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17/07/2013

Quinze jours ailleurs / Two weeks in another Town - 1962

Je suis désolé, mais il ne sera pas question de votre prochaine destination pour les vacances, ni du choix du maillot de bain ou de la crème à bronzer. Mais il sera encore une fois question de cinéma et d'un génie du cinéma, Vicente Minnelli. "Quinze jours ailleurs" n'est pas la suite des "ensorcelés" (1952), mais c'est bien la deuxième partie de la description du cinéma américain par Minnelli. Autant dans "les ensorcelés", la critique était acide contre les producteurs, autant ici c'est l'existence même du cinéma hollywoodien qui est remis en cause. Kirk Douglas n'est plus le producteur machiavélique capable de tout tourner, mais bien un acteur au bout du rouleau brisé par son métier et par la vie. "Quinze jours ailleurs" a été tourné dix ans plus tard et un siècle ce serait passé, ce serait pareil. Le producteur n'est plus cette personne omnipotente que l'on a vu dans "les ensorcelés", mais bien un petit homme qui veut juste gagner de l'argent avec un film et qui se fiche éperdumment de la qualité artistique de l'oeuvre finale. On voit bien le mauvais tournant que prend à cette époque le cinéma, et dans lequel il est encore englué. La référence aux "ensorcelés" est réelle. Ainsi, on voit quelques scènes des ensorcelés dans le film. Minnelli sait qu'il a fait une oeuvre qui marquera l'histoire du cinéma.

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Et si "les ensorcelés" nous racontait de quoi était fait les rêves projetés sur l'écran d'une salle de cinéma. Ici c'est bien d'un changement d'une époque dont il est question. Minnelli ne distingue pas réellement ce que deviendra le cinéma, mais il sent bien que ses films passeront à la postérité, car on ne filmera plus comme lui et que son cinéma et son temps sont passés. Kirk Douglas est montré d'ailleurs avec une cicatrice sur le visage, comme pour montrer que le héros est blessé physiquement et mentalement par la folie et que si cet héros représente ce cinéma américain, qui ne s'en relèvera pas (en tous les cas pas dans la forme que l'on a connu jusqu'ici). Ainsi, Kirk Douglas ne trouve aucun réconfort, ni dans son ami réalisateur, qui le voit finalement comme un nouveau concurrent, venu pour lui voler son film, ni dans son amourette de passage qui ne sait pas se décider à quitter son petit ami pour lui, ni en sa femme qui passe d'un homme à un autre. L'oeuvre est marqué du sceau du septicisme. Le relais ne semble pas devoir se prendre entre un Hollywood qui se meurt (en la personne du réalisateur joué par Edgar G Robinson) et le nouvel Hollywood joué par Kirk Douglas. Le temps semble être passé. La nouvelle vie qui se promet pour Kirk Douglas à la fin du film, est incertaine, et si les personnages des "ensorcelés" se retrouvaient tous autour du téléphone, attendant avec impatience un nouveau projet, là il n'en est rien. Le doute planne, quant à la pérénnité du cinéma. On sait aujourd'hui que le cinéma américain a survécu, mais il s'est transformé en un autre cinéma, et a transformé notre rapport à l'image. Minnelli ne pouvait pas savoir ce que le cinéma américain allait devenir, mais il a décrit sa mutation et la longue agonie du cinéma qu'il a connu, comme personne n'aurait pu le faire. Aujourd'hui, on peut regretter comme moi que le cinéma se soit transformé en parc d'attractions pour adulescents. Heureusement le DVD permet de redécouvrir des films tel que "quinze jours ailleurs". Du très grand cinéma, magnifié par la musique de David Raksin qui avait composé entre autre, la musique de "Laura" (1944). Il y a beaucoup de Minnelli dans "Quinze jours ailleurs", mais on pense aussi à Billy Wilder et à son "Boulevard du Crépuscule". "Les ensorcelés", "Quinze jours ailleurs", "Boulevard du Crépuscule", trois sommets qui sont maintenant impossibles à atteindre.

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Ci-dessus : Kirk Douglas et Cyd Charisse

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Ci-dessus : Daliah Lavi et Kirk Douglas

 

La musique de David Raskin :

 http://www.youtube.com/watch?v=8FbmpoPbDMg

Extrait :

 

Disponible en DVD chez Wild Side (Fnac ou magasins spécialisés).

Note : 9 / 10

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