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31/12/2012

Prologue / Footlight Parade - 1933

Pour le réveillon, quoi de mieux que de parler d'un film chorégraphié par Busby Berkeley : "Prologue". "Prologue" ou en anglais "Footlight Parade" fait parti des films chorégraphié en 1933 par Busby Berkeley. Ainsi on retrouve pour cette année 1933 : "42nd Street", "Gold Diggers of 1933", "Footlight Parade" et "Roman Scandals". Pourquoi ce titre "Prologue" ? Cela s'explique par le scénario dans lequel s'inscrit le film. En effet, avec l'arrivée du parlant au cinéma, James cagney qui joue un producteur de revue musicale se retrouve avec des salles vides. Il décide donc de créer des revues musicales avant le film. Et de quelques salles il se retrouve à couvrir tout le pays. Et c'est bien à une industrie naissante que l'on assiste et à une espèce de "Prologue" de la comédie musicale, où la réalité rejoint la fiction et où finalement la fiction dépasse réalité. On se rend compte ainsi que les cinémas en 1930 étaient souvent des salles de spectacles immenses ou plus exactement des grands théâtres avec balcons et pouvant contenir 2000 personnes ou plus. Ce film parle tout autant de la naissance de la comédie musicale à Hollywood, que de la société américaine de l'époque et de ses distractions.

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James Cagney y joue donc un producteur. Ainsi dans le film, on retrouve le travail fou du producteur mais aussi du chorégraphe joué par le débonnaire Frank McHugh qui doit manager une bande de girls plus belles les unes que les autres et qui ne supporte plus la charge de travail. Le film pêche un peu par son succès. En effet, la réputation de Busby Berkeley, de James Cagney, et de Ruby Keeler, n'étant plus à faire, le spectateur ronge un peu son frein en attendant les fameux gros numéros de danses qui n'arrivent que dans la 2ème partie du métrage. De plus, dans la première partie, la belle Ruby Keeler est câchée derrière de vilaines lunettes et un bureau de secrétaire.  Tout ça est un peu dommage, car finalement cela déséquilibre le film. Mais oui, les numéros dansés sont  magnifiques et pour certains légendaires.

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Ci-dessus Dick Powell et Ruby Keeler

La distribution est complétée par Dick Powell et par Joan Blondell. C'est d'ailleurs assez surprenant de voir Dick Powell si heureux de vivre et de chanter. Mais c'est qu'aujourd'hui on a oublié qu'il a commencé par faire des comédies musicales avant d'attaquer des rôles plus dramatiques comme dans "le grand attentat" ou "Cornered". La musique est de Harry Warren et Sammy  Fain et les paroles d'Al Dubin et Irving Kahal.

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Aujourd'hui qui se souvient de James Cagney, de Ruby Keeler, ou de Dick Powell à ses débuts ? Personne. C'est malheureux. Car finalement le glamour d'Hollywood de cette époque vaut largement le Hollywood d'aujourd'hui. En ce sens, "Prologue" est bien la magnifique introduction de 30 ans de glamour et de films de rêves à Hollywood. La 2ème partie du film est un enchantement qui laisse déjà présager les futurs chefs-d'oeuvres qui seront produits 20 ans plus tard, mais cette fois-ci en couleur.

 

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Extraits (By a waterfall avec Dick Powell et Ruby Keeler) :

 


Footlight Parade - Shanghai Lil (1933) par eugene3453

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Publicité censurée de l'époque (Joan Blondell en photo)

 

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Ci-dessus James Cagney avec les Girls de "Prologue" ne semble pas le plus malheureux.



Disponible en DVD Zone 2 sur le site de l'éditeur dans la collection Pré-code (Hollywood Forbidden). Mais je conseillerais plutôt le coffret de la collection Busby Berkeley en version Zone 1. Car le film comprend des bonus contrairement à la version Zone 2 qui n'a aucun bonus.


Allez j'arrête là pour cette année 2012. Bonne et heureuse année 2013 à tous mes lecteurs et à tous les amoureux de cinéma classique. Et à l'année prochaine pour de nouvelles aventures cinématographiques sur Hollywood Classic !!


NOTE : 8,5 / 10

30/12/2012

Picture Snatcher - 1933

"Picture Snatcher" de Lloyd Bacon fait parti de la liste des films sortis sur le site Warner France et qui ont été tournés avant la mise en place du code de censure en 1934. Ce film est particulièrement intéressant car on y retrouve un James Cagney survitaminé et d'une tonicité à toute épreuve. James Gagney joue dans ce film le rôle d'un gangster repenti qui décide de se ranger en sortant de prison. Il décide donc d'être journaliste reporter. Mais il devra utiliser toute son expérience de gangster pour arriver à ses fins et satisfaire son directeur de rédaction. On retrouve dans la distribution la belle Alice White qui fait le rôle d'une journaliste plutôt volage et Ralph Bellamy qui tournera énormément dans les années 30.

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Le film contient toute la folie et l'ambiance de l'époque : gangsters, flics louches, jolies filles faciles, journalistes sans aucune morale et bien entendu les fameux "speakeasy" (bars clandestins) de la prohibition. Et surtout ce métrage comporte de l'action sans arrêt. Il y en a presque tellement qu'on finit presque épuisé à suivre, notre héros négocié avec des gangsters, un forcené, son patron, etc Il y a également des courses poursuites qui ont lieu en voiture, ou dans le métro et qui donne au film une étonnante modernité. Mais ce film est réellement le reflet d'une époque, le début des années 30, comme dans la scène avec les tipograhes.

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Ci-dessus Alice White, se préparant à aller faire un calin à James Cagney.

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Ci-desssus James Cagney et Alice White

De plus, ce qui est particulièrement surprenant dans ce film c'est le traitement de la violence qui est réaliste, mais aussi des relations entre homme et femme, où le désir sexuel est mis en évidence avant les sentiments. Ce que s'interdira de faire plus tard, Hollywood.

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Ci-desssus James Cagney et Ralph Bellamy

Bref, vous l'aurez compris ce film très tonique m'a beaucoup plu. J'ai pris beaucoup de plaisir à le voir. On pourra peut être toutefois lui reprocher une action omniprésente qui donne parfois l'impression de lire 4 lignes sans ponctuation.

A noter une très belle qualité d'image pour un film de 1933.

 

Disponible en DVD Zone 2 sur le site de l'éditeur dans la collection Pré-code ou dans le volume 3 de la collection "Gangsters" en DVD zone 1.

 

NOTE : 7 / 10

29/12/2012

La charge héroïque / She wore a Yellow Ribbon - 1950

Harry Carey Jr, nous a quitté le 27 décembre à l'âge de 91 ans. Ses parents étaient acteurs et son père jouait déjà dans les premiers films muets de John Ford. Avec la disparition d'Harry Carey Jr disparaît avec lui un des derniers témoins de l'épopée fordienne au cinéma. Une page de l'histoire du cinéma américain s'est fermée avec lui. Il nous reste à lui rendre hommage en voyant et en revoyant ses films. Ainsi, je crois que l'heure et le jour sont parfaitement trouvés pour vous présenter "la charge héroîque" de John Ford et vous rappelez qu'une version totalement restaurée de "la rivière rouge" devrait sortir en Bluray chez WidSide à la mi-mars. Dans ces 2 films nous retrouvont évidemment Harry Carey Jr.

