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01/09/2012

La charge de la Brigade légère - 1936

La charge de la brigade légère a été tournée en 1936. On y retrouve donc pour la 2ème fois, Errol Flynn et Olivia de Havilland. En plus des 2 vedettes du film il y a également à l'affiche, Patric Knowles et Donald Crisp. Patric Knowles fera beaucoup de seconds rôles ou aura la vedette dans des comédies de l'époque. Donald Crisp reste lui, comme l'immortel interprète du père dans "quelle était verte, ma vallée" de John Ford. Michael Curtiz est à la réalisation sur ce film comme il l'était précédemment sur Capitaine Blood. Il est le maître du cinéma d'action de cette époque. Il était connu pour son très mauvais anglais (il était Hongrois, de son vrai nom Manó Kertész Kaminer) et pour sa dureté avec les acteurs. Enfin pour revenir au casting, le tout jeune David Niven est également présent.

 

Michael Curtiz ci-dessous :

 

Casablanca - Michael Curtiz.jpg

 

Concernant le sujet du film, certains pourraient voir dans ce film une ode au néo-colonialisme. Mais ce serait une grave erreur. En effet, ce film a été produit à un moment où  l'Europe est menacée par le nazisme. Les nazis sont au pouvoir depuis 1933. La charge de la brigade légère est donc une des réponses d'Hollywood à la menace nazie.

 

La-Charge-de-la-Brigade-Legere-20110609062512.jpg

 

Si il est vrai que l'histoire se concentre sur la guerre de frontière entre le Sultan Surat Khan, nouvel allié des Russes et l'armée anglaise aux Indes, puis sur la guerre de Crimée, cette toile de fond n'est qu'un décor. Et, il est impossible de ne pas voir en ce sultan, la reproduction d'Hitler ou du totalitarisme nationalisme poussé à l'extrème. Car comme lui, Surat Khan sera responsable de massacres de masse et donc d'innocents, de civils ou de militaires désarmés. On prévoyait donc en 1936 ce qu'il allait se passer ... ou alors ce film est un échos à la guerre d'Espagne.

 

Quoiqu'il en soit les autres thèmes du film sont la romance à 3 et l'esprit de sacrifice pour une cause qui apparaît juste noué à un sacrifice par amour pour sa belle. Ainsi il y a quelque chose de profondément romantique dans ce film.

 

article-1193489-055DD2A8000005DC-878_468x715.jpg

 

Concernant la musique, on a cette fois ci une composition extraordinaire de Max Steiner qui composera les très nombreux thèmes du film. Les plus célèbres restant l'ouverture, la charge finale et la valse originale écrite pour le film en début de film. A noter que Steiner étant à l'origine un compositeur viennois, aimait donc écrire des valses pour les films dont il était le compositeur.

 

Vous trouverez ci-dessous le thème de la charge finale, qui fait à lui seul plus de 9 minutes de musique symphonique !!

 

 

Malheureusement, ce film occasionna la blessure grave de plusieurs chevaux. C'est donc à cette époque que des associations se mirent en place pour protéger les animaux avec l'assentiment des stars de l'époque.

 

Un film qui mériterait sans conteste une restauration totale en Blu-ray. Pour ma part, j'ai découvert ce film à 14 ans sur un vieux magnéto qui avait enregistré la dernière séance de la veille.  Je crois que c'est ce film qui m'a fait aimer le cinéma.

 

Pour finir, sachez qu'en 1968 un remake sera fait. Mais il prendra le contre pied de la version de 1936, en mettant en avant le côté absurde du commandement et la rivalité des généraux dont les hommes feront les frais.

 

Un extrait du film :

 


La Charge de la brigade légère 1/6 


Le film :

http://www.dailymotion.com/playlist/x1j40y_apo-dictique_la-charge-de-la-brigade-legere/1#video=xgw4be

 

Le poème de Lord Tennyson dont le film s'est inspiré :

HALF a league, half a league,
Half a league onward,
All in the valley of Death
Rode the six hundred.
'Forward, the Light Brigade!
Charge for the guns!' he said:
Into the valley of Death
Rode the six hundred.

'Forward, the Light Brigade!'
Was there a man dismay'd ?
Not tho' the soldier knew
Some one had blunder'd:
Their's not to make reply,
Their's not to reason why,
Their's but to do and die:
Into the valley of Death
Rode the six hundred.

Cannon to right of them,
Cannon to left of them,
Cannon in front of them
Volley'd and thunder'd;
Storm'd at with shot and shell,
Boldly they rode and well,
Into the jaws of Death,
Into the mouth of Hell
Rode the six hundred.

Flash'd all their sabres bare,
Flash'd as they turn'd in air
Sabring the gunners there,
Charging an army, while
All the world wonder'd:
Plunged in the battery-smoke
Right thro' the line they broke;
Cossack and Russian
Reel'd from the sabre-stroke
Shatter'd and sunder'd.
Then they rode back, but not
Not the six hundred.

