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30/11/2012

Jules César / Julius Caesar - 1953

Chers lecteurs, j'ai décidé d'ouvrir une série d'articles sur les péplums. Hollywood Classic se met donc à l'heure antique et est fier de vous présenter pour commencer cette série: "Jules César".

Alors que le film muet devait disparaître pour laisser place au parlant, les critiques et cinéphiles de l'époque percevaient le cinéma comme une menace mortelle pour le théâtre. En effet, si le cinéma devenait parlant, certains pensaient que l'on pourrait traduire en images des pièces de théâtre. Aujourd'hui, on le sait : le cinéma est et demeurera parlant et le théâtre a survécu. J'ai introduit cette courte présentation parce que je vais vous parler de "Jules César", et que ce film reprend le formidable texte de la célèbre pièce de Shakespeare qu'il magnifie dans une belle mise en scène signée Joseph L. Mankiewicz. "Jules César" a été tourné en 1953, époque où Hollywood tournait encore à plein régime des chefs d'oeuvres chaque semaine.

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Je ne ferais pas ici une étude de la pièce de Shakespeare que des spécialistes de littérature anglaise ont déjà fait des siècles avant moi. Mais cinématographiquement on pouvait se poser la question de ce qu'allait bien pouvoir donner à l'écran, un film sur un conquérant à l'ego et à l'ambition démeusuré, soutenu par le texte du plus grand auteur de pièce de théâtre de langue anglaise. On sent que Mankiewicz n'a pas voulu en rajouter au niveau de la mise en scène, et s'appuie très fortement sur le texte de Shakespeare. Ainsi, le triomphe de César est raconté comme dans la pièce originale et pas montrée. C'est d'ailleurs un peu le défaut du film. En effet, le cinéma si il fait rêver, imaginer, doit aussi montrer et à vouloir s'accrocher jusqu'au dernier degré, au texte de Shakespeare, Mankiewicz ralentit le film et limite son expression. Il n'en reste pas moins que les vers sont admirables, la réalisation soignée et sobre. Et finalement, on a un peu ce même sentiment que quand on regarde "Cyrano de Bergerac" en film. On se sent grandit. Mais pour ne pas avoir l'impression que les acteurs surjouent, Mankiewicz a eu la chance de pouvoir s'entourer de très grands interprètes en la personne de Marlon Brando, James Mason, et Louis Calhern, ce dernier trouvant là (à n'en pas douter) son plus grand rôle. Dans les seconds rôles sont présents aussi Greer Garson et Deborah Kerr. Bref du beau monde, pour un grand film qui va bien au delà du théâtre filmé que l'on pouvait légitimment craindre au départ de la création d'une telle oeuvre. Donc, pour la beauté du texte, la musique de Miklós Rózsa et la page d'histoire antique qui comprenait déjà tout ce qui fait la vie des hommes (le pouvoir, l'ambition, la traîtrise et la mort), ce "Jules César" a bien traversé les temps et les générations. A noter pour finir que Mankiewicz retrouvera l'antiquité 10 ans plus tard en tournant Cléôpatre, dans un film au tournage et à la réalisation cette fois-ci pharaonique où il abandonnera une grande partie de la sobre modestie littéraire et un peu théâtral de ce "Jules César". Charlton Heston et Robert Vaughn feront leur apparition dans une nouvelle version de Stuart Burge en 1970.

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Ci-dessus Marlon Brando (Antoine) :

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Ci-dessus Louis Calhern et James Mason :


Extrait de la grandiose musique de Miklós Rózsa :

 

 

NOTE : 8 / 10

29/11/2012

Hommage à Carole Lombard - une autre déesse de l'écran

Pour cette semaine, notre hommage sera adressé à la femme de Clark Gable, trop tôt disparue : Carole Lombard.

 

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28/11/2012

Les Cavaliers / The horse soldiers - 1959

"Les cavaliers" est paru l'année dernière en Bluray. Ce film a été tourné par John Ford en 1959. Il est le prolongement de la trilogie des guerres indiennes, commencée par "le massacre de Fort Apache" continuée par "la charge héroïque" et conlue par "Rio Grande". Comme dans ces 3 films, John Wayne joue les premiers rôles. Mais cette fois il partage la vedette avec William Holden, rendu 2 ans plus tôt immensément célèbre par son interprétation dans "le pont de la rivière Kwaï".

