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30/11/2012

Jules César / Julius Caesar - 1953

Chers lecteurs, j'ai décidé d'ouvrir une série d'articles sur les péplums. Hollywood Classic se met donc à l'heure antique et est fier de vous présenter pour commencer cette série: "Jules César".

Alors que le film muet devait disparaître pour laisser place au parlant, les critiques et cinéphiles de l'époque percevaient le cinéma comme une menace mortelle pour le théâtre. En effet, si le cinéma devenait parlant, certains pensaient que l'on pourrait traduire en images des pièces de théâtre. Aujourd'hui, on le sait : le cinéma est et demeurera parlant et le théâtre a survécu. J'ai introduit cette courte présentation parce que je vais vous parler de "Jules César", et que ce film reprend le formidable texte de la célèbre pièce de Shakespeare qu'il magnifie dans une belle mise en scène signée Joseph L. Mankiewicz. "Jules César" a été tourné en 1953, époque où Hollywood tournait encore à plein régime des chefs d'oeuvres chaque semaine.

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Je ne ferais pas ici une étude de la pièce de Shakespeare que des spécialistes de littérature anglaise ont déjà fait des siècles avant moi. Mais cinématographiquement on pouvait se poser la question de ce qu'allait bien pouvoir donner à l'écran, un film sur un conquérant à l'ego et à l'ambition démeusuré, soutenu par le texte du plus grand auteur de pièce de théâtre de langue anglaise. On sent que Mankiewicz n'a pas voulu en rajouter au niveau de la mise en scène, et s'appuie très fortement sur le texte de Shakespeare. Ainsi, le triomphe de César est raconté comme dans la pièce originale et pas montrée. C'est d'ailleurs un peu le défaut du film. En effet, le cinéma si il fait rêver, imaginer, doit aussi montrer et à vouloir s'accrocher jusqu'au dernier degré, au texte de Shakespeare, Mankiewicz ralentit le film et limite son expression. Il n'en reste pas moins que les vers sont admirables, la réalisation soignée et sobre. Et finalement, on a un peu ce même sentiment que quand on regarde "Cyrano de Bergerac" en film. On se sent grandit. Mais pour ne pas avoir l'impression que les acteurs surjouent, Mankiewicz a eu la chance de pouvoir s'entourer de très grands interprètes en la personne de Marlon Brando, James Mason, et Louis Calhern, ce dernier trouvant là (à n'en pas douter) son plus grand rôle. Dans les seconds rôles sont présents aussi Greer Garson et Deborah Kerr. Bref du beau monde, pour un grand film qui va bien au delà du théâtre filmé que l'on pouvait légitimment craindre au départ de la création d'une telle oeuvre. Donc, pour la beauté du texte, la musique de Miklós Rózsa et la page d'histoire antique qui comprenait déjà tout ce qui fait la vie des hommes (le pouvoir, l'ambition, la traîtrise et la mort), ce "Jules César" a bien traversé les temps et les générations. A noter pour finir que Mankiewicz retrouvera l'antiquité 10 ans plus tard en tournant Cléôpatre, dans un film au tournage et à la réalisation cette fois-ci pharaonique où il abandonnera une grande partie de la sobre modestie littéraire et un peu théâtral de ce "Jules César". Charlton Heston et Robert Vaughn feront leur apparition dans une nouvelle version de Stuart Burge en 1970.

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Ci-dessus Marlon Brando (Antoine) :

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Ci-dessus Louis Calhern et James Mason :


Extrait de la grandiose musique de Miklós Rózsa :

 

 

NOTE : 8 / 10

29/11/2012

Hommage à Carole Lombard - une autre déesse de l'écran

Pour cette semaine, notre hommage sera adressé à la femme de Clark Gable, trop tôt disparue : Carole Lombard.

 

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28/11/2012

Les Cavaliers / The horse soldiers - 1959

"Les cavaliers" est paru l'année dernière en Bluray. Ce film a été tourné par John Ford en 1959. Il est le prolongement de la trilogie des guerres indiennes, commencée par "le massacre de Fort Apache" continuée par "la charge héroïque" et conlue par "Rio Grande". Comme dans ces 3 films, John Wayne joue les premiers rôles. Mais cette fois il partage la vedette avec William Holden, rendu 2 ans plus tôt immensément célèbre par son interprétation dans "le pont de la rivière Kwaï".