Cannon to right of them,
Cannon to left of them,
Cannon behind them
Volley'd and thunder'd;
Storm'd at with shot and shell,
While horse and hero fell,
They that had fought so well
Came thro' the jaws of Death,
Back from the mouth of Hell,
All that was left of them,
Left of six hundred.

When can their glory fade ?
O the wild charge they made!
All the world wonder'd.
Honour the charge they made!
Honour the Light Brigade,
Noble six hundred!

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Note : 8,5 / 10

Commentaires

Salut Stéphane,

Merci pour ce texte très intéressant.
Venant également d’en rédiger un pour mon blog, je suis assez interpellé sur certains points.

D’abord, lorsque tu évoques l’idée de néocolonialisme comme étant une grave erreur, cela me paraît étrange. Je ne comprends pas pourquoi tu évoques justement le néocolonialisme. Que vient-il faire ici ? C’est une politique impérialiste qui fait suite à la décolonialisation des grands Empires, et qui prend tout son sens dans l’après Seconde Guerre mondiale, et notamment après la décolonialisation de l’Afrique. Hors, pour le film de Curtiz, nous sommes en 1936, certes plus tellement en plein essor de l’Empire britannique (les « failles » commencent à se faire ressentir), mais encore loin des pensées « décolonialistes » et encore moins « néocolonialistes ». Le « Wind of Change » ne soufflait même pas encore. Pourquoi évoquer (même négativement) le néocolonialisme à son sujet. C’est anachronique, non ?

Ensuite, second point qui m’interpelle, c’est que je vois tout simplement en ce film une glorification de l’Empire britannique et de ses armées, sans qu’il n’y ait, bien évidemment, de véritable apologie du colonialisme (comme dans certains films de Jacques de Baroncelli ou de Jean d’Agraives). Bref, pour la Warner Bros., une volonté de surfer sur la vague du succès rencontré par THE LIVES OF A BENGAL LANCER d’Hathaway, sorti quelques mois plus tôt. L’évocation de l’Empire et le dépaysement qui l’accompagnait étaient tout simplement à la mode. Un nouveau cycle thématique émergeait et la Warner s’y engouffrait avec la plus grande des dextérités. Mais y voir une réponse de Hollywood à la menace nazie, c’est cela, selon moi, la grave erreur. C’est une conclusion un peu hâtive qui est malheureusement tirée pour nombre de films de l’époque. Toujours voir Hitler en filigranes, n’est-ce pas un raccourci un peu facile et dangereux à emprunter ? Je ne sais pas si tu as eu l’occasion de voir l’excellent documentaire récemment diffusé sur France 3, LA GUERRE D’HOLLYWOOD. Ils évoquent une raison simple et directe au pourquoi une telle comparaison est utopique : nous sommes en 1936 et à cette époque, de peur de voir leurs films interdits en Allemagne, les dirigeants des « majors », qui plus est encore très peu soucieux de ce qui se passait en Europe (même Jack L. Warner !), ont fait le choix de la diplomatie et ont pris grand soin d’éviter tout sous-entendu. Ne pas mécontenter le gouvernement du Reich était un principe accepté, voulu et respecté. Dès 1937-1938, les choses évoluèrent. Mais pas encore en 1936… Hollywood ne répondait pas encore, du moins les grandes compagnies… Et s’ils avaient dû le faire, ils n’auraient probablement pas pris ce risque avec une œuvre de prestige comme The Charge of the Light Brigade, dont l’exportation européenne était nécessaire, voir vitale. Y voir une relation à Hitler, ne serait-ce donc pas prêter des intentions fallacieuses à Hal B. Wallis et Michel Jacoby ?

Je te conseille de lire l’excellent bouquin de Terry Christensen, « Projecting Politics: Political Messages in American Films » qui n’y voit également qu’un mouvement imperturbablement pro-british, très à la mode à l’époque…

Bref, merci pour cette chronique très intéressante.

Et je trouve ça sympa de pouvoir débattre de tous ces sujets avec un autre passionné de cinéma et plus particulièrement de cette époque bénie qu’était le Hollywood des Années 30 et 40.

Amitiés,

Tom

Écrit par : Tom | 11/01/2014

Bonjour Tom,

Tout d'abord, c'est mon avis et je le partage :) De plus, je n'ai qu'une estime toute relative pour les documentaires qui refont l'histoire d'Hollywood. J'en ai mis quelques uns sur ce blog. Mais ce n'est pas pour tout cautionner non plus, mais plus comme une distraction. Sinon pour te répondre directement, je suis fatigué par les soit-disantes révélations de notre époque, qui veut faire de la SNCF l'aide essentielle des nazis à la déportation, que les stars aujourd'hui mortes avaient une sexualité débridée, ou que des patrons juifs d'Hollywood ne voulaient pas froisser les nazis. En 1936, Hollywood ne pouvait pas faire des films ouvertement anti-nazis, c'est clair. Pourtant je ne crois pas que lorsque la Warner décide de tourner des films de gangsters avec Bogart, ou Cagney, elle se soit souciée de savoir ce qu'en penserait les Nazis. Ensuite, beaucoup de production de l'époque n'étaient pas "Nazi-friendly". Et c'est le cas de beaucoup de productions dans lesquelles Errol Flynn a joué. Comment ne pas voir dans "Capitain Blood" une espèce d'appel à la liberté contre une société des hommes injustes et pratiquant l'esclavage ? Quelle société civilisée pratiquait encore la négation de l'égalité entre les hommes en 1935 ? King Kong (1933) n'est il pas lui même un immense pied de nez aux nazis et à leur théorie de l'homme blanc supérieur ? Je ne retire pas un mot donc de mon article. "La charge de la brigade légère" est clairement pour moi un film qui dénonce les massacres et l'injustice d'un seul homme : Hitler est ici Suran Khan, en Allemagne et ailleurs (Espagne). Le discours deviendra de plus en plus clair, la guerre approchant, pour culminer en 1938, avec "les aventures de robin des bois" (1938). Quant à "néo-colonialisme" j'ai voulu dire : "remise à l'ordre du jour de l'épopée coloniale". Les historiens devraient changer leur façon d'approcher l'histoire, et rechercher tous les appels à la tolérance, à l'égalité, à la fraternité dans le cinéma hollywoodien des années 30. Mais finalement, écrire pour faire du scandale, est toujours plus vendeur. La vérité n'intéresse pas.

Amicalement.
Stéphane (HC).

Écrit par : Stéphane | 11/01/2014

Stéphane,

J'essayais juste de comprendre, mais commencer tes phrases par "c'est mon avis et je le partage", "je ne change pas un mot de ce que j'ai écrit", ou "je n'ai qu'une estime relative pour les docs", je trouve cela dommage (et un peu sectaire). Je ne t'attaquais pas et je ne cherchais pas du tout à ce que tu changes la moindre phrase de ton texte. J'ai pour principe de respecter les avis de tout le monde. Je ne faisais que poser quelques questions^^

En fait, peut-être suis-je moi aussi fatigué des gens qui voient une réponse à la menace nazie dans plein de films, alors qu'en réalité, il n'en est absolument rien. Restons les pieds sur terre et évitons de refaire l'Histoire et de prêter des intentions à des gens (producteurs exécutifs, scénaristes,...) qui ne les ont pas eues. Sinon, oui, les majors pouvaient faire des films ouvertement anti-nazis, en 1936, mais ne le voulaient pas. C'est différent.


Sur ce, je te laisse Stéphane.
Bonne continuation et longue vie à ton blog.

Amitiés,

Tom

Écrit par : Tom | 11/01/2014

A mon sens il ne pouvait pas faire de films ouvertement, anti-nazis, car les USA n'étaient pas en guerre. Mais il y a quand même "la tempête qui tue" (1940) avec Frank Morgan qui entraine l'interdiction des films MGM en Allemagne. Ceci étant dit, l'histoire de l'art est parsemée d'oeuvres qui sont en opposition à un régime en place. Par exemple "le radeau de la méduse" de Géricault est une dénonciation de l'état de la France sous l'ancien régime. Le public contemporain non initié n'y verrait qu'un tableau d'un naufrage. En tous les cas, c'est le point de vu de Michelet en 1848 qui y voit une attaque contre l'ancien régime. Je pourrai multiplier les exemples à l'infini ... On peut éviter de refaire l'histoire, là dessus je suis tout à fait d'accord. Mais malheureusement, c'est ce qu'on fait aujourd'hui. Je veux bien te retrouver des mémos de la Warner de l'époque prouvant que j'ai raison. Mais je n'ai pas le temps, et cela n'intéresse pas les gens, qui préfèrent avoir dans l'idée une entente Hollywood / Allemagne nazie ... C'est beaucoup plus vendeur.

Après chacun est assez grand pour se faire son opinion. Pour ma part, ce débat ne m'intéresse pas. Car les gens oublient de rappeler que le responsable de la Warner Allemagne a été assassiné pendant cette période, tellement la collabration était bonne ...

Pour le reste, chacun a sa lecture d'un film. Et elle n'est jamais la même, selon l'individu. L'important est de partager nos opinions. Et tu as le droit le plus absolu de voir, "la charge de la brigade légère" comme un film d'aventures, n'ayant aucun rapport avec Hitler, ou un quelconque colonialisme.

A ce sujet, "la piste de Santa-Fé" était vu par une critique comme un film raciste. Pour ma part, je n'ai absolument pas ce sentiment ...

Amicalement.
Stéphane (HC).

Écrit par : Stéphane | 11/01/2014

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