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La présence féminine dans ce film d'hommes est interprêtée par la magnifique Constance Towers. Contrairement à la précédente trilogie évoquée plus haut, ici ce n'est pas la guerre contre les Indiens qui ait mise en images, mais bien le combat entre le Nord et le Sud pendant la guerre de sécession (1861 - 1865). Et c'est un épisode qui concerne une brigade de cavalerie nordiste décidée à faire un raid lointain en territoire ennemie, afin de couper la ligne d'approvisionnement des Sudistes retranchées dans Vicksburg. Le sujet est au départ très militaire. Mais finalement comme dans "la charge héroïque", John Ford va s'attacher aux petites choses de la vie militaire, qui finalement une par une vont donner une consistance à chaque personnage mais aussi et surtout une humanité à ce film plus proche du film de guerre que du Western. Ainsi,  le médecin (Holden) s'opposera systématiquement à John Wayne (colonel) qu'il jugera trop partial, trop martial et ne respectant pas ses consignes de médecin militaire. La scène la plus savoureuse et la rencontre avec la riche héritière sudiste (Constance Towers) qui invite tout l'état-major nordiste à dîner. Elle fera tout son possible pour être la plus courtoise possible ... Quand les masques tomberont, le réveil sera difficile pour elle. Mais finalement l'humanité gagnera elle aussi et la guerre au lieu de diviser les hommes finira per les réunir sinon dans une même mort, du moins pour le couple chanceux, dans un même amour. Le duo John Wayne/William Holden fonctionne à plein régime et on a au final un film rythmé, très plaisant à regarder. Si à celà, vous ajoutez la magnifique musique de titre de

A noter enfin, une qualité d'image qui écrase l'édition DVD zone 2 précédemment sortie.

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Ci-dessus : John Wayne et Constance Towers

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Chanson du titre :

 

Ci-dessus : William Holden et John Wayne

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Ci-dessus John Wayne et Constance Towers sur le plateau des "Cavaliers".

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Ci-dessus : John Wayne, William Holden et Constance Towers sur le plateau des "Cavaliers"


NOTE : 8 / 10

27/11/2012

Les grandes espérances / Great expectations - 1946

Dans le cadre de sa sortie récente en bluray, je vais vous parlais aujourd'hui du film "Grande espérances", sortie en 1946. Le film a été tourné par David Lean (le célèbre réalisateur de Lawrence d'Arabie), Il s'agit d'un film britannique qui fut distribué aux USA par Universal, et comportant donc un casting également britannique. Le film est tiré du plus célèbre (peut être) roman de Dickens. Dès le début du film on est tout de suite frappé par le talent de David Lean en tant que réalisateur. Le mystère est parfaitement rendu, on retrouve des dizaines de plans magnifiques et je n'aurais pas assez de place pour louer la réalisation et la photographie de l'ensemble de l'oeuvre.

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Bien entendu le but de cette critique ne sera pas de faire une étude complète du roman de Dickens. Mais qu'est ce que c'est bien écrit quand même ! Quelle intelligence scénaristique et à la réalisation. Ce qui est formidable dans "Grandes Espérances" c'est que le film contient différentes histoires qui finalement seront reliées les unes aux autres pour faire un tout. Un prisonnier échappé est nourri par un enfant qui le menace; une femme richissime mais recluse adopte une fille et fait venir chez elle, le jeune garçon qui a aidé le prisonnier. Quoi de commun à tout cela ? Rien à première vue. Mais les liens invisibles entre ces différents protagonistes vont se faire et se relever rapidement inaltérables sinon par la mort de l'un deux. A celà il faut ajouter les vies brisées, les destins maudits, l'appat du gain, la mort qui rode et on a un fabuleux instantané social de l'Angleterre au début du 19ème siècle. A cela il faut ajouter la formidable prestation de la jeune Jean Simmons et du jeune Anthony Wager. Tous les seconds rôles sont d'ailleurs excellents, comme par exemple Francis L Sullivan en avocat ou Finlay Currie en évadé. Finlay Currie est resté célèbre pour son rôle du père dans "Ivanhoé", ou de Balthasar dans "Ben-Hur". Mon principal reproche sera sur le choix de John Mills qui est censé jouer un personnage qui a entre 18 et 25 et qui en aura plus de 30 quand il tourne le film ! Cela décridibilise malheureusement quelque peu l'ensemble, même si on ne peut retirer un grand talent d'acteur à Mills.

Quoiqu'il en soit le film reste un spectacle de haute volée littéraire. A voir et à revoir.

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Ci-dessus, Finlay Currie et Anthony Wager

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Ci-dessus : Jean Simmons, Martita Hunt et Anthony Wager

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Ci-dessus : Alec Guinness et John Mills

 

En cadeau un extrait :

 

Disponible en Bluray zone B (sous titré français uniquement)


A noter enfin, que l'adaptation moderne du célèbre roman de Charles Dickens transposée à notre époque dans une version de 1998 avec Robert De Niro et Gwyneth Paltrow est tout à fait digne également d'intérêt. J'en parlerais peut être plus tard ...


