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30/07/2013

L'Esclave libre / Band of angels - 1957

"L'esclave libre" est un magnifique film de raoul Walsh. Je l'avais découvert étant adolescent et je l'ai revu il y a quelques années dans le cadre de sa sortie DVD, dans la collection des inédits de la FNAC. Et hier soir, nouvelle séance à la maison, en videoprojection de ce chef-d'oeuvre de Raoul Walsh. J'avoue que la dernière fois j'avais été un peu déçu par les couleurs un peu trop criardes du Warnercolor, je les ai donc un peu adouçi et j'ai retrouvé un film plus naturel dans ses tons. Le film commence par une formidable bande sonore de Max Steiner qui ouvre le titre. Ensuite on découvre la Louisiane de 1853 et la vie d'une petite fille  dans une plantation avec son père. La jeune fille devient une femme, et découvre à la mort de son père de lourds secrets qui changeront son existence à jamais. Le film est tiré du roman de Robert Penn Warren, sur un scénario de John Twist, Ivan Goff, et Ben Roberts. Autant vous le dire tout de suite, "l'esclave libre" est une merveille autant esthétique que scénaristique. Ainsi Walsh recrée les rues de la Nouvelle-Orléans, mais aussi le marché aux esclaves, et les riches intérieurs des maisons du sud. Il est ici la beauté et l'horreur de cette civilisation. Et la première référence qui vient à l'esprit, c'est "Autant en emporte le vent" (1939). On ne retrouve pas la classe des intérieurs de la plantation des 12 chênes du père de Mélanie, mais malgré tout, c'est vraiment très beau. Et la scène d'étreinte entre Clark Gable et Yvonne de Carlo fait indéniablement penser à celle avec Vivien Leigh et le même Clark Gable. 

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La différence avec "Autant en emporte le vent" c'est bien évidemment la carrure du film qui ne joue pas dans la même catégorie. On sent que le budget a été important mais pas aussi important que pour "Autant en emporte le vent". Ainsi, "l'esclave libre" ne fait qu'un peu plus de 2 heures contre presque 4 heures pour son aîné. Ensuite Raoul Walsh ne va pas toujours au bout de ses idées. Ainsi, la grande scène du bal, n'est qu'à peine abordée. Par exemple, on sait que Max Steiner adorait utiliser son talent de compositeur viennois et écrire des valses pour le cinéma. Il l'a fait bien souvent comme "dans la charge de la brigade légère" (1936) où Olivia de Havilland danse sur une valse originale de Steiner. Ici malheureusement, la scène de danse est écourtée et ne laisse pas le temps à Steiner de composer une pièce originale. Dommage.

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Ci-dessus : Clark Gable et Yvonne de Carlo

Mais le reste est admirable. Que ce soit au niveau des thèmes abordés ou de la réalisation, "l'esclave libre" mérite toutes les éloges. Ainsi, si nous avons parlé du formidable génie de Raoul Walsh dans ce film. On est bien obligé de parler du scénario qui réserve bien des surprises. Ainsi, il évoque l'irresponsabilité des parents qui sont bien incapables de protéger leurs enfants après leur disparition. Mais il parle aussi de la marche du temps et comme dans beaucoup de films, l'orage n'est pas seulement l'orage, mais bien l'annonce de temps difficiles. L'orage devient symbolique de la colère des hommes et finalement d'un monde qui va disparaître dans une effroyable tempête. Et je ne crois pas que ce soit un hasard si les scénaristes font naître une passion entre Gable et notre héroïne au moment de cet orage. Enfin, le film aborde l'esclavage de la manière la plus crue et devient finalement un contre "autant en emporte le vent" pour montrer le caractère vicieux de cette institution. Le film de la Warner sort donc totalement du caractère pro-sudiste de certains films produit dans les années 30.

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Ci-dessus : Yvonne de Carlo

Alors que peut on reprocher à "l'esclave libre". Pas grand chose à vrai dire. Le scénario est très abouti, la réalisation admirable, le casting excellent, avec un Patrick Knowles détestable au possible. Patrick Knowles c'était Willy l'écarlate dans "les aventures de Robien des Bois" (1938) avec Errol Flynn. Et il ne faut pas oublier la très belle prestation de Sidney Poitier.  Allez, si j'était vraiment horrible, je reprocherai que les dessous d'Yvonne de Carlo ne sont pas vraiment en rapport avec les dessous féminins de 1861. Mais franchement, Yvonne de Carlo a de si belles jambes qu'il est impossible de reprocher au réalisateur de les montrer avec  des bas de soies plutôt qu'avec les affreux pantalons d'époque. Je n'aurai donc qu'un seul conseil pour vous lecteur : procurez vous l'esclave libre. C'est sans aucun doute, du très grand cinéma, même 56 ans après sa sortie..

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Ci-dessus : Clark Gable et Yvonne de Carlo

 

Le trailer présenté par Clark Gable lui même en présence du réalisateur Raoul Walsh :

http://matineeclassics.com/movies/1957/band_of_angels/

 

Note : 9 / 10

Commentaires

Bonsoir Stéphane,
Merci pour cet article, je n'ai pas vu le film et je ne pensais pas qu'il pouvait être si bon. J'avais un a priori pour deux raisons : dans les années 50, Gable joue trèsi souvent avec des femmes bien trop jeunes pour lui, de Grace Kelly à Eleanor Parker et cette fois Yvonne de Carlo et ce n'est pas à son avantage à lui et la seconde raison c'est cette terrible affiche française racoleuse.
Pour toute l'admiration que j'ai envers Clark Gable, je serai ravi de me rendre compte que j'ai eu tord.

La bande annonce est fantastique avec le privilège que nous avons d'assister au tournage d'un scène. Quand Gable se met à parler au spectateur, ça m'a cloué ! ah, ah. Merci !

Olivier

Écrit par : Olivier | 31/07/2013

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... j'ai eu TORT... désolé, pour les coquilles, vraiment.

Écrit par : Olivier | 31/07/2013

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Bonsoir Olivier,

Il ne faut pas avoir d'inquiétude comme je te l'ai dit, on fait tous des fautes. Parfois, je me relis et je corrige plus tard une ancienne note. Là j'ai relu la note et j'ai encore fait des corrections. On est que des être humains :)

Pour revenir au film, j'ai adoré. Cela me rappelle un autre film qui est par contre introuvable et que je me rappelle avoir vu dans la dernière séance de P Brion en 1989. Il s'agit de "l'arbre de vie", tourné également en 1957. Sinon, j'ai trouvé que Gable avait encore une belle prestance. Pour l'affiche, j'ai fait exprès d'en mettre une racoleuse. Parce que Gable n'a jamais un rapport comme l'affiche le laisse supposer. Mais j'aime bien laisser à mes lecteurs la possibilité de découvrir le film et ainsi de ne pas révéler le scénario.

Amicalement.
Stéphane.

Écrit par : Stéphane | 01/08/2013

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