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Dans "la charge héroïque", c'est bien entendu John Wayne qui joue le rôle principal d'un capitaine de cavalerie prêt à partir à la retraite. Mais les révoltes indiennes et la défaite du général Custer à Little Big Horn vont entrainer un départ en retraite moins paisible que prévu. Après une mise en tension au début du film par une courte introduction qui plante le décors, le film reprend son déroulement normal et présente la vie au fort avec ses joies et ses peines. Le capitaine se souvient de sa carrière et finalement se décide à agir afin d'éviter un nouveau bain de sang entre indiens et soldats. Le titre américain que l'on peut traduire par "elle portait un ruban jaune" vient de la chanson titre du même nom qui rappelle que les demoiselles à cette époque portaient des rubans jaunes par tradition quand l'homme qu'elles aimaient, était dans la cavalerie.

 

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Ci-dessus Joanne Dru et Harry Carey Jr

Le génie de Ford est d'arriver à lier une première partie du film sans beaucoup d'actions et surtout fondée sur les rapports humains avec une deuxième partie plus rapide, sans que le spectateur ne s'en rende compte. On a donc ici un très beau western, qui n'a pas pris une ride et qui est un peu la conclusion cinématographique des 2 autres westerns de Ford portant sur les guerres indiennes : "le massacre de Fort Apache" et "Rio Grande". On ne pouvait faire plus bel hommage à Harry Carey Jr que présenter ce film en son honneur. En France on espère toujours une sortie Bluray de films du calibre de "la charge héroïque".

 

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John Wayne dans "la charge héroïque" :


Extrait de scènes :



Hommage à Harry Carey Jr (Rest in peace) :

 

Film disponible pour le moment uniquement en DVD zone 2.

NOTE : 7,5 / 10

28/12/2012

Le dernier train du Katenga / Dark of the sun ou the mercenaries -1968

"Le dernier train du Katenga" est un film tourné par Jack Cardiff. On se rappelle que Jack Cardiff a été le directeur de la photographie de "l'odyssée de l'Africa Queen" de John Huston et a collaboré avec de très nombreux réalisateurs (Michael Powell, Alfred Hitchcock, Albert Lewin, Joseph Mankiewicz, King Vidor). Il avait déjà tourné avec Rod Taylor en 1964 le fabuleux, "Young Cassidy" avec l'aide de John Ford. Et oui, "le dernier train du Katenga" est encore un film avec Rod Taylor et Yvette Mimieux. Le film raconte l'aventure de mercenaires dans un Congo Belge soulevé par la révolte Simba, après la période de décolonisation. Le gouvernement en place décide d'envoyer un commando de mercenaires pour aller chercher 50 millions de diamants et tous les civils qu'ils trouveront, dans une localité isolée et menacée par des forces tribales en révolte.

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Le film est un peu l'ancêtre tous les futurs films de commandos en Afrique : "des oies sauvages" en passant par "les larmes du soleil" ou "Blood Diamond" pour la violence. En plus de Rod Taylor, et Yvette Mimieux, le casting comprend Jim Brown. Le fim comprend beaucoup d'actions est un étonnant duel à la tronçoneuse. La violence est exacerbée et presque continuellement présente. On sait que ce film était très apprécié par Tarantino et ce n'est pas étonnant. Par contre, il circule des rumeurs comme quoi le film aurait été coupé et expurgé de scènes trop violentes. Pour ma part, je n'en sais rien. On assiste quand même à des viols de religieuses et à une sodomie de quelques secondes d'un jeune lieutenant. Alors si il est vrai on a parfois l'impression en voyant ce film de lire un vieux numéro en BD d'Attack, on est néanmoins devant un honnête spectacle qui ne tombe jamais dans une caricature à la Chuck Norris.

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Enfin Cardiff ne tombe jamais dans le piège du racisme car le héros du film finit lui aussi par tomber dans une violence extrème et sauvage. La morale du film est peut être là. La violence sauvage est peut être une caractéristique de chaque être humain (blanc ou noir) soumis à la violence extrème. Il est très difficile alors de la surmonter. Je finirais en disant quelques mots de la très particulière musique de Jacques Loussier dont vous pourrez retrouver quelques extraits en bas de cette note.

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"Le dernier train du Katenga" est donc très intéressant car il diffuse une sacrée dose d'adrénaline mais aussi par l'intérêt que lui ont porté de nombreux réalisateurs, il mérite tout notre attention.

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Extraits de la musique :


 

Disponible sur le site de Warner France à 12,90 €

 

NOTE : 7 / 10

27/12/2012

The office wife - 1930

"The Office wife" est un des premiers films parlant de la Warner. Le film bénéficie d'une réalisation assez statique, et cela s'explique en grande partie par les moyens techniques limités de l'époque. Le film est inspiré d'une nouvelle de Faith Baldwin, qui évoque la concurrence entre la femme de l'homme d'affaire et sa secrétaire. On y retrouve donc la belle Dorothy MacKaill en secretaire et Joan Blondell (dont c'est seulement le 2ème film) et Lewis Stone. Pour nous Lewis Stone reste célèbre dans son rôle du père d'André Moreau dans "Scaramouche" (1952). On se souvient aussi qu'il a interprêté le rôle du marquis De Maine dans la version de Scaramouche de 1923. "The Office wife" fait parti des films pré-codes. On y retrouve donc plusieurs scènes plutôt sexy our l'époque. On y voit entre autre, Joan Blondell mettre ses bas. Natalie Moorhead joue le rôle de la femme de notre businessman.

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Ci-dessus : Dorothy MacKaill

Le film est court et dure moins d'une heure. Il est assez sympathique à voir, et la romance entre Lewis Stone et Dorothy MacKaill est crédible. On revoit la mode des maillots de bain de 1930 et on ne peut s'empêcher de penser : Quelle horreur ! Pour le reste, pas grand chose à ajouter sur cette comédie romantique qui fait parti des "Archives Warner" et qui vient de sortir en France sur le site de l'éditeur. La qualité d'images est correct pour un film de cette époque. On a vu bien pire sur des films plus récents. On peut simplement regretter un prix exorbitant à 12,90 € !! pour un DVD proposé sans aucun bonus, ni restauration apparente. On est pas près de diffuser de la culture à ce prix là. Un prix au dessous de 10 € serait quand même plus raisonnable pour une oeuvre sympathique du cinéma US de ces années là, mais loin d'être un chef d'oeuvre inoubliable.