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La présence féminine dans ce film d'hommes est interprêtée par la magnifique Constance Towers. Contrairement à la précédente trilogie évoquée plus haut, ici ce n'est pas la guerre contre les Indiens qui ait mise en images, mais bien le combat entre le Nord et le Sud pendant la guerre de sécession (1861 - 1865). Et c'est un épisode qui concerne une brigade de cavalerie nordiste décidée à faire un raid lointain en territoire ennemie, afin de couper la ligne d'approvisionnement des Sudistes retranchées dans Vicksburg. Le sujet est au départ très militaire. Mais finalement comme dans "la charge héroïque", John Ford va s'attacher aux petites choses de la vie militaire, qui finalement une par une vont donner une consistance à chaque personnage mais aussi et surtout une humanité à ce film plus proche du film de guerre que du Western. Ainsi,  le médecin (Holden) s'opposera systématiquement à John Wayne (colonel) qu'il jugera trop partial, trop martial et ne respectant pas ses consignes de médecin militaire. La scène la plus savoureuse et la rencontre avec la riche héritière sudiste (Constance Towers) qui invite tout l'état-major nordiste à dîner. Elle fera tout son possible pour être la plus courtoise possible ... Quand les masques tomberont, le réveil sera difficile pour elle. Mais finalement l'humanité gagnera elle aussi et la guerre au lieu de diviser les hommes finira per les réunir sinon dans une même mort, du moins pour le couple chanceux, dans un même amour. Le duo John Wayne/William Holden fonctionne à plein régime et on a au final un film rythmé, très plaisant à regarder. Si à celà, vous ajoutez la magnifique musique de titre de

A noter enfin, une qualité d'image qui écrase l'édition DVD zone 2 précédemment sortie.

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Ci-dessus : John Wayne et Constance Towers

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Chanson du titre :

 

Ci-dessus : William Holden et John Wayne

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Ci-dessus John Wayne et Constance Towers sur le plateau des "Cavaliers".

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Ci-dessus : John Wayne, William Holden et Constance Towers sur le plateau des "Cavaliers"


NOTE : 8 / 10

27/11/2012

Les grandes espérances / Great expectations - 1946

Dans le cadre de sa sortie récente en bluray, je vais vous parlais aujourd'hui du film "Grande espérances", sortie en 1946. Le film a été tourné par David Lean (le célèbre réalisateur de Lawrence d'Arabie), Il s'agit d'un film britannique qui fut distribué aux USA par Universal, et comportant donc un casting également britannique. Le film est tiré du plus célèbre (peut être) roman de Dickens. Dès le début du film on est tout de suite frappé par le talent de David Lean en tant que réalisateur. Le mystère est parfaitement rendu, on retrouve des dizaines de plans magnifiques et je n'aurais pas assez de place pour louer la réalisation et la photographie de l'ensemble de l'oeuvre.

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Bien entendu le but de cette critique ne sera pas de faire une étude complète du roman de Dickens. Mais qu'est ce que c'est bien écrit quand même ! Quelle intelligence scénaristique et à la réalisation. Ce qui est formidable dans "Grandes Espérances" c'est que le film contient différentes histoires qui finalement seront reliées les unes aux autres pour faire un tout. Un prisonnier échappé est nourri par un enfant qui le menace; une femme richissime mais recluse adopte une fille et fait venir chez elle, le jeune garçon qui a aidé le prisonnier. Quoi de commun à tout cela ? Rien à première vue. Mais les liens invisibles entre ces différents protagonistes vont se faire et se relever rapidement inaltérables sinon par la mort de l'un deux. A celà il faut ajouter les vies brisées, les destins maudits, l'appat du gain, la mort qui rode et on a un fabuleux instantané social de l'Angleterre au début du 19ème siècle. A cela il faut ajouter la formidable prestation de la jeune Jean Simmons et du jeune Anthony Wager. Tous les seconds rôles sont d'ailleurs excellents, comme par exemple Francis L Sullivan en avocat ou Finlay Currie en évadé. Finlay Currie est resté célèbre pour son rôle du père dans "Ivanhoé", ou de Balthasar dans "Ben-Hur". Mon principal reproche sera sur le choix de John Mills qui est censé jouer un personnage qui a entre 18 et 25 et qui en aura plus de 30 quand il tourne le film ! Cela décridibilise malheureusement quelque peu l'ensemble, même si on ne peut retirer un grand talent d'acteur à Mills.

Quoiqu'il en soit le film reste un spectacle de haute volée littéraire. A voir et à revoir.

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Ci-dessus, Finlay Currie et Anthony Wager

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Ci-dessus : Jean Simmons, Martita Hunt et Anthony Wager

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Ci-dessus : Alec Guinness et John Mills

 

En cadeau un extrait :

 

Disponible en Bluray zone B (sous titré français uniquement)


A noter enfin, que l'adaptation moderne du célèbre roman de Charles Dickens transposée à notre époque dans une version de 1998 avec Robert De Niro et Gwyneth Paltrow est tout à fait digne également d'intérêt. J'en parlerais peut être plus tard ...


