albert S. Rogell

  • 1944 : L'Etrange Mariage (Betrayed) de William Castle avec Robert Mitchum et Kim Hunter (fille dans le train)

  • 1944 : Depuis ton départ (Since You Went Away) de John Cromwell - apparition

  • 1945 : La Maison du docteur Edwardes (Spellbound) d'Alfred Hitchcock

  • 1946 : Règlement de comptes à Abilene Town (Abilene Town) d'Edwin L. Marin

  • 1946 : Deux mains, la nuit (The Spiral Staircase) de Robert Siodmak

  • 1947 : Pendez-moi haut et court ou La griffe du passé (Out of the Past) de Jacques Tourneur

  • 1949 : Un Yankee à la cour du roi Arthur (A Connecticut Yankee in King Arthur's Court) de Tay Garnett d'après Mark Twain, avec Bing Crosby, Cedric Hardwicke

  • 1949 : Don Juan de l'Atlantique (The Great Lover) d'Alexander Hall avec Bob Hope, Roland Young

  • 1950 : L'Aigle et le Vautour (The Eagle and the Hawk) de Lewis R. Foster avec John Payne

  • 1951 : L'Implacable ennemie (Cry Danger) de Robert Parrish avec Dick Powell

  • 1951 : Tête d'or et tête de bois (The Redhead and the Cowboy) de Leslie Fenton avec Glenn Ford

  • 1951 : Le Dernier bastion (The Last Outpost) de Lewis R. Foster avec Ronald Reagan

  • 1951 : Little Egypt de Frederick De Cordova avec Mark Stevens

  • 1951 : L'Or de la Nouvelle-Guinée (Crosswinds) de Lewis R. Foster avec Payne

  • 1952 : Hong Kong de Lewis R. Foster avec Reagan

  • 1952 : Le faucon d'or de Sidney Salkow avec Sterling Hayden

  • 1953 : Tropic Zone de Lewis R. Foster avec Reagan

  • 1953 : Serpent of the Nile de William Castle rôle de Cléopâtre avec Raymond Burr en Marc Antoine

  • 1953 : Le Triomphe de Buffalo Bill (Pony Express) de Jerry Hopper avec Charlton Heston en Buffalo Bill

  • 1953 : Those Redheads from Seattle de Lewis R. Foster avec Gene Barry, Agnes Moorehead

  • 1953 : Inferno de Roy Ward Baker avec Robert Ryan

  • 1954 : L'appel de l'or (Jivaro) de Edward Ludwig avec Fernando Lamas, Brian Keith

  • 1954 : Yankee Pasha de Joseph Pevney avec Jeff Chandler, Mamie Van Doren

  • 1955 : Le Bagarreur du Tennessee (Tennessee's Partner) d'Allan Dwan avec Payne et Reagan

  • 1955 : Sémiramis, esclave et reine (Cortigiana di Babilonia) de Carlo Ludovico Bragaglia avec Ricardo Montalban

  • 1956 : Le Tueur s'est évadé (The Killer Is Loose) de Budd Boetticher

  • 1956 : Deux rouquines dans la bagarre (Slightly Scarlet) d'Allan Dwan

  • 1956 : La Cinquième Victime (While the City Sleeps) de Fritz Lang

  • 1957 : Règlement de compte à OK Corral (Gunfight at the O.K. Corral) de John Sturges

  • 1957 : L'Homme qui n'a jamais ri (The Buster Keaton Story) de Sidney Sheldon avec Donald O'Connor en Buster Keaton, Ann Blyth

  • 1957 : Terreur dans la vallée (Gun Glory) de Roy Rowland avec Stewart Granger

  • 1958 : La femme au fouet (Bullwhip) de Harmon Jones avec Guy Madison

  • 1958 : Retour avant la nuit (Home Before Dark) de Mervyn LeRoy avec Jean Simmons, Dan O'Herlihy

  • 1959 : Ne tirez pas sur le bandit (Alias Jesse James) de Norman Z. McLeod avec Bob Hope

  • 1959 : Le Cirque fantastique (The Big Circus) de Joseph M. Newman

  • 1960 : The Crowded Sky de Joseph Pevney avec Dana Andrews, Efrem Zimbalist Jr.

  • 1960 : La Révolte des esclaves (La rivolta degli schiavi) de Nunzio Malasomma d'après Fabiola du cardinal Wiseman

  • 1964 : Pão de Açúcar de Paul Sylbert avec Rossano Brazzi (tourné au Brésil)

  • 1964 : Jerry souffre-douleur (The Patsy) de Jerry Lewis

  • 1965 : Mes femmes américaines (Una moglie americana) de Gian Luigi Polidoro avec Ugo Tognazzi, Marina Vlady

  • 1976 : Won Ton Ton, le chien qui sauva Hollywood (Won Ton Ton, the Dog Who Saved Hollywood) de Michael Winner

  • 1980 : Le plus secret des agents secrets/The Nude Bomb de Clive Donner avec Don Adams, Sylvia Kristel

 

Hommage vidéo :

 

 

29/12/2013

Anna Karénine / Anna Karenina - 1948

"Anna Karénine" dans sa version de 1948, et dans une réalisation de Julien Duvivier est un peu décevante, si on la compare à la version de 1935 avec Greta Garbo. En effet, la version de 1935 comprenait Fredric March dans le rôle de l'amant et Basil Rathbone dans le rôle du mari trompé. On adorait l'un et on aimait détester l'autre. Ici ce serait un peu le contraire, le malheureux Kieron Moore semble désemparait devant le talent de Vivien Leigh. Et si au début, il passe bien en amoureux transit, on finit par de moins en moins croire en son jeu. Enfin Ralph Richardson, en mari trompé, mais qui veut rester fidèle à ses principes chrétiens, semble jouer une interprétation quelque peu différente de celle de Rathbone. Mais surtout, le film est trop long : 2H10 au lieu de 95 minutes pour la version de 1935. On peut donc considérer cette version anglaise dans une production d'Alexandre Korda, comme un peu inférieure à son aîné, malgré la présence de la belle Sally Ann Howes.