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Extrait :

 

 

NOTE : 6,5 / 10

26/12/2012

Antoine et Antoinette - 1947

Quelques mots sur "Antoine et Antoinette" de Jacques Becker. Ce film n'est pas le plus célèbre de la filmographie de Becker. Mais il a beaucoup de qualités. Les premières quarantaine de minutes du film ne raconte pas grand chose sinon la vie simple d'un couple ouvrier en 1947. Le couple a peu d'argent, mais beaucoup de rêves. Leur vie est simple, sans télévision, et on bricole une vieille radio pour avoir un peu de musique. L'irruption d'un billet de loterie gagnant va donner du mouvement et de l'action au film qui en manquait jusque là. Le génie de Becker est de lier les 2 parties si différentes du film sans que le spectateur y remarque quelque chose.

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Ce film est intéressant car il permet de regarder dans le rétroviseur et voir ce que nous sommes devenus. Il n'est pas sûr que nous soyons plus heureux aujourd'hui avec tout le confort moderne, internet, la télévision, le homecinéma, etc. Le film de Becker peut se résumer en cette phrase : l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. C'est sur cette simple idée que Becker a construit son film. On trouvera peut être une couleur communiste, avec le bourgeois (le patron d'un petit magasin joué par Noël Roquevert) qui semble exploiter sexuellement une employée, et qui veut séduire à tout prix la femme de l'ouvrier ou les employées de grands magasins sous la botte du patron. Mais on ne s'y attarde pas. On regarde une France de 1947, qui semble insouciante et confiante dans le lendemain avec pourtant pas grand chose en poche et beaucoup d'heures de travail. On voit des emplois industriels en France, et des gens qui se parlent dans une société qui semble plus humaine. Quant au film il reste beaucoup moins noir et dramatique que les derniers films de l'oeuvre de Jacques Becker. On a là un Becker optimiste et finalement quand on y réfléchit, ce n'est pas rien.

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Ci-dessus : Roger Pigaut et Claire Mafféi (à noter que cette scène d'un couple dormant dans un même lit était inimaginable à Hollywood en 1947).

 

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Ci-dessus, affiche de cinéma à la sortie du film :


NOTE : 6,5 / 10

25/12/2012

La Machine à explorer le temps / Time Machine - 1960

Pour le jour de Noël, je vous parlerais d'un film qui a profondément marqué mon enfance et mon adolescence télévisuelle : "La machine à explorer le temps", inspiré du roman de H.G Wells. C'est avec ce film que j'ai découvert Rod Taylor qui était assez célèbre dans les années 60, on se rappelle surtout de lui pour son rôle dans le film d'Hitchcock, "les oiseaux", mais aussi dans son rôle de mercenaire dans "le dernier train du Katanga". Moi je l'ai beaucoup apprécié dans "le jeune Cassidy". Dans "Time Machine" on le retrouve dans un rôle de jeune inventeur anglais à la recherche d'une machine à remonter le temps en 1899. Le reste de la distribution comprend Yvette Mimieux, et Alan Young qui sera présent dans la nouvelle version de l'oeuvre datant de 2002.

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La réalisation de George Pal, fait merveille pour rendre l'intérieur de la maison anglaise de notre inventeur. Et je me rappelle encore le discours sur l'exploration de la 4ème dimension par notre héros, devant un auditoir de savants et d'amis très dubitatifs.

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La première partie étant tellement parfaite, la deuxième partie du film est peut être un peu plus faible, et on a un peu plus de mal à croire à ce monde de 802 701 après Jésus Christ. Mais c'est tellement fascinant de voir notre héros, demander à nos descendants : "Où sont les livres ?" Alors on lui montre une armoire et lorsque il prend un livre, le livre tombe en poussière dans ses mains. Si je me fais peu d'illusion sur ce que nous deviendrons toi et moi cher lecteur dans 800 000 ans, je me demande bien ce qu'il restera de notre civilisation et de ce que nous aimons. Le film répond, qu'il n'en restera rien. En effet, l'Humanité ce sera auto-détruite. Quand on voit les menaces qui pèsent sur notre monde, le film reste donc très actuel, même si il a été tourné en pleine guerre froide. Alors c'est vrai que la réalisation des catastrophes naturels ne dépasse jamais les limites d'une production de l'époque au budget limité, mais cela ne gène guère le message plein d'humanisme de l'oeuvre qui fait autant réfléchir que rêver. A tout cela il faut bien entendu parler de la fabuleuse et mystérieuse musique symphonique de Russell Garcia.

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Ci-dessus : Yvette Mimieux et Rod Taylor


Je ne saurais donc trop vous conseiller de voir "la machine à explorer le temps", qui vaut mieux que sa réputation de série B. Ce film est fait avec des rêves d'enfants et une vision terrifiante de l'avenir, ce qui en fait une incroyable alchimie cinématographique, tout à la fois vintage et fascinante.


Extrait de la musique :


 

Extraits :

 

NOTE : 7,5 / 10

24/12/2012

Colonel Blimp / The life and Death of Colonel Blimp - 1943

"Colonel Blimp" est sorti en Bluray dernièrement. Ce film a été tourné par Michael Powell et Emeric Pressburger en 1943. Tout d'abord il faut noter que le film a bénéficié d'une formidable restauration des négatifs originaux. Une présentation de cette admirable restauration est d'ailleurs faite dans un bonus, par Martin Scorsese lui même. Et le résultat à l'écran est digne des plus hauts éloges. L'image technicolor est parfaite, exempte de quasiment du moindre défaut. C'est prodigieux, surtout quand comme moi on se rappelle la médiocre qualité d'images de certains masters de ce film il y a encore quelques années. La restauration de 2011 a donc permis de redonner à ce film au delà d'une nouvelle jeunesse, une deuxième vie, donnant l'impression qu'il a été tourné hier.

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 "Colonel Blimp" est un film anglais réalisé par la compagnie cinématographique Archers et distribué par the Rank Organization. Le film est lointainement inspiré du personnage de BD du même nom créé par David Low en 1930. Je dirais tout d'abord quelques mots sur le titre français "Colonel Blimp" qui ne laisse rien voir de l'intrigue et sur le titre anglais qui en dit beaucoup plus : "The life and death of Colonel Blimp". En effet, c'est bien ici une vie qui est racontée avec ses grandeurs et ses misères. Et si il est question de mort du colonel, il n'est évoqué ici qu'une mort morale et non physique. Blimp est au début du film un jeune officier prêt à tout pour venger l'honneur de son pays bafoué par la presse allemande. Ses grands idéaux d'honneur seront mis à mal par l'Histoire. Et finalement il se rendra compte que le monde qu'il a connu n'existe plus que dans son esprit. L'inadaptabilité de l'Homme aux changements majeurs de la société a été de nombreuses fois évoqués dans ls cinéma, que ce soit évidemment dans "Autant en emporte le vent" ou dans "les vedettes du pavé" et dans beaucoup d'autres oeuvres. Mais ici ce thème est évoqué par le prisme de la vieillesse. C'est ce qui fait toute la différence. Pour parler de ce film, je commencerais par parler de l'interprétation magistrale de Roger Livesey qui joue le colonel jeune, adulte mûr, puis vieillard. On a d'ailleurs peine à croire que c'est lui qui fait les 3 rôles. Et bien évidemment l'interprétation de Deborah Kerr de trois rôles est exceptionnelle.

