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02/03/2013

La joyeuse divorcée / The gay divorcee - 1934

On peut dire sans se tromper que si Fred Astaire n'était pas venu à Hollywood en 1933, une grande partie de l'histoire du cinéma américain en aurait été changée. Pourtant en 1933 Fred Astaire n'était pas un nouveau venu dans le milieu du show business et avait déjà derrière lui une importante carrière de danseur à Broadway mais aussi à Londres. Et la comédie musicale n'était pas elle non plus à ses débuts. Elle était née avec les premiers films parlant, et avait ensuite bénéficié de l'aide d'un bon génie en la personne de Busby Berkeley. "La joyeuse divorcée" est une reprise de la dernière comédie musicale du même nom  jouée sur scène 248 fois par Fred Astaire avant son arrivée à Hollywood en 1933. Fred Astaire formait un couple sur scène avec sa soeur Adèle jusqu'à ce que celle-ci se décide de se retirer définitivement pour se marier. Fred Astaire se retrouvait donc au démarrage d'une grande aventure hollywoodienne sans partenaire féminin attitrée. Mais cela ne devait pas durer très longtemps. En effet, sur "Carioca" (1933) Fred et Gingers n'obtenaient pas un grand rôle mais ils devaient voler la vedette aux star du film et taper dans l'oeil des producteurs de la RKO. Concernant Ginger Rogers elle n'était pas une inconnue pour Fred Astaire, en effet elle avait joué avec lui au début de 1930 à Broadway dans la comédie musicale "Girl Crazy". Par contre, la carrière cinématographique de Ginger Rogers avait été jusque là assez chaotique. Et si elle avait obtenu un succès important avec la Warner sur "42ème Rue" ou sur "Chercheuses d'or 1933", les rôles confiés à Ginger Rogers n'étaient que des seconds rôles, parfois proche de la figuration. "La joyeuse divorcée" devait donc donner réellement sa chance au couple de prendre son envol cinématographique et de montrer au monde les talents de danseuse de Ginger Rogers et Fred Astaire. Et donc ironiquement, c'est sur une histoire de divorce que le couple le plus célèbre de l'histoire de la comédie musicale devait réellement naître et se souder.

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 Le film en lui même reprend plusieurs interprètes de la version de Broadway avec donc en premier (vous l'avez compris), Fred Astaire, mais aussi Erik Rhodes et Eric Blore. Erik Rhodes joue Tonetti un italien vantar et précieux, Eric Blore un serveur stupide et pédant. La distribution est complétée par Edward Everett Horton qui sera très souvent présent dans les films de Fred et Ginger. Il introduira dans chacun, une touche de dignité maïs aussi d'humour. Enfin, on retrouve également Alice Brady, que l'on peut revoir dans "Chercheuses d'or de 1935" précédemment commenté sur ce blog. Le film en lui même est particulièrement intéressant à plus d'un titre. En effet, outre de nous montrer à l'écran le merveilleux couple Rogers/Astaire, il nous permet de voir une nouvelle forme de comédie musicale. Ainsi, si les numéros avec des chorus de girls sont toujours bien présents. Ils ne sont plus la raison d'être du film. Là c'est bien le couple qui est mis en avant. Alors bien sûr il y a des grands numéros comme celui du continental qui dure presque 17 minutes, mais là encore on met le couple Ginger Roger/Fred Astaire sur le devant de la scène. Si le film a donc bien subi l'influence du style de Berkeley il a aussi son propre style avec un style ArtDeco tout en blanc, et représente une évolution de la forme de la comédie musicale qui se recentre sur un couple de danseurs et sur des numéros qui apparaissent tout le long du film et non plus seulement à la fin comme avant chez Busby Berkeley. Le film retrouve alors une certaine cohésion et une très forte modernité.

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Ginger Rogers et Fred Astaire dans "la joyeuse divorcée" :

 

Le film lui même raconte l'histoire d'une jeune femme qui veut divorcer d'un mari toujours absent. Elle se décide donc à aller voir un avocat qui lui proposera de mettre en place un flagrant délit d'adultère pour se faire il engage un italien joué par Erik Rhodes. Les quiproquos se multiplieront alors jusqu'au dénouement final. La comédie est excellente et on rit beaucoup devant cet italien qui oublie la phrase "mot de passe" et qui aborde toutes les blondes de l'hotel en disant n'importe quoi. Mais c'est bien évidemment les numéros musicaux qui sont la pière angulaire du film et en particulier le fameux numéro "Night & Day" chanson écrite par Cole Porter et qui commence par quelques mots presque non chantés. Et lorsqu'on voit Ginger et Fred danser dans ce numéro on se rend compte que c'est bien cela la vraie classe et qu'il y a eu une époque bien avant notre naissance où les princes et les princesses existaient vraiment à l'écran. C'est ce que je me disais déjà quand j'avais 14 ans et que je les regardais danser sur le cinéma Super 8 de mon père dans les années 80. Aujourd'hui rien a changé, le temps s'enfuit, les modes passent, mais Ginger et Fred restent éternellement jeunes et comme une image absolue de la beauté et de la grâce pour tous ceux qui savent les aimer.

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Fred Astaire, Ginger Roger et Erik Rhodes (le fameux Tonetti !!!)

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Extrait de Night and Day :

 

Film disponible en dvd zone 2 (éditions Montparnasse).

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Note : 7,5 / 10

Commentaires

"Aujourd'hui rien n'a changé, le temps s'enfuit, les modes passent, mais Ginger et Fred restent éternellement jeunes et comme une image absolue de la beauté et de la grâce pour tous ceux qui savent les aimer."

Bien jolie phrase sur ce film (extensible à l'âge d'or d'Hollywood), que je n'ai pas vu. Pour l'instant, je ne connais de Fred Astaire que Tous en scène (excellent film de Minelli) et Mariage royal, qui n'est pas mal et vaut le coup d'oeil rien que pour Astaire qui danse sur le mur et au plafond de sa chambre.

Merci pour nous faire revivre cette époque qui n'a pas vieillie, si ce n'est en bien.

A bientôt,

Raphaël

Écrit par : Raphaël | 04/03/2013

Les commentaires sont fermés.