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Ceci étant dit, le film a aussi beaucoup de qualités, en particulier la réalisation de Duvivier, qui sait exploiter la lumière ou les rares scènes extérieures, pour faire de ces scènes sur les quais de gare des moments magiques. On sent l'influence de précédents films de Vivien Leigh. On pense ainsi à "la valse dans l'ombre" (1940) de Mervyn LeRoy, qui avait au moins une scène sur le quai d'une gare, et qui avait également pour sujet un amour tragique. Malgré toutes ces qualités, le film n'arriva pas à convaincre  le public de l'époque, et la régidité de l'ensemble ne faisait rien pour arranger l'affaire. Ainsi, Duvivier filma d'une bien curieuse manière la course de chevaux en ne prenant que le visage de Leigh et de son mari. C'était se priver d'une scène épique et qui aurait pu permettre au film de reprendre sa respiration. La musique de Constant Lambert, fait beaucoup pour rendre le film moins étouffant. Et on reste malgré tout, profondément marqué par la scène finale, d'abandon de l'actrice qui réalise un formidable numéro, qui augure de sa fin tragique, des années plus tard, et de son état dépressif de l'époque. C'est pour cela que le film reste encore dans nos mémoires aujourd'hui et résonne comme une étrange épitaphe à son endroit. Je ne peux donc comme Duvivier, m'empêcher de citer Tolstoï : "Et la lumière, qui pour l’infortunée avait éclairé le livre de la vie, avec ses tourments, ses trahisons et ses douleurs, déchirant les ténèbres, brilla d’un éclat plus vif, vacilla et s’éteignit pour toujours."

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Ralph Richardson

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Ci-dessus : Sally Ann Howes et  Kieron Moore

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Kieron Moore

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Ci-dessus : Vivien Leigh

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Ci-dessus : Vivien Leigh et Ralph Richardson

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Ci-dessus : une scène pendant le tournage (on remarque Duvivier assis, Vivien Leigh et mary kerridge)


Extrait de la musique (avec la courtoisie de Corentin) :

Disponible chez Elephant Films en DVD Zone 2 (sous-titré en français). Qualité d'image moyenne, mais à ma connaissance, la meilleure disponible à ce jour.


Note : 6,5 / 10

28/12/2013

La femme sur la plage / The Woman on the Beach - 1947

"Pour la Femme sur la Plage, il y avait un roman, publié et vaguement lu, et c’est ce qui a décidé la RKO à me confier la réalisation d’une pauvre intrigue. J’ai accepté, je ne sais pas pourquoi, sans doute pour payer mes taxes, et ça a ajouté quelques kilomètres de plus à la ponte annuelle de notre bonne ville (…) Je viens de passer quatre mois d’abrutissement absolu à monter et à redémonter mon dernier film." C'est en ces termes peu élogieux pour son propre travail que Renoir parlait de "la femme sur la plage". Aujourd'hui 66 ans après sa création doit on être aussi dur que Renoir sur son film ? Qu'en est il vraiment ? Les critiques ont elles eu raison de renier ce dernier film de Renoir ? Hollywood classic a vu aussi ce film et vous donnera son opinion. Le film tourne autour du trio, Joan Bennett, Robert Ryan et Charles Bickford. Charles Bickford c'est évidemment le propriétaire violent de "duel au soleil" avec Gregory Peck.

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Tout d'abord, je pense qu'il faut prendre le film tel qu'il est sans le comparer à d'autres films de la période américaine de Renoir : "L’étang tragique", "Vivre Libre", "L’homme du sud", "Le journal d’une femme de chambre". Ceci étant dit, ces films n'étaient pas exempts de défauts. Ainsi, "Vivre Libre" censé se passer en France occupée, laissait apparaître des enseignes de magasins en anglais. Ce n'était pour le moins, pas très crédible. Pour "la femme sur la plage" le premier vrai défaut est qu'on ne sait pas bien si c'est un film noir ou un mélodrame. Le film ne semble pas vouloir choisir et jusqu'à la fin, on ne se demande si c'est un mélodrame que l'on regarde ou un film noir. Enfin le scénario n'est pas très clair. En effet, un garde de côté (Robert Ryan) traumatisé par un naufrage, se prend d'affection pour une jeune femme marié (Joan Bennett) à un aveugle violent et possessif (Charles Bickford). Ce que l'on peut reprocher au film, c'est évidemment d'être finalement assez superfitiel dans sa caractérisation des personnages. On sent bien que Renoir n'a pas osé ou a été gêné en voulant mettre à l'écran une forme de relation sadomasochiste, où le mari a perdu un oeil de la faute de sa femme, et où suite à cela, la femme est devenue l'esclave ménagère de l'homme, et on suppose sexuel également.

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Ci-dessus : Joan Bennett, Charles Bickford et Robert Ryan

Voilà ce qu'en disait François Truffaut : Ce que j'aime dans "la femme sur la plage", c'est qu'on y regarde deux films en même temps. Dans le dialogue, on ne parle jamais d'amour, les personnages échangent des propos courtois, polis. L'essentiel n'est donc pas dans le dialogue qu'ils prononcent mais dans les regards qu'ils échangent, et qui expriment des choses troubles, secrètes et pourtant très précises. Le cinéma n'est jamais autant lui-même que lorsqu'il parvient, en utilisant le dialogue comme une musique de contrepoint, à nous faire entrer dans les pensées des personnages. C'est sous cet angle que je vous invite à regarder les trois prodigieux acteurs de "la femme sur la plage", Joan Bennett, Robert Ryan, Charles Bickford, regardez-les comme des animaux, comme des bêtes farouches qui déambulent dans la jungle crépusculaire de la sexualité refoulée." Ainsi, même si Truffaut se plaignait de la non caractérisation des dialogues. Certains dialogues ne prêtent pas à confusion et laisse comprendre une servilité totale de la femme pour son mari aveugle. Hanns Eisler, compositeur aujourd'hui oublié, nous gratifie ici d'une intéressante musique, qui mérite notre attention.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Robert Ryan