NOTE : 8,5 / 10

26/11/2012

Le grand secret / Above and Beyond - 1952

"Le grand secret" est un film de guerre avec Robert Taylor. Mais ce n'est pas un film de guerre au sens strict. En effet, il n'y a ici ni combat ni gloire. Il s'agit en effet, de raconter le lancement de la première bombe atomique sur Hiroshima le matin du 6 août 1945. Le film est très difficile à supporter car la tension ne cesse jamais. En effet, les contraintes de longs mois de préparatifs, les tâches exténuantes, sont accentuées par le fait qu'il est impossible de parler de tout cela et tout spécialement de la mission pour le colonel Tibbets (Robert Taylor). Le film n'est pas cinématographiquement un mauvais film. Mais il n'apporte rien au spectateur sinon de donner le point de vue du gouvernement américain de 1952 sur le lancement de la bombe. On ne voit jamais un Japonais. Le film n'est donc qu'une longue justification du massacre instantané de 70 000 personnes (hommes, femmes et enfants) et de la lente agonie de 50 000 autres par quelques pilotes, politiciens et scientifiques ...

 

Tout cela est très difficile à supporter, et le glamour d'Eleanor Parker semble jouer constamment faux dans cette justification macabre éhontée. Et si le film pose des questions, il ne conteste jamais la décision finale de lancer la bombe. Ce film est donc aujourd'hui quasiment insupportable à voir, même pour un spectateur français. Pourtant, tout le talent d'Hollywood est là. Mais pour moi, rien y fait. Robert Taylor n'est ici qu'un boucher, au mieux un bourreau. Et finalement à vouloir se prendre pour Dieu, l'Humanité est devenue inhumaine ce 6 août 1945. Le pire est peut être la scène finale où la femme du colonel Tibbets (Eleanor Parker) se décide à se jeter dans les bras de son mari, fière de l'execution de 70 000 innocents par ce dernier. Consternant ...

 

En respect des 140 000 civils japonais executés, aucune photo du film ou affiche ne sera publié. Vous remerciant de votre compréhension.

 

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Ci-dessus : Enfant japonais priant en 2012 lors de la commémoration de la date anniversaire du lancement de la 1ere bombe atomique.


NOTE : 3,5 / 10

25/11/2012

Le suspect / The Suspect - 1944

"Le suspect" est un film de Robert Siodmak avec Charles Laughton et Ella Raines. On retrouve dans les seconds rôles, le très mystérieux Henry Daniell. Ce dernier, habitué à jouer des rôles de méchants ou de traîtres, ne déroge pas non plus ici à la règle.

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Ce film qui pourrait passer pour un film policier classique (un mari tuant sa femme), n'en est pourtant pas un. En effet, généralement, l'assassin s'en prenant à sa propre femme est détesté par le public. Ici on prend fait et cause pour l'assassin (Charles Laughton). On n'approuve pas son geste mais on le comprend et on tremble avec lui. De plus, les inspecteurs de Police apparaissent comme des êtres grossiers, fourbes, et usant de ruses, presque malhonnêtes. A ce titre Stanley Ridges est prodigieux dans son rôle d'inspecteur. Enfin, on voit tous les travers (voir la perversion) de la bonne société britannique du début du 20ème siècle. Car finalement c'est une espèce de morale victorienne poussée à l'extrème qui va quasiment obliger le mari à tuer sa femme. Laughton est d'ailleurs toujours montré quasiment avec bienveillance, portant un important sens moral mais non perverti comme ceux qui l'agressent, et ses méfaits (même si ils sont prémédités) ne sont que la réponse à une atroce agression, un chantage etc. En un mot, ce film surprend donc par son scénario inversé, où les bons sont les méchants. Et inversement l'assassin est présenté comme presque le bienfaiteur d'une société vérolée. La fin est d'ailleurs assez incroyable à ce titre. On retrouve donc un bon film en costume qui n'atteint pas les sommets du film noir ou de l'oeuvre d'Hitchcock, mais qui malgré tout interroge le spectateur sur le rapport au Mal et sur ce qu'un homme peut accepter des autres sans réagir et finalement ce de qui transforme un honnête homme en assassin. Donc un film assez fascinant et très intelligent, surtout qu'en plus, on retrouve la belle Ella Raines. Je reprocherai uniquement une interprétation peut être trop caricaturale de la femme de Laughton. Pour le reste ce film est une très bonne pioche d'Universal (avec une belle musique de Frank Skinner).

