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13/02/2013

Les misérables - 1952

Je n'ai pas oublié notre "Théma" sur "les misérables" au cinéma et je vous présenterai donc aujourd'hui la version de 1952 produite par la Twentieth Century Fox. Le film a été tourné par un très grand réalisateur en la personne de Lewis Milestone à qui on doit entre autres, "à l'ouest rien de nouveau" (1930), "l'ange des ténèbres" (1943) avec Errol Flynn, ou encore la version des "Révoltés du Bounty" de 1962 avec Marlon Brando. On a donc un réalisateur capable de filmer de belles oeuvres à l'écran. Et sur ces "Misérables" c'est bien le cas. On se rappelera aussi que Lewis Milestone fera parti de ces réalisateurs inscrits sur la fameuse liste noire et obligés de s'exiler hors des états-unis au début des années 50. Quoiqu'il en soit avec un réalisateur comme Milestone, le film multiplie les plans d'exceptions surtout dans sa première partie, et donne au spectateur une vision sur le noir et blanc assez intéressante, avec une recherche sur les ombres et des gros plans sur les visages, finalement assez rares pour l'époque.

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Le film a bien des défauts, ainsi on voit toujours Jean Valjean en galérien. On fait croire au public qu'en 1815 il y a encore des galères en France alors que Louis XV a supprimé les galères il y a plus de 60 ans ! Et puis il y aurait beaucoup à redire sur le casting avec un Michael Rennie beaucoup moins crédible que Fredric March et Robert Newton tout de même moins bon que Charles Laughton. Cameron Mitchell semble également assez loin de l'idée que l'on peut se faire d'un très jeune étudiant révolutionnaire et républicain. Néanmoins on retrouve la sublissime Debra Paget en Cosette et une très bonne surprise avec Sylvia Sidney en Fantine.

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Ci-dessus : Michael Rennie

Mais au delà du casting, c'est le scénario qui porte le plus préjudice au film. Ainsi, le scénario enlève la famille Ténardiers du roman. Eponine n'apparaît plus non plus. On ne comprend pas bien les ambitions de Marius etc etc On finit donc par faire abstraction du scénario pour voir le film comme lointainement inspiré des Misérables. Il en reste alors un spectacle relativement plaisant et très marqué d'une forte coloration hollywoodienne, qui permet une belle production mais également des incohérences avec l'esprit et la culture française. Cette version a également un découpage de l'oeuvre via des titres insérés mais cette fois-ci sans les plans fixes qui vieillissaient terriblement la version de 1935. Mais c'est bien le seul avantage de cette version qui multiplie les incohérences avec l'oeuvre originale. On ne retrouve d'ailleurs que peu de la belle osmose entre Valjean et Cosette. Et Valjean apparaît ici plutôt comme un être jaloux et possessif, prêt à tout pour garder Cosette pour lui.

 

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Ci-dessus : Debra Paget et Cameron Mitchell

Cette version des "Misérables" est donc loin d'être la meilleure, elle n'en reste pas moins intéressante pour le regard que Milestone porte sur l'oeuvre d'Hugo mais aussi et surtout pour sa belle réalisation dont la facture hollywoodienne fait un film intéressant, mais tout de même assez loin de l'idée que l'on peut se faire de l'esprit de l'oeuvre originale d'Hugo. A voir.

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Ci-dessus : Debra Paget et Cameron Mitchell

 

La bande-annonce :

 

 

Disponible en DVD Zone 2 à la Fnac. A noter que la jaquette comprend des photos de la version de 1935 ... [sic]


Note : 6 / 10

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