"La femme sur la plage" n'est donc pas du tout un mauvais film. C'est même un film plutôt surprenant, qui évoque à mots couverts, des thèmes que l'on osait pas évoquer en 1947. L'adultère n'est plus ici, un crime, mais une libération. L'héroïne semble aimer et détester tout à la fois son mari, dans un jeu pervers assez malsain, dont la valeur de ses peintures reste un des noeuds de l'attachement qu'elle a encore pour son mari. Il y a une grande modernité dans tout ça, qui semble avoir désarçonné son auteur lui même, ainsi que le public de l'époque. "La femme sur la plage" n'en reste pas moins un très bon film, qui mérite d'être tiré de l'oubli. On regrettera seulement un scénario, qui finalement ne va pas au fond des choses, et qui reste assez superficiel.

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Ci-dessus : Joan Bennett

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Ci-dessus : Nan Leslie

Disponible aux éditions Montparnasse (DVD zone 2 VO sous-titrée)

Note : 6,5 / 10

27/12/2013

Chasse à l'homme / Manhunt - 1941

Après l'échec de "casier judiciaire" (1938), Lang semblait perdu pour le cinéma américain. Il partit donc vers l'Ouest filmer les indiens. De fil en aiguille, ses petits films furent progeter à Darryl F Zanuck qui décida de l'engager pour deux westerns : "le retour de Franck James" et "les pionniers de la Western Union". On peut toujours critiquer ces deux films, en doutant de l'apport d'un Allemand comme Lang à un thème typiquement américain. Néanmoins, ces films eurent pour conséquences de sortir Lang de son statut de paria du cinéma américain. Et donc en 1941, il tournait "chasse à l'homme", film cette fois-ci beaucoup plus personnel, car évoquant le nazisme. On sait que Lang était profondément anti-nazi et avait même fondé une association anti-nazie à son arrivée aux USA. Le film est également intéressant, car il nous permet de voir la première collaboration de Lang avec Joan Bennett. Cette dernière deviendra une des égéries de Lang et jouera ainsi dans 3 autres films noirs de Fritz Lang : "la femme au portrait" (1944), "la rue rouge" (1945) et "le secret derrière la porte" (1948). Mais on la verra aussi dans d'autres films, comme par exemple, le formidable film avec Paul Henreid, "le balafré" (1948). George Sanders est également présent dans "chasse à l'homme". Et on notera qu'il avait déjà été le partenaire de Joan Bennett l'année précédente dans "le fils de Monte-Cristo". Malheureusement, ce film est indisponible en France, mais disponible sur Youtube sans sous-titres. On se demande bien pourquoi les éditeurs ne sortent pas ce film. Si quelqu'un de Sidonis ou Wild Side passe par là et peut faire quelque chose. Il est le bienvenu.

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Pour revenir à "Chasse à l'homme", je ne vais pas vous raconter l'histoire, mais essayer de vous donner envie de le voir. Le film est tiré du roman "Manhunt", dont Dudley Nichols fera un scénario, qui sera remis à Lang. Le film évoque l'Allemagne nazi, mais aussi la possibilité d'un assassinat d'Hitler. Le but du film est de décider l'Amérique à rentrer dans le conflit. Lang évoque différents thèmes : espionnage, amour, mais aussi conscience et inconscient. Le chef du contre espionnage joué par George Sanders, va jouer malgré lui, le rôle du psychiatre. et Walter Pidgeon, le héros, va jouer le rôle du patient. Sanders arrivera à la fin du film à donner conscience à l'inconscient des actes de Pidgeon. Enfin, il faut ajouter que le personnage de  Joan Bennett est très sympathique. En effet, elle joue une fille facile du peuple, qui rencontre en Pidgeon l'homme parfait. Elle est très touchante, quand elle pleure, lui voulant dormir seulement sur le canapé de lui même. On a l'impression qu'elle est déçue que ce dernier ne se jette pas sur elle. Mais on se dit aussi, qu'elle pleure, parce que c'est aussi le premier homme qui dort chez elle, sans rien tenter. Et comme nous, elle est touchée par ce geste désintéressé. On reste surpris par le petit budget du film, et par seulement les 28 jours de tournage pour un tel résultat à l'écran.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Walter Pidgeon

"Chasse à l'homme" est donc au bout du compte, un beau film noir et romantique. On en oublie que son sujet est celle d'un film de propagande. Le suspens fait parfois penser à Hitchcock. Et on se rappelle ainsi, d'autres films anti-nazis cette fois-ci d'Hitchcock, comme "Saboteur" (1942) ou "Correspondant 17" (1940), même si Lang en fera d'autres, comme "Les Bourreaux meurent aussi" (1943), "Espions sur la Tamise" (1944) et "Cape et Poignard" (1946).. Et en plus, on a la chance de retrouver Joan Bennett en anglaise des rues avec un accent très british mais aussi très populaire. Je ne peux donc que vous conseiller sur la magnifique édition sortie dernièrement par Sidonis, qui a une magnifique qualité d'image et de très nombreux bonus; dont un long entretien avec un spécialitste de Lang, Bernard Eisenschitz et Mr Patrick Brion.

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Ci-dessus : Joan Bennett et Walter Pidgeon

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Ci-dessus ; Walter Pidgeon et Roddy McDowall

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Disponible en Bluray et DVD zone 2 et B sous-titré en français dans un coffret magnifique, comprenant un livret explicatif.

