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15/05/2013

L'étrangleur de Boston / The Boston Strangler - 1968

"L'étrangleur de Boston" est un film de 1968, de Richard Fleischer. Les producteurs sont James Cresson et Robert Fryer. Ces derniers étaient d'accord pour que William Friedkin réalise le film, mais ce dernier était considéré à l'époque comme un jeune réalisateur, et Zanuck voulait quelqu'un avec plus d'expérience pour tourner ce film. Si William Friedkin devait plus tard réaliser "l'exorciste" (1973), il devait tout sa vie regretter de ne pas avoir pu réalisé "l'étrangleur de Boston". Mais qu'est ce que "l'étrangleur de Boston ?". C'est l'histoire d'une série de crimes sexuels qui ont eu lieu à Boston entre 1962 et 1964, commis par Albert Henry DeSalvo. C'est donc une histoire tirée de faits réels. Autant vous le dire, sans plus attendre, la réalisation de Fleischer est formidable. Le réalisateur utilise tout son talent et les dernières techniques de l'époque pour rendre le film réellement prenant. Ainsi, Fleischer se plaît pendant la première partie du film, à mettre en avant les images dans l'image. Cette technique utilisée très souvent aujourd'hui par des réalisateurs contemporains, comme Michel Hazanavicius au début de "OSS 117 : Rio ne répond plus", était très nouvelle en 1968 et avait été présentée pour la première fois en 1967 à l'exposition universelle de Montréal.

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Mais le génie de Fleischer n'est pas seulement de bénéficier d'un scénario en or massif, ou de découper l'écran en multiples images, c'est aussi de jouer constamment avec l'image et les nerfs du spectateur. Ainsi, la scène où on découvre le tueur devant sa télé, seul, puis la caméra avançant on découvre qu'il a une femme et deux enfants. On est surpris et quand sa fille vient se blottir contre lui, notre sang se glace d'effroi. Ensuite Fleischer, suggère souvent plus qu'il ne montre, préservant un peu le public. Néanmoins, si l'image ne montre bien souvent rien, elle laisse supposer l'horreur de la scène, par une position de la caméra intelligement placée, laissant voir par exemple un balais entre les jambes d'une victime, mais cachant finalement l'essentiel de l'horreur du crime. De plus les descriptions de la police, ne cache rien de l'horreur des forfaits du tueur en série. Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié cette méthode intelligente de rapporter des crimes. On évite ainsi les litres de sang que l'on voit dans de nombreux films actuels, pourtant souvent de qualité comme "From Hell" (2001) avec Johnny Depp. Puis enfin, dans la dernière partie, Fleischer joue avec le cerveau du tueur et celui du spectateur, en multipliant les flashes et images instantanées. En ce sens, Fleischer nous montre qu'il a totalement compris le fonctionnement du cerveau humain, immense boîte de fiches, qui apparaissent par des flashes successifs, mais de manière totalement désordonnée dans le cas d'un psychopathe

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Fleischer n'hésite pas à nous montrer aussi, la faune underground des années 60 et le rapport de la société de la fin des années 60 avec l'homosexualité est assez troublant et pose question sur le chemin que prend notre société actuelle. En effet, le film montre les homosexuels comme des désaxés. Mais sur ce dernier point, chacun se fera sa propre opinion. Enfin, Fleischer montre les techniques les plus improbables de drague, et des perversions interdites au cinéma 10 ans plus tôt , mais qui apparaissent ici au grand jour. Le casting est excellent est comprend Tony Curtis, Henry Fonda, et George Kennedy. Dans les personnages ayant une courte scène ou faisant une apparition, on retrouve Hurd Hatfield que l'on a vu dans "le portrait de Dorian Gray" (1945), et Sally Kellerman.

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Ci-dessus : George Kennedy

Ce film qui nous amène aux limites de l'esprit humain, aux confins de la schizophrénie profonde, et finalement aux limites de notre Humanité, et qui aurait été impossible à tourner dix ans plus tôt, est une pièce incontournable qui annonce une autre époque du cinéma américain. Un film que l'on doit avoir vu, mais qui n'est pas à mettre entre toutes les mains et que l'on doit réserver à un public adulte ou adolescent averti, si je puis dire.

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Ci-dessus : Tony Curtis et Henry Fonda

Disponible en DVD et Bluray Zone 2 ou B

Note : 8,5 / 10

Commentaires

Hello Stéphane,

je garde un très bon souvenir ce film, dur et atypique pour Tony Curtis. Infos intéressantes concernant le split-screen, son usage m'avait marqué lorsque j'ai découvert le film il y a de ça quelques années. Le choix du réalisateur est aussi intéressant : Richard Fleischer était un très bon réalisateur, aujourd'hui un peu plus reconnu qu'alors. Le blu-ray est sur ma liste d'envies, à voir quand elle pourra se réaliser !

A bientôt,

Raphaël

Écrit par : Raphaël | 21/05/2013

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