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Ci-dessus Deborah Kerr :

Le film tourné en 1943 en Angleterre est très marqué par les 2 conflits mondiaux. Mais le film sait faire pour 1914 la différence entre Allemands fanatiques et l'humanité qu'il peut y avoir en eux comme en tout être humain. Mais pour les Nazis, il n'y a aucune circonstance atténuante. Sinon dans cette oeuvre, il y a de l'amitié, de l'amour, de l'Histoire et surtout un regard sur la vieillesse qui finalement se trouve incapable d'appréhender un monde qu'elle ne comprend plus. Ce film est une magnifique double tragédie pour Blimp et pour l'Europe de 1943. La scène qui m'a le plus marquée est celle où Blimp vient rechercher dans un camp de prisionniers son ancien ami allemand et là explose littéralement les notes de la symphonie inachevée de Schubert. On sait à ce moment là que l'on est devant une oeuvre majeure que la réalisation de Powell va magnifier. Pour finir là où j'ai commencé, je vous dirais que l'amitié entre Blimp et l'officier allemand fait échos à l'amitié entre Powell et le Hongrois Emeric Pressburger, co-réalisateur sur ce film. Donc "Colonel Blimp" est un grand film, qui parle de l'histoire de l'Europe au 20ème siècle, il n'y a pas si longtemps. Si comme moi, vous croyez que nous ne sommes pas les occupants d'un territoire mais bien des citoyens responsables, qui faisons parti d'une collectivité, vous devez voir ce film, car au delà de la vie et de la mort du colonel Blimp c'est bien une passage de l'histoire de l'Europe qui est intelligement évoqué.

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Ci-dessus Roger Livesey :

 

La citation du film : (Parlant des Allemands)  "Pendant des années ils écrivent de la magnifique musique et de la superbe poésie. Et un jour ils se décident à déclarer la guerre, à couler des navires sans défense, tuer des enfants innoncents, bombarder chaque rue de Londres. Et dans le même uniforme de boucher ils écoutent Schubert et mendelssohn. Il y a quelque chose d'horrible dans tout ça."

 

Extrait :


 

NOTE : 8,5 / 10

23/12/2012

Baby Face - 1933

"Baby Face" est un film "Pré-Code" de 1933 avec Barbara Stanwyck, et George Brent dans les rôles principaux. On retrouve également dans les seconds rôles le très jeune John Wayne. Il existe 2 versions de ce film : la version censurée diffusée dans les cinémas à l'époque et la version non censurée "director's cut" si on peut dire. C'est bien entendu, cette dernière version qui donne tout son sens au film. La version censurée enlève tout le caractère sulfureux de l'oeuvre voir même une compréhension de certaines scènes. Le film est une oeuvre d'importance dans l'immense filmographie d'Alfred E. Green.

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Aujourd'hui le film a perdu un peu de son caractère choquant, mais reste néanmoins profondément sulfureux sur de nombreux points. En effet, le film raconte l'histoire d'une jeune fille exploitée par son père dans un espèce de tripot clandestin. Le père fabrique de plus dans l'alcool à priori également de manière inégale. Il faut se rappeler que la prohibition disparaitra en avril 1933. Mais ce n'est pas tant cela qui est mis en avant. C'est surtout la volonté de s'en sortir par tous les moyens pour une jeune fille pauvre. Ce film serait une espèce d'éducation à la vie dans un monde sans pitié. Ainsi, les conseils d'un vieil homme vont faire réagir la jeune fille qui va se décider à ne plus se laisser exploiter mais à exploiter les hommes, grâce à sa beauté.

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Bien entendu, cette volonté de s'en sortir pour une jeune femme qui veut être indépendante était inacceptable pour la censure de l'époque. Et ce sont ces scènes que l'on interdira et pourtant bien avant la mise en place du code Hays. Par contre, la caméra s'attarde longuement sur les formes de Barbara Stanwyck, n'hésite pas à montrer une jarretière, des contacts physiques non désirés (voir l'image ci-dessus) etc

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Ainsi ce type de plan sur les jambes de Barbara Stanwyck est très rare dans le cinéma d'après 1934, on ne le retrouvera que très rarement dans le cinéma américain d'avant 1968. Peut être dans le "facteur sonne toujours deux fois" et encore car dans "le facteur sonne toujours 2 fois", le but du plan était d'anonncer l'entrée d'une femme dans la pièce. Ici le spectateur sait que l'actrice est présente, et le plan ne sert qu'à mettre en avant sa féminité. Je ne vais pas vous raconter toute l'histoire du film, pour ceux qui ne l'ont pas vu. Mais disons que notre héroïne arrivera à s'en sortir matériellement et peut être finalement aussi moralement. Le film était clairement scandaleux pour l'époque car il énonçait des vérités sur une société américaine sans pitié et sans morale et montrait les personnages masculins comme esclaves de leur passion, même au plus haut niveau de la hiérarchie sociale. J'aurais tendance à penser que presque 80 ans après, peu de choses ont changé. C'est bien ce qui fait de ce film un classique du cinéma US. On peut également se demander rétrospectivement ce que le cinéma américain aurait été, si il n'y avait pas eu de Code Hays. La censure a t'elle empêchée le tournage de films réalistes comme celui-ci ou a t'elle permis de développer l'aspect glamour et l'intellectualisme qui manque tant à Hollywood aujourd'hui ? On ne le saura jamais.

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Ci-dessus : Barbara Stanwyck et John Wayne

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Bande-annonce :

La Réplique du film :

-Yes I am a tramp, but whose to blame ? My father !

Traduction : Oui je suis une trainée, mais qui est à blamer ? Mon père !


NOTE : 7 / 10

22/12/2012

La Vallée du jugement / Valley of decision - 1945

"La vallée du jugement" est film avec Gregory Peck tourné en 1945 par la MGM. Le réalisateur Tay Garnett est derrière la caméra.  Le sujet décrit la vie d'une famille d'industriels de l'acier vers 1880 aux USA, avec leurs espoirs, leurs difficultés et les relations qu'ils entretiennent avec leurs ouvriers. Bien évidemment, on ne peut regarder ce film sans penser à "Quelle était verte ma vallée" tourné par John Ford 4 ans plus tôt pour la Twentieth Century Fox.  En plus de Gregory Peck on retrouve dans les rôles principaux Greer Garson et Donald Crisp. Et comme d'habitude Donald Crisp a le rôle du père de famille, mais contrairement à "Quelle était verte ma vallée", il a ici le rôle du patron détesté par une bonne partie des ouvriers. La distribution est aussi complétée par Marsha Hunt (Constance), Lionel Barrymore (l'ouvrier blessé en chaise roulante) et Preston Foster (délégué syndical). Preston Foster on l'a vu joué dans le film précédemment commenté, "Love before Breakfast".