Note : 8 / 10

26/12/2013

La Cinquième Victime / While the city sleeps - 1956

"La cinquième victime" est l'avant dernière oeuvre de Lang aux USA. C'est une de ses plus sombres. En effet, Lang n'a pas encore terminé "les contrebandiers de Moonfleet" quand on lui soumet le scénario de la cinquième victime. On sait que Lang sera peu satisfait de "Monfleet". En effet, il considérera que le film, lui a en parti échappé pour revenir dans les mains des producteurs, en particulier en ce qui concerne le montage final, où des scènes ont été supprimées et où une autre fin lui a été imposée. De plus l'oeuvre n' a pas obtenu le succès attendu. Lang semble en 1956,  un peu, à bout d'inspiration. Pourtant, il a encore des choses à dire dans "la cinquième victime". Mais ce qu'il dira, sera toujours teinté pour la plus grande partie de l'oeuvre, d'une profonde noirceure. Le film évoque deux intrigues principales : la direction d'une agence de presse, et le parcours d'un tueur psychopathe, obsédé par le meurtre de femmes. Lang va retravailler à fond le scénario de Casey Robinson, qui s'était lui même inspiré d'un roman, "the Bloody Spur". On sait que Lang aime la résonance et donc cette oeuvre fera échos au dernier film américain de Lang : "l'invraisemblable vérité" (1956), qui là aussi évoquera le milieu de la presse,

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Le csting est très bon avec Vincent Price en Président Directeur Général du groupe de presse, Thomas Mitchell en directeur des publications, et Georges Sanders en directeur de la communication, et Dana Andrews en journaliste d'investigation. Pour les vedettes féminines, on retrouve Ida Lupino en journaliste, Rhonda Fleming en femme du grand patron, et Sally Forrest. Pour Sally Forrest, on se rappelle surtout d'elle pour son interprétation sur scène d'une pièce qui deviendra un peu un film mythique de la comédie américaine. En effet, Sally interprétera 1141 fois, "Sept ans de Féflexion".

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Ci-dessus : Dana Andrews, Sally Forrest, et Thomas Mitchell

Toute l'oeuvre de Lang est donc tournée vers la noirceur. Noirceur des personnages dont la seule ambition est le pouvoir : ambition des directeurs vers la place qu'ils convoitent tout, et qui leur apportera succès et argent, ambition de pouvoir du tueur sur ses victimes. Ainsi, Lang donne ici une critique acerbe de la société américaine de 1956, comme si il savait que le ver est déjà dans le fruit. Ainsi, rien est obtenu normalement. Tous les rapports humains son pervertis. Le patron fait pression sur l'employé pour obtenir ce qu'il souhaite, et l'employé sur le policier. Enfin, tous les rapports humains sont faux. La femme du grand patron a une relation hors mariage avec l'un de ses directeurs, pour mieux le manipuler. Lang aborde ainsi le thème de la sexualité, sur un angle rarement abordé à Hollywood jusque là ou sinon avant que le fameux code de censure "Hays" n'ait été mis en place. La sexualité ne semble ici que perversité, adultère ou tromperie. Ainsi, le film de Lang sonne d'une étrange modernité, enveloppé qu'il est dans une réalisation très classique. Ainsi, le film se prend à tourmenter les héroïnes féminines.

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Ci-dessus : Rhonda Fleming et Vincent Price

Avec son casting de stars, Lange mélange, sexe, ambition, pouvoir, et meurtre dans un mélange novateur, comme rarement vu dans le cinéma de cette époque. Le film évoque les côtés les plus noirs de la société américaine des années 50. Mais il choque par sa modernité, qui évoque des oeuvres plus récentes comme "l'étrangleur de Boston" (1968) avec Tony Curtis, qui ira plus loin encore dans le sexe et la violence. Lang dénonce les travers de la société américaine de 1956. L'ambition, le pouvoir, le sexe, tout est en place pour la grande déflagration des années 60, qui culminera avec la mort de Kennedy, la guerre du Vietnam, puis avec la contre-culture. Lang ne pouvait voir tout cela en 1956, mais il pressentait la catastrophe. Et même si la fin du film, semble nous dire que rien ne changera, il en a trop dit avant, pour ne pas avoir laissé au spectateur, l'idée que ce monde touche à sa fin et que les décennies qui s'annoncent seront bien celles des grands bouleversements pour la société américaine et occidentale toute entière. En est on jamais sorti ? Le meilleur des mondes reste encore à inventer. Quant à Lang, il semble être allé ici, au bout de sa recherche formelle en terme de réalisation de film noir et ouvre donc une nouvelle voie pour d'autres films. Il réalisera donc un dernier film aux USA, "l'invraisemblable vérité", avant de renaître tel le Phénix, avec "le tigre du Bengale" (1958) et "le tombeau hindou" (1959), mais cette fois-ci dans des productions allemandes.

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Ci-dessus : Ida Lupino, Fritz Lang et Dana Andrews

Film disponible dans un magnifique coffret Wild Side en DVD zone 2 VF ou VO sous-titrée

 

Note : 8 / 10

25/12/2013

Joyeux Noël à tous et à toutes !

Hollywood Classic vous souhaite un très joyeux Noël à tous et à toutes, croyants ou non croyants, que ce jour, apporte à chacun d'entre vous, la paix de l'esprit, compréhension et amour envers votre prochain. Que la tolérance, et la beauté de ce jour illuminent votre coeur. Partager votre joie, autour de vous. Un première pensée à vous mes lecteurs, en citant en tout premier lieu, notre lecteur VIP : Olivier, et tous les autres comme Raphael, qui passe de temps en temps ici. Vous êtes ici chez vous. Et en attendant, si on se souvenait de quelques belles chansons de Noël ?

Joyeux Noël à tous !

