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22/01/2013

Peter Ibbetson - 1935

J'ai décidé d'aborder un nouveau cycle dans ma critique de films, avec un nouveau thème, qui portera sur le rêve et le fantastique dans le cinéma américain d'hier et d'aujourd'hui. Les films qui seront choisis sont bien entendu des films que j'ai vu et sélectionné en fonction de ma sensibilité et de ce que je considère comme étant des films particulièrement représentatifs d'un genre et également d'oeuvres qui méritent très souvent d'être sorties de l'oubli dans lequel le temps les a malheureusement plongées. Et je n'ai pas non plus pour vocation d'être totalement exhaustif sur ce thème. Dans ce cadre, je suis très fier de vous présenter un film magnifique, "Peter Ibbetson", du très sous-estimé Henry Hathaway. Le film a été tourné en 1935 et est tiré d'un roman de George Du Maurier, lui même adapté en pièce de théâtre. On retrouve Gary Cooper et Ann Harding dans les rôles principaux.

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Le film a pour thème un premier amour d'enfance qui hante le héros Peter Ibbetson tout au long de sa vie. Ce premier amour contrarié sera le thème central du film, et le rêve sera ici le vecteur de ce que Freud appelle la satisfaction du désir ou la voie royale vers l'inconscient. Sans vouloir raconter le film et vous priver de toute surprise, on a ici une très belle psychologie des personnages, expliquée par les traumatismes de l'enfance et de ce qu'ils peuvent engendrer à l'âge adulte. Cette singulière mise en avant de l'amour, qui décortique les rouages de l'âme humaine, fait de Peter Ibbetson un des plus beaux films qui a pu être tourné sur le thème du rêve. Mais c'est aussi une sublimation de l'amour qui est mis en avant de la plus belle des manières, et l'auteur et le cinéaste atteignent là des sommets que seul quelques grands auteurs ont pu atteindre dans l'histoire de l'art cinématographique, et littéraire. Ainsi, pour la littérature on pense à Dante et à son Enfer, on pense à holderlin et à son Hypérion et à quelques autres encore. Pour le cinéma, on pense à Jean Cocteau. Pourtant ces jeux d'enfants si innocents qui commencent le métrage ne paraissent pas bien une source de grand intérêt. On aurait tort de le penser. Car c'est là que tout commence (la maladie de la mère du jeune Peter) et où l'avenir des futurs adultes se détermine.

 

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Ainsi, le film est découpé en 3 parties : l'enfance, l'insatisfaction de l'âge adulte à la recherche de cet amour perdu, et enfin la prison. On notera que le thème des barreaux est bien présent dans chacune des parties et que ces plans sur des barreaux font finalement le lien entre chaque partie et représentent bien évidement, la représentation de cet amour contrarié, de cette séparation. "Peter Ibbetson" est fabuleux car il vous invite à un voyage dans un amour sublimé, mais aussi vous propose un voyage qui vous envoie aux confins de l'âme humaine et à ses limites.  Ainsi, on ne peut s'empêcher de penser aussi à Jung et à ses idées sur la synchronicité, associé ici au rêve. Synchronicité que l'on comprendra dans le sens junguien, "d'un hasard gorgé de sens". C'est en cela que ce film fait date, de par sa beauté et donc vous l'aurez compris de par son intellectualisme rare mis à la portée de tous.

 

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Le film devait rencontrer un succès critique et public assez inattendu, malgré le fait que Gary Cooper ait le rôle d'un anglais avec un accent qui lui ne l'était pas, et dans un rôle finalement pas très habituel pour lui. Je pourrais écrire encore énormément sur ce "Peter Ibbetson" mais ce serait pour en dévoiler l'intrigue, et il me semble que ce serait ce qu'il y a de pire pour évoquer un tel film.

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Je finirai donc comme d'habitude par écrire encore quelques lignes, pour attirer votre attention sur la magnifique musique symphonique de Ersnt Toch dont l'évocation n'aura ici rien d'anecdotique car elle sera nominée aux Oscars de 1935. Et en guise de conclusion, je vous invite à méditer ces quelques mots d'André Breton parlant de "Peter Ibbetson" : "un film prodigieux, triomphe de la pensée surréaliste". On est donc bien là devant un film totalement indispensable à notre nature d'être humain et qui est peut être tout simplement un des plus beaux films du cinéma hollywoodien. Inoubliable.

 

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Disponible en DVD chez Wildside.  LES EDITEURS DOIVENT LE SORTIR EN BLURAY !!!!!!!!!!!!!!!


NOTE : 9 / 10

Commentaires

Hello Stéphane,

pas mal la récurrence visuelle des barreaux, ça m'avait échappé ! Ce film est magnifique. Tout comme toi, je me suis vraiment dit au début (à tort), avec la séquence sur les deux enfants : on va s'embêter, mais en fait c'est tout le contraire.

A bientôt,

Raphaël

Écrit par : Raphaël | 24/01/2013

Oui magnifique film. J'ai pleuré tout le long :)

Écrit par : Stéphane | 25/01/2013

Oh oui, je comprends ; Quelle émotion, ce film !

Écrit par : Raphaël | 27/01/2013

Les commentaires sont fermés.