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Le point fort du film, vous l'aurez compris, c'est donc bien sa distribution. On a des acteurs et actrices de grands talents que ce soit pour les premiers comme pour les seconds rôles. Peck est convaincant en jeune héritier de l'industrie de l'acier, comme Greer Garson en amoureuse transie. Mais ce sont bien les seconds rôles qui retiennent l'attention. Crisp je l'ai déjà dit maîtrise parfaitement son rôle. Mais surtout Lionel Barrymore est excellent et crève l'écran en ouvrier handicapé aigri et détestant à mort le patron. Enfin, Preston Foster fait penser par moment à George Marchais dans son rôle de délégué syndical. Quand on sait qu'il interprêtait un dirigeant d'une grande entreprise dans "Love before Breakfast", on mesure l'étendue du talent de tous ces acteurs.  On retiendra également dans cette distribution, le premier rôle de Dean Stockwell, ici enfant, que les amateurs de séries auront plus tard l'habitude de voir jouer dans "Code Quantum".

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Ci-dessus : Donald Crisp et Gregory Peck

Non ce qui plombe un peu le film, c'est finalement la comparaison avec son prédecesseur, "Quelle était verte ma vallée". En effet, la force d'un film est d'arriver à nouer une intrigue intéressante pour arriver à maintenir l'attention du spectateur du début à la fin du métrage. Ici, le film y arrive que partiellement ou à de rares moments. On a du mal à se passionner pour cette famille très riche et qui pour la plupart de ses membres ne s'intéresse que peu à son industrie. Le film arrivera à nouer une intrigue avec la romance entre Marie (Greer Garson) fille d'ouvrier et Gregory Peck (le fils du patron). Puis il y aura la grève, qui donnera son lot d'actions et de rebondissements. Mais finalement les passages les plus intéressants sont traités trop rapidement, et autant la vie simple des ouvriers attirait l'attention dans "Quelle était verte ma vallée", autant ici la vie très lisse d'une riche famille sans énormément d'ambitions ne passionne guère. Enfin la réalisation très académique de Tay Garnett n'attire pas l'oeil comme celle de John Ford c'est si bien le faire. Ainsi les luttes sociales finies, la conclusion du film se bornera à trouver une solution à la conservation à tout prix du patrimoine industriel, ou pour faire simple du capital. Pour y arriver il faudra aussi la part de Marie (la fille d'ouvrier) et la bonne volonté de Constance (la jeune mariée pas trop avide). Voilà toute la morale du film. On pourra donc trouver la leçon comme de peu d'importance et attendre une sortie Bluray du chef-d'oeuvre de John Ford : "Quelle était verte ma vallée" pour espérer un meilleur spectacle.

 

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Extrait :

 

Disponible en Zone 2 dans les Trésors Warner sur le site de l'éditeur.

 

NOTE : 6 / 10

21/12/2012

Qui n'a pas commandé ses trésors Warner ??

Alors que Noël se profile à grands pas, et pour passer les fêtes au chaud, quoi de mieux que de se replonger dans les trésors Warner et les films Pré-codes. Warner met en effet à disposition sur son site toute une série de films tournés avant la mise en place du code Hays de censure en 1934.

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Présentation :

 

 

Ce que femme veut / Love before Breakfast - 1936

"Ce que femme veut" ou "Love before breakfast" est une courte comédie (1h09) avec Carole Lombard tourné en 1936 par Walter Lang. Le titre de travail était Spinster Dinner qui était le titre d'une courte nouvelle de Faith Baldwin. L'histoire assez classique mettait en avant la vie d'un millionnaire, homme d'affaires de son état qui fait n'importe quoi pour conquérir et séduire une belle jeune femme (Carole Lombard). Malheureusement la stratégie trop évidente du monsieur gâche tout et il ne se fait que détester par la belle. Mais la situation sera t'elle la même jusqu'au bout du film ? Sur ce scénario très simple, Lang construit un film enlevé et jamais ennuyeux.

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L'intrigue paraît d'ailleurs très contemporaine dans sa construction et dans sa structure et on aurait parfois l'impression d'être devant un film plus moderne si on mettait d'autres costumes et si on ajoutait des téléphones portables. Néanmoins cette intrigue classique rend le film presque banal et pas réellement remarquable d'une production de comédies courantes dans les années 30. Concernant le casting on retrouve avec plaisir Preston Foster et Cesar Romero. Ce dernier restera célèbre pour les amateurs de Comics oour son rôle du Joker dans une version de Batman de 1966. Quant à "Love before breakfast" ce n'est donc pas un mauvais film, mais juste un petit film sans prétention d'ailleurs tourné en un peu plus d'un mois. Ainsi, aussi vite vu, il sera oublié. Intéressant à voir quand la soirée est trop courte et ne permet pas de mettre un film plus ambitieux. Il réserve néanmoins quelques scènes amusantes et n'a pas à rougir de la comparaison avec des comédies légères récentes.

 

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Ci-dessus Carole Lombard et Preston Foster :

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Ci-dessus, Carole attendant un appel .....


Extrait "Somebody is looking for troubles ??"

 Disponible dans le Coffret Carole Lombard Zone 1

20/12/2012

Train de luxe / Twentieth Century - 1934

Quelques mots pour vous présenter un des plus beaux films de John Barrymore : "Train de Luxe" tourné en 1934 par Howard Hawks. Ce film est le plus incroyable film des années trente, qu'il m'a été donné de voir. En effet, dans ce film John Barrymore joue le rôle d'un producteur de théâtre, excentrique, qui fait et défait les carrières. Ainsi, il crée et développe le talent d'une actrice sans expérience, Lily Garland (Carole Lombard). Mais cette dernière décidera d'abandonner son mentor attirer par les sirènes d'Hollywood. Dans le train qu'il l'emmène à Hollywood elle rencontrera son ancien producteur et la dispute entre eux sera sans fin. Le film était inspirée d'une pièce, "Napoleon of Broadway" de Charles Bruce Millholland qui portait sur son expérience avec le légendaire et excentrique producteur David Belasco.

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Le film est prodigieusement drôle. On rit du début à la fin, devant la folie de Barrymore. Tout est prétexte à l'excès. J'aimerais énormément que ce film soit réédité en DVD ou Bluray. On a tellement eu l'habitude de voir John Barrymore, dans des rôles de séducteurs comme dans "Grand Hotel" qu'ici le voir se déchainer est particulièrement drôle. Ce film n'est malheureusement pas disponible en France en DVD et j'écris ce quelques lignes de mémoire, ayant vu ce film il y a une dizaine d'années sur le sattelite. J'en garde un souvenir impérissable. Ce serait formidable de bénéficier d'une nouvelle édition de ce grand moment de cinéma avec un acteur devenu pour le rôle totalement fou et exubérant, et à la folie communicative. Ainsi en octobre 2011, "Train de luxe" devait être considéré par la bibliothèque nationale du Congrès comme "culturellement, historiquement, et esthétiquement significatif. En un mot, un film mythique d'un acteur de légende.

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Ci-dessus : Carole Lombard et John Barrymore

Extrait :

 

NOTE : 8,5 / 10

19/12/2012

Le Roi des Rois / King of Kings - 1961

A quelques jours de Noël, quoi de plus normal que de parler, du "Roi des Rois", péplum de 1961, remake d'un film de Cecil B. Demile de 1927. Cette version tournée par Nicholas Ray a été beaucoup critiqué. Certains ont dit que ce n'était pas une oeuvre majeure dans la filmographie de Ray ou que le film était trop impersonnel. Pour ma part, je ne retiendrais aucune de ces critiques. Je trouve le film grandiose du début à la fin. Et il s'inscrit bien dans les films grands spectacles des années 60.