 

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24/12/2013

Les Misérables - 2012

C'est quelque peu impressionnant de s'attaquer aux Misérables de Tom Hooper. En effet, le film a été primé de multiples fois, et a reçu un très bon accueil du public, rapportant 441 millions de dollars, faisant de ce dernier, le filmn non américain le plus rentable de l'histoire du cinéma. Car "les Misérables" version 2012, sont une production britannique. On remarquera pourtant que c'est en France que les Misérables marchent le moins bien. Peut être que le public français ne s'y est pas trompé. En effet qu'est ce que les Britanniques peuvent bien comprendre à l'histoire de la France ? Mais si on reprend une analyse depuis le début, on se rend compte que le film comporte un très bon casting, avec en tête : Russell Crowe, Hugh Jackman. et Anne Hathaway, dans les rôles principaux. Le jeu des uns et des autre est plutôt bon. Et Anne Hathaway arrive à nous faire passer une très forte émotion, comme Hugh Jackman, qui montre ici quel acteur il peut être et qu'il peut être autre chose qu'un loup garou aux griffes d'acier. La réalisation de Tom Hooper est contestable sur bien des points. Mais on ne peut lui reprocher d'avoir voulu faire une comédie musicale, d'une comédie musicale ! La meilleure scène reste la révolte populaire de 1832. Hooper arrive à faire passer à ce moment l'urgence de la situation et l'insurrection qui s'organise de manière palpable.

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Alors bien sûr d'autres choix artistiques sont contestables. Ainsi, je n'aime pas du tout le personnage outré des Thénardier, qui semblent improbables. A trop vouloir en faire, on finit par viser à côté. Enfin, la fuite de Jean Valjean dans les égouts parisiens est assez horrible à regarder. Il n'était pas nécessaire de donner envie de vomir au public. Il y a donc du très bon, et du mauvais et du très mauvais dans ses "Misérables" de 2012. On peut néanmoins constater que le film va dans le bon sens, en tentant de revisiter comme il le peut l'immortelle oeuvre de Victor Hugo. L'esprit est là. Mais pour la beauté et le lyrisme d'Hugo ce n'est pas encore ça. Cette version est donc très loin de la version avec Fredric March ou avec Jean Gabin. Néanmoins, elle existe et si elle ne mérite pas toutes les éloges d'une grande partie de la profession cinématographique, elle ne mérite pas non plus le torrent de réprobations d'une bonne partie des critiques françaises.

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Ci-dessus : Russell Crowe

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Ci-dessus : Hugh Jackman

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Ci-dessus : Hugh Jackman et Isabelle Allen


 

Note : 6 / 10

23/12/2013

Hollywood Classic vous offre un merveilleux cadeau pour Noel !

Hollywood Classic a décidé de vous faire partager à vous lecteurs, plus d'un siècle de musique de film, en mettant à l'honneur toutes les musiques de film. Vous pouvez donc rêver au coin du feu, pendant ces vacances de Noël, seul ou même à deux, sur les plus belles musiques du cinéma. Bonne écoute !

 

 100 musiques de films :

http://hollywoodclassic.hautetfort.com/les-plus-belles-musiques-de-film-tous-les-temps.html

22/12/2013

Hitchcock - 2012

Le premier plaisir en regardant le film « Hitchcock » c’est de se trouver sur le tournage de « Psychose » en 1959 et d’en suivre la fabrication depuis l’écriture du scénario jusqu’à sa sortie au cinéma avec ses difficultés, les négociations avec le studio Paramount ou encore l’organisme de censure. D’ailleurs le titre est trompeur puisqu’il ne s’agit  pas de la vie et de l’œuvre du réalisateur mais uniquement de la chronique d’un tournage, très limité dans le temps. Néanmoins, la vie privée d’Alfred Hitchcock pendant le tournage est largement abordée puisque sa meilleure collaboratrice n’est autre que sa femme, Alma. C’est là que j’ai beaucoup appris car l’apport d’Alma est manifeste dans le scénario comme dans la réalisation de « Psychose ». Le couple est le ressort dramatique du film « Hitchcock » avec des moments d’humour et de tendresse qui font souvent passer le film pour une comédie romantique. Ainsi les problèmes du tournage sont légers, les obsessions sadiques d’Hitchcock sont amusantes et la main mise autoritaire du studio facilement écartée. On peut regretter le manque de traitement du génie reconnu d’Alfred Hitchcock et on peut au contraire se réjouir de découvrir le couple car le nom Hitchcock sur l’affiche concerne autant Madame que Monsieur.

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C’est le premier film de Sacha Gervasi qui était jusque là principalement scénariste, dont une fois pour Steven Spielberg avec « Terminal » en 2003. Pourtant, rien ne trahi son absence d’expérience dans la réalisation et j’ai beaucoup apprécié sa faculté à nous montrer plusieurs histoires en même temps. En plus du couple Hitchcock, nous suivons avec facilité et intérêt les actrices, l’équipe technique et les membres du studio. On découvre également l’histoire réelle du meurtrier à l’origine du livre qui va inspirer le scénario. Le réalisateur met très bien en valeur son casting. Anthony Hopkins se fait oublier derrière le volume de son personnage. J'ai fait l'erreur de voir le film en version française et j'étais gêné par l'excès d'articulation du doublage d'Hopkins alors que la V.O. dans la bande annonce m'a apporté tout de suite le coté anglais si délicieux et connu d'Alfred Hitchcock. Helen Mirren tire le film à elle et fait une prestation parfaite. Scarlett Johansson et Jessica Biel jouent des actrices avec beaucoup de fraîcheur.  A voir donc ce film élégant, pour le plaisir de la mise en abîme, le jeu convainquant des acteurs et toutes les informations amusantes et instructives que l’on apprend sur la création d’un chef-d’œuvre.

