Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/05/2013

Blondie Johnson - 1933

"Blondie Johnson" est un film de Ray Enright sorti en 1933. Aujourd'hui qui se souvient de Ray Enright ? Pourtant il a tourné 73 films entre 1927 et 1953. Il a dirigé plusieurs fois Joan Blondell, dans "Havana Widows" (1933), "I've Got Your Number" (1934),  "Dames" (1934), "Traveling Saleslady" (1935),  "We're in the Money" (1935), "Miss Pacific"(1936), ou encore "En liberté provisoire" (1937). La postérité peut reprocher à Enright de ne pas avoir été un auteur, mais si il n'avait pas une mise en scène d'auteur, il a tout de même travaillé avec de grands acteurs et avec Busby Berkeley sur "Dames". On peut donc considérer que Ray Enright a été un grand contributeur à la vie d'Hollywood pendant de longues années, un peu comme Roy Del Ruth. Ainsi, sans être un chef-d'oeuvre absolu du cinéma, "Blondie Johnson" est un film pré-code très intéressant. Le casting comprend outre Joan Blondell, Allen Jenkins, que l'on a vu la même année dans "le bataillon des sans-amour", mais surtout Chester Morris, qui tournera beaucoup mais dont les films sont malheureusement assez introuvables en France avec un sous-titrage.

blondie-johnson-movie-poster-1933-1020143378.jpg

Contrairement à d'autres films de cette époque, il y a assez peu de scènes dénudés. On voit un petit peu le décolleté de Joan Blondell. Dans une autre scène, elle porte une tenue un peu transparente, et enfin il y a une scène de baisers sur un fauteuil, et c'est tout. Ceci étant dit, cette scène sur le fauteuil est quasiment intournable un an plus tard quand le code Hays sera en vigueur. En effet, le code refusait les étreintes trop longues et surtout avec deux personnes couchées !

BlondieJohnson15.png

Ci-dessus : Joan Blondell et Chester Morris

Mais si il y a finalement assez peu d'érotisme, les pires défauts de la société américaine de l'époque sont passés au crible. Cela commence par une première scène d'une rare intensité où on voit notre héroïne, se rendre à l'assistance sociale. Elle voit que personne ne l'écoute parce qu'elle a encore un toit et de la nourriture. Cette seule scène montre la dureté de la crise économique qui frappe encore l'Amérique en 1933. Suite à la mort de sa mère notre héroïne se décide alors à prendre la route du crime pour ne plus jamais avoir faim. Et là, on passe de bars clandestins (speakeasies en anglais), aux sociétés d'assurance bidons noyautées par le milieu du crime, en passant par les rackets, les faux témoignages en procès et finalement au crime. Je ne vous raconterai pas tout le film. Mais je vous dirai seulement, qu'on prend un malin plaisir à voir notre héroïne nager comme un poisson dans l'eau dans un monde d'hommes et d'escrocs sans pitié. "Blondie Johnson" est il un film féministe ? Dans un sens, oui. Car il montre une femme indépendante, qui se décide à vivre que de ses propres ruses. Le film possède quelques scènes très bien filmées comme celle où on voit Joan Blondell, courir et traverser la foule quand elle croit que l'homme qu'elle aime secrètement a été tué. Il y a aussi une autre scène ou des gangsters sont fusillés et là Ray Enright a l'intelligence de montrer seulement une main ensanglantée pour nous faire comprendre ce qu'il s'est passé.

Blondie_Johnson-DVD-Warner_Archive-01901.jpg

Ci-dessus : Joan Blondell

A la fin, la morale et l'amour seront saufs. Mais finalement on aura rit, pleuré, et tremblé avec Blondie Johnson, cette incroyable chercheuse d'or d'un genre si particulier. Que demandez de plus au cinéma quand il arrive à nous donner autant d'émotions en moins de 70 minutes ? Merci à la Warner de nous avoir sorti des archives un tel film. Espérons qu'il ne faudra pas attendre 80 ans pour voir d'autres films de cette qualité sortir en France ou avec un sous-titrage français.


La bande-annonce :

Disponible en DVD Zone 2 dans la collection Hollywood pré-code de la Warner, dans les magasins spécialisés ou sur le site de l'éditeur.

 

Note : 7 / 10

Écrire un commentaire