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11/01/2013

42ème Rue / 42nd Street - 1933

"42ème Rue" est un petit bijou de comédie musicale. Ce film fait parti des pilliers de la comédie musicale ou plus exactement des fondations sur lequel tout a été construit. Ainsi, le film raconte l'histoire d'un montage d'une comédie musicale à Broadway de sa création dans l'imagination de décideurs jusqu'à la sortie du théâtre le soir de la première. Et le nom du film vient de cette fameuse "42ème rue", antre de la comédie musicale de l'époque. Le film nous présente donc un metteur en scène joué par Warner Baxter totalement aux abois, car ruiné par la grande dépression de 1929. Ce spectacle à monter est donc sa dernière et ultime chance pour s'en sortir et assurer ses arrières. Baxter nous montre ici qu'il était bien un formidable acteur et que ce n'était pas pour rien qu'il était un des acteurs les mieux payés d'Hollywood en 1935.

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La distribution est complétée par un plateau de stars en devenir avec entre autres et j'en oublie: George Brent, Ruby Keeler, Ginger Rogers, et Dick Powell. Et chez chacun on sent le talent prêt à exploser à l'écran.

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Ci-dessus : Ruby Keeler et Warner Baxter

Il faut ajouter que dans plusieurs scènes, la crise de 1929 est évoquée, mais chaque fois on voit des gens qui luttent comme des fous pour survivre (comme le metteur en scène) ou qui s'en moque. Ainsi la scène avec la logeuse est d'ailleurs à ce titre prodigieuse par la liberté sexuelle qu'elle sous-entend. Enfin, et c'est bien cela qui est fascinant, ce film est au carrefour de deux mondes ou plus exactement de 2 époques : le monde de Broadway qui touche à sa fin et le monde de la comédie musicale hollywoodienne et cinématographique qui vient de naître avec le parlant et qui va faire oublier finalement petit à petit la flamboyance de la fameuse 42ème Rue. C'est bien pour cela que "42ème Rue" est comme "Footlight Parade" un film qui fait parti de l'histoire du cinéma et j'aurais tendance à ajouter : de l'histoire des USA tout court. Au delà de la chorégraphie, comme à son habitude totalement démente et géniale de Busby Berkeley vous avez en images la lutte des studios contre la crise. On filme des jeunes femmes sans robe descendant les escaliers et des jambes de danseuses à n'en plus finir. On chante "je suis jeune et en bonne santé" en anglais qui préfigure par ses intonations le fameux "Gold Diggers" universellement connu, et on oublie la crise comme si elle n'existait pas. Pourtant elle était bien présente et malgré le formidable succès de "42ème Rue", la Warner fut dans l'obligation de diviser les salaires par 2 pendant 8 semaines en cette année 1933. Ainsi, peut être avons nous devant nos yeux, une explication du formidable succès public des comédies musicales encore aujourd'hui à Mogador et ailleurs en France. Même maladie, même remède. "42ème Rue" résumé en un mot ? Mythique.

 

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Ci-dessus : le remède des USA contre la crise de 1929

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Ci-dessus, publicité de 1933 pour "42ème Rue" :

Extraits :

 


Pour finir mon article, je me permettrai de citer ce bel article de Télérama que je vous invite à lire entièrement sur le lien ci-dessous : "Sur la 42e Rue, sans doute plus vite qu'ailleurs, le temps a fait son œuvre. Les décennies suivantes, la large rue n'a cessé de se réinventer. De temple de la fête elle est devenue paradis pour cinéphiles – jusqu'aux années 1960 –, avant d'être désertée par l'argent et les lumières, pour être, dans les années 1970-80, une des artères les plus malfamées de Manhattan, abandonnée aux sex-shops, aux prostituées et aux dealers (De Niro y conduisait son yellow cab déprimé dans Taxi Driver). Au début des années 1990, les guides touristiques ­déconseillaient de s'y promener, le coin étant jugé dangereux... Et puis « Super Giuliani » est passé par là. Le républicain (maire de 1994 à 2001) s'était fait élire sur la promesse de « nettoyer la crasse », et sa politique au Karcher a fait son effet. Aujour­d'hui, Mickey a succédé aux Ziegfeld Girls, aux films de Buster Keaton et aux filles de petite vertu. La 42e Rue a perdu la mémoire."

Tout est dit.


Sources : http://www.telerama.fr/scenes/welcome-to-broadway-42e-rue...


NOTE : 8 / 10

Commentaires

Hello Stéphane,

bel article pour un film que tu nous donnes bien envie de découvrir ! Je ne l'ai pas vu, mais cette période m'attire vraiment. La libération sexuelle que tu souligne est certainement due à la période "pré-code" qui ne se souciait pas d'interdits trop stricts. Par ailleurs, Warner a lancé à la fin 2012 une nouvelle collection sur son site, "Forbidden Hollywood", soit ces films qui précèdent l'adoption du Code de Production Cinématographique. 17 titres sont parus et ont l'air fort alléchants...

A bientôt,

Raphaël

Écrit par : Raphaël | 13/01/2013

Hello Raphael,

Oui la Warner a lancé une collection "Forbidden Hollywood". Je commente d'ailleurs plusieurs titres sur ce blog et je continuerai à le faire. Ceci étant dit, beaucoup de titres sont déjà parus en Zone 1 dans de bien meilleurs éditions. Ainsi, je te conseillerais plutôt d'acheter la version 2one 1 et le premier coffret consacré à Busby Berkeley si tu as un lecteur multi-zone ou possibilité de te faire des copies dézonnées. En effet, les éditions US comportent beaucoup plus de bonus et de commentaires audio, même si le plus souvent ils ne sont pas sous-titrés. Enfin les films de Cagney commentés ici sont parus aux USA sur des volumes dédiés au films de gangsters. Si tu as un bon niveau d'anglais privilégie ces éditions qui sont dans tous les cas sous titrés français au niveau du film et pour la collection Gangster tous "Freezone" donc lisible sur un lecteur zone 2 ou PS3.

ci-dessous les liens amazon, si tu es intéressé et que tu n'as pas trop peur des droits de douanes (attention à ça) :

http://www.amazon.com/Gangsters-Collection-Petrified-Roaring-Twenties/dp/B00114XLTQ/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1358185918&sr=8-1&keywords=collection+gangsters+warner

http://www.amazon.com/Berkeley-Collection-Footlight-Parade-Diggers/dp/B000E0OE1M/ref=sr_1_2?s=movies-tv&ie=UTF8&qid=1358185970&sr=1-2&keywords=busby+berkeley+warner

Écrit par : Stéphane | 14/01/2013

Hello Stéphane,

merci pour les liens ! les coffrets Berkeley ont l'air magnifique. Je me laisserai tenter un jour ou l'autre ! J'en ai moi aussi quelques-uns, comme les premiers films de la série The Thin Man ou quelques films de gangsters de la Warner du tout début des années 30. Quelques uns de ces pré-code sont passés il n'u a pas longtemps dans le cinéma de minuit de Patrick Brion ; j'ai ainsi pu enregistrer Frisco Jenny (William A. Wellman, 1932) et Safe in Hell (William A. Wellman, 1931) et quelques autres.

A bientôt,

Raphaël

Écrit par : Raphaël | 16/01/2013

Les commentaires sont fermés.