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03/04/2013

La rue sans issue / Dead End - 1937

"La Rue sans issue" est un film de William Wyler tourné en 1937. William Wyler c'est bien entendu le réalisateur de Ben-Hur (1959) mais aussi le réalisateur de nombreaux films avec Bette Davis ("Jezebel", "la lettre", "The Little Foxes"), mais il a aussi fait tourné Gregory Peck ("les grands espaces"), ou Gary Cooper et combien d'autres. Ce réalisateur a donc eu une carrière assez exceptionnelle. En 1937 il a déjà fait tourner deux fois Joel McCrea dans "Come and Get it" (1936) et dans "These Three". Mais on ne retrouve pas seulement Joel McCrea, mais aussi et surtout Humphrey Bogart et enfin la belle Sylvia Sidney. Sylvia Sidney on se rappelle d'elle aujourd'hui surtout pour son rôle dans "Du sang dans le soleil" où elle donne la réplique à James Cagney, mais aussi et surtout pour son rôle de Fantine dans la version des "Misérables" de 1952. A noter que Sylvia Sidney retrouvera Humphrey Bogart en 1941 dans "l'amour et la bête". Enfin dans les seconds rôles sont présents, Claire Trevor et Wendy Barrie, et Allen Jenkins et toute la bande de gosses insupportables.

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Le film est tout expliqué dans son titre : "La Rue sans issue". En effet, ici toute l'action se passe dans une rue de New-York (la 53ème rue) dont l'issue est le fleuve Hudson. Dans cette rue cohabite misère des uns et richesse des autres. Et on comprend bien que si cette rue n'a pas d'autre fin qu'un fleuve au niveau géographique, elle n'en a pas non plus pour ses occupants. Autant vous le dire tout de suite, le film est désservi par cette action statique, tirée d'une pièce de théâtre de Sidney Kingsley. Alors bien sûr on visite des maisons, des restaurants, des halls d'immeubles, mais c'est bien toujours la même rue. Le spectateur ressent donc un enfermement certain lorsqu'il regarde ce film. Peut être est ce aussi une force du film, que de vouloir nous faire sentir l'enfermement que les occupants de la rue devaient ressentir.

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Ci-dessus : Joel McCrea, Allen Jenkins et Humphrey Bogart

Le film a une certaine modernité car il contient plusieurs histoires : McCrea est un architecte raté qui peint des enseignes pour survivre, les gosses sont livrés à eux mêmes, Sylvia Sidney fait grève pensant obtenir un meilleur salaire, et Humphrey Bogart revient dans le quartier de son enfance, mais pour lui aussi il n'y aura pas d'issue positive. Bref, ici c'est une description d'une misère humaine sous toutes ses formes. Ainsi, le film attire autant qu'il révulse. Dans cette rue, tout est pourri ou vérolé, ainsi le personnage de Bogart ne retrouvera ni l'amour de sa mère, ni l'amour de son ancienne petite amie. Et son personnage pervers n'est que la représentation du futur qui attend les gosses, jeunes voyous abandonnés.

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Ci-dessus : Humprhey Bogart et Claire Trevor

L'image ci-dessous est tirée d'une des meilleures scènes du film qui nous montre un Bogart incapable de retrouver celle qu'il avait laissé, malgré tout son désir. Claire Trevor est magnifique dans cette scène d'un amour devenu impossible. William Wyler se plaît à filmer les visages féminins et à les magnifier avec des jeux de lumières dont lui seul à le secret et que seul le noir et blanc peut restituer. Ainsi, il fera de même avec Sylvia Sidney qui sera très souvent admirablement filmé.

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Ci-dessus : Joel McCrea et Sylvia Sidney

"La rue sans issue" nous permet donc de retrouver des grands acteurs, et des plans parfois magnifiques. C'est déjà beaucoup. Le film lasse parfois et insupporte devant la cruauté et l'enfermement qu'il véhicule. Il y eut d'ailleurs débat aux USA à l'époque concernant la délinquance juvénile dépeinte de manière si réaliste. Il n'en reste pas moins comme cinématographiquement parfait sur bien des points, et si "la rue sans issue" répugne autant qu'il fascine, c'est bien cette fascination que je veux retenir. Le film devait d'ailleurs obtenir 4 nominations aux Oscars.

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Ci-dessus : Joel McCrea et Sylvia Sidney

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Ci-dessus : une photo du tournage (notez l'immense présence de Bogart)

 

Bande-annonce :

 

Note : 7 / 10

Commentaires

Hello Steph, je me souviens avoir vu ce film étant adolescent. C’est un peu vague mais je me souviens avoir détesté le personnage de Joël McCrea. Etais-ce le coté moralisateur du personnage ? Il me semble que oui. J’ai toujours eu du mal avec la morale et le manichéisme du cinéma américain. Bien souvent la trahison pour une supposée bonne cause devait rendre le personnage héroïque alors qu’il me le rendait détestable. Aujourd’hui encore, mais il me faudrait revoir le film, je ne suis pas certain qu’il me serait plus sympathique. ;O)

Écrit par : Willow | 04/04/2013

coucou

Je me doutais que willow serait présent car je connais son admiration pour HB et tous les films de cette période et je le rejoints également. ton travail est formidablement bien fait bvo
saly

Écrit par : saly | 04/04/2013

Hello Willow. En même temps, si tu revois le film, tu verras que le personnage de Bogart est assez horrible et va jusqu'à l'organisation de l'enlèvement d'enfant. Mais bon il y a beaucoup de films où Bogart n'a pas forcément le beau rôle. Il le compensera dans sa deuxième partie de carrière. Mais quoiqu'il en soit cela ne remet pas en cause son formidable talent d'acteur. Après chacun prend ce qu'il souhaite dans les films que je propose.Tiens en parlant de ça, Orson Welles, détestait les films de Cecil B. Demille ou de Hitchock. Pas croyable, hein ? Si tu veux un Joel McCrea rebelle, tu peux revoir "la fille du désert" avec la belle Virginia Mayo qui nous montre ses jambes dans le film :)

Amicalement.
Stéphane (Hollywood Classic)

Écrit par : Stéphane | 04/04/2013

Les commentaires sont fermés.