Chronique : signée Olivier

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Ci-dessus : Anthony Hopkins

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Ci-dessus : Helen Miren et Anthony Hopkins

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Ci-dessus : Sacha Gervasi sur le plateau "d'Hitchcock"



La note d'Olivier : 7 / 10

21/12/2013

Le chevalier sans armure / Knight without armor - 1937

"Le chevalier sans armure" est une production d'Alexandre Korda, et fait donc parti de la salve de films sortis par Elephant Films en novembre. On peut tout d'abord remercier cet éditeur pour deux choses. Tout d'abord, il faut le remercier de rappeler à notre mémoire cinéphilique, ce cinéma anglais un peu oublié, et pour les très intéressants commentaires de Jean-Pierre Dionnet. Et c'est un peu aussi grâce à ces commentaires présents dans les bonus du film, que je vais pouvoir enrichir cette note. Donc "le chevalier sans armure", production d'Alexandre Korda, est tiré du roman de James Hilton. On sait que James Hilton a été très souvent adapté au cinéma pour différents romans. Le film est réalisé par le réalisateur belge Jacques Feyder, qui fit tant pour le cinéma français. On retrouve des maîtres que ce soit à la photographie, comme premier opérateur, ou à la musique. Ainsi à la photographie, on a Harry Stradling Sr, qui se distinguera en particulier par son très beau travail sur "My Fair Lady" (1962) avec Audrey Hepburn et Rex Harrisson. Ainsi, on retrouve une des scènes de "My Fair Lady" avec la fameuse course de chevaux en 1913, à Ascot. Comme premier opérateur, on retrouve un certain Jack Cardiff, qui travaillera sur de très nombreux films de John Ford et qui finira seul, "le jeune Cassidy" (1964), commencé par Ford. Et à la musique, il y a un certain Miklos Rozsa, dont c'est la première composition. On en reparlera plus tard. Avec une telle équipe, il était difficile de ne pas faire un chef-d'oeuvre du cinéma. Et c'est bien le cas.

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Dans le casting, on retrouve donc en tête, Marlene Dietrich et Robert Donat. dans le rôle du héros. Robert Donat, devait jouer un héros un peu perdu, du fait qu'il a le rôle d'un anglais exilé, dans les neiges de la Russie. Et il s'en sort très bien, car Donat était dans la vraie vie, un homme fragile, sujet à des crises d'asthme, dont la dernière devait d'ailleurs l'emporter à l'âge de 53 ans. Quant à Dietrich, elle ressort de sa période "Josef von Sternberg", qui sera peut être son plus grand réalisateur. Après Marlene, Sternberg perdra malheureusement petit à petit son cinéma. La période visitée par "le chevalier sans armure" est la révolution russe, et on pense évidemment au "Docteur Jivago" (1962) de David Lean lorsqu'on voit ce film. Alors évidemment, "le chevalier sans armure" n'atteint pas les sommets de l'oeuvre de Lean, mais il y a une telle réunion de nombreux talents que ce soit sur l'écran ou dans l'équipe technique, que l'on ait sans aucun doute, en face d'un chef d'oeuvre. On pourra néanmoins reprocher à l'écriture scénaristique de sauter par exemple une scène essentielle, comme l'évasion par Marlene de sa prison.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Robert Donat

Le visage de Marlene est admirablement filmé par des jeux de lumière incessants. Et cela donne un côté fascinant et extraordinaire au film. On peut lui reprocher un jeu parfois légèrement surfait. Mais ce n'est à rien à côté des qualités d'un film, qui nous montre la disparition de la Russie du Tsar et l'arrivée du communisme. Le film navigue donc entre romantisme, tragédie, horreur de la révolution, et onirisme.  Il y a beaucoup de scènes marquantes. Mais l'une d'elle est, la reconquête d'une ville Rouge, par les Blancs (partisans du Tsar). Un diner est alors donné en l'honneur de Marlene. Et là c'est l'ancienne Russie qui de nouveau existe, et qui réapparaît, réunion de fantômes que le souffle de l'histoire balaiera en un clin d'oeil, tout cela avec pour fond musical la première composition de Miklos Rozsa, qui a des accents lyriques que l'on retrouvera plus tard dans le reste de son oeuvre. Mais la musique a aussi, ici des accents russes, que le sujet lui impose. Voilà. Vous savez presque tout, sur "le chevalier sans armure", un magnifique mélodrame, qui n'attend que d'être découvert par vous, cinéphiles de notre temps. Il le mérite amplement.

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Ci-dessus : Marlene Dietrich et Robert Donat

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Ci-dessus : Marlene Dietrich

 

La musique du film:

Disponible chez Elephant Films en DVD zone 2 sous-titrée

 

Note : 7,5  / 10

20/12/2013

Lydia - 1941

Avec "Lydia" on rentre dans la catégorie du grand mélodrame comme a tellement bien sur en réaliser Julien Duvivier. Ainsi "Lydia" est un remake d'un film déjà de Duvivier, "un carnet de bal" (1937), réalisé en France. Avec Lydia, on est bien entendu dans du cinéma américain, mais encore dans une production d'Alexandre Korda. Le film a un principal défaut, ce sont ces nombreux flashbacks, qui ralentissent l'action et qui nous ramène à chaque fois à la situation peu romantique, d'une héroïne âgée, qui réunit les amours de sa vie. Une femme a t'elle jamais pu le faire ? Les 40 premières minutes sont donc assez difficiles avec différentes versions de la salle de bal, qui est racontée donc deux fois. Si les deux versions, nous démontrent que l'être humain, a tendance a enjoliver le passé, la démonstration n'est pas cinématographiquement évidente. Mais après cette première partie laborieuse, le film va soudain petit à petit s'élever et atteindre un lyrisme rarement vu dans le cinéma. Alors c'est vrai que le jeu d'Edna May Oliver dont c'est le dernier film est peut être légèrement surjoué. Ainsi, sa dernière crise cardiaque dans le film, est presque risible. Mais on dira que cette faute de goût est peu de chose, par rapport à l'ensemble. On notera la présence de Joseph Cotten qui venait de tourner "Citizen Kane" ou qui sera évidemment le mari de Marilyn dans "Niagara" (1953). 'Alan Marshal, et George Reeves complète le casting. Georges Reeves c'est un des deux jumeaux que l'on voit au début "d'autant en emporte le vent" (1939). Son histoire est brièvement évoquée dans "Hollywoodland" (2006) avec Ben Affleck. Georges Reeves, jouera Superman dans les années 50 pour la télévision et déçu par son rôle et une carrière qu'il voyait terminée, il devait se suicider.

