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11/05/2013

Ludwig Van B / Immortal Beloved - 1994

"Ludwig Van B" ou "immortal beloved" est un film de Bernard Rose qui évoque la vie sentimentale de Ludwig Van Beethoven. Le titre américain fait référence bien évidemment à la célèbre lettre de Beethoven écrite à son "immortelle bien-aimée". Je souhaiterais démoncer tout d'abord les mauvaises critiques que ce film a pu recevoir de la part d'une pseudo-intelligentsia qui n'a rien compris, n'a rien voulu voir, pire qui est incapable de produire quoique ce soit, ou même de diffuser de la culture sinon dans un petit cercle d'initiés et qui se permet alors de juger négativement, un film comme celui-ci. Ainsi, j'en veux particulièrement à la critique de Christian Leblé, écrite dans le journal Libération le 11 mars 1995, et intitulée "mieux vaut voir ça qu'être sourd". Cela commence fort car le titre de cette chronique ne veut rien dire. De plus, Leblé ne trouve aucune qualité au film, ni la distribution pourtant étincelante (Gary Oldman, Jeroen Krabbé, Isabella Rossellini, Valeria Golino et Johanna ter Steege), ni les costumes, ni les décors, ni la musique de Beethoven qu'il juge ici trop commerciale, et pire que tout il trouve le sujet hors de propos. Bref, selon Leblé il n'y a rien à sauver. Le film porte sur la lettre à l'immortelle bien-aimée qui est découverte après la mort de Beethoven. Pour les lecteurs qui ne connaissent pas Beethoven, je tiens à rappeler que cette lettre a interpellé des générations d'historiens, de musicologues, que des thèses ont été écrites, afin de découvrir quelle femme pouvait être cette immortelle bien-aimée. Et c'est peut être le plus grand mystère de la vie de Beethoven. Mais là non plus pour Christian Leblé cela ne présente aucun intérêt. On croit rêver ! Mais vous l'aurez compris sa critique de Libération estt seulement à charge.

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Si on doit être honnête avec ce film. Il faut donc noter qu'il a un beau casting avec un Gary Oldman très crédible en Beethoven. Et ce n'était pas évident de se mettre dans la peau d'un tel personnage et il fallait vraiment un très grand acteur comme Oldman pour y arriver et donner une réelle consistance à ce rôle. Gary Oldman devait d'ailleurs refuser par deux fois le rôle, mais finalement son agent devait arriver à le convaincre d'accepter. Et on peut se dire après avoir vu ce film que sa décision finale a été la bonne. Jeroen Krabbé, et Isabella Rossellini, sont également parfaits, mais aussi tous les seconds rôles qui sont inoubliables. L'intelligence de Bernard Rose est d'avoir fait correspondre la musique de Beethoven aux grands moments de sa vie et d'avoir montré que sa musique, comme sa vie avaient été celles d'un homme à femmes, et qu'on ne pouvait limiter son existence à une vie de célibataire endurci, vivant uniquement pour sa musique. Le film est d'ailleurs parcouru d'une sensualité profonde et d'un romantisme exacerbé.

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Ci-dessus : Gary Oldman et Isabelle Rosselini

Traumatisme de l'enfance, surdité d'un compositeur génial, création artistique et souffrance morale, rapport aux autres et à l'handicap, vie solitaire, recherche d'absolu à travers la musique pour un musicien sourd, lutte entre Beethoven et Napoléon, et vie sentimentale de l'artiste,  les critiques négatives n'ont rien voulu voir de tout ça, ni de l'intellectualisme du film, ni de l'explication que Bernard Rose donne de "la lettre à l'immortelle bien-aimée". C'est bien dommage. Pour ma part, j'ai pris un immense plaisir à voir ce film, qui nous présente un Beethoven plus vrai que nature, et dont la leçon finale est qu'un des plus grands génies de la musique classique est mort dans la misère, seul, et sans enfant. Il devait pourtant rester présent dans l'esprit et dans le coeur des Viennois qui se déplacèrent en masse à son enterrement. Et je finirai cet article par ces quelques mots écrits par Franz Grillparzer pour son oraison funèbre : "Il fut un artiste, mais un homme également, un homme à tous les sens, au plus haut sens du mot. Parce qu'il se retira du monde, on le disait hargneux, et parce qu'il évita le sentimental, on le crut dénué de sentiment. Ah, celui qui se sait dur de coeur, celui-là ne fuit pas ! Les meilleures pointes sont les plus faciles à émousser, à se tordre ou à se briser ... Il fuit le monde car, dans toute l'extension de sa nature passionnée, il ne trouva pas d'arme pour s'en défendre. Il s'écarta des hommes, après qu'il leur eut tout donné, sans rien recevoir en échange. Il resta seul, car il ne trouva pas de second Moi. Mais jusqu'à sa tombe son coeur demeura humain pour tous les hommes, paternel pour tous ses semblables ..."

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Ci-dessus : Gary Oldman

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Ci-dessus : le vrai Beethoven

Bande annonce :


Note  : 9 / 10

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