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20/04/2013

L'entreprenant Mr Petrov / Shall we dance - 1937

Tourné après le fabuleux et inoubliable "Swing Time" (1936) et avant "pension d'artistes" (1937), "l'entreprenant Mr Petrov" ou en anglais "Shall we dance" est un film du duo Fred Astaire / Ginger Rogers qui a beaucoup de qualités mais aussi bien évidemment des défauts. Pour les défauts, autant en parler tout de suite, c'est la partie sur le bateau, où la flanerie amoureuse entre Ginger et Fred peut apporter une certaine lassitude au spectateur. En effet, le réalisateur Mark Sandrich multiplie les promenades avec chiens sur le pont. Et il faut bien le dire ce gag ne prend pas vraiment. Enfin, si le numéro de Fred Astaire avec les mécaniciens noirs est assez intéressant au niveau musical et au niveau de sa chorégraphie, il en est tout autrement de son réalisme. Ainsi, a t'on déjà vu une salle des machines totalement blanche ? ! Cela donne un aspect assez suréaliste à cette partie. Car si finalement le jeu dansant de Fred avec le bruit des machines est très intéressant. On a comme un gros doute concerant ce décor. Si le blanc et l'Art Deco convienne à une représentation stylisée de Venise ou d'hotels ou de résidences de luxe, on a vu mieux comme décor pour les machines d'un bateau. Enfin, si le scénario est très travaillé, il paraît déraisonablement complexe. Mais d'un autre côté les gags sont pour certains irrésistibles (mis à part donc celui du pont sur le bateau).

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Pour les qualités et il y en a beaucoup, c'est tout d'abord et évidemment le duo Ginger Rogers / Fred Astaire, qui n'a jamais été peut être aussi étincelant. Les répliques font mouche et les situations les plus cocaces et les plus improbables sont mises en oeuvre. Ainsi, une fausse Ginger se retrouve dans le lit de Fred Astaire. Quant on sait qu'il était impossible aux USA à cette époque de mettre à l'écran une femme et un homme couchés dans le même lit, c'est d'autant plus drôle. La situation étant précédée de deux hommes ivres morts portant la fausse Ginger dans la chambre d'un autre monsieur devant le regard choqué du gérant de la résidence. Comme dans beaucoup de films de cette époque, l'humour de situation est irrésistible et fait travailler l'imagination du spectateur plutôt que des images vulgaires comme on peut trop souvent le voir aujourd'hui. L'humour est ainsi très présent tout au long du film. Mais le plus gros gag est celui ou Eric Blore essaye d'épeler sans succès au téléphone, à Edward Everett Horton, le nom de la prison dans laquelle il est enfermé. Pour les gens comme moi qui peuvent avoir de temps en temps, des difficultés en anglais, j'avoue que j'en ai ri aux larmes.

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Alors l'humour mise à part, ce sont bien les numéros de danse ou les chansons chantées par Fred qui font la différence. J'en ai reproduit deux exemples dans les videos jointes à cet article. L'ensemble des chansons sont de la composition de George Gershwin et d'Ira Gershwin pour les paroles. Il n'est pas besoin de rappeler l'extrème qualité de ces hauteurs, malheureusement trop tôt disparu pour Georges Gershwin. Le plus beau numéro est sans conteste celui de la chanson "They All Laughed", ou après une courte introduction chantée par Ginger, cette dernière se retrouve dans un incroyable numéro d'improvisation qui montre, si il en était encore besoin, la formidable symbiose artistique du couple Astaire /Rogers. Le numéro "Let's Call the Whole Thing Off" est quant à lui un magnifique numéro sur patins à roulettes, et on imagine en le voyant toutes les chutes que les deux acteurs ont du subir pour arriver finalement, à la parfaite production artistique du numéro que l'on voit à l'écran. Enfin ce n'est pas tant le numéro final qui a attiré mon attention, même si il a un côté très Busby Berkeley, mais c'est bien la chanson "they can't take that away from me", qui si elle s'inscrit totalement dans le film est bien aussi le symbole de la célébrité provisoire et de la gloire qui passe quand la lumière se rallume et que la salle se vide, mais aussi quand le couple devait se séparer à l'écran. Mais de ce côté là, il n'y a rien à craindre. Rien ne leur a été enlevé. Ginger et Fred sont maintenant légendaires et le temps et les modes n'ont rien enlevé à ce talent artistique immortel. Ainsi, Ginger et Fred se retrouveront en 1949 sur ce même numéro, mais cette fois-ci dansant. Les modes passent mais les légendes ne meurent jamais.

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Extraits :

 

 

La scène la plus drôle avec Eric Blore :

 

Disponible en DVD Zone 2. On se demande bien quand on aura droit à une version Bluray restaurée de tous ces films, parce qu'on est très loin d'une qualité d'image optimale !! Bougez vous les éditeurs !

 

Note : 7 / 10

Commentaires

Bonjours Stéphane, merci pour cet article. C'est amusant je n'avais pas pensé à l'aspect invraisemblable de la salle des machines blanches... mais que dire alors de personnes qui chantent et dansent dans la rue ! Souvent aussi un numéro de danse est sensé se produire sur une scène de spectacle mais la caméra nous emporte si loin que la vision de la salle qui applaudit en toute fin de la séquence est comme un atterrissage impossible, une pirouette pour enchainer sur la suite du scénario. Je te rejoins pour l'humour, c'est un charme qui me plait autant que les chorégraphies.
Olivier

Écrit par : Olivier | 20/04/2013

Bonjour Olivier. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Je me suis fait la même réflexion sur la salle de spectacle en particulier dans les comédies musicales de Busby Berkeley. Néanmoins concernant la salle des machines de "shall we dance" tu as droit de ressentir la scène autrement. On est tous des êtres humains, mais on peut ressentir les choses différemment.

Mais c'est vrai que si tu compares les comédies musicales Warner du début des années 30 de Berkeley tu te rendras compte qu'elles sont bien plus réalistes que celles de Fred et de la RKO qui semblent un peu hors du temps. Ce n'est pas non plus une critique. J'adore Fred et Ginger dans leurs numéros. Maintenant il m'a semblé qu'ils poussaient le bouchon un peu loin dans la salle des machines. Mais bon comme je te l'ai dit : chacun son avis :) L'important c'est de continuer de faire vivre ce cinéma en le regardant et en discutant.

Amicalement.
Stéphane (Hollywood Classic)

Écrit par : Stéphane | 21/04/2013

Bonsoir Stéphane,
En fait, j'adore les décors de ces comédies musicales et je suis féru d'art déco. Alors le bâteau de Shall we dance comme d'autres lieux aux dimensions improbables sont un enchantement pour les yeux.
Pour rejoindre ce que tu dis, les films de la Warner sont plus réalistes (ou moins fantaisistes) aussi parce qu'ils mettent en scène des personnages plus communs, parfois même sans le sou, avec un métier, des soucis. A la RKO, c'est un autre monde, blanc et brillant. C'est vrai que ça frôle le ridicule parfois.
Olivier

Écrit par : Olivier | 21/04/2013

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