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Et même si j'exclue ma culture chrétienne de cette critique, je dois avouer que le film est assez fascinant à regarder, car il bénéficie d'une extraordinaire restauration Bluray qui donne l'impression d'avoir littéralement le Christ dans son Homecinéma. On a à l'écran un peu de la beauté de l'histoire originelle et donc de l'esprit des Evangiles, mais surtout on retrouve la beauté du spectacle tel qu'il devait être en 1961. On retrouve Jeffrey Hunter dans le rôle titre. Jeffrey Hunter on l'a vu dans le rôle du jeune métisse dans "la prisonnière du désert" avec John Wayne ou dans "le brigand bien-aimé" et il avait déjà le rôle de Jésus dans "Ben-Hur", mais on ne voyait jamais son visage. Ici il porte littéralement le film et semble habité.

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Ci-dessus Brigid Bazlen :

Mais chacun joue parfaitement son rôle, et si je devais citer quelques noms de l'immense distribution présente sur ce film, j'évoquerai Brigid Bazlen, assez troublante par sa perversion drapée du voile de l'innocence.  Et c'est peut être le très américain Robert Ryan qui paraît le moins crédible en Saint Jean le Baptiste. Mais au delà de l'histoire sainte racontée parfaitement, c'est bien les thèmes et la réalisation qui font ressortir le film d'une production courante ou de second ordre. Ainsi, les scénaristes ont fait opposer 2 prophètes : Jésus le prophète de l'amour et de la paix et Barabas le chef des rebelles juifs luttant pour l'indépendance de la Judée. Le film se décompose donc entre scènes de la vie du Christ, miracles et guerre contre les Romains. Le plus beau, c'est que le rêve de Judas de voir le prophète de la paix et le prophète de la guerre se réunir pour vaincre les Romains est un des moments clés du film. Le film inscrit donc le message biblique dans l'actualité d'un monde humain en proie à la haine, au doute, à la vengeance. Le spectateur s'interroge alors et peut se demander si les passions humaines ont réellement changées depuis 2000 ans ? De plus la réalisation de Ray fait merveille surtout dans les scènes de combats (en particulier dans le fort de Jérusalem). A cela, il faut ajouter la formidable musique de Miklos Rózsa, compositeur qui a tant fait pour la musique des films d'aventures hollywoodiens que ce soit dans "Ivanhoé", "les chevaliers de la table ronde" ou "le Cid"

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Ci-dessus Jeffrey Hunter dans le "Roi des Rois"

On révise donc avec ce film, l'histoire biblique par des chemins détournés mais avec un plaisir non dissimulé et si on est croyant à coup sûr on pleure. Le film se termine d'ailleurs sur un message de paix et de tolérance. Et personne ne peut nier que notre monde en a aujourd'hui encore bien besoin et ce quelque soit notre culture ou notre croyance. Il faut bien ajouter que le Bluray et le Homecinéma amènent quasiment physiquement le Christ dans votre salon. Que peut on rêver de mieux pour Noel ? Loué soit Warner pour avoir restauré ce film avec une telle qualité d'image.

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Pour toutes ces raisons, et enfin car ce film est une explication positive d'une partie de l'Humanité, il mérite d'être vu par tous.

 

Extraits de la très belle musique de Miklós Rózsa :

 

 

 

La bande-annonce :

 

NOTE : 8,5 / 10

18/12/2012

La mort du cinéma : une fatalité ?

Aujourd'hui pas de critique de film. Pour changer je me permets de retranscrire un article polémique du Times par Will Self qui donne à réfléchir sur ce qu'est devenu le cinéma :

 

A lire en écoutant ça : http://www.youtube.com/watch?v=H2-1u8xvk54

 

Cet article tourne dans ma tête depuis très longtemps. Qu'est devenu le cinéma ? Avons nous créé un monstre ??

 

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Rassurez-vous, je ne vais pas donner dans le biopic gnangnan, mais je vais tout de même devoir vous raconter des choses sur moi. Vers la fin du printemps 2007, je me suis retrouvé attablé avec des figures des lettres britanniques dans un restaurant de Toulouse. A côté de moi était assis le romancier Jonathan Coe. Nous avions tous deux participé au Marathon des mots, une sorte de bête curieuse, un festival français de littérature. La conversation portait sur tout et rien, et, à un moment, elle a bifurqué sur le cinéma. J’ai alors formulé une idée qui me tracassait depuis quelque temps. “Le cinéma est mort, ai-je déclaré. Je ne veux pas dire par là qu’on ne fait pas de films ou que personne n’en regarde, juste que le cinéma n’est plus le mode narratif dominant, que son hégémonie de près d’un siècle sur l’imagination de la majeure partie de la population mondiale a pris fin.”

 

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En fait, je ne crois pas m’être exprimé avec autant d’aisance, mais j’espère que vous me pardonnerez si certaines conventions cinématographiques se glissent dans mes propos. Je ne crois pas non plus que Jonathan ait répondu avec l’éloquence spontanée que je lui prête ici – après tout, il réglait son sort à un steak en même temps qu’il parlait –, mais voilà la teneur de ses propos : “Je vois ce que tu veux dire. L’année dernière, j’ai été juré au Festival d’Edimbourg et, sur les dix films en lice dans la catégorie long-métrage britannique, aucun, je dis bien aucun, n’est sorti en salles.” Cela a fait son chemin dans ma tête et, bien que je n’aie pas réagi immédiatement, l’idée d’une enquête m’est venue à l’esprit : en effet, si le cinéma était mort, il y avait forcément un assassin.

A l’automne suivant, je suis allé à Los Angeles dans le cadre d’une tournée de promotion pour l’un de mes livres et j’ai dîné avec mon agente de longue date, Stevie Rosenbloom, au cœur ­vertigineux de Downtown, dans la salle au décor inspiré de Mondrian du Café Pinot, à côté de cette fantaisie architecturale de style mission espagnole qu’est la bibliothèque publique de Los Angeles. J’ai trouvé que le décor faisait suffisamment “film noir” pour faire part à Stevie de mon soupçon que quelque chose – ou quelqu’un – avait tué le cinéma. Je m’attendais à ce qu’elle réplique, vu qu’elle est née à Los Angeles et qu’elle a travaillé toute sa vie dans l’industrie cinématographique. Elle a gardé le silence un moment, puis m’a dit :“T’as raison.” “Tu sais, j’espère un peu que le cinéma finira comme le théâtre, un mode d’expression secondaire, certes, mais vénéré, qui donne des œuvres originales, mais à présent… je sais plus trop quoi penser.”

J’ai enfoncé le clou : “La question est la suivante, Stevie : si le cinéma est mort, qui l’a tué ?”