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Ci-dessus Ella Raines :

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Ci-dessus Ella Raines sur le plateau du "Suspect" avec Robert Siodmiak :

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Ci-dessus Ella Raines en train d'enfiler un costume pour une scène du "Suspect"

 

Film disponible en DVD Zone 2 (collection Universal) - Dispo chez Gibert Joseph pour les personnes de Région parisienne.


NOTE : 7 / 10

24/11/2012

Par la porte d'or / Hold Back the Dawn - 1941

J'aurais aimé dire beaucoup de bien de "Par la porte d'or", mais malheureusement ce ne sera pas le cas. "Par la porte d'or" raconte l'histoire d'un immigré roumain, bloqué à la frontière entre le Mexique et les USA. Il se met donc en tête de séduire une américaine (De Havilland) pour se marier avec elle et passer la frontière. Le film bénéficie tout d'abord un excellent casting avec Charles Boyer, Olivia De Havilland et Paulette Godard. Charles Boyer est convainquant dans son rôle d'éternel escroc candidat à l'immigration. Paulette Godart en comparsse de notre escroc est aussi très crédible. Malheureusement il me semble que l'interprétation d'Olivia de Havilland qui aurait du être plus en nuances, se perd finalement dans les méandres d'un scénario introuvable. Ainsi, on voit une scène assez hallucinante où on frappe à sa porte et où elle va à l'endroit opposé avant de se raviser. On a perdu Olivia en cours de route.

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Mais au delà de l'interprétation d'Olivia de Havilland c'est bien le scénario bancal qui coule le film. Comment une femme jeune et responsable peut elle tomber dans les griffes d'un homme qui ne l'aime pas, et surtout aussi facilement ? Pourquoi avoir gardé tous ces seconds rôles qui ne servent à rien, et ne font pas avancer le récit et ennuie finalement le spectateur ? Pourquoi le début d'une vraie romance entre Boyer et Havilland doit elle apparaître uniquement à la fin du film ? Oui le principal problème de "Par la porte d'or", c'est bien le scénario. Et j'aurais tendance à dire que ce n'est pas par la grande porte que passe le spectateur, et que celui ci aura bien du mal à ne pas vouloir chercher la porte de sortie avant la fin. Aujourd'hui on sait que les rapports entre le scénariste Billy Wilder et Mitchell Leisen le réalisateur furent assez mauvais. Ainsi, Mitchell Leisen et Boyer remanièrent le script à leur convenance au grand désespoir de Wilder. Ainsi Boyer refusa de tourner la scène d'introduction où il devait raconter son histoire à un cafard. Billy Wilder se fit ensuite interdire l'accès du plateau par Leisen. Et Leisen finit par dire de Wilder : « Il vient d’Europe centrale et il est têtu comme une mule quand on touche à son texte ». Wilder se vengea en raccourcissant le texte de Charles Boyer. Bref, vous l'aurez compris le tournage ne se fit pas dans les meilleurs conditions. Et malheureusement tout cela se ressent à l'écran et on voit bien que le film est totalement déséquilibré et finit là où d'autres commencent. Suite à ces difficultés, Wilder décida d'ailleurs l'années suivante de passer à la réalisation pour ne plus subir le "diktat" de gens comme Leisen. A noter, que de façon exceptionnelle, le film réserve une scène, où on voit De Havilland courir nue sur la plage au loin (est-ce vraiment elle ?).

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Ci-dessus Charles Boyer et Paulette Godard :

De son côté, à l'époque le film fut très bien perçu par la critique, et reçu 6 nominations aux Oscar, mais n'en remporta aucun. Olivia de Havilland fut nominé comme meilleure actrice (ce qui me semble un comble) mais c'est sa soeur (Joan Fontaine) qui le gagna. Elle devait en remporter un 2 ans plus tard pour "À chacun son destin" avec pour réalisateur encore Leisen. Aujourd'hui le film est encore à mon sens très surestimé. Néanmoins, il réserve quelques bonnes scènes entre de grands acteurs. Mais est ce bien suffisant pour faire un film réussi ? Pour ma part, je ne le crois pas. Surtout que l'âge d'or d'Hollywood a réservé bien d'autres chef-d'oeuvre à la valeur plus sûre.

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Ci-dessus Charles Boyer et Olivia de Havilland :

 

NOTE : 4,5 / 10

22/11/2012

Hommage à Max Steiner (1888 - 1971)

Ce soir un petit hommage au plus grand compositeur de musique de film d'Hollywood : Monsieur Max Steiner !