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La photographie est d'un certain Lee Garmes, et elle est magnifique Il y a tout le long du film, un travail admirable sur les reflets, les noirs et la lumière. Lee Garmes travailla sur de très nombreux films et bien qu'il ne soit pas au générique, il devait travailler sur la photographie de "Gone with the wind" (1939). Excusez du peu.  On remarque enfin comme sur "Le divorce de lady X" la musique d'un certain Miklos Rozsa, qui est ici très inspiré et qui nous donne à entendre, une musique très romantique et très lyrique, qui comprend entre autre, un scherzo pour piano et orchestre. En somme, ce "Lydia" aurait pu atteindre les sommets du mélodrame sans ces flashbacks sans intérêt qui alourdissent malheureusement le film et en font perdre presque le fil. L'oeuvre est néanmoins admirable dans sa réalisation, dans sa photographie, et dans le jeu de ses acteurs et donc tout à fait digne d'être vue et revue. Et à la fin devant cette vie passée sous nos yeux, le vertige nous prend et nous emporte. Ainsi, on a peut être jamais aussi bien étudié le coeur et l'âme d'une femme que dans "Lydia", hymne à l'éternel féminin, beau et fascinant comme une rose, qui vit, qui aime et qui se meurt.

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Ci-dessus : Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon, Joseph Cotten, et Edna May Oliver

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Ci-dessus : Merle Oberon et George Reeves

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Ci-dessus : Joseph Cotten, Alan Marshal, et Merle Oberon

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Ci-dessus : Merle Oberon et Alan Marshal

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée, chez Elephant Films qui décidément nous gâte.

 

Extrait de la musique :

 

 

Note : 7 / 10

18/12/2013

le divorce de Lady X / The divorce of Lady X - 1938

Qui ne connaît pas Alexandre Korda ? Alexandre Korda c'est l'homme qui a voulu concurrencer et dépasser Hollywood. Il est d'origine hongroise naturalisé britannique. En 1919 lorsqu'il quitte la Hongrie, il a déjà réalisé 25 films. Il est un des premiers producteurs à utiliser la couleur dans ses films : "La Vie privée d'Henry VIII" (1932), "Rembrandt" (1936), mais aussi dans ce film, "le divorce de Lady X" (1938). "Le divorce de Lady X" est un film anglais réalisé par Tim Whelan. Le film est une comédie romantique, mais dont l'accent est porté plutôt sur la comédie. Le sujet est proche d'une pièce de Guitry, mais avec un certain humour et une certaine distinction. La couleur est très belle et on sent qu'un travail important a été effectué pour donner un ton pastel au film. Ainsi, le bal costumé du début du film permet de voir la magnificence des costumes en couleur.

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Le scénario est plutôt bon, quoique très classique. On a une distribution très intéressante avec en particulier Laurence Olivier, dont un de ses rares rôles comiques. En effet, pour ma part, j'étais plus habitué à le voir dans des reproduction cinématographiques, des oeuvres de Shakespeare : "Henry V" (1944), "Hamlet" (1948), "Richard III" (1955), ou encore "Othello" (1965). Elle a ici pour partenaire, Merle Oberon, ici jeune actrice de 27 ans. Je ne reviendrais pas sur les histoires familiales des origines cachées de Merle Oberon, qui ne regardent qu'elle. Après tout, si elle n'a jamais voulu les dévoiler. Pourquoi devrions nous tenter de le faire ? Il suffira de dire que Merle Oberon était une métisse et que donc à une époque qui pratiquait plutôt la ségrégation, elle préféra cacher ses origines. On remarque aussi l'immense acteur britannique Ralph Richardson, qui est parfait en cocu à l'élégance extrême.

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Ci-dessus : Merle Oberon

Alors que manque t'il ? Et bien il manque ce grain de folie qui caractérise tellement bien la comédie française ou la grande comédie classique américaine. Le flegme britannique est là et si on rit parfois, on sourit le plus souvent. Le spectacle est donc plaisant et très beau, mais il n'arrive pas au niveau des comédies incroyablement drôles et tellement bien réalisées d'un certain ... Ernst Lubitsch.

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Ci-dessus : Laurence Olivier et Merle Oberon

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Ci-dessus : Laurence Olivier et Merle Oberon

Disponible en DVD Zone 2 en VO sous-titrée, chez Elephant Films

Note : 6,5 / 10

17/12/2013

Jeanne d'Arc / Joan d'Arc - 1948

"Jeanne d'Arc" est le type même du film abandonné par la France. Ainsi, il n'a jamais été édité en DVD dans notre pays. Pire les versions qui passent généralement sur les chaînes payantes, nous donnent une oeuvre défigurée, découpée à la tronçonneuse. Ainsi, la mauvaise version que je possède ne fait que 99 minutes contre les 145 minutes de la version sortie initialement en 1948 dans les cinémas américains. C'est d'ailleurs une honte que des responsables de la programmation osent encore diffuser cette version écourtée, qui ne permet de comprendre le film que par bribes. Pourtant le film mériterait un meilleur sort. En effet, il a été tourné par Victor Fleming, le réalisateur "D'autant en emporte le vent" (1939). Le casting est plutôt bon. Ainsi, dans le rôle titre on retrouve une Ingrid Bergman possédée par la grâce du personnage. Elle incarnera en tout, quatre fois le personnage de Jeanne d'Arc. Elle joue donc tout d'abord dans l'adaptation théâtrale de Maxwell Anderson, puis ici dans l'adaptation cinématographique de 1948, qui est une adaptation du même Maxwell Anderson, de sa pièce de Broadway  : "Joan Of Lorraine". Bergman déjà récompensée par un Tony Award pour son interprétation sur scène, sera nommée aux Oscars pour cette version de 1948. Le film sortira dans un contexte privé tumultueux pour l'actrice qui divorçait au même moment, de son premier mari pour se marier avec Roberto Rossellini, qui divorçait également par la même occasion. L'Amérique puritaine ne l'accepta pas et Bergman se décidait à quitter les USA pour l'Europe. 