Elle a soupiré : “C’est peut-être [le célèbre agent] Mike Ovitz et ses clients à l’ego boursouflé, ou bien les effets spéciaux qui les ont pulvérisés à coups de pistolet laser. Mais c’est peut-être aussi quelque chose de beaucoup moins spectaculaire : la pression vers le bas qu’exerce en permanence le marketing sur l’âme du cinéma, en vendant de plus en plus de merde à des mômes de plus en plus jeunes.” La part du lion de la MGM Nous avions cette conversation déprimante à un moment crucial de l’histoire de Hollywood : les scénaristes étaient sur le point de se mettre en grève, le casus belli étant la part des recettes issues de la diffusion sur les nouveaux supports que les studios proposaient de leur reverser. Mais, comme Stevie l’a aussitôt fait observer, “les généraux des deux camps se livrent une guerre dépassée, la bagarre remonte aux années 1980, au moment où les scénaristes ont perdu la bataille du pourcentage sur la location de vidéos. Personne ne sait vraiment quel est l’enjeu aujourd’hui, si tant est qu’il y en ait un. Ils se disputent sur le montant du pourcentage sur la diffusion Internet de [la série télé] Dharma et Greg.”

Il ne nous avait pas échappé non plus à tous deux qu’en 2007 la vente de jeux vidéo avait dépassé les recettes du cinéma. Certes, dans les années qui ont suivi, les multiplexes ont battu tous les records d’entrées, mais seulement grâce à une poignée de films “à grand spectacle” – les Avatar et leurs avatars – qui avaient incité les ados à poser leurs gros culs sur des fauteuils de cinéma avant de retourner chez eux à leur Xbox. Mais par cette soirée venteuse de novembre 2007, Stevie n’avait qu’une seule chose à me dire : “Si on a tué le cinéma, qu’est-ce que tu comptes faire, Will ?” Je dois admettre que je n’étais pas le meilleur détective pour ce boulot : d’une certaine façon, j’étais un suspect. En effet, vu le nombre de fois où l’on a annoncé la mort du roman et imputé le crime au cinéma, un auteur de livres (comme on nous appelle aux States) aurait indubitablement un mobile : pas seulement la vengeance, mais aussi la jalousie. Le cinéma a eu la part du lion de la MGM du glamour, de l’argent, du sexe et de la célébrité qu’offre l’usine à rêves. On voit régulièrement des romanciers aspirés par les sables mouvants de l’industrie cinématographique : ils vont à des réunions, font le “pitch”, rêvent d’adaptation de leur œuvre flottant dans l’air parmi les grains de poussière dorée. Ces pauvres nigauds ne connaissent pas le sage conseil donné par Martin Amis aux auteurs de livres : “Ne croyez pas qu’on a adapté une de vos œuvres tant que vous n’avez pas loué la vidéo.”

J’avais eu ma part de faux espoirs. Stevie avait réservé les droits d’adaptation d’un de mes livres pendant plus de dix ans. Un producteur célèbre avait été sollicité, un bon scénario avait été écrit, des acteurs s’étaient embarqués dans l’aventure, il y avait même eu un article dans Variety disant que le tournage était sur le point d’être programmé. Il ne l’a jamais été. J’ai eu l’impression de m’être fait plaquer par l’industrie du cinéma mais, je l’avoue, je me suis aussi senti trahi personnellement. C’était peut-être l’une des maladies de l’industrie de la fiction, mais ma capacité à croire au cinéma déclinait depuis plusieurs décennies. Cela avait commencé par les films de genre – les comédies sentimentales, l’épopée de science-fiction, les films d’horreur et ceux d’action –, puis très vite je me mis à trouver des drames sérieux franchement ridicules. Je voyais toujours la perche suspendue juste hors champ et tenue par un type en doudoune sans manches. Je me précipitais sur les anachronismes et les erreurs de script comme un faucon sur sa proie. Et puis, comme tout le monde, je me suis mis à ne plus voir les personnages représentés mais les accessoires de plusieurs millions de dollars qui les interprétaient.

Avec une vision aussi négative des choses, je n’étais probablement pas la personne indiquée pour traquer les tueurs du cinéma. Je me suis même demandé si je l’avais jamais aimé. Puis j’ai repensé à mon enfance, à mon adolescence et à mes premières années d’adulte, à ce temps où le cinéma était une façon d’appréhender le monde, un manuel de style multidimensionnel, un moyen de se détendre et de rigoler et, surtout, un partage de références. Sans cette foule de références cinématographiques communes – presque autant que de références musicales –, on voit mal comment ma génération formerait un tout cohérent. Ce qui nous unit, c’est Steve McQueen lançant une balle de base-ball contre un mur de cellule, Lauren Bacall rapprochant les lèvres pour siffler, Anthony Hopkins aspirant des fèves invisibles… Le cinéma était notre être-au-monde, le miroir dans lequel nous pouvions vérifier non pas le bord de notre chapeau, mais le pourtour de notre tête.

Des mômes de 8 ans blasés

Bien entendu, le cinéma produit encore de bons films, et même d’excellents. Il serait absurde de le nier. Mais c’est sa prééminence culturelle qui a disparu à jamais. Lorsque je parle avec les aînés de mes enfants – ils ont aujourd’hui autour de la vingtaine – ou, plus exactement, que j’écoute les conversations qu’ils ont avec leurs copains, je n’ai pas le sentiment que le cinéma joue un rôle central dans leur vie, mais plutôt qu’ils sont dans un tel tourbillon d’images animées – télé, ordinateurs, consoles de jeu, vidéosurveillance, téléphones – que le grand écran n’est qu’une chose qui flotte au loin, une présence spectrale que seul peut réveiller le nouveau grand spectacle. En un sens, la nouvelle vague de films en 3D confère une circularité astucieuse au processus d’essor et de déclin du cinéma. Il avait commencé comme spectacle pur et simple, et la légende veut que les premiers spectateurs aient été terrifiés par l’image d’un train fonçant sur eux. Aujourd’hui, Hollywood tente d’inspirer à nouveau ce respect mêlé de crainte des origines avec la 3D, mais, malheureusement pour les studios, le public, même lorsqu’il est composé de jeunes enfants, est bien trop évolué pour se laisser prendre.

Mais cela ne l’empêche pas d’être passif et inexpérimenté : les mômes sont capables de trouver des failles, mais on a parfois l’impression qu’ils ne savent plus les combler car les techniques de capture de mouvements et les effets spéciaux exercent un tel pouvoir que, au lieu d’emmener notre imagination avec nous dans la salle, nous la laissons à la porte. En plus, ça ne marche même pas : les films engendrés par ces technologies sont des produits marketing, des tours de manège dans un parc d’attractions ou de futurs jeux vidéo ratés. J’ai entendu des mômes de 8 ans complètement blasés dire qu’ils préféreraient voir des choses en 2D.