 

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21/11/2012

La voleuse / A stolen Life - 1946

Je voudrais vous parler aujourd'hui d'un autre film avec Bette Davis et pour le coup cette fois-ci assez fascinant.  Il s'agit de "la voleuse" connue aussi sous le titre "une vie volée" ou "A stolen life" pour le titre anglais. Ce film a été tourné par un réalisateur d'origine allemande Curtis Bernhardt. Je tiens à prévenir auparavant ceux qui n'auraient pas encore vu le film, mais exceptionnellement cette note révèlera des points important du scénario. Donc si vous n'avez pas vu le film et que vous souhaitez le voir, je vous déconseille de lire la suite.

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Pour revenir à l'origine allemande du réalisateur, elle se retrouve dans la réalisation plus particulièrement à la toute fin du film où Bette Davis court le long d'une falaise parsemée d'arbres donnant à l'image des allures de tableaux romantiques dans le style de Caspar Friedrich. On sait que Caspar Friedrich inspira de nombreux artistes dont Beckett pour la création de sa pièce "en attendant Godot". Mais si ce plan pourrait paraître un détail il n'en est pas moins le reflet final d'un symbolisme magistral de l'oeuvre dans son ensemble, et finalement on se rend compte que tout le film est parcouru et plus exactement innervé par un intellectualisme assez déroutant. En effet, on peut avoir deux visions du film. La première vision est une vision au premier niveau de compréhension. Ainsi, le scénario est assez simple : deux soeurs jumelles se disputent le même homme et finalement une des soeurs meurent et prend la place de l'autre. Classique ? Oui et non. Car si on étudie cette oeuvre à un autre niveau, on peut considérer que le film est une ode au symbolisme à plus d'un titre. En effet, pourquoi ne pas croire à une explication psychanalitique de ce film ? Je m'explique. Bette Davis, joue virtuellement dans le film 3 rôles : son propre rôle, celui de sa soeur jumelle, puis enfin dans le dernier tiers du film elle remplace sa soeur décédée. Comment ne peut on pas croire à une lutte entre les 2 personnages qui finalement ne sont que des représentations du "surmoi" et du "Ça" définis par Freud. Le "Ça" étant le siège de l'inné, des pulsions. On le retrouve lorsqu'en réfléchissant au pourquoi de certains de nos actes, on se dit « ça a été plus fort que moi » symbolisé dans le film par une soeur dirigée par sa pulsion irréfléchie. De son côté, le surmoi qui est le siège de l'acquis, c'est-à-dire des interdits, de la morale, des lois, qui est représenté dans le tempérament d'une autre. Là où le film rend le spectateur totalement fou c'est lorsque la tempête arrive sur nos deux soeurs sur le même bateau, et où l'une pousse l'autre à aller toujours plus loin et que finalement c'est notre représentante du "surmoi" qui s'en sort, mais elle doit donc porter la personnalité impulsive et destructrice de sa soeur le calme revenu ! Vous l'aurez compris, on est dans un film d'un intellectualisme rare et d'une profonde intelligence scénaristique comme rarement vu même à cette époque. C'est mon analyse de cette oeuvre. On peut en avoir bien évidemment d'autres et je ne prétends pas avoir tout compris.

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Mais d'autres scènes sont particulièrement savoureuses comme celles avec l'artiste peintre, adepte de la lutte des classes, mais incapable d'insuffler du désir à une femme dirigée totalement par sa morale. Pour l'époque cette scène est d'ailleurs très osée, car cela laissait entendre qu'il pouvait y avoir en 1946 aux USA des gens avec des idées communistes. Donc il ne faut pas se laisser berner par le début du film, assez sympathique avec le port de pêche et le phare en toile de fond. On est bien devant un chef d'oeuvre absolu et majeur du cinéma hollywoodien. En un mot du très très grand cinéma.

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Et pour le coup, oui merci Warner Bros d'avoir mis à disposition ce film pour la France via la collection "Trésors Warner".


NOTE : 8,5 / 10

20/11/2012

Les Trésors Warner en France

Si on peut déplorer le faible nombre de titres présents dans le catalogue des trésors Warner, nous pouvons déjà nous réjouïr de nombreuses sorties pour cette fin d'année qui en préfigurent sûrement d'autres pour l'année prochaine.

 

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Cette vidéo donne en tous les cas très envie et je la publie en guise d'hommage à des grands films qui pour certains resteront éternellement dans nos mémoires.