NOTE : 8,5 / 10

26/11/2012

Le grand secret / Above and Beyond - 1952

"Le grand secret" est un film de guerre avec Robert Taylor. Mais ce n'est pas un film de guerre au sens strict. En effet, il n'y a ici ni combat ni gloire. Il s'agit en effet, de raconter le lancement de la première bombe atomique sur Hiroshima le matin du 6 août 1945. Le film est très difficile à supporter car la tension ne cesse jamais. En effet, les contraintes de longs mois de préparatifs, les tâches exténuantes, sont accentuées par le fait qu'il est impossible de parler de tout cela et tout spécialement de la mission pour le colonel Tibbets (Robert Taylor). Le film n'est pas cinématographiquement un mauvais film. Mais il n'apporte rien au spectateur sinon de donner le point de vue du gouvernement américain de 1952 sur le lancement de la bombe. On ne voit jamais un Japonais. Le film n'est donc qu'une longue justification du massacre instantané de 70 000 personnes (hommes, femmes et enfants) et de la lente agonie de 50 000 autres par quelques pilotes, politiciens et scientifiques ...

 

Tout cela est très difficile à supporter, et le glamour d'Eleanor Parker semble jouer constamment faux dans cette justification macabre éhontée. Et si le film pose des questions, il ne conteste jamais la décision finale de lancer la bombe. Ce film est donc aujourd'hui quasiment insupportable à voir, même pour un spectateur français. Pourtant, tout le talent d'Hollywood est là. Mais pour moi, rien y fait. Robert Taylor n'est ici qu'un boucher, au mieux un bourreau. Et finalement à vouloir se prendre pour Dieu, l'Humanité est devenue inhumaine ce 6 août 1945. Le pire est peut être la scène finale où la femme du colonel Tibbets (Eleanor Parker) se décide à se jeter dans les bras de son mari, fière de l'execution de 70 000 innocents par ce dernier. Consternant ...

 

En respect des 140 000 civils japonais executés, aucune photo du film ou affiche ne sera publié. Vous remerciant de votre compréhension.

 

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Ci-dessus : Enfant japonais priant en 2012 lors de la commémoration de la date anniversaire du lancement de la 1ere bombe atomique.


NOTE : 3,5 / 10

25/11/2012

Le suspect / The Suspect - 1944

"Le suspect" est un film de Robert Siodmak avec Charles Laughton et Ella Raines. On retrouve dans les seconds rôles, le très mystérieux Henry Daniell. Ce dernier, habitué à jouer des rôles de méchants ou de traîtres, ne déroge pas non plus ici à la règle.

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Ce film qui pourrait passer pour un film policier classique (un mari tuant sa femme), n'en est pourtant pas un. En effet, généralement, l'assassin s'en prenant à sa propre femme est détesté par le public. Ici on prend fait et cause pour l'assassin (Charles Laughton). On n'approuve pas son geste mais on le comprend et on tremble avec lui. De plus, les inspecteurs de Police apparaissent comme des êtres grossiers, fourbes, et usant de ruses, presque malhonnêtes. A ce titre Stanley Ridges est prodigieux dans son rôle d'inspecteur. Enfin, on voit tous les travers (voir la perversion) de la bonne société britannique du début du 20ème siècle. Car finalement c'est une espèce de morale victorienne poussée à l'extrème qui va quasiment obliger le mari à tuer sa femme. Laughton est d'ailleurs toujours montré quasiment avec bienveillance, portant un important sens moral mais non perverti comme ceux qui l'agressent, et ses méfaits (même si ils sont prémédités) ne sont que la réponse à une atroce agression, un chantage etc. En un mot, ce film surprend donc par son scénario inversé, où les bons sont les méchants. Et inversement l'assassin est présenté comme presque le bienfaiteur d'une société vérolée. La fin est d'ailleurs assez incroyable à ce titre. On retrouve donc un bon film en costume qui n'atteint pas les sommets du film noir ou de l'oeuvre d'Hitchcock, mais qui malgré tout interroge le spectateur sur le rapport au Mal et sur ce qu'un homme peut accepter des autres sans réagir et finalement ce de qui transforme un honnête homme en assassin. Donc un film assez fascinant et très intelligent, surtout qu'en plus, on retrouve la belle Ella Raines. Je reprocherai uniquement une interprétation peut être trop caricaturale de la femme de Laughton. Pour le reste ce film est une très bonne pioche d'Universal (avec une belle musique de Frank Skinner).

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Ci-dessus Ella Raines :

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Ci-dessus Ella Raines sur le plateau du "Suspect" avec Robert Siodmiak :

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Ci-dessus Ella Raines en train d'enfiler un costume pour une scène du "Suspect"

 

Film disponible en DVD Zone 2 (collection Universal) - Dispo chez Gibert Joseph pour les personnes de Région parisienne.


NOTE : 7 / 10