 

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400 films par an

La production s’est délibérément dégradée, mais la diffusion aussi. L’année dernière, j’ai parlé avec David Lynch, un vrai auteur, des raisons qui l’avaient poussé à distribuer lui-même son dernier film, INLAND EMPIRE. “J’adore le film, Will, m’a-t-il répondu. Mais le circuit de salles est en train de mourir. Les ventes de DVD baissent, tout va sur Internet, et mon film s’est retrouvé pris là-dedans. En plus, il dure trois heures, Will, et personne ne l’a compris.” Puis il s’est mis à chanter les vertus de ce qu’il estime être “la projection parfaite, dans une salle silencieuse, avec un bon son, parce que c’est comme ça qu’on peut vraiment entrer dans l’univers du film”. Il regrettait la disparition des salles. “C’est dommage.” Oui, ce qui est dommage c’est la disparition d’une expérience collective, comme du temps où il n’y avait que trois chaînes de télévision hertziennes et que les gens regardaient tous les mêmes émissions et en parlaient ensuite. Jusqu’aux années 1980, on pouvait être sûr que tout le monde avait vu les mêmes films à peu près au même moment. Quoi qu’il en soit, si je voulais vraiment jouer les détectives, la meilleure chose à faire était de battre le pavé. J’ai donc décidé que, l’année suivante, j’irais à Hollywood à pied depuis l’aéroport en passant par Downtown, puis que je pousserais jusqu’à Culver City pour rencontrer Michael Lynton, le patron de Sony Pictures. Quel meilleur moyen de mettre la main sur le meurtrier du cinéma que de m’approcher de lui à pas de loup de cette façon manifestement peu cinématographique ? La marche est un mouvement trop lent pour le cinéma, en tout cas pour les plans d’une fraction de seconde en vigueur aujourd’hui à Hollywood. Marcher est une affaire de réflexion plutôt que d’action : Rousseau disait que l’allure de la pensée suit celle de la marche. Quelque chose me disait que, pour débusquer l’assassin du cinéma, j’allais devoir autant m’adonner à la contemplation que cuisiner les suspects habituels. C’est ce que j’ai fait. Je suis allé à Hollywood à pied. Plus exactement, j’ai marché de mon domicile, dans le centre de Londres, jusqu’à Heathrow, en passant par les studios Pinewood, près d’Uxbridge. Puis j’ai pris l’avion pour Los Angeles, où j’ai effectué une boucle de presque 200 kilomètres.

Partout où je suis allé et avec tous ceux que j’ai rencontrés, j’ai soulevé la question de la mort du cinéma. Parmi les gens avec qui j’ai parlé sérieusement, personne ou presque n’a cherché à la nier, de [l’acteur] Daniel Craig, sur le plateau du dernier James Bond, à Dean Kuipers, le responsable des pages Culture du Los Angeles Times. Lorsque je suis enfin arrivé à Culver City, Lynton a reconnu que le cinéma avait perdu sa capacité à surprendre, ainsi qu’une certaine signification sociale. Comme moi, il a grandi avec les films hollywoodiens anticonformistes des années 1970 et du début des années 1980, une période de créativité qui a débuté avec Chinatown et s’est achevée avec Apocalypse Now.

Mais ce qui préoccupait le plus ce nabab moderne, c’était l’avènement des enregistreurs vidéo numériques comme le TiVo. “Dans les années 1970, il y avait peut-être 60 ou 70 films qui sortaient chaque année, aujourd’hui il y en a 400, m’a-t-il expliqué. Si l’on veut attirer les gens dans les multiplexes, nous devons centrer nos spots à la télévision sur le week-end précédant la sortie du film. Et encore, maintenant ils ont la possibilité de zapper les pubs.” La seule personne à Hollywood qui ait tiqué à l’idée que le cinéma était moribond a été l’auteur de livres Bret Easton Ellis. Il trouvait qu’il y avait encore de l’innovation, comme l’avait montré la comédie ado En cloque, mode d’emploi (2007). Je n’ai pas su dire s’il était ironique, car si j’ai gardé du film le souvenir d’une farce assez plaisante, ce qui m’a le plus marqué c’est le compte-rendu incroyablement long et alambiqué qu’en a fait le critique Anthony Lane dans The New Yorker.

En fait, lorsque je considère le cinéma d’un point de vue critique, je le vois de plus en plus comme un tas de chutes de pellicule éventré sur le sol d’une salle de montage. Aux critiques qui avaient abordé sérieusement le nouveau cinéma – comme Dilys Powell dans The Sunday Times – ont succédé des gens qui pondent des analyses indigestes de navets décadents. Une poltronnerie que j’ai eu l’occasion de constater pendant la courte période où j’ai été critique de cinéma à l’Evening Standard. Après avoir remis mon compte rendu sur cette idiotie pompeuse et ennuyeuse au possible qu’est Matrix Reloaded, j’ai été réveillé à 6 heures du matin par le rédacteur en chef, qui m’a fait jurer – oui, jurer – que j’avais vu le film en entier parce que le studio affirmait que j’étais parti au milieu de la projection. En fait, j’étais allé aux toilettes et le publicitaire aux yeux de chouette ne m’avait pas vu revenir. J’aurais préféré ne pas le faire, comme j’aurais aimé partir avant la fin de la superproduction à effets spéciaux de l’été, Inception, un film qui, loin d’être intelligent, n’est que l’idée que se fait un imbécile d’un film intelligent. Ce n’est pas un hasard si, lorsque les cinéastes déforment la réalité comme un ruban de Möbius, ce sont les films dits pour enfants – de tout âge – qui montrent le plus de maturité. Dans les multiplexes, le vrai film pour “adulescents” est Toy Story 3, car il permet aux ados de 30 et 40 ans, mis en confiance par l’ironie présente en filigrane, de redécouvrir le spectacle de la lanterne magique.

Les poubelles de l’histoire visuelle

Différentes versions de ces réflexions et de ces pistes m’ont tracassé tout au long de ma semaine de déambulation dans Los Angeles en juin 2008. Je m’étais lancé dans une quête, avec l’intention de m’éloigner de tout ce qui pouvait avoir trait au cinéma, mais, en voyant se succéder des affiches pour des films – L’Incroyable Hulk, Wanted : choisis ton destin, Love Gourou – qui, à peine sortis, iraient en rejoindre d’innombrables autres dans les poubelles de l’histoire visuelle, je m’étais senti de plus en plus déprimé. Certes, j’avais pressenti que le cinéma était mort, mais sans vraiment y croire. J’avais espéré que, malgré son allure tranquille – un lent travelling de plusieurs heures –, mon périple resterait agréablement cinématographique. Je m’étais dit que le livre que j’écrirais sur le sujet serait une sorte de documentaire, mais, au fil des kilomètres, et pendant que les studios Universal partaient en fumée, j’ai compris que je ne pouvais en aucune façon prétendre à l’objectivité. Ce n’était pas le scénario d’un biopic gnangnan que je devais écrire, mais des Mémoires délibérément déformés. Il apparaissait, comme les auteurs de livres Nathanael West, F. Scott Fitzgerald, Budd Schulberg et Joan Didion l’avaient découvert avant moi, que la seule façon de satiriser cette mer des Sargasses de l’imagination qu’est Hollywood était d’en faire une œuvre de fiction.

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Sources : http://www.courrierinternational.com/article/2010/09/30/qui-a-tue-le-septieme-art