 

 

19/11/2012

Une certaine femme / That certain woman - 1937

"Une certaine femme" est un mélodrame de 1937 d'Edmund Goulding avec pour acteurs principaux : Bette Davis, Ian Hunter et le jeune Henry Fonda. Ian Hunter est connu aujourd'hui pour son rôle de Richard Coeur de Lion dans "les Aventures de Robin des Bois" (1938), ou encore pour son rôle dans Dr. Jekyll and Mr. Hyde (1941) avec Spencer Tracy. Pour Bette Davis, le scénario est parfait. En effet, Bette Davis reste la reine incontestée du mélodrame hollywoodien (genre quasiment disparu aujourd'hui). "Une certaine femme" raconte l'histoire d'une veuve de gangster, abandonnée par son nouveau mari, mais protégée par son richissime patron (célèbre avocat).

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Alors oui, c'est vrai dans "Une certaine femme" on a parfois l'impression d'être devant un épisode de "plus belle la vie". Mais ce film est très intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord même si ce film constitue un film de studio, c'est un peu du cinéma d'auteur. En effet, Edmund Goulding a écrit le scénario et réalisé le métrage. Quand on sait la difficulté d'avoir un script propre, et les multiples réécritures que subissent certains scénarios, c'est quelque chose de notable. Alors bien sûr, même si "une certaine femme" est un remake d'un film de 1929 avec Gloria Swanson, ("The Trespasser"), il n'en reste pas moins que c'est une bonne initiative. De plus, le film bénéficie d'acteurs extraordinaires. On a déjà parlé de Ian Hunter. Mais que dire de Bette Davis ou d'Henry Fonda. Bette Davis allait d'ailleurs se faire une spécialité à tourner des drames ou des mélodrames pour la Warner. On la retrouvera d'ailleurs plus tard dans des films plus aboutis comme "Dark Victory" (1939) où elle est extraordinaire dans sa lutte désespérée face à la mort, ou plus tard, dans un genre qui atteindra son paroxysme dans les années 40 avec des films comme "Now Voyager" ou "Mr. Skeffington". Henry Fonda est aussi très bien dans son rôle de jeune homme de bonne famille, dominé par son père et incapable de prendre ses responsabilités. Enfin Donald Crisp est très crédible dans son rôle de père intolérant qui considère la femme de son fils comme une aventurière avide d'argent. On verra d'ailleurs Donald Crisp très souvent dans des rôles de père, que ce soit ici ou dans "la charge de la brigade légère". Mais c'est bien dans "qu'elle était verte ma vallée" qu'il obtiendra enfin une reconnaissance du milieu et donc un Oscar pour son inoubliable interprétation d'un père ouvrier luttant pour sauvegarder sa famille.

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Ci-dessus Henry Fonda et Bette Davis :

 

Si on ajoute à tout ça, une belle musique originale (qui aurait mérité à être mise plus en avant), on se retrouve devant un film très correct et classique qui si il n'atteint pas les sommets du genre, arrive facilement à émouvoir (surtout à la fin) et à distraire. On notera enfin qu'Henry Fonda et Bette Davis se retrouveront l'année suivante, sur le tournage de "Jezebel".

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Film disponible en Zone 2 dans la collection "Trésors Warner"


NOTE : 6 / 10

18/11/2012

Le chevalier du Roi / The Black Shield of Falworth - 1954

J'ai vu hier soir "le chevalier du Roi" tourné en 1954 par Rudolph Maté. Le "Ivanhoé" (1952) de la MGM ayant ouvert la mode des films médiévaux, les autres studios se mirent également à en tourner. "Le chevalier du Roi" devait donc être la réponse d'Universal au "Ivanhoé" de la MGM. Bien pauvre spectacle en vérité ! Je n'aime pas dire du mal des films, mais là franchement il n'y a pas grand chose à sauver. Les décors semblent être en carton-pâte. Le château du film donne l'impression d'avoir été construit au ciment et non pas pierre par pierre comme tout château. Le scénario est ennuyeux au possible. On a beaucoup de peine à s'intéresser à ces intrigues de cour, aussi intéressantes et bien amenées qu'une déclaration d'impôts ... Enfin les costumes naviguent entre le correct et le grand n'importe quoi. Le roi étant habillé avec une étrange coiffe, lui donnant un air de pharaon égyptien.

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Enfin, tout l'action du film tourne autour de l'initiation d'un futur chevalier et surtout de ses bagarres avec ses collègues de chambrée. Vous voyez le niveau global de l'ensemble ... Alors vous me direz que peut être on peut sauver les acteurs de ce naufrage ? En tous les cas, sûrement pas Tony Curtis, qui semble totalement à côté de son rôle. On peut raisonnablement se demander si il y avait quelqu'un pour le diriger. Pour ma part, je sauverais  de cette catastrophe cinématographique uniquement la belle Janet Leigh  à l'imposante poitrine, et la supervision musicale de Joseph Gershenson. Pour le reste, il n'y a rien à attendre de ce film. Il permet néanmoins de comparer "Ivanhoé", "les chevaliers de la table ronde", ou "Quentin Durward" à cette mauvaise copie de ces très grands films. On se rend alors compte que Richard Thorpe était bien un réalisateur de génie et que sa trilogie chevaleresque mérite bien de figurer tout en haut du panthéon des films d'aventures médiévaux. Quant à ce "Chevalier du Roi" il ne mérite que de retourner aux oubliettes dont Universal n'aurait jamais du le sortir.

