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10/09/2012

Casablanca - 1942

On a à peu près tout dit sur Casablanca. On considère ce film comme un film romantique, mais comme il se passe pendant la guerre, doit on le considérer comme un film de guerre ?

 

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Comme dans "Passage to Marseille" (commenté dans une note plus bas) qu'il précède, on a donc Michael Curtiz au commande. On retrouve dans le rôle principal Humphrey Bogart et comme partenaire Ingrid Bergman qui était à cette époque très très belle, le temps n'ayant pas encore eu prise sur elle. En second rôle, on retrouve Paul Henreid qui atteindra le top de sa popularité avec "une femme à la recherche de son destin" avec Bette Davis la même année. Puis bien entendu toujours dans les seconds rôles, il y a Claude Rains dans le rôle du préfet de police de Vichy qui ne sait pas encore si il doit se tourner vers les Nazis ou la France Libre. Et d'autres acteurs célèbres comme Peter Lorre qui fait un petit rôle au début du film, ou encore Sidney Greenstreet. Bref du beau monde pour un beau film.

 

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L'histoire tourne autour d'un café de Casablanca qui est le microcosme politique de l'époque. Le Maroc étant proctectorat français du gouvernement de Vichy il n'est donc pas occupé par les Allemands. On  retrouve donc dans ce café américain de Casablanca, les comploteurs, les nazis, les vychistes, les résistants, les profiteurs de guerre, les déracinés, les persécutés. Bref tout ce que la guerre a pu créer se retrouve dans ce café. Les espoirs naissent ou disparaissent pour accéder à un monde nouveau et libre : l'Amérique. Car c'est à Casablanca qu'on y vient chercher un visa pour le Portugal et ensuite du Portugal l'Amérique. Dans cette ambiance, Rick (Humphrey Bogart) va se retrouver à devoir gérer un terrible conflit intérieur : Aider le mari résistant de son ancienne petite amie dont il est encore fou amoureux, ou le dénoncer, l'abandonner et retrouver celle qu'il aime.

 

Dans le film, on ne voit pas la guerre, mais les conséquences de celle-ci : les séparations, les complots, l'envie de fuir la guerre et la misère, l'amour qui rapproche les êtres en dépit de la folie des Hommes. Bref, le cocktail est détonnant et permet de mettre en images les scènes les plus romantiques et les plus fortes du cinéma.

 

Ci-dessous la chanson que tout le monde connaît : You "must remember this, A kiss is just kiss ... As time goes by" où Bogart retrouve la femme qu'il a aimé. Elle est l'œuvre de Herman Hupfeld qui l'a composée en 1931 pour une revue musicale de Broadway. Le reste de la musique du film est de Max Steiner. 

 

 

 

Une scène qui m'a profondément ému est celle où les Nazis chantent leur hymne et où Paul Henreid demande à l'orchestre de jouer la Marseillaise au même moment. Cela n'a rien à voir avec du nationalisme. Mais finalement on devrait aujourd'hui se souvenir que c'était ça aussi la France : un esprit de résistance contre l'oppression, un idéal pour l'être humain. Et que si aujourd'hui des gens sifflent notre hymne national, on devrait se souvenir que d'autres sont morts en le chantant ou se sont battus pour qu'il soit chanté librement et fièrement et qu'en Amérique en 1942 il représentait quelque chose au moins dans les films.

 

 

Une bande annonce très récente :

 

 

Pour finir je laisserais la parole à Umberto Eco pour parler de ce chef-d'oeuvre car vouloir être exhaustif dépasserait très largement le cadre de cette note : "Ce film fonctionne en dépit des théories esthétiques et des théories cinématographique parce qu'en lui se déploient par force presque tellurique les Puissances de la Narrativité sans que l'art n'intervienne pour les discipliner. Mais dans ces conditions nous pouvons accepter que les personnages changent d'humeur, de moralité, de psychologie d'un moment à l'autre, que les conspirateurs toussent pour interrompre le discours quand un espion s'approche, que les joyeuses entraîneuses pleurent en écoutant La Marseillaise. Quand tous les archétypes déferlent sans aucune décence, on atteint des profondeurs homériques. Deux clichés font rire. Cent clichés émeuvent »



Note : 9 / 10

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