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En 1953, Roberto Rossellini reprend le flambeau. Le réalisateur italien fasciné par l’oratorio "Jeanne au bûcher" d’Arthur Honegger et Paul Claudel, en donne quelques représentations à Naples et Paris avec son épouse, l’actrice suédoise dans le rôle-titre. Il s’attaque ensuite à son adaptation cinématographique. Ingrid Bergman qui avait 33 ans sur le film de Fleming en a désormais 39. Néanmoins les critiques sont excellentes. Mais Bergman n'a pas été la seule actrice de Jeanne d'Arc. Ainsi, Cecile B DeMille dès 1916, se prend au jeu de tourner un film sur l'histoire de Jeanne d'Arc. Il sera suivi par beaucoup d'autres et on peut citer pêle-mêle : "La passion de Jeanne d'Arc" de Carl Theodor Dreyer (1928) avec Renée Falconneti, "Sainte Jeanne" d’Otto Preminger (1957) avec Jean Seberg, "le procès de Jeanne d'Arc" de Robert Bresson (1962) avec des comédiens non professionnels, puis on arrive sur des oeuvres plus actuelles, comme "Jeanne la pucelle" de Jacques Rivette (1994), "Jeanne d'Arc" de Luc Besson (1999),  et "Jeanne d'Arc" (film TV) de Christian Duguay (1999) et enfin "Jeanne Captive" de Philippe Ramos (2011).

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Ci-dessus : Ingrid Bergman

La version de Fleming se veut hagiographique, mais est aussi touchée par la spiritualité. Ainsi, le film nous décrit une France pillée par les Anglais, morcelée en différents duchés, et un dauphin faible, prisonnier de sa cour, et qui ne sait pas se faire respecter. Ainsi, la prédiction qui veut qu'une jeune pucelle de Lorraine, sauvera le royaume de France et vaincra les ennemis des Français, prend alors tout son sens quand une jeune fille révèle qu'elle est envoyée par Dieu pour sauver la France. L'histoire est belle et les Américains tellement patriotes ne pouvaient pas, ne pas aimer cette histoire d'un pays qui se soulève contre ses occupants par la seule volonté d'une jeune fille qui reçoit ses ordres de Dieu. On peut toujours discuter à l'infini, et se demander si Jeanne était bien une envoyée de Dieu ou une affabulatrice, il n'empêche que le mythe vivace parle encore de lui même à un pays dont l'histoire a souvent été en proie aux divisions, invasions, et à une faiblesse du pouvoir central.

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Ci-dessus : José Ferrer

Pour le film, il n'y a rien à en dire. Fleming sait rendre le siège d'Orléans vivant. Bergman transfigure son personnage de façon admirable. José Ferrer, fait aussi un admirable dauphin aux abois et sans confiance en lui. On sent que les conseillers techniques ont été bons, car on retrouve bien tous les costumes de l'époque, ainsi que l'art de la guerre de la guerre de cent ans. Le film a encore un grand intérêt aujourd'hui, car il montre qu'un pays ne peut rien avec à sa tête un roi faible et indécis. La légende de Jeanne d'Arc est là pour nous rappeler que l'unité française a été durement gagnée, contre les divisions, entretenues des siècles durant par nos ennemis. Le message de Jeanne résonne donc d'une étrange actualité, nous rappelant que les problèmes de la France n'ont pour cause que notre propre abandon, nos reniements ou notre défaitisme dans nos capacités à nous relever, à nous unir et à vaincre. Quoiqu'il en soit, avec sa rapidité habituelle, l'église décidait de faire de Jeanne d'Arc une Sainte en 1905 ... et le président Sarkozy célébrait le 6 janvier 2012, le 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne, et à travers elle, l'unité de la France. Vous avez dit, résonance ? Concernant, le film on peut donc regretter que seuls les USA aient pu bénéficier d'une version restaurée et complète. En France on se contentera donc des versions tronquées qui passent à la télévision ici et là, au milieu du gâchis télévisuel habituel, et qui laissent un drôle de goût dans la bouche, confirmant la fameuse phrase de Mr Brion : "le cinéma est un art outragé". La version tronquée du "Jeanne d'Arc" de Victor Fleming, en est la preuve éclatante. Le mythe quant à lui est intact.

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 Note : 6,5 (8 / 10 si un jour, il sort une version complète et restaurée)

16/12/2013

Décès de Joan Fontaine et de Peter O'Toole !

Après le décès de Peter O'Toole, on apprenait le décès de Joan Fontaine, parti pour le cinéma du Paradis. Joan Fontaine, devrait souffrir toute sa vie de la concurrence de sa soeur Olivia de Havilland, qui obtenait le rôle de Mélanie dans "Autant en emporte le vent" (1939) ou de Marianne dans "les aventures de Robin des bois" (1938). Mais pourtant sa carrière n'avait rien à envier à celle de sa soeur. En effet, elle devait travailler avec les plus grands réalisateurs, dont peut être le plus célèbre entre tous, Hitchcock, pour "Rebecca" (1941) et "soupçons" (1942). Joan Fontaine avait une personnalité propre, et on peut dire d'elle que parfois elle savait se faire détester. Ainsi dans le film "la femme aux maléfices" (1950), elle était toute en gentillesse, mais au fond une femme profondément calculatrice et perverse, sa gentillesse étant sa principale arme. On se rappelle aussi de son interprétation dans "Ivanhoé" (1953) avec Robert Taylor, où elle arriva parfaitement à faire oublier sa soeur.

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Quant à Peter O'Toole, c'est évidemment l'interprète inoubliable de "Laurence d'Arabie" (1962) de David Lean. Mais ses rôles plus récents étaient toujours aussi bouleversants. Ainsi, on le remarque en roi Priam dans "Troie" (2004) et en pape Paul III dans la série "les Tudors" dans l'un de ses derniers rôles. Ce soir il y a deux étoiles de plus au firmament du cinéma.

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Hommage à Joan Fontaine :

 

Hommage à Peter O'Toole