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NOTE : 3 / 10

17/11/2012

Le facteur sonne toujours deux fois / The postman always rings twice - 1946

Dans le cadre de sa sortie Bluray, je suis fier de vous présenter "le facteur sonne toujours deux fois". C'est vraiment un plaisir de parler d'un tel film. En effet, on y retrouve la merveilleuse Lana Turner, mais aussi le "Bad Boy" de cette époque, à 'Hollywood : John Garfield. Le film est tiré d'un roman de James M.Cain, et raconte l'histoire d'un amour interdit entre la femme du patron d'un restaurant (jouée par Lana Turner) et son employé. Le film est réalisé par un homme aux multiples talents, Tay Garnett. En effet, il sera scénariste, producteur, acteur et même compositeur. On peut d'ailleurs considérer "le facteur sonne toujours deux fois" comme le sommet de sa carrière de réalisateur. Ses films suivant n'arriveront jamais à la hauteur de ce chef-d'oeuvre. Il faut également savoir que c'est le premier film où Lana Turner a un rôle de femme fatale.  En ce qui concerne le film en lui même, il est totalement en contradication avec le code de censure de l'époque (code Hays) et c'est bien ce qui fait aujourd'hui, son absolue modernité. Il y a de nombreaux thèmes abordés et des doubles sens. Ainsi, Frank Chambers (John Garfield) est pris au début du film en auto-stop par le district Atorney (le procureur) et arrive devant le restaurant où il y a un panneau "Man Wanted". On comprend bien évidemment plus tard que ce panneau a un double sens et qu'on ne recherche pas ici seulement un homme à tout faire.

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Viens ensuite la scène où Cora Smith (Lana Turner) apparaît tout en blanc avec un petit short moulant et sexy. Et là c'est un pur chef-d'oeuvre de réalisation. Le réalisateur filme d'abord un tube de rouge à lèvres qui roule, puis la caméra va dans la direction inverse de la trajectoire du rouge à lèvres et montre les jambes de Lana pour ensuite montrer la réaction du visage de Garfield qui retient son souffle. Et ensuite un plan complet sur Lana Turner. On est bien obligé de se dire tout de suite : ça c'est du cinéma !! Cette scène apparaissant au début, le spectateur sait ainsi tout de suite qu'il aura droit à un film hors norme. le réalisateur se mettra en avant dans beaucoup d'autres scènes, comme dans celle où un panneau lumineux mettra dans la lumière ou dans le noir le visage de Lana Turner, comme pour montrer les 2 faces lumineuses et sombres de son personnage.

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Ci-dessus Lana Turner :

Mais c'est bien l'adjectif "hors norme" qui caractérise le mieux ce film. Ainsi, on sent bien comme je le disais au début de ma critique que le réalisateur et les acteurs jouent avec les interdits du code de censure de l'époque. Le code de censure interdit de montrer la nudité à l'écran, l'héroïne se trouve habillée d'un short plus ou moins transparent. Il est interdit d'expliquer des techniques d'assassinat, donc on explique par 2 fois la mise en place du crime parfait. L'alcoolisme ne doit pas âtre montré à l'écran, il apparaît 2 fois. L'adultère ne doit pas être montré sous un jour attrayant. Donc le film représente l'adultère en la personne de Lana Turner. N'est elle pas assez attrayante ? Et sans parler de perversions sexuelles comme le candaulisme qui est aussi dicrètement évoqué au début du film. Ce film serait déjà un chef-d'oeuvre uniquement pour la manière dont ces thèmes sont abordés et sa volonté de passer outre le code Hays. Mais d'autres thèmes vont également apparaître. Ainsi la totale dénonciation du système juridique américain est mis en avant, coupable de tous les arrangements, de toutes les malversations et finalement n'ayant rien à voir avec l'idée même de Justice.

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Et ce sont bien les scènes de procès qui restent aujourd'hui, les plus troublantes. Surtout si on se rappelle que Lana Turner se retrouvera plus tard mêlée à une affaire de meurtre; sa fille Cheryl Crane ayant assassinée, le petit ami du moment de Lana (Johnny Stompanato) le 4 avril 1958, lors d'une violente dispute entre ce dernier et Lana. A ce moment là, les journaux diront que Lana n'a jamais été aussi convaincante que lors de son vrai procès. C'était bien injuste au regard du talent de cette incroyable femme, qui si elle n'appréciait pas John Garfield à la ville, semblait drôlement bien imiter le plus intense et le plus dévastateur amour à l'écran ! Etrangement Garfield devait se trouver mêler à des auditions publics lui aussi, mais pour sa part dans le cadre de "la chasse aux sorcières" initiée par le sénateur McCarthy lors de sa croisade anti-communiste. Mis sur la fameuse liste noire, et épuisé par ces auditions, Garfield devait mourir d'une crise cardiaque quelques années plus tard. Mais parler uniquement du couple Garfield, Turner serait faire insulte aux formidables seconds rôles comme Cecil Kellaway ou Hume Cronyn, ce dernier trouvant peut être là son meilleur rôle.

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Ci-dessus Lana Turner et John Garfield :

Pour le reste, le Bluray (compatible zone B) bénéficie d'une belle restauration, mais l'image a parfois un grain excessif sur quelques plans. Au niveau du son, la Warner a eu la belle idée de conserver la version française d'époque. Elle est malheureusement d'un faible niveau sonore et parfois peu audible. On préfèrera donc la version originale. Pour le reste, on est vraiment gâté au niveau des bonus (en VO sous-titrés français), on y retrouve une introduction, un documentaire de presque 90 mn sur la vie de Lana Turner, un autre sur John Garfield, des dessins aninmés dont le célèbre "petit chaperon rouge" de Tex Avery, la bande annonce, et même une émission radio sur le film !

Pour résumer, le glamour, la misère humaine, l'absurdité de la justice des Hommes, la passion, et la censure du code Hays, font de ce film le condensé sensationnel et mythique d'une époque et d'un cinéma hollywoodien maheureusement aujourd'hui disparu. Vous l'aurez donc compris, l'achat du Bluray et la vision de ce film est totalement indispensable et je ne peux que le recommander très fortement à tous les amoureux de cinéma. Je m'arrêterais là et pour ne pas gâcher votre plaisir de spectateur je ne vous dirais pas ce que veut dire le fameux titre : "Le facteur sonne toujours deux fois".


NOTE : 8,5 / 10

16/11/2012

Margin Call - 2011

"Margin Call" est le premier film du réalisateur J. C. Chandor. Le film évoque le milieu des Traders, mais contrairement à Wall Street il se singularise de ce dernier car le scénario se déroule seulement sur 24 heures. Et ici ce n'est pas le capitalisme triomphant de Wall Street qui est évoqué mais bien le début d'une crise financière majeure (celle de 2008). En effet, alors que la société de Trading licencie, un jeune trader découvre un soir que la société détient des actifs pourris dont la valeur dépasse largement les pires estimations du modèle financier informatique. L'information va remonter toute la chaine du management pour en faire finir sur le bureau du PDG qui va organiser une réunion du conseil d'administration. Le film bénéficie d'excellents interprètes en la personne de Kevin Spacey, Paul Bettany, Jeremy Irons, Simon Baker et Demi Moore.

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Le film va donc décortiquer la stratégie de l'entreprise pendant cette nuit fatidique et voir ce qu'il est possible de faire pour apporter une solution au problème. Le film est donc lent. Et c'est bien son seul défaut. Mais le jeu des acteurs, et la réalité brutale du scénario font que le spectateur ne peut que s'intéresser et il n'a pas le choix. Le problème financier est le centre et l'enjeu de tout. Ce serait presque un film noir si ce n'était pas un film sur Wall Street. Le caractère aliénisant de l'entreprise est aussi bien montré. Ainsi, on oblige un manager à aller rechercher un superviseur licencié parce qu'il est le seul à pouvoir trouver une solution. Bien évidemment les acteurs sont tous au niveau et on est pas étonné de voir cette oeuvre primée aux "Independent Spirit adwards". Le réalisateur ayant eu un père travaillant 40 ans au sein d'une société financière, tout est très cohérent et compréhensible car rien est complexifié. Et finalement, on pourrait résumer le film ainsi : Et vous que feriez vous si votre société devait vous payer pour déclencher une crise économique mondiale ? Le monstre économique, social et individualiste ainsi créé laisse le spectateur songeur sur le sens moral de notre époque.

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La bande-annonce :


 

NOTE : 7 / 10

15/11/2012

Un hommage aux grands classiques hollywoodiens - Episode IV

Comme tous les jeudis, un hommage aux grands classiques hollywoodiens !!

 

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