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15/10/2012

La Septième Croix / The Seventh Cross - 1944

Le film "la septième croix" fait parti de la collection "Trésor Warner" récemment sorti à la FNAC. Tourné en 1944, le sujet de ce long métrage est particulièrement difficile et dur. En effet, il évoque l'évasion de 7 prisonniers d'un camp de concentration nazi en 1936. Chaque prisonnier sera systématiquement rattrapé, et accroché à un arbre, cloué avec une planche afin d'en faire une croix, et systématiquement battu à mort. Seul un prisonnier arrivera à survivre un peu plus longtemps que les autres ... Le sujet est une adaptation d'un roman d'Anna Seghers. Même si rien est montré, les cris des fugitifs rattrapés, glacent d'effroi le spectateur. On sent donc bien que des choses horribles sont faites à chaque évadé. C'était l'époque où Hollywood cachait plus qu'il ne montrait pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Mais force de constater qu'à cette époque les films laissaient au spectateur une marge énorme d'imagination.  On ne laissait pas le cerveau à l'entrée de la salle de cinéma. On peut d'ailleurs se demander si ce film n'est pas plus terrorisant qu'un film qui aurait montré la violence et l'horreur avec plus de réalisme.

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Le gros défaut du film vient quand même du casting de la vedette principale. Spencer Tracy était un grand acteur. Cela on ne peut pas le nier. Néanmoins, on a du mal à croire qu'il est brisé lorsqu'il sort du camp de concentration ou qu'il a perdu son embonpoint naturel. Ainsi, un acteur comme Bogart aurait été beaucoup plus crédible dans le rôle. Il suffit pour s'en convaincre de se souvenir de la performance de Bogart dans "Passage to Marseille" et des scènes du bagne ou plus récémment de Steve Mc Queen dans "Papillon". Le reste du casting est composé de Signe Hasso, Hume Cronyn, Jessica Tandy, et Agnes Moorehead.

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La première surprise passée, on retient un certain réalisme, assez horrible d'ailleurs de la déshumanisation d'un homme dans ces camps. Après ce qui est vraiment dérangeant c'est de se dire que tout le monde savait en Allemagne que les camps existaient. Bien entendu, en 1936 les camps de concentrations n'étaient pas tous des camps d'extermination. Néanmoins, il y a quelque chose de sartrien dans ce film. Car si pour Sartre, l'enfer c'est les autres, il semble bien que le film le laisse également à un moment supposé. En effet, au départ de son évasion, Tracy trouve bien peu d'aide parmi ses semblables. La voix et la conscience d'un des prisonniers torturé à mort l'accompagne tout le long du film, voix invisible qui n'accompagne finalement que le spectateur car le personnage de Tracy ne l'entend pas. Cette idée, augmente le sentiment de malaise du spectateur, mais aussi l'intérêt et l'espoir de celui-ci pour une isssue heureuse. Cette voix troublante est un peu la conscience du film, et malgré des scènes très dures de chasse à l'homme, elle nous dit qu'il faut garder espoir en l'Homme.

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Donc même si le casting de Tracy est perfectible, le film est assez réaliste a bien des égards. Ainsi, il est particulièrement dérangeant de voir une société lutter quasiment toute entière contre quelques hommes dont le seul crime est de défendre uniquement la liberté de penser. Il y a quelque chose dans ce film qui interroge sur ce que l'Homme peut être et ce que nous sommes en tant qu'individu dans la société et vis à vis de nos semblables. L'horreur du nazisme n'a pas fini de poser question sur la nature véritable de l'être humain. Par ce fait, je pense que ce film mérite amplement d'être vu et revu. Le sujet est grave. Si la conscience humaine méritait un film, c'est celui-ci qu'il faudrait voir.

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Au sujet de la qualité d'image, le brouillard du marais fait au début craindre le pire. Mais les choses s'améliorent ensuite et le master se relève globalement correct sur la durée.

 

La phrase du film : "It's a fine thing". "C'est du jolie"